10.05.2009 L'altermondialiste José Bové a estimé dimanche que le gouvernement essayait de "sauver les meubles" sur le texte "protection des droits sur internet", alors que le Parlement européen s'est opposé mercredi à toute coupure de l'internet sans décision de justice préalable.

Le texte du gouvernement prévoit de sanctionner le téléchargement illégal par une coupure de l'accès à l'internet prononcée par une nouvelle Haute autorité pour la protection des droits sur internet (Hadopi). Les députés européens ont estimé que les droits fondamentaux des internautes ne pouvaient être restreints "sans décision préalable des autorités judiciaires".

"Le gouvernement essaie de sauver les meubles", a déclaré M. Bové sur Canal+. Pour la tête de liste d'Europe-Ecologie dans le Sud-Ouest aux européennes du 7 juin, "cette loi, de toute façon, elle est terminée puisque l'amendement a été voté à Strasbourg".

"Il y a une contradiction parce que le président de la République a dit à Nîmes, dans son discours sur l'Europe, +je veux plus de pouvoir pour le Parlement européen+ et quand le Parlement européen prend une décision qui va contre ses intérêts personnels, là, il ne tient plus compte du parlement européen", a-t-il ajouté.

Pour M. Bové, "qu'il y ait une loi qui permette de garantir un revenu pour les artistes, c'est quelque chose de légitime". Mais, selon M. Bové, "le problème" de la loi Hadopi, "c'est qu'elle impose une double peine": "on peut être condamné jusqu'à 300.000 d'euros d'amende pour avoir téléchargé et, à côté de ça, on vous propose de vous couper internet et le téléphone en même temps, uniquement par décision administrative".