11ANS_copie_1Jordan Brown avait 11 ans lorsqu'il a tué la fiancée de son père, enceinte de 8 mois. Aujourd'hui âgé de 13 ans, il risque la prison à vie sans remise de peine. Une affaire qui relance le débat sur le sort réservé aux mineurs dans la justice américaine.

C'est l'histoire d'un fait divers sordide qui a profondément choqué les Etats-Unis. Selon l'accusation, un matin de février 2009, Jordan Brown a tué de sang froid la compagne de son père, Kenzie Houk, dans sa maison située à la campagne aux environs de Pittsburgh.

Kenzie, âgée de 26 ans et enceinte de 8 mois d'un garçon, dort encore quand Jordan l'abbat d'une balle dans la nuque, la tuant elle et son bébé, avec son arme personnelle. Un modèle spécialement conçu pour les enfants. Jordan serait ensuite allé à l'école, comme si de rien n'était...

Deux ans après les faits, ses avocats se démènent pour que Jordan soit jugé comme un mineur alors que la loi en vigueur en Pennsylvanie fait automatiquement passer un crime aussi grave au pénal.

Pour la défense, l'enjeu est de taille. Si Jordan est considéré comme un mineur, il sera placé dans un pénitencier pour enfant jusqu'à sa majorité (21 ans). Sinon, il encourt une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.

L'affaire s'est transformée en débat sur le traitement des enfants par la justice américaine. Amnesty International s'en est notamment emparé. "Jordan Brown est, à la connaissance d'AI, la plus jeune personne dans le monde à risquer ce genre de peine", explique l'organisation dans un communiqué, ajoutant que "les Etats-Unis sont les seuls à pratiquer ce type de condamnation de mineurs qui concerne, dans le pays, 2 500 mineurs au moment des faits, et aujourd'hui emprisonnés à vie".

Toujours selon AI, seuls deux pays n'ont pas ratifié la Convention internationale des droits de l'enfant, qui interdit la condamnation des mineurs à la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Ces deux pays sont la Somalie... et les Etats-Unis.

Du côté de l'accusation, on se moque bien de ces considérations. "J'ai perdu mon bébé et mon petit-fils. Ma fille ne reviendra pas. Mes deux petites filles ont perdu leur maman et un frère qu'elles attendaient. Alors, qu'est-ce que vous donne le droit de dire qu'il peut s'en tirer ?", a déclaré la mère de la victime, Debbie Houk.

Curieusement, personne n'a eu l'idée de soulever un autre débat autour de cette affaire : est-il normal qu'un enfant de 11 ans possède un fusil de chasse sur mesure et ait appris à le charger et à s'en servir tout seul ? en tous les cas pour un pays qui passe son temps à critiquer ,les régimes totalitaires dans le monde sa justice n'a rien à envier à aucun pays ...

VIA : The Guardian, Amnesty International