dd395_viper___site_Le vaccin Pandemrix contre la grippe A (H1N1) d'un laboratoire britannique est accusé de provoquer l'apparition d'une affection rare du sommeil, la narcolepsie, chez les enfants et adolescents

Les scandales pharmaceutiques ne semblent pas devoir prendre fin. Après les révélations sulfureuses autour du médiator, le "médicament de la mort", puis l'établissement d'une liste de produits pharmaceutiques suspectés d'être inutiles voire dangereux pour la santé, c'est au tour d'un vaccin d'être pointé du doigt. Le Pandemrix (AFP), destiné à protéger les populations contre la pandémie du virus de la grippe A (H1N1), a été distribué par le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK,) et injecté à plus de 90 millions de personnes dans 19 pays lors des campagnes de vaccinations l'an dernier. Aujourd'hui, d'après la plus haute autorité sanitaire finlandaise, ce vaccin a probablement contribué à la multiplication subite des cas de narcolepsie- une affection rare du sommeil pour lequel il n'existe pas de traitement curatif à l'heure actuelle - chez les enfants et les adolescents finlandais en 2009 et 2010.

Neuf fois plus de risque d'être atteint de cette maladie du sommeil
Si l'Institut national finlandais pour la santé (THL) ne veut pas encore se montrer catégorique, réservant son rapport final pour août 2011,  il estime toutefois que les personnes de 4 à 19 ans ont un risque neuf fois plus élevé de souffrir de narcolepsie s'ils ont été vaccinés avec le Pandemrix. Cette affection neurologique, caractérisée par une fatigue extrême et des accès de sommeil impromptus, également appelée maladie de Gélineau, ne concernerait toutefois pas les adultes de plus de 19 ans vaccinés par le même produit. Parmi la soixantaine de jeunes patients finlandais souffrant de narcolepsie recensés, 52 (soit 90 %) avaient reçu des injections du Pandemrix, alors que la couverture vaccinale au sein de cette tranche d’âge n’atteignait que 70 %. Dans la plupart des cas, ces enfants et adolescents avaient vu les symptômes se déclarer dans les deux à dix semaines suivant l'injection."L'association observée est si évidente qu'il est improbable que d'autres facteurs dits collatéraux puissent expliquer le phénomène", a indiqué le THL.

Une vigilance mondiale amorcée
La révélation du THL a aussitôt alerté l'Organisation Mondiale de la santé (OMS), dont le Comité consultatif de la sécurité vaccinale a préconisé l'ouverture officielle d'une enquête qui recenserait au plus vite toutes les données disponibles relatives à l'accroissement observé des cas de narcolepsie. Au niveau de l'Europe, l'Agence européenne du Médicament a lancé une étude de pharmacovigilance tandis que d'autres autorités sanitaires européennes planchent également sur le sujet. Quant à la France, en août 2010, elle avait signalé six cas sans pouvoir établir de lien avec le vaccin, qui bien que commandé à hauteur de 94 millions de doses par le ministère français de la Santé, avait été largement dénigré par le grand public, qui l'estimait trop dangereux.
Julie Ketkosol (www.lepetitjournal.com) jeudi 10 février 2011