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Roger Gougenot des Mousseaux, dit aussi le chevalier Gougenot des Mousseaux, né le 22 avril 1805 à Coulommiers et mort le 5 novembre 1876 dans cette même ville, est un journaliste et écrivain polémiste français.

Catholique ultramontain, Gougenot des Mousseaux consacra plusieurs ouvrages à l'histoire de la magie et de l'ésotérisme et à la dénonciation des sociétés secrètes et de la franc-maçonnerie. . C'est aussi un légitimiste anti-libéral très opposé à l'orléanisme politique et dynastique (La Question des princes d'Orléans, 1872).
Son antijudaïsme chrétien connut une postérité certaine avec l'abbé Ernest Jouin et plusieurs polémistes du tournant du XIXe siècle qui se sont consacrés à la dénonciation du complots judéo-maçonniques.
Il a été traduit à la fin des années 1910 par Alfred Rosenberg, futur idéologue officiel du IIIe Reich, et déjà très proche d'Adolf Hitler.

* Le Monde avant le Christ. Influence de la religion dans les États, ou Séparation et harmonie entre les institutions religieuses et les institutions politiques, Paris, P. Mellier, 1845.
 Des Prolétaires, nécessité et moyens d'améliorer leur sort, Paris, Mellier frères, 1846.
 Dieu et les dieux, ou Un voyageur chrétien devant les objets primitifs des cultes anciens, les traditions et la fable, monographie des pierres dieux et de leurs transformations, Paris, Lagny frères, 1854.
Son premier ouvrage Mémoire sur les Pierres sacrées (1843), qui contient en germe la suite de son oeuvre, prend appui sur la Bible et les monuments de tous les âges et cherche à démontrer la participation directe et continue du démon dans les actes idolâtriques. Il est suivi du Monde avant le Christ (1845) première version de Dieu et les Dieux, ou un voyageur chrétien devant les objets primitifs des cultes anciens, les traditions et les fables (1854) où l'auteur montre d'une part que les pierres sacrées, d'abord gages d'alliance entre Dieu et les hommes, dégénèrent par la suite en objet d'adoration (bétyles) dans l'univers entier jusqu'à la divinisation de la matière symbolisée par l'Œuf et, d'autre part, que les sanglantes immolations saturniennes qui inondèrent le monde sont une imitation impie du dogme de la Rédemption divine préfigurée par le sacrifice d'Abraham. Ce qui l'amène à déduire que « l'enchaînement indéniable des erreurs humaines, parallèlement aux vérités révélées, est l'un des plus merveilleux témoignages d'une tradition indéfectible et de l'unité de la race humaine ».

Entre temps, en 1848, il est choisi par le clergé de Meaux au côté de l'abbé Bautain comme candidat à l'Assemblée nationale. Puis il entreprend de démontrer l'existence de Satan et son action parmi les hommes par le biais de la magie, du magnétisme et du spiritisme. D'abord La magie au XIXème siècle, ses agents, ses vérités, ses mensonges (1860) où il ne laisse d'autre alternative au fluide animique ou magnétique « forme actuelle de la magie » que l'action déguisée du démon ou le pur néant - l'électricité ne pouvant, à l'occasion, constituer qu'un moyen et non une cause.
Les Médiateurs et les moyens de la Magie, les hallucinations et les savants, le fantôme humain et le principe vital (1863) se veut une série de faits et de preuves à l'appui de la relation fondée entre le démon et la race humaine avec pour intermédiaires les grands prêtres idolâtres, les magiciens proprement dits et les médecins-magiciens faussant les liens de l'homme avec Dieu et les remèdes à la déchéance originelle; ainsi que Moeurs et pratiques des Démons ou Esprits visiteurs du spiritisme ancien et moderne (1863), édition augmentée d'un ouvrage déjà paru en 1854, et Les hauts Phénomènes de la Magie précédé du Spiritisme antique, avec quelques lettres adressées à l'auteur (1864) réservé à un public averti.

Ses travaux, parallèlement à ceux du marquis de Mirville, sont alors salués par les grandes revues médicales tant pour le talent que pour le bon sens dont ils font preuve. Enfin, après mûre réflexion et l'année même du concile de Vatican I , il couronne son oeuvre avec Le Juif, le Judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens (1869) où il apparaît à notre auteur que le judaïsme a transformé la Bible en une tradition rabbinique, amas d'erreurs intellectuelles et morales dont le Talmud, répercuté à travers le monde, a gardé le dépôt. Honoré de la croix de commandeur de l'ordre pontifical de Pie IX, il meurt à Coulommiers le 4 octobre 1876 laissant à l'état de manuscrit un ouvrage consacré à la franc-maçonnerie.
 Pages, L., " Le chevalier Gougenot des Mousseaux et ses travaux sur la magie contemporaine ", Annales de philosophie chrétienne, octobre 1877.

Esotérisme, occultisme, franc-maçonnerie
et Chritianisme aux XIXe et XXe siècles
Marie-France James
Nouvelles Editions Latines, 1981 livre dispo ici en lecture

l'histoire de la magie et de l'ésotérisme dans les sociétés secrètes