modelisation_du_deplacement_du_nuage_radioactif_issu_de_la_centrale_10425319xuwic_1713www.acro.eu.org
Contrôle des retombées en France de substances radioactives contenues dans les masses d’air contaminées en provenance du Japon
Contexte
Depuis l’arrivée de gaz et de particules radioactifs en provenance du Japon, le laboratoire d’analyses de l’ACRO – en partenariat avec Greenpeace France – effectue des contrôles en différents endroits du territoire métropolitain. L’objectif final est de savoir si la chaîne alimentaire pourrait être affectée. Pour accéder à cette connaissance, le niveau de contamination du couvert végétal (l’herbe) est régulièrement examiné ; c’est l’axe prioritaire de la surveillance. Si des compléments se révélaient indispensables, des analyses de sols, de lait, etc. seraient effectués.
Le territoire métropolitain a été surveillé une première fois entre le 25 et 27 mars, soit au plus tard quelques jours après l’arrivée des masses d’air contaminé en provenance du Japon. Constatant la présence d’iode radioactif (iode-131) dans le couvert végétal de certains lieux mais également une augmentation de la contamination de l’air, entre le 27 et le 31 mars 2011, une seconde évaluation a été organisée une semaine plus tard, du 31 mars au dimanche 3 avril. Les résultats sont présentés ci-dessous.
Rappelons que cette contamination, aussi faible soit-elle actuellement, n’est pas normale et ne doit pas être banalisée. En effet, avant la catastrophe de Fukushima, on ne trouvait ni iode 131 ni césium 137 dans l’herbe en France.

 l’iode radioactif (iode-131) et, très vraisemblablement, le césium-137 proviennent des réacteurs nucléaires accidentés de Fukushima (Japon). Ils ont été transportés avec les masses d’air sur de très longues distances (plus de 15 000 km), ce qui souligne l’importance de la catastrophe au Japon.

Irradiation externe :
 le dépôt radioactif reste trop faible pour augmenter significativement le niveau du rayonnement ambiant préexistant, dû à la présence d’éléments radioactifs naturels contenus dans les sols. Il n’y a donc pas de risque particulier à séjourner dehors.
 aucun compteur Geiger ne peut mettre en évidence l’actuel dépôt radioactif.

Contamination du lait de vache :
 si les mesures entreprises ne portent pas sur le lait, pour autant elles renseignent indirectement comme nous l’avons vu. Pour l’instant, les contrôles effectués par l’IRSN jusqu’au 4 avril montrent que les résultats positifs n’excèdent pas 2 Bq/L. C’est pourquoi, de telles valeurs ne devraient pas conduire à s’abstenir de consommer du lait.

Contamination des légumes feuilles :
 généralement elle est du même ordre de grandeur que celle mesurée dans l’herbe. Pour l’instant, de telles valeurs ne devraient pas conduire à s’abstenir de consommer des légumes et fruits frais (qui sont une source essentielle de vitamines pour l’organisme). Un lavage est suffisant lorsqu’il s’agit d’un léger dépôt à la surface des feuilles.

Persistance:
 du fait de sa courte demi-vie (8 jours), l’iode radioactif (iode-131) persiste peu dans l’environnement comme c’est le cas avec le césium-137. Ceci ne signifie pas que les niveaux observés n’augmentent pas dans l’avenir. L’intensité des dépôts radioactifs dépend d’abord de l’ampleur de la contamination de l’air et de sa persistance. Et pour l’instant aucun retour à la normale n’est observé.
 dans le cas des dépôts de césium-137 observés, ceux-ci sont pour l’instant trop faibles pour augmenter les niveaux dans les sols qui résultent des retombées anciennes consécutives aux essais nucléaires et aux accidents nucléaires d’envergure.

Résultats concernant la pré-campagne et les deux premières campagnes de mesures


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