demoniaque-feluniaJules Doinel joua un rôle vers 1893 comme Patriarche de l’ « Eglise catholique gnostique »,
dans la mouvance sataniste qui se répandait à cette époque. Converti à la Foi catholique en
1895, et ayant abjurés ses hérésies, il écrivit Lucifer démasqué[1], dans lequel il dévoilait la
signification des grades maçonniques et les influences lucifériennes qui règnent sur les
hautes loges illuministes. Voici ce qu’écrit sur lui en 1910, l’abbé Barbier, un jésuite qui quitta
son Ordre pour poursuivre ses études sur la Contre-Eglise.

« La Gnose a été rénovée en 1888 par Jules Doinel, archiviste départemental du Loiret et membre
du Conseil de l'Ordre du Grand-Orient de France[2]. Une charte de 1022, écrite de la main du
chancelier épiscopal, Etienne, avait ramené son attention sur ce personnage, l'un des quatorze
hérésiarques brûlés, le 28 décembre 1022, à Orléans, pour avoir pratiqué et professé la doctrine
gnostique.

Doinel se sentit soudain possédé d'un ardent amour pour la Gnose et se donna la mission d'en
recueillir les débris épars ou plutôt d'en renouer et rajeunir l'antique tradition. Il ressuscita l'Eglise
gnostique dont il se premiefit le r Patriarche sous le nom de Valentin II. Fort du principe cher à toutes
les confessions gnostiques, dit son successeur, le Patriarche Synésius (Dr Fabre des Essarts) : «le
sacerdoce peut être conféré dans toute sa plénitude par simple influx divin, sans l'action d'un signe
initiatique», il n'alla demander ses pouvoirs à aucun centre d'initiation. «Il était prêtre de par l'action de
ce mystérieux influx et crut pouvoir légitimement s'écrier : «C'est l'Éon Jésus lui-même qui m'imposa
les mains et me sacra évêque de Monségur»[3]. Le F. Doinel groupa de hautes intellectualités. Un
synode ne tarda pas à être constitué et, en 1893, consacra son titre d'évêque de Monségur dont il
avait déjà été investi par voie intuitive. Une hiérarchie s'établit. Plusieurs évêques furent créés. »
« La grâce divine a des desseins et des ressources insondables. L'initiateur de ce mouvement
satanique, J. Doinel, le Patriarche Valentin II, détesta ses erreurs et revint au catholicisme. En
décembre 1895, la nouvelle suivante fut communiquée aux évêques gnostiques : «Doinel a abjuré la
foi gnostique entre les mains de l'évêque catholique d'Orléans. Il lui a remis ses insignes patriarcaux,
s'est confessé et a communié solennellement dans la cathédrale».
« L'hérésiarque converti se sentit pressé du besoin de réparer autant qu'il était possible le mal
dont il avait été l'auteur. Sous le pseudonyme de J. Kostka (il attribuait en partie à saint Stanislas la
grâce de son retour), il écrivit dans la Vérité française une série d'articles alors fort remarqués, où se
trouvent les détails les plus singuliers sur les sectes: occultes et en particulier celle des gnostiques, et
un aperçu du rituel liturgique ainsi que des mystères sataniques qu'elles célèbrent et de ceux de la
Franc-Maçonnerie. Ces articles furent plus tard réunis en volume sous le titre de Lucifer démasqué.
Il y règne un ton de foi et de repentir d'une note si juste, à la fois si profonde et si mesurée,
une réserve si sincèrement chrétienne au milieu de descriptions abominables et de révélations
où rien n'est écrit pour satisfaire la curiosité, qu'il est impossible de ne pas accorder une
grand-valeur à ce témoignage.


Ensuite Jules Doinel va détailler trois mystères lucifériens

:« Dans la loge rouge, il y a entre autres, mais plus spécialement, il y a trois mystères
lucifériens : le mystère de l'INRI, le mystère de la Rose-Croix; le mystère du Signe-du-Bon
Pasteur. J'ai reçu la complète illumination démoniaque sur ces trois mystères ». J.Doinel
2.2.1 Le mystère luciférien de l’INRI
Procédé typiquement diabolique, le sigle INRI qui était inscrit sur la Croix
rédemptrice de Notre Seigneur, est invoqué par les Rosicruciens, mais sa signification
est inversée :
· I(esus) N(azarenus) R(esurrexit) I (ncassum) : C’est vainement que Jésus le
Nazaréen est ressuscité. « C’est l’INRI infernal, par lequel il affirme que Jésus est ressuscité, mais
que lui, Satan, rendra nulle la résurrection ». J.Doinel
·
Autre signification donnée par les lucifériens :

« Le Rose-Croix, à son tour fait le signe du Bon Pasteur, ou le signe de l'équerre, en disant : I\N\R
\I\ Et en disant INRI, le Rose-Croix dit : I(n) N(omine) R(egis) I(nferni) Au nom du Roi de l'Enfer ! Il
prononce comme le chrétien sa profession de foi, mais il la prononce dans un sens absolument
contraire. Il se proclame Luciférien. Il se proclame fidèle de l'Enfer. Il se proclame réprouvé

Que le mystère innommable que je révèle, éclaire les confesseurs et fasse frémir les malheureux qui
ont reçu le stigmate de la bête : l'Equerre. » J.Doinel