14 août 2011

Des drones qui pulvérisent des chemtrails

Gulf Drone Control SystemsCes DRONES sont le maillon de la chaîne qui se connecte aux avions transatmosphériques, aux plates-formes spatiales et aux satellites. Ces ressources spatiales enverraient et recevraient (des informations) à partir de et vers des superordinateurs qui sont situés dans des stations relais au sol ou en orbite. Un nouveau satellite radar appelé MIRIAH(39) peut voir à travers la plupart des bâtiments, la nuit, et sous toutes les conditions météo, renvoyant une image en 3 dimensions, sous n'importe quel angle, et pratiquement en temps réel. Les drones peuvent ressembler à des libellules(40), à des oiseaux(41), à des hélicoptères(42), à des avions(43) ou même à des cubes(44). Des militants à Washington DC ont récemment repéré des drones libellules surveillant une manifestation. Ils peuvent être alimentés par hydrogène(45), par énergie solaire(46), par piles à combustible, par batteries, ou par une combinaison de ces différents moyens(47). Ils peuvent s’accrocher sur une ligne électrique pour se recharger(48 ) ou être alimentés via micro-ondes par système wi-fi(49). Ils peuvent vous voir, mais ils peuvent également transmettre des données. Il existe même une technologie qui peut les couvrir, afin que vous, les satellites ou les radars ne puissent pas les voir

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Nous aurons un gouvernement mondial, que nous le voulions ou non.

mondialisation_320-2010« Nous sommes à la veille d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial ». (David Rockefeller). Plus de quarante ans avant cette déclaration, James Paul Warburg (1896-1969), officier de l’OSS et membre du CFR, affirmait le 7 février 1950, devant le Sénat des Etats-Unis :

« Nous aurons un gouvernement mondial, que nous le voulions ou non. La seule question est à savoir si le Gouvernement Mondial sera instauré par l’adhésion, ou par la conquête. »

Aujourd’hui, nous avons les Bush, les Jacques Attali et Nicolas Sarkozy qui reprennent les mêmes termes, le même PLAN. Est-ce que cela s’appelle un complot ? A chacun de répondre.

Les familles oligarchiques qui orchestrent cette crise « majeure » si nécessaire pour introduire le Nouvel Ordre Mondial et son inéluctable REFORME MONETAIRE pour plumer la classe moyenne et appauvrir encore plus les gens modestes, répètent ce que leurs ancêtres ont fait avec le krach de 1929. Dans les années 1920, Paul Warburg est l’un des hommes les plus riches et les plus influents dans le monde. Il est particulièrement en charge du système monétaire des Etats-Unis et de Wall Street.

Il fera venir directement d’Angleterre Winston Churchill dans son bureau pour lui dire ceci, au matin de l’ouverture de la bourse du jeudi 29 octobre 1929 : « Nous allons vous montrer notre puissance ! »

A dix heures, la cloche sonna pour indiquer l’ouverture de la séance. En quelques mois, l’économie américaine allait s’effondrer et l’avènement d’Hitler allait suivre.

Donc, le KRACH de 1929 répondait à un objectif devenu clair dans les années qui suivirent avec la crise d’hyperinflation en Allemagne et l’arrivée du Parti nazi et d’A. Hitler, financés par les banques de Wall Street, comme l’avait été Lénine quelques années auparavant.

Que veulent-ils aujourd’hui ? Finaliser la troisième étape du plan Pike publié par William Carr en 1954-58, à une époque où absolument PERSONNE ne pouvait anticiper les contours de la géopolitique actuelle…
Pour les nouveaux lecteur et un rappel toujours utile aux « anciens »

Cette « planification » fut connue grâce à une correspondance du 15 août 1871 entre les deux hommes. Cette lettre fut exposée une seule fois au British Museum Library de Londres. Heureusement, un officier de marine canadien et «chercheur anti-maçonnique», le commodore William Guy Carr put en prendre connaissance. Il se trouvait sur ces lieux en qualité de conseiller des Etats-Unis à la conférence de San Francisco du 26 juin 1945. Ce qu’il découvrit bouleversa sa vie. Du résumé qu’il fit, des notes qu’il releva, et des passages qu’il copia, un livre allait les reproduire en 1954, à une époque où il était humainement impossible de prévoir ce à quoi nous assistons progressivement : Pawns in the Game (chap.1, pp. 15 et 16).
« … La Première Guerre mondiale devait être livrée afin de permettre aux Illuminés de renverser le pouvoir des Tsars en Russie et de faire de ce pays une forteresse du Communisme athée. Les diver-gences suscitées par les agents des Illuminés entre l’Empire britannique et l’Empire allemand furent utilisées pour fomenter cette guerre. A la fin de cette guerre, le Communisme devait être édifié et utilisé pour détruire les autres gouvernements et pour affaiblir les religions ».

« La Seconde Guerre mondiale devait être fomen-tée en profitant des divergences entre les Fascistes et les Sionistes politiques. Cette guerre devait être menée de telle sorte que le Nazisme soit détruit et que le Sionisme politique soit assez fort pour instaurer l’état souverain d’Israël en Palestine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Internationale Communiste devait devenir assez forte pour équilibrer la Chrétienté. Elle devait alors être contenue et tenue en échec jusqu’au moment où l’on aurait recours à elle pour le cataclysme social final ».

« La Troisième Guerre mondiale doit être fomentée en profitant des divergences suscitées par les agents des “Illuminés” entre les Sionistes politiques et les dirigeants du monde islamique. La guerre devra être orientée de telle manière que l’Islam (le monde arabe et le monde musulman) et le Sionisme politique (incluant l’Etat d’Israël) se détruisent réciproquement, tandis que les autres nations, une fois de plus divisées et opposées entre elles sur cette affaire, seront en cette circonstance contraintes de se combattre jusqu’à leur complet épuisement physique, moral, spirituel et économique ».

Quand le commodore William Guy Carr a publié cette lettre, juste avant les années 1960, il était impossible d’imaginer les contours de la géopolitique actuelle. Les choses se sont éclaircies seulement à la lumière de l’interprétation faite (par les pantins qui ont l’apparence de gouverner) des événements du 11-Septembre. Même la veille du 11-Septembre, ce n’était pas évident. Depuis, tout s’enchaîne selon la logique de ce plan. D’aucuns, surtout ceux qui ont intérêt à ce que le peuple ne comprenne rien et ne voit rien, diront hasard. Les médias à la solde des oligarques du mondialisme qui les contrôlent diront que si vous clamez la vérité sur ce sujet vous êtes étiqueté de « complotiste » et donc rangé dans la rubrique des gens dérangés. Ces médias continueront à faire croire que les deux pantins représentés par les deux partis politiques dominants dans chaque pays « évolués » vous sauveront et résoudront les problèmes de votre vie. Mensonge ! Ces pantins sont toujours membres de quelques petites sociétés secrètes, elles-mêmes intégrées dans une toile d’araignée dirigée humainement par ces mêmes oligarques. Chacun d’eux a des casseroles dans sa vie de manière à ce que le pouvoir de l’ombre, celui qui tient les manettes, puisse exiger de lui qu’il respecte le cahier des charges. C’est pourquoi, quand le peuple dit « non » à un référendum, ce dirigeant passera outre, comme cela fut le cas en France avec le traité européen.

Ce sont les mêmes qui assurent que la faillite des Etats et l’effondrement des monnaies est aussi le fruit du hasard. Pourtant, le Prix Nobel Soljenytsine (1918-2008), qui s’intéressait au plan des sociétés secrètes cherchant un « renversement sociétal », avait abouti aux mêmes conclusions que celles de LIESI et de plusieurs historiens sérieux. Soljenytsine était si horrifié de ses découvertes sur ce pouvoir de l’ombre qu’il avait interdit de publier ses conclusions tant qu’il serait en vie.

Posté par rusty james à 12:36 - - Permalien [#]
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La 3e guerre mondiale n'est plus une utopie !

guerre mondiale 3

Procès-verbal d’intérêt général

Introduction

Les guerres ont évolué au fil des siècles, tant en termes de forme, de nature et d’essence qu’en fonction des cadres politiques, sociaux, économiques, spirituels et culturels qui ont été leurs théâtres. Face à cette évolution relative et complexe, on pourrait très bien décider de porter notre regard à travers une vision spatio-temporelle plus globale et envisager de réfléchir les guerres du 21è siècle à travers celles du passé dans ce qu’elles ont d’inédit. Si chaque guerre a son génome unique à décoder, dès lors que l’on se penche sur les contextes philosophiques et géopolitiques de sa naissance, on est en droit de se poser les questions suivantes : en quoi les guerres du 21è siècle sont-elles particulières ? Quels sont les rapports qu’entretiennent leurs formes, leurs natures et leurs essences respectives avec leurs prédécesseurs ? Ces interrogations semblent présager de vastes chantiers de réflexion, n’est-ce-pas ? Pourtant, je reste absolument convaincu qu’en tant que citoyen contribuant à la réalisation d’une conscience collective, nous avons la capacité et les outils nécessaires que pour répondre à ce genre de questions, sans devoir pour autant s’arguer de décennies de recherches, d’études ou de connivences académiques, car telle est en partie l’essence même de cette conscience collective.

Publié par Badi Baltazar
Définitions

Premièrement et afin de désamorcer toute accusation de sophisme ou de scoopisme, je vous propose d’initier cette lecture par les définitions :

Guerre :
1. lutte armée entre plusieurs pays, peuples.
2. conflit sans affrontement armé.
3. synonyme : stratégie

Mondial :
1. relatif au monde entier.
2. synonyme : international, universel.

Utopie :
1. construction imaginaire et rigoureuse d'une société, qui constitue par rapport à celui qui la réalise, un idéal ou un contre-idéal.
2. projet dont la réalisation est impossible.
3. du grec, ou, non et topos, lieu (un lieu qui n'existe pas, un non-lieu).

De leur sens propre à leur sens figuré, leur sens composé ouvre la porte à bien d’autres pistes de réflexions que la simple première impression. Vous aurez compris qu’il s’agit ici d’un conflit de stratégies internationales, armées et non armées, dont les objets et les enjeux sont confrontés à leur miroir, réel ou utopique. En cela la question que le titre suppose est une ouverture du champ des possibles, une expression qui se dédouane de fait de la responsabilité de l’affirmation, mais qui n’en demeure pas moins une façon entière et directe d’orienter et de situer le propos. En un mot, donner un grand coup de botte dans la fourmilière.


La guerre mondiale : réalité ou utopie ?

Sur base des définitions précitées, penchons-nous sur les principales guerres actuellement en cours.  En ce qui concerne les interventions militaires en Afghanistan, en Irak et plus récemment en Libye, il est établi aujourd’hui que les intervenants sont en majorité les mêmes à chaque fois : les Etats-Unis, des gouvernements Européens, l’OTAN, qui rappelons le, n’a qu’une personnalité juridique relative et est à ce titre intouchable, le Conseil de Sécurité de l’ONU, les grandes multinationales… certaines détruisent, d’autres reconstruisent ou exploitent les ressources nouvellement acquises. Qu’on qualifie ces guerres de préventives, humanitaires, chirurgicales, propres ou de croisades contre l’axe du mal et le terrorisme mondial ne change rien, une guerre est une guerre, nier ou réfuter son caractère international serait absurde. Les croisements, les interdépendances des différentes formes de crises qui les provoquent ou leurs succèdent en sont les expressions les plus visibles. Tout comme les révoltes populaires du Maghreb et du Moyen-Orient, les mouvements citoyens d’Europe et du monde, la crise financière, la crise monétaire, la crise du nucléaire, la crise de la dette et les crises politiques, économiques et sociales se chevauchent, se superposent, se lient et se délient, elles nous livrent les éléments de réponse à notre question : nous sommes en guerre mondiale. Indubitablement.

Paradoxalement, le fait que cette guerre se déroule physiquement ailleurs ne fait pas d’elle une utopie pour autant, car elle existe belle et bien en nous, contre nous et donc chez nous. La distance entre les limites de notre entendement et les lieux où se déroule cette guerre mondiale nous donne la fausse impression que nous ne sommes pas en guerre, notre intégrité physique et nos avoirs n’étant pas directement remis en cause. Il est à noter que le rôle de médiation que jouent les grandes  agences de presse internationales (Reuters, AFP, Bloomberg,…) et les acteurs médiatiques de masse est primordial pour que cette « distance » puisse exister et perdurer. Ils sont donc à ce titre responsables, au-delà de notre accès relatif au libre-arbitre, de l’opacité de cet immense prisme déformant qui sévit entre la réalité et nous, consommateurs d’information. L’étendue de leurs pouvoirs et des armes qu’ils possèdent n’étant plus à prouver, ils ont toute leur place dans la liste des protagonistes de cette guerre mondiale. Sans oublier que toutes ces ingérences militaires et de facto mortelles concourent à ce que les flux migratoires vers l’Europe s’intensifient. Ce qui à travers le filtre dont je viens de faire état est très mal perçu par le citoyen occidental lambda, qui considère presque légitime - au sens légal - de nier toute responsabilité et d’affirmer en bonne conscience qu’il n’a pas à assumer la misère du monde et que ces gens n’ont qu’à se débrouiller autrement et résoudre leurs propres problèmes. La distance dont je fais état est donc non seulement géographique mais elle est aussi sur le plan de la conscience. Les causes dont sont directement responsables les instigateurs de ces guerres, représentants élus au suffrage universel par le peuple je le rappelle, ne sont donc de fait pas imputables aux citoyens européens. La fracture démocratique est indiscutable car elle a atteint le domaine de la conscience. En fait la situation perdure car la majorité ne sait pas ce qui se passe réellement. Ils ne sont conscients que de ce qu’ils regardent au JT ou lisent dans la presse traditionnelle, aujourd’hui détenue par des intérêts privés dont des fabricants d’armes ou de béton.

Ce que la constatation de cette guerre mondiale soulève dépasse de loin le stade de cas isolés qui additionnés, seraient son essence. Il s’agit bien d’une guerre dont les dimensions sont à l’échelle de ce qu’elle révèle. Les peuples aliénés ont une patience limitée, aucun contrôle sur des hommes ne peut perdurer indéfiniment, la nature humaine est ainsi faite. Un des problèmes fondamentaux qui jaillit est celui de la représentativité des protagonistes. Les personnes que nous avons élues ont décidé, en notre nom, de s’engager dans une guerre mondiale. Mais comme le territoire Européen n’est pas attaqué militairement, on parlera d’abstraction de la guerre pour ses habitants. En fait, la réalité de l’Européen moyen n’a pas radicalement changé et n’a pas encore été affectée de manière suffisamment conséquente par la guerre, bien que les régimes grecs et autres semblent en manifester des symptômes de plus en plus édifiants. Pour ne citer qu’un cas récent et proches de nous, je vous invite à lire ce billet illustrant de manière évidente la fracture qui existe aujourd’hui entre notre pseudo état de droit et la légitimité constitutionnelle d’un citoyen lambda à la liberté la plus essentielle de s’exprimer. Comme un écho à ce malaise profond et de plus en plus difficile à ignorer, le discours du Roi Albert II à l'occasion de la Fête Nationale Belge en témoigne.

Ce à quoi nous assistons n’est donc ni plus ni moins qu’une cassure, un effondrement du fondement même de nos régimes dit démocratiques articulés sur la représentativité du pouvoir politique. Un vide sans fond entre des régimes à tendances oligarchiques calquées sur les tristes exemples du siècle dernier et une génération de citoyens qui se projettent dans le brouillard de son devenir. Ce ne sont pas la France, les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne qui font la guerre, c'est une toute petite partie de la population, issue de l’ensemble des représentants eux-mêmes légalement issus des urnes. A noter qu’aucune décision militaire n’a jamais fait l’objet d’une quelconque consultation populaire. Que ce soit le sang des victimes afghanes, irakiennes ou libyennes ou notre conception du monde qui coule au moment où j’écris ces mots, tous les indicateurs révèlent que nous sommes à la fin d’un cycle. Un nouvel ordre mondial est sur le point de naître, il est en gestation depuis longtemps. Mais il m’apparaît évident que l’utérus de notre histoire contient deux candidats à l’existence, deux visions différentes de l’humanité et de son salut, l’une collective et l’autre sélective. La seule inconnue réside dans la forme, la nature et l’essence de celle qui s’imposera.


Protagonistes

Afin de mieux cerner les origines et les mobiles, je vous propose d’articuler la liste des protagonistes sur base de leur volonté belliqueuse et à fortiori sur base de l’effectivité et du pouvoir de leur armement, que ce dernier soit militaire, politique, économique, commercial ou financier. En effet, il me semble relever du sens commun que la faculté et la capacité à mener une guerre est déterminante pour en discerner les tenants et les aboutissants.

Armés :
1. les médias
2. les marchés financiers.
3. les grandes multinationales.
4. les spéculateurs.
5. les agences de notations financières.
6. les institutions et les organisations internationales.
7. les gouvernements nationaux.
8. les gouvernements supranationaux.

Non armés :
1. l'ensemble des citoyens de la planète, en un mot, l'humanité (dont font aussi partie les huit groupes d'acteurs précités).


Enjeux

La faillite des banques, la chute des gouvernements, le démantèlement des institutions corrompues ? Pour tenter d’identifier les enjeux de la guerre mondiale, commençons par nous demander qui l’a déclenchée et pour quelles raisons.  Ce que l’on peut affirmer c’est que les instigateurs du conflit ne peuvent se trouver que du côté des protagonistes armés, volontaires et actifs, et non des protagonistes non armés, non volontaires et passifs. Cette première étape dans la réflexion nous permet de réduire le champ des analyses. Bien qu’il faille préciser qu’au sein même des protagonistes armés et non armés existent des éléments respectivement passifs et actifs. Comme les pays émergeant par exemple. Ils sont de par leurs positions de poids sur l’échiquier mondial, des protagonistes relativement passifs au niveau militaire, certes, mais néanmoins armés sur les autres plans.

Nous sommes donc, comme toujours dans le tout est possible, mais nous sommes à présent conscients que la seule façon d’aller de l’avant intelligemment consiste à permettre à la vision collective, égalitaire et horizontale de la gestion des pouvoirs d’une société aujourd’hui mondialisée de se réaliser, se rendre compte et prendre conscience de sa réalité. C’est le combat des idées universelles dont je faisais état dans ma précédente publication “Réforme, révolution ou réalisation” où je tente de brosser le portrait des différents modes de changement sociétal.

Car la réalisation de l’humanité n’est possible que si une prise de conscience citoyenne collective suffisante voit le jour. Radicaliser cette analyse en l’étendant à l’utopie d’une prise de conscience générale n’a de fait aucune issue dès lors que l’on accepte la réalité d’une relativité de la conscience. La démarche, l’approche, la conceptualisation du monde varie d’une civilisation à l’autre, d’une ethnie à l’autre, d’un groupe d’individu à l’autre. Ce en quoi la réalisation m’apparaît comme une issue probable est cette lame de fond qui s'étend partout dans le monde, parallèlement catalysée par le développement des outils technologiques, qui eux-mêmes tendent à donner une forme plus horizontale à cette prise de conscience.

Parmi les populations de la planète et leur multitude de modes de fonctionnement, les réseaux virtuels sont donc l’expression vivante, réelle d’un changement de l’humanité vers plus de partage et donc une meilleure coordination à terme des consciences. La distance qui nous sépare de la réalité pourrait en être en partie comblée par l’exploitation des outils virtuels. Sans pour autant basculer dans l’absolutisme de la technologie. Comme pour tout, il s’agira de tendre vers l’équilibre en permanence. Ce qui veut dire qu’en-deçà de son essence, cette prise de conscience collective que certains perçoivent comme une utopie a déjà une effectivité. Elle existe déjà sur le plan matériel et technique. Pourtant, il ne suffit pas d’un clic pour passer le pas dans les cerveaux et les âmes des hommes. Il y a clairement un décalage entre la réalité matérielle, philosophique, géopolitique, environnementale et la conscience humaine, qui ne peut que se réduire au fil du temps, naturellement. L’ultime question est de savoir si le temps est avec nous ou contre nous ?


Conclusions

La politique actuelle s’apparente plus à la cacophonie d’une agence de communication dont la finalité première est de tenter d’influencer le cours des marchés privés, alors que sur les plans de la nature et de l’essence, nous sommes donc à des années lumières de la gestion des affaires publiques, dans une situation complexe, globale et fatidique. La voie sans issue dans laquelle le système monétaire international nous plonge en s’entêtant à baser notre économie sur un accroissement exponentiel des dettes des états souverains n’aura pour conséquences qu’une austérité accrue, une augmentation des contrôles et donc une diminution des libertés individuelles et collectives. Sans compter l'expansion de la pensée unique au niveau des partis politiques, notamment français pour ne citer qu'eux, preuve en est l'affirmation récente du soutien du PS dans la poursuite de l'intervention militaire unilatérale et meurtrière en Libye, alors qu'il y a quelques jours encore plus d'un million de citoyens libyens se sont mobiliser dans les rues de Tripoli pour manifester leur soutien au régime de Khadafi, ce qui nous propulse d'un coup dans une toute autre facette de la réalité.

La guerre de la dette et la crise de la zone Euro ne sont que la surface émergée de l’iceberg. Le 12 juillet, La Tribune titrait son édition papier : "L'Europe craque, les marchés plongent". Une semaine plus tard, les élans salvateurs des grandes puissances sont parvenus, dans une illumination providentielle, à poser une rustine qui peut-être, espèrent-t'-ils, tiendra jusqu'aux prochaines élections. On nous annonce la création d'un Fond Européen de Stabilité Financière (FESF) et on occulte la réalité en communiquant que les banquiers vont passer à la caisse et qu'ils ont sauvé la Grèce de la faillite apocalyptique alors que dans les faits, leurs contributions ne sont que minimes proportionnellement aux exigences imposées aux citoyens et à fortiori à la collectivité. Cette dissolution du politique est à l'image de l'impuissance qui règne et du manque frappant de remettre en cause les fondamentaux. A aucun moment, les banques et les représentants politiques n'ont ici de compte à rendre. Nous naviguons à vue, de remaniement en réformes d'opérette. Le scénario-catastrophe qui se dessine en filigrane est à la hauteur de l’inhumanité des protagonistes de cette guerre abstraite, inconsciente et incomprise.

Par ailleurs, d’innombrables lueurs d’espoir semblent pointer leur nez aux quatre coins de ce champ de bataille universel. Qu’ils refusent de payer le prix de la dette qu’on leur impose comme les Argentins, qu’ils arrivent à réaliser la rédaction d’une Constitution citoyenne en Islande, qu’ils se mobilisent par centaines de milliers dans les rues d’Athènes et sur le place Syntagma, qu’ils aient mis leur vie en jeu pour faire tomber les symboles des dictatures tunisiennes et égyptiennes, qu’ils aient eu le courage de crier leur vérité et leur liberté dans les rues du Maroc et de toute l’Europe. Je pense que nous pouvons gagner cette guerre, que nous avons les moyens de remporter cette troisième guerre mondiale et de réaliser une nouvelle civilisation avec d’autres conceptions du monde et d’autres fondements. Il ne peut en être autrement, j’en suis intimement convaincu. La balle est dans le camp de la conscience et c'est l’humanité de chaque être humain qui est historiquement mise à l’épreuve.

Risque imminent d’effondrement total du secteur bancaire.

iceberg_3Gouvernements sous la coupe des banques
L’urgence du contre-choc

Il y avait quelques raisons de ne pas être entièrement convaincu de la thèse de Naomi Klein sur la « stratégie du choc » (1). Elle est sans doute très pertinente dans bon nombre de cas, notamment pour les pays du Sud ou les économies en transition. Mais elle n’a pas non plus la généralité qu’elle revendique implicitement, et il est assez évident que l’installation du néolibéralisme dans les économies dites « développées » ne répond pas au modèle du « choc » — plutôt à la mise en œuvre progressive et « à froid » d’un programme qui s’est systématisé et approfondi à mesure qu’il se déployait. Il faut cependant reconnaître que, pour la première fois, son analyse pourrait se trouver spectaculairement vérifiée au cœur même du capitalisme « développé ».

Avec l’implacable déterminisme d’un mécanisme horloger, la crise de la finance privée a muté en crise des finances publiques. La chose était fatale pour deux raisons au moins. En premier lieu, il était tout à fait impossible que les pouvoirs publics se désintéressent du risque imminent d’effondrement total du secteur bancaire. Le légitime débordement de colère que suscite le spectacle de la finance, de nouveau resplendissante aux frais du contribuable, n’ôte rien à cet état de fait : le sauvetage n’était pas une option. Que le renflouement des banques ait mêlé solidarité de classe et copinages variés (2) aux nécessités de l’urgence vitale n’est pas douteux, mais ne justifie en rien de nier aucun des ingrédients du mélange et surtout pas le dernier.

Pas très fiers tout de même, d’ailleurs moins d’avoir sauvé la finance que d’être incapables de lui imposer quoi que ce soit de sérieux en contrepartie — le vrai débat —, les gouvernements plastronnent néanmoins devant leurs opinions publiques en expliquant que, la finance remise et ses dettes remboursées, les plans de sauvetage in fine n’auront rien coûté, parfois même « rapporté de l’argent au contribuable ». Il faut objectivement reconnaître que le propos n’est pas que pure rodomontade ni usuelle contrefaçon. Les débours réels du gouvernement français auront été très modestes, le rétablissement général de la finance a dispensé les garanties d’avoir à jouer, et les refinancements d’urgence octroyés aux banques ont été dûment remboursés, avec profits pour le budget de l’Etat (3). Le rétrécissement du coût du sauvetage de la finance est, en apparence, plus spectaculaire encore aux Etats-Unis. Parti sur une enveloppe de 700 milliards de dollars, le Trouble Asset Relief Program (TARP, soit « programme d’assistance aux actifs troublés », délicieux euphémisme...), pour des raisons assez semblables, voit son addition finale réduite à moins de 100 milliards — que l’administration Obama entend d’ailleurs éponger complètement à l’aide d’une taxe spéciale levée sur les banques pour une période de dix ans.

La présentation flatteuse de cet heureux dénouement laisse cependant de côté quelques disgracieux détails, notamment le rôle décisif joué par les entités paragouvernementales telles que Fannie Mae, Freddie Mac et la Federal Housing Finance Agency (FHFA), intensément sollicitées pour éviter l’effondrement complet de l’immobilier et de la croissance, mais dont les coûts particuliers de sauvetage ont été prudemment sortis du bilan précédent, pour la double raison que ces coûts-là — 400 milliards de dollars tout de même... — sont bien moins sûrement récupérables. La finance est sauvée et la récession limitée, mais par report du gros des tensions en un lieu confiné dont rien ne peut garantir qu’il ne s’y produira pas bientôt une belle explosion (4).

Il y a surtout que, circonscrivant le coût de l’intervention publique au sauvetage des institutions financières, les bilans avantageux oublient en route l’essentiel, à savoir ce qu’il en coûte aux budgets de faire face au brutal ralentissement de l’activité et aux abyssales pertes de recettes fiscales qui se sont ensuivies. L’explosion des dettes et des déficits publics passe donc bien moins par les « plans de sauvetage » que par la médiation élargie de la macroéconomie — et là, pas d’échappatoire ni de miraculeux rétablissement possibles.

L’allongement des chaînes qui mènent des causes aux effets finaux étant le plus sûr moyen de faire perdre de vue les liaisons d’ensemble, la finance croit maintenant pouvoir faire comme si elle avait elle-même payé l’écot de ses petits débordements et renvoyer tout le reste (chômage, récession, déficits) aux lointaines complexités de la macroéconomie — bien triste, mais pas son affaire. Et comme la vergogne est un mot qui n’entre pas dans son vocabulaire, la voilà même qui, reprenant du poil de la bête, n’hésite plus à faire, comme par le passé, la leçon aux Etats, impécunieux et définitivement irresponsables. L’explosion des dettes publiques est un problème, répètent, le front plissé, les gérants des départements fixed income (5)... sauvés dans l’urgence du trépas par l’argent du contribuable.

Florissantes à nouveau, en partie du fait que les soutiens publics massifs à la conjoncture d’ensemble leur évitent une seconde fois de périr sous l’explosion des mauvaises dettes qui les auraient fatalement emportées autrement, les banques n’ont visiblement pas de scrupule, santé refaite, à spéculer désormais contre les Etats qui les ont tirées du gouffre, faisant par là monter le coût des emprunts publics, donc aggravant le problème des déficits... dont elles sont elles-mêmes l’origine.

Et voilà où le « choc » commence à prendre forme. Les salariés souffrent-ils de la récession ? Comme contribuables, ils paieront au surplus l’ajustement budgétaire ! Ce sera donc la double peine. Avec une habileté qu’on ne peut pas ne pas trouver remarquable, l’idéologie néolibérale est en train d’opérer en sa faveur le renversement radical d’un événement qui aurait dû signer son acte de décès : loin de se contenter de l’une de ces récurrentes séquences de « rigueur », la voilà qui annonce en fait un programme de démantèlement de l’Etat d’une ampleur encore jamais vue — en fait à proportion même de l’explosion des dettes et déficits publics que ses propres réalisations viennent d’engendrer. Un judoka n’aurait pas fait mieux.

Là où les chocs « ordinaires » considérés par Naomi Klein venaient généralement du dehors — coups d’Etat, contre-révolutions, catastrophes naturelles —, créant un état de désordre à la suite duquel seulement l’agenda néolibéral embrayait, le choc présent a été entièrement produit de l’intérieur et se trouve exploité par les forces qui auraient dû en être définitivement disqualifiées... mais trouvent encore l’audace d’en tirer l’occasion d’une avancée supplémentaire. Voilà donc que l’ampleur même de la déconfiture du néolibéralisme crée, par ses conséquences, le motif et le prétexte de sa reconduction à une échelle élargie ! Car il va sans dire que, pour revenir des déficits à deux chiffres ou presque (en points du produit intérieur brut [PIB]) vers les 3 % du pacte de stabilité, il va falloir trancher dans le vif avec une brutalité sans précédent. On quitte donc le registre de la « réforme » incrémentale en vigueur depuis deux décennies pour entrer dans un régime inédit de bouleversement accéléré, car il est des seuils d’« ajustement » où il n’est plus question d’un changement de degré mais d’un changement de nature.

Et là où la finance se contente de tenir le discours technique des risques de défaut souverain et des tensions sur les taux longs, l’appareil idéologique élargi — experts remis en selle, médias dévoués de longue date ou n’en étant plus à une contradiction près — a déjà commencé à offrir ses services. Impossible de passer une journée sans que se fasse entendre quelque part une voix prophétique avertissant du désastre et appelant à l’effort. Le matraquage « dette publique » est devenu un bruit de fond permanent et l’on trouverait difficilement dans le passé récent un cas de « travail » de l’opinion plus intense et plus continu — on pourra d’ailleurs y voir un indice de l’ampleur des transformations en préparation.

Etonnamment revigoré après une année de dépression intellectuelle où lui aussi a bien cru son cher capitalisme au bord de l’écroulement, The Economist entend ne laisser à personne le magistère de la reconquista. Le voilà donc qui, depuis un trimestre, multiplie avec méthode et exhaustivité les dossiers spéciaux « finances publiques ». Royaume-Uni, Etats-Unis et puis, bien sûr, les cas les plus croustillants, trop beaux pour être vrais, Irlande, Espagne, Grèce, occasions de répéter la même enthousiasmante injonction : « réduction ». Pour qui voudrait se convaincre que les grands libéraux sortent de leur période honteuse et sont de nouveau à l’offensive, il suffirait de prendre connaissance du ton sur lequel l’« hebdomadaire de référence » fait part de ses impératifs conseils : « Dans le monde de l’entreprise, réduire les effectifs de 10 % est monnaie courante. Il n’y a pas de raison que les gouvernements ne puissent le faire également. (...) Les salaires du secteur public peuvent être abaissés compte tenu de la sécurité de l’emploi. (...) Les retraites du secteur public sont bien trop généreuses (...) (6) », le tout dans un éditorial intitulé avec nuance « Stop ! » et conclu d’un avertissement sans ambiguïté : «  The Economist reviendra sur toutes ces questions dans les mois qui viennent » — on peut lui faire confiance.

On peut aussi ne pas consentir entièrement à cette fatalité annoncée ni se résoudre à sortir en charpie du tir de barrage idéologique — pour ne rien dire des conséquences matérielles du « choc » lui-même. C’est pourquoi il est utile de rassembler en un tableau cohérent l’ensemble encore épars des signes avant-coureurs afin de donner une idée plus nette du programme en cours d’élaboration. Les salariés du secteur public irlandais, à qui l’on a « proposé » des baisses nominales de salaire de l’ordre de 10 %, savent déjà à quoi s’en tenir ; pour le même motif, leurs homologues grecs sont promis à la même punition (avec en prime le chaleureux soutien de la Commission européenne) ; quant aux Français, ils mettront bientôt bout à bout la réforme des retraites, les projets de licenciement des fonctionnaires et l’idée (insensée) d’une constitutionnalisation de l’équilibre budgétaire pour avoir une vue plus claire de la destruction de l’Etat social qui les attend ; avec peut-être pour effet que, dans tous ces pays, rompant avec le prudent gradualisme des décennies antérieures, la violence concentrée inhérente au « choc » même ne laissera pas cette fois les corps sociaux sans réaction.

C’est pourquoi aussi, dans cette éventualité, et s’il est difficile de tomber dans le déni du problème budgétaire, on n’est pas tenu d’envisager comme seule solution la voie de sortie des coupes sauvages là où quelques possibilités intéressantes (mais systématiquement écartées) méritent d’être rappelées.

Quitte à n’en considérer qu’une, c’est bien sûr à l’augmentation du prélèvement fiscal qu’il faut penser pourvu que celui-ci soit bien dirigé afin de ne pas tuer la croissance ni faire payer le coût de la crise à ceux qui n’auront eu aucune part à son déclenchement. On dira que cette clause ne laisse qu’un contingent de sujets taxables des plus étroits. Ça n’est pas faux en nombre mais c’est — heureusement — très inexact en assiette. A vrai dire, les « sujets » en question entrent dans des catégories assez variées, qui déclinent autant de modalités fiscales annonçant des rendements tout à fait prometteurs. Transactions financières, institutions financières et « personnes financières » sont les heureux candidats à la réparation de leurs propres nuisances puisque, on l’a compris, la seule idée directrice admissible de l’ajustement fiscal tient qu’il reviendrait exclusivement à la finance de payer la totalité du coût de sa crise.

S’il est permis de douter des mérites de la taxe Tobin comme instrument de transformation radicale des « données » de la spéculation financière internationale, dont elle ne modifie pas fondamentalement les structures, il est cependant utile de se souvenir que, précisément en tant que taxe, elle ne perd rien de ses robustes propriétés fiscales : elle rapporte (7) ! Elle rapporte même beaucoup puisque, comme il l’a été noté à de si nombreuses reprises, le volume astronomique des transactions offre un levier faramineux qui rend extraordinairement juteux les taux nominaux de prélèvement les plus modestes.

Quand bien même une taxe sur les transactions serait en premier lieu payée par les institutions financières, ces dernières viennent immédiatement en second, et à titre plus direct, comme préposées au passage de la serpillière. On aura du mal à considérer qu’une taxe sur les banques (et les fonds) tombe dans la déraison économique réservée à l’inconscience révolutionnaire maintenant que même l’administration Obama en prend le chemin ; et c’est un vaste terrain d’exercice qui s’offre à l’imagination fiscale pour déterminer les modalités précises de ce prélèvement : sur les profits, l’actif total, les actifs les plus risqués (pour en décourager la croissance), la masse salariale des mieux payés, pour combler simplement le trou présent ou constituer en plus un fonds de garantie futur, etc. ? Et puisqu’on ne voit pas pourquoi les actionnaires, propriétaires donc responsables, seraient exonérés des petits travaux ménagers de leurs banques, l’interdiction de tout dividende pendant la période à éponger n’aurait rien que de parfaitement logique.

Viennent enfin les sujets physiques. Cadres dirigeants des banques, administrateurs (on les oublie trop souvent), traders, auxquels il faudrait d’ailleurs ajouter, au-delà du périmètre des seules institutions financières, tous leurs semblables du même centile (8). C’est à ce moment sans doute qu’on s’offusquera de mesures si étroitement ciblées qu’elles sont vouées à ne rapporter que très peu, et ne peuvent par conséquent avoir d’autre efficacité que symbolique, attestant par là leur caractère exclusivement punitif. Mais c’est oublier que ce groupe de contribuables, il est vrai très étroit en nombre, n’en capte pas moins depuis une décennie et demie une part croissance de la masse salariale globale et qu’il constitue à lui seul une assiette qui se compte en points de PIB.

Il n’est pas inutile de redire que si, oui, la question des bonus et des rémunérations (pour le secteur bancaire) demeure secondaire dans l’économie générale de la crise financière, elle n’en est pas moins de la plus haute importance du point de vue politique de la justice sociale — et maintenant de l’opportunité fiscale. Comme — le discours de la finance et de ses collaborateurs étant très prévisible — nous aurons immanquablement droit au spectre de la « fuite des cerveaux », autant avertir tout de suite qu’il entre dans la zone des rendements décroissants, ne fait plus peur à grand monde, commence même à agacer un peu, et en fait ne tient pas la route une seconde confronté à quelques objections sérieuses (9).
Quelques-uns dans le « système »
commencent à sentir monter en eux
une sainte trouille

Et puis, quitte à faire dans l’avertissement, autant dire les choses un peu plus carrément encore. Le processus qui a fait muter la crise de finance privée en crise de finances publiques ne s’arrêtera pas en si bon chemin : l’étape d’après est celle qui fait tourner la crise de finances publiques en crise politique. Quelques-uns dans le « système » commencent à sentir monter en eux une sainte trouille, et l’on tiendra pour une indication très significative que de notoires ennemis de la finance comme MM. Dominique Strauss-Kahn et Jean-Claude Trichet se soient publiquement inquiétés de ce que les corps sociaux prendraient probablement très mal qu’on leur demandât de venir éponger une nouvelle crise financière. Le plus drôle, si l’on peut dire, tient au fait que non seulement l’hypothèse d’une « prochaine » n’est nullement à exclure mais qu’elle a toute chance de démarrer dans le compartiment des dettes publiques, en conséquence directe donc de la gestion de la crise précédente — il est vrai que ça va commencer à faire beaucoup.

Gageons que, pour calmer un peu le populo mécontent, les syndicats les plus institutionnels, faisant désormais partie, aux côtés de la droite et de la « gauche » social-démocrate, d’un bloc de pouvoir unifié de fait par-delà ses divisions secondes, organiseront quelques innocentes marches, si possible un jour de soleil, entre République et Nation, peut-être même des pique-niques. Il est cependant possible que l’option « promenade urbaine » ne soit plus suffisante et que le populo en question, un peu las de se promener, finisse par trouver qu’il en a également assez de se sentir promené.

Sans préjuger de ce qui pourrait se passer alors, et dont les Grecs nous donnerons peut-être bientôt un avant-goût, il est utile de se souvenir qu’un groupe qui n’est pas naturellement méchant ne le devient jamais autant qu’à force d’avoir été maltraité et surtout de se retrouver dans une situation de laquelle on ne cesse de lui répéter qu’il n’y a aucune issue — aucune autre que celle qui le maltraite. D’autres issues, il y en a (10). Présentées avec un peu de fermeté, elles pourraient même prendre l’allure d’un contre-choc.
Frédéric Lordon

Posté par rusty james à 11:53 - - Permalien [#]
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