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Un schéma d'un système de remède par la ceinture de radiations en opération remede_ceinture_radiations

   
 Un nouveau groupe de recherche universitaire de Nouvelle-Zélande croit qu'un programme de l'Agence des Projets de Recherche Avancée du Département de la Défense US (DARPA), le "remède par la ceinture de radiations" (RBR), pourrait causer d'importantes interruptions des communications radio et de la navigation GPS à l'échelle mondiale. Selon certaines sources, la DARPA envisagerait le système RBR comme moyen de protéger les satellites en orbite basse des dégâts causés par d'importantes tempêtes solaires ou même par des explosions nucléaires à haute altitude. Le groupe de recherche situé en Nouvelle-Zélande suggère cependant que les décideurs politiques devraient considérer soigneusement les implications du projet. Dirigé par le chercheur Craig Rodger du Département de Physique d'Otago, le groupe de recherche déclare que le RBR pourrait affecter significativement la propagation radio de plusieurs jours à une semaine ou plus.

"Nous avons calculé que l'atmosphère supérieure terrestre serait énormément affectée par un tel système, causant des interruptions radio exceptionnelles dans presque la totalité du monde", a dit Rodger dans un bulletin de l'Université d'Otego. "Les pilotes d'avions et de bateaux perdraient le contact radio et certains pays des îles du Pacifique pourraient être isolés jusqu'à six à sept jours, en fonction de la conception du système et de la façon dont il serait opéré". "Les GPS seraient probablement perturbés à grande échelle", a-t-il ajouté.

Balayer des particules en utilisant des signaux à très basse fréquence

Les systèmes emploieraient des très basses fréquences (VLF) de très forte intensité pour "balayer" des particules des ceintures de radiation et les déverser dans la haute atmosphère. Les interruptions résulteraient du déluge de particules chargées déversées temporairement, ce qui changerait l'ionosphère d'un "miroir", sur lequel rebondissent les ondes radio autour de la planète, en une "éponge" qui les absorberaient, dit Rodger.

L'article du groupe, "les implications atmosphériques du remède par la ceinture de radiations", (pdf, en anglais) paraît dans l'édition d'août du journal international Annales Geophysicae. Les chercheurs de l'Université d'Otago ont collaboré avec l'Étude Antarctique Britannique, l'Observatoire Géophysique de Sodankylä en Finlande et l'Institut Météorologique Finlandais pour sa préparation.

Sleight of HAND

Des documents déclassifiés du budget du Département de la Défense US du début de l'année proposent, au moins initialement, d'utiliser le système HAARP près de Gakona en Alaska, "pour exploiter les technologies scientifiques émergentes de l'ionosphère et de la radio liées aux applications avancées de défense". HAARP est opéré conjointement par l'US Air Force et l'US Navy. Le projet paraît faire partie d'un programme appelé “Sleight of HAND” (SOH).

"Les effets des détonations nucléaires à haute altitude (HAND) sont catastrophiques pour les satellites", explique le rapport budgétaire. Les particules chargées générées par les explosions sont piégées pendant de longues durées, oscillant entre les pôles magnétiques nord et sud. Cet environnement accru en radiations dégraderait immédiatement la capacité des vaisseaux en orbite basse et résulterait en leur destruction dans un court délai.

Les documents budgétaires militaires parlent du programme SOH comme "une démonstration de la faisabilité" technologique et technique pour atténuer l'effet des radiations accrues, ayant comme but d'accélérer "le taux de décroissance des radiations piégées dans l'environnement à basse altitude d'un facteur 10 par rapport au taux naturel".

La phase 1 de SOH utiliserait une source VLF de grande puissance au sol - au moins au départ en utilisant l'installation HAARP - "se propageant à travers l'ionosphère pour dévier profondément dans l'atmosphère les radiations piégées". Si la preuve de la validité et du faible coût est apportée, apparemment des démonstrations dans l'espace et des tests suivraient.

La proposition attire l'intérêt de la communauté des radio-amateurs

Le dossier de recherche de Nouvelle-Zélande a attiré l'attention d'au moins un journal, le New Zealand Herald, et des informations sur le projet ont bientôt commencé à circuler dans la communauté mondiale des radio-amateurs. L'éditeur du rapport de propagation de l'Association Nationale des Radio-Amateurs US, Tad Cook, K7RA, a enquêté et publié un bulletin spécial le 15 août.

"Quand j'ai entendu ça pour la première fois lundi matin, j'ai pensé que ça devait être quelque chose venant d'un site web extrémiste colportant de sinistres théories de complot", commente Cook, "mais le journal rapportant l'information est réel, tout comme l'équipe de scientifiques de Nouvelle-Zélande, Grande-Bretagne et Finlande". Cook a contacté Rodger pour en savoir plus.

"Il s'est montré très coopératif, accessible et serviable et m'a dit que le RBR était un vrai projet, que 'l'argent commençait à arriver pour l'étudier plus en détail', et que les scientifiques états-uniens ayant des liens avec les militaires le considère sérieusement", rapporte Cook.

Énergie pure

Cook dit qu'il a partagé avec Rodger les spéculations de l'éditeur qui contribue à QST, Ward Silver, NOAX, sur le fait que "l'énergie pure requise pour faire fonctionner le RBR le rendrait impossible dès le départ, et je ne sais pas où ils installeraient les antennes nécessaires".

Rodger a répondu: "ça pourrait être vrai, mais ils espèrent s'appuyer sur certains processus non linéaires du plasma spatial en détournant de l'énergie de la ceinture de radiations pour obtenir une amplitude de l'onde assez forte. Nous savons que c'est possible - en théorie - car ça se passe déjà naturellement. Nous ne savons pas à quel point ce serait facile de le faire sous notre contrôle".

Rodger dit qu'il y a deux possibilités pour ériger les antennes. "Une est de faire voler des antennes VLF dans l'espace. Ça pourrait poser un problème au niveau de l'énergie", a-t-il dit à Cook. "Mais pour les systèmes terrestres, vous savez probablement déjà que la plupart des principales puissances navales ont de gros émetteurs VLF répartis autour du globe".

Deux émetteurs VLF de l'US Navy ont une puissance de l'ordre du mégawatt, a remarqué Rodger. "Bien qu'ils soient conçus pour maintenir les signaux essentiellement sous l'ionosphère, ça montre les possibilités pour construire de grosses antennes puissantes". Aucune mention de HAARP n'apparaît dans le dossier de recherche.

Impact minimal sur la couche d'ozone

Le groupe de recherche a aussi calculé le potentiel du RBR à affecter la couche d'ozone mais a trouvé que la diminution de l'ozone serait de courte durée et similaire à celle résultant de processus naturels comme des grosses tempêtes solaires et des éruptions volcaniques.
 
Source: The New Zealand Herald
http://www.nzherald.co.nz/section/story.cfm?c_id=1&ObjectID=10396164