La pyramide de Falicon







Au début du XIXe siècle Domenico Rossetti, un avocat italien, poète et voyageur enthousiaste, visitait la région au coucher du soleil et tomba en arrêt devant l'étonnant spectacle de l'envol de chauve-souris de l'anfractuosité d'une pyramide effondrée, dans la pénombre de la nuit tombante. Transporté par sa vision, il descend dans le gouffre dès le lendemain, explore une profonde grotte pleine d'antiques merveilles et, de retour à Turin, il chante sa nouvelle découverte dans un poème : La Grotta di Monte-Calvo et voilà le site lanc&eacute.



Domenico Rossetti
Depuis lors, des dizaines de visiteurs ont fantasmé sur la "Pyramide" et ses trésors, et voulu reconstituer son histoire. Les uns ont prétendu qu'elle était connue des Romains, qu'une pythonisse y officiait dans les effluves de soufre, de thym et de romarin, d'autres affirment qu'on y célébra le culte de Mithra.
S'inspirant des recherches de Sigismond von Haller (1937-1961) trop tôt disparu, Maurice Guinguand publia en 1970 un ouvrage à sensation : «Falicon, pyramide templière». Il estime que le pilier central de la grotte représente le Dieu de la Ratapignata qui aurait 4310 ans, et que la grotte serait un lieu liturgique d'une haute antiquité. Il suppose qu'au temps des Croisades, l'emplacement du gouffre avait été le lieu de refuge des pestiférés et lépreux revenant de Palestine et que la pyramide fut édifiée en 1260 par une "organisation à patronage ou participation templière".
La Légende dorée relate qu'au Moyen-âge, Étienne de Thiers (1048-1124) séjourna durant quelques mois au retour de Bénévent où il venait d'achever ses études, "reclus dans la grotte aux chauve-souris, sous une pyramide rocheuse, près de Nice." Ayant renoncé à tous ses biens, Étienne se retira par la suite dans un ermitage de la forêt de Muret, où il vécut en anachorète. Il fut canonisé en 1189 par le pape Clément III.

St Étienne de Muret et Hughes Lacerta
Le roman fantastique anglais de Dennis Wheatley, écrit au début des années 40 : The Devil rides out (Le diable part en randonnée), met en scène une secte secrète de satanistes dont l'épisode terminal horrible se déroulait en l'arrière-pays niçois. Les adorateurs du Diable, célèbraient leur rituel magique suprême, qui culminait par le sacrifice d'une vierge, vouée à Satan dès sa naisance, dans la "ténébreuse grotte des chauve-souris" (cave of the bats).
Cette grotte des chauve-souris n'a-t-elle existé que dans l'imagination du romancier ? Il se trouve que vers la banlieue nord de Nice, existe bel et bien (à la seule différence que le singulier se trouve employé), une "grotta della rapignata" (grotte de la chauve-souris, en dialecte niçois).

Pyramide de Falicon (1998)
Et la dite grotte ne manquera pas d'être davantage encore entourée d'une aura de mystère, si nous constatons qu'elle sert elle-même de soubassement à une petite structure monumentale énigmatique (étudiée par Robert Charroux et par Guy Tarade.
Quelle chose, donc ? Un modeste monument (ne vous attendez surtout pas à quelque chose d'imposant) appelé Pyaramide de Falicon, d'après sa silhouette. Cette bizarre structure, érigée à une époque incertaine (mais qui pourrait sans doute se situer vers la fin de la protohistoire) aura posé bien des interrogations que ne démentiraient ni Charroux, ni Tarade, malgré leurs si remarquables efforts pour les résoudre.

Une tradition locale
Mais il y a mieux, suivant une tradition locale, le célèbre mage britannique Aleister Crowley, lors d'un séjour sur le Côte d'Azur dans les années 30, aurait présidé tout un rituel de haute magie cérémonielle, se déroulant en deux parties : l'une dans un temple secret souterrain de l'O.T.O (Ordo Templis Orientis ou Ordre du Temple d'Orient), société secrète dont Crowley fut grand maître, l'autre en la Grotte de Falicon, celle de la Chauve-souris.


Aleister Crowley

Un étrange édifice
« A mon avis, affirme Serge Hutin, ce temple souterrain caché de l'O.T.O n'est nullement un mythe. Je me souviens qu'une amie bien chère (et plutôt bien informée de par ses fonctions de commissaire de la DST à Nice), m'avait montré dans le secteur un fort étrange petit édifice trapu, de forme géométrique (il comportait cinq faces) dont l'accès n'était nullement évident : pour l'atteindre, il fallait se frayer un chemin à travers une véritable petite jungle herbue qui s'épanouissait sur les vastes terrains vagues entourant la pyramide de Falicon.
Marie-Rose B. m'avait déclaré que le dit monument n'était sûrement pas «la tombe d'un jeune jésuite tué accidentellement dans les parages», pieuse version jadis répandue chez les habitants du secteur. »

Un temple souterrain
« Rien de chrétien dans sa sobre ornementation. Et, d'après mon amie, la porte métallique comportant un jour supérieur, ayant forme d'une étoile à six branches (le sceau de Salomon, l'hexagramme) était celle de «l'escalier descendant jusqu'au temple souterrain secret». Celui-là même où aurait officié le célèbre Crowley. Il serait intéressant d'aller faire l'état des lieux dans ce secteur de la banlieue nord de Nice ? »[quote]



Actuellement, il ne reste plus rien de la pyramide :



...alors qu'elle existait belle et bien :



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