300px-Une_leçon_clinique_à_la_Salpêtrière

Le thème du magnétisme :

http://www.dailymotion.com/video/xgd6q3_rituels-occultes-roger-morneau-3-5_news

dans laquelle il explique le plan de Satan pour prendre le contrôle du psychisme humain en utilisant l'hypnose, le faisant sortir du domaine de l'occulte pour en faire une nouvelle science et présentée de manière différente...


Rituels Occultes _ Roger Morneau 3/5 par Darwin_Kayser/>L'historique de l'Hypnose

 



Rituels Occultes _ Roger Morneau 3/5 par

 

Certains auteurs considèrent que la pratique de l'hypnose commença «avec la naissance de l'homme». 4000 ans avant J.C., les sumériens la pratiquaient déjà selon les méthodes actuelles.
L'Egypte ancienne se servait de l'hypnose comme moyen thérapeutique. Ce sont les papyrus en particulier le papyrus Ebers, vieux de 3000 ans, qui nous révèlent les méthodes employées, identiques aux nôtres. Certains documents égyptiens parlent de l'imposition des mains. Les Grecs quant à eux, désireux de guérir sous hypnose dormaient dans les temples et se soumettaient à tout une série de rituels (bains, ablutions, suggestions, médiums, etc ... ).

C'est environ au 6ème siècle, que l'hypnose fut remplacée par des pratiques religieuses (prière, eau bénite, relique des martyrs, imposition des mains ... ). Sous l'inquisition, toute personne qui pratiquait l'hypnose se rendait coupable de conjurer Satan, c'est pourquoi, cette méthode sombra dans l'oubli.

L'histoire officielle avance que l'hypnose est née au 18ème siècle et serait le fruit des travaux de Franz Anton Mesmer sous le nom de « magnétisme animal ».
Franz Anton Mesmer, physiologiste ou charlatan, aurait «emprunté» son savoir au physicien Jésuite Kircher. Ses recherches auraient été influencées par les guérisons surprenantes du Père Joseph Johann Gassner. Franz Anton Mesmer vécut jusqu'en 1815. Né en 1734 dans une bourgade allemande du nom de Iznang (près du lac Constance) était normalement destiné à la prêtrise, étant le 3e de 9 enfants. Il entreprit donc des études de théologie à l'université Jésuite d'Ingolstadt et s'inscrivit ensuite à la faculté de droit de Vienne, pour enfin s'orienter vers des études de médecine en 1760. Celles-ci durèrent 6 ans. Il présenta à Vienne une thèse intitulée «L'influence des planètes sur les maladies humaines» qui lui valut le titre de Docteur. Il était alors âgé de 33 ans.

Son procédé permettait de soigner plusieurs personnes et se déroulait dans une ambiance musicale. D'après lui, il existait un fluide universel pouvant se transmettre d'un sujet à un autre. Pour Mesmer, ce fluide était l'expression d'un courant matériel, et, à l'aide de passes, l'opérateur provoquait des « crises » de nature convulsive et obtenait ainsi une distribution du fluide plus harmonieuse et curative dans le corps malade. Ces théories dépourvues de fondement scientifique ont néanmoins posé pour la première fois le problème d'une relation dynamique entre le malade et son thérapeute.
En 1784, le roi Louis XVI ordonna à l'Académie des Sciences d'examiner la doctrine de Mesmer. Au milieu de discussions passionnées sur le magnétisme animal, le roi nomma une commission composée de savants éminents pour vérifier les assertions de Mesmer. Dans deux rapports célèbres, les membres de cette commission condamnèrent le magnétisme animal : ils conclurent à l'inexistence du fluide et attribuèrent à l'imagination certains des effets d'ordre physiologique et curatif obtenus. La théorie sur le fluide animal fut alors discréditée. Ainsi, sans s'en douter, les rapporteurs, en mettant l'accent sur le pouvoir de l'imagination, préfigurèrent l'avènement de la médecine psychologique. Dans la même année 1784, un élève de Mesmer, le marquis de Puységur, décrivit le somnambulisme artificiel sans crise convulsive, qui permet une communication verbale avec le sujet. Il inaugura ainsi la thérapie par le langage.Les débuts du magnétisme animal. - Mesmer et Puységur.



Nous avons à parler d'une question qui est vieille comme le monde, qui est entrée dans le courant des discussions scientifiques depuis environ un siècle, qui, sans cesse repoussée et conspuée par les corps savants, renaissait toujours, mais n'avançait jamais, et qui aujourd'hui encore, malgré l'importance des résultats acquis, est en pleine évolution. En retraçant l'histoire du magnétisme animal nous chercherons à expliquer les causes de ses fortunes si diverses, et à indiquer l'enseignement qui s'en dégage. A mesure que nous avancerons dans notre sujet, on comprendra mieux cette vérité que si le magnétisme animal n'est pas entré plus tôt dans la science, c'est par défaut de méthode.

C'est aux érudits qu'il appartient de suivre le magnétisme animal à travers les âges, et d'en chercher les origines lointaines dans les moeurs des peuples anciens. Nous renonçons à ces études historiques, pour lesquelles la compétence nous manque. Nous nous proposons simplement de résumer les conclusions de la science sur le magnétisme animal, et par conséquent nous ne parlerons de l'histoire du magnétisme que dans la mesure où cette histoire a laissé des traces sur l'état actuel de la question (1). A ce point de vue, il est inutile de remonter au-delà de Mesmer et de ses précurseurs immédiats.

Le Mesmérisme se rattache à une tradition qui s'est développée vers le milieu du XVIe siècle; cette tradition, comme l'indique le nom même de Magnétisme animal, que Mesmer n'a pas inventé, attribuait à l'homme le pouvoir d'exercer sur ses pareils une action analogue à celle de l'aimant. Il parait avéré que l'aimant naturel et ses propriétés physiques, l'existence de deux pôles doués de propriétés contraires, l'action à distance, sans contact direct, ont produit une impression profonde sur les esprits. Dès l'antiquité on avait vu, ou du moins cru observer, que l'aimant possède des vertus curatives, et on l'avait employé comme remède. Cette opinion s'était perpétuée au moyen age(t). Dans un livre de Cardan, datant de 1584 (Les livres de Hierosme Cardanus, le septième livre des pierreries, p. 186, A et B), on trouve le récit d'une expérience d'anesthésie produite par t'aimant. L'usage était alors de faire avec l'aimant des anneaux qu'on portait au cou et aux bras pour guérir les maladies nerveuses. Peu à peu se fit jour l'idée que le corps de l'homme a des propriétés magnétiques. La première trace de cette doctrine se trouve dans les ouvrages de Paracelse. Cet illustre illuminé soutenait que l'homme jouit, à l'égard de son corps, d'un double magnétisme ; qu'une portion tire a soi les astres et s'en nourrit; de là la sagesse, les sens, la pensée ; qu'un autre tire à soi les éléments et s'en sépare ; de là la chair et le sang que la vertu attractive et cachée de l'homme est semblable à celle du karabé et de l'aimant; que c'est par cette vertu que le magnès des personnes saines attire l'aimant dépravé de celles qui sont malades(2). A la suite de Paracelse, un grand nombres de savants du XVIe et du XVIIe siècle, Glocénius, Burgraeve, Helinotius, Robert Fludd, le père Kircher, Maxwell, crurent reconnaitre dans l'aimant les propriétés du principe universel par lequel ces esprits avides de généralisation pensaient expliquer tous les phénomènes de la nature. Ces savants écrivirent des livres volumineux, remplis de discussions stériles, d'affirmations sans preuves et d'argumentations dérisoires.

Telle est la tradition dans laquelle Mesmer a puisé à pleines mains; il est incontestable qu'il a lu quelques-uns de ces livres si nombreux, consacrés par les anciens auteurs à la doctrine magnétique, bien qu'il s'en soit défendu. Son originalité est d'avoir, en quelque sorte, mis la main sur le prétendu principe universel du monde et de l'avoir dirigé sur les malades au moyen des attouchements et des passes. Ses prédécesseurs ne paraissent pas s'être adonnés à ces pratiques; ils croyaient qu'il était suffisant, pour diriger l'esprit vital, de se servir de talismans et de boites magiques.

Antoine Mesmer naquit en Allemagne en 1734 ; il se fit recevoir docteur-médecin à la Faculté de Vienne, et prit pour sujet de sa thèse : De l'influence des astres, des planètes sur la guérison des maladies (1766). Il prétendait prouver que le soleil, la lune et les corps célestes agissent sur les êtres vivants au moyen d'un fluide subtil qu'il appelait magnétisme animal, pour marquer ses communes propriétés avec l'aimant. Depuis la publication de cette oeuvre bizarre et mystique, Mesmer avait fait la rencontre du P. Hell, jésuite, professeur d'astronomie, qui, en 1774, établi a Vienne, guérissait des maladies au moyen de fers aimantés. Découvrant quelque analogie entre les expériences du père Hell et ses propres théories astronomiques, Mesmer voulut essayer les effets de l'aimant dans le traitement des maladies.

Le récit de ses cures remplit les journaux de Vienne. Divers personnages importants attestèrent qu'ils avaient été guéris, parmi lesquels Ostervatd, directeur de l'Académie des sciences de Munich, atteint de paralysie, et Bauer, professeur de mathématiques, d'une ophthalmie opiniâtre. Mais, d'autre part, les corps savants de son pays résistèrent à ses expériences, et il écrivit à la plupart des Académies de l'Europe des lettres qui restèrent sans réponse. Bientôt, il abandonna les aimants et les appareils du P. Hell, se borna à imposer les mains, et déclara que le magnétisme animal est distinct de l'aimant.

Forcé de quitter Vienne a la suite d'une aventure qui n'a rien de clair, Mesmer vint à Paris. Il s'installa d'abord dans un quartier obscur, place Vendôme, et se mit à enseigner sa théorie du fluide magnétique. Un mémoire sur la découverte du magnétisme, qu'il publia en 1779, annonça au monde qu'il avait trouvé un principe capable de guérir toutes les maladies. Il résumait sa doctrine dans 27 propositions ou plutôt assertions, dont la plupart ne font que reproduire les conceptions nuageuses de la médecine magnétique. (...)

Les doctrines de Mesmer eurent du succès. Dés le début, il eut la bonne fortune de convertir un des médecins régents de la Faculté de médecine, Deslon, premier médecin du compte d'Artois, élèves et clients affluèrent. Le moment paraissait favorable des découvertes récentes avaient remué les esprits et ouvert à la science des horizons nouveaux. Franklin avait inventé les paratonnerres, les frères Montgolfier inventaient les aérostats. Il y a des découvertes scientifiques qui ramènent le peuple à la superstition, en rendant le merveilleux vraisemblable.

Tout le monde voulut se faire magnétiser ; l'affluence devint telle, que Mesmer prit un valet toucheur pour magnétiser à sa place. Ce ne fut pas assez ; il inventa !e fameux baquet, autour duquet plus de trente personnes se faisaient magnétiser simultanément. Au milieu d'une grande salle, dans laquelle d'épais rideaux ne laissent pénétrer qu'une lumière douce et voilée, se trouve une caisse circulaire en bois de chêne, élevée d'un pied environ; c'est le baquet. Au fond de la caisse, sur une couche de verre pilé et de limaille de fer, reposent des bouteilles remplies et rangées symétriquement, de telle sorte que tous les goulots convergent vers le centre; d autres bouteilles sont disposées en sens inverse et rayonnent vers la circonférence. L'eau baigne tous ces objets; mais le liquide n'est pas indispensable, le baquet peut être à sec. Le couvercle est percé d'un certain nombre de trous d'où sortent des branches de fer coudées et mobiles, que les malades doivent saisir. Le silence est complet. Les malades forment plusieurs rangs autour du baquet, s'unissant entre eux par des cordes passées autour de leur corps, ou par une seconde chaîne qu'ils forment en joignant leurs mains. Puis on attend. Tout à coup, un air mélodieux se fait entendre : c'est un piano-forte ou un harmonica placé dans la pièce voisine, une voix humaine s'y joint quelquefois. Alors, sous l'influence des effluves magnétiques qui s'échappent du baquet, on voit se produire de curieux phénomènes. Il ont été fort bien décrits par Bailly, témoin oculaire : « Quelques malades sont caimes et n'éprouvent rien ; d'autres toussent, crachent, sentent quelque légère douleur, une chaleur locale ou une chaleur universelle et ont des sueurs ; d'autres sont agités et tourmentés par des convulsions. Les convulsions sont extraordinaires par leur nombre, par leur durée, par leur force. On en a vu durer plus de trois heures. Elles sont caractérisées par les mouvements invotontatres, précipités, de tous les membres, du corps entier, par le resserrement de la gorge, par des soubresauts des hypocondres et de l'épigastre, par le trouble et l'égarement des yeux, par des cris perçants, des pleurs, des hoquets et des rires immodérés. Elles sont précédées ou suivies d'un état de langueur ou de rêverie, d'une sorte d'abattement et même d'assoupissement.

«Le moindre bruit imprévu cause des tressaillements et l'on a remarqué que le changement de ton et de mesure dans les airs joués sur le piano-forte influait sur les malades, en sorte qu'un mouvement plus vif les agitait davantage, et renouvelait la vivacité de leurs convulsions. On voit des malades se cherchant exclusivement, et, en se précipitant l'un vers l'autre, se sourire, se parler avec affection et adoucir naturellement leurs crises. Tous soumis a celui qui magnétise, ils ont beau être dans un assoupissement apparent, sa voix, son regard, un signe les en retire. On ne peut s'empêcher de reconnaître, a ces effets constants, une grande puissance qui agite les malades, les maîtrise, et dont celui qui magnétise semble être le dépositaire. Cet état convulsif est appelé crise. On a observé que dans le nombre des malades en crise, il y avait toujours beaucoup de femmes et peu d'hommes ; que ces crises étaient une ou deux heures à s'établir, et que, dès qu'il y en avait une d'établie, toutes les autres commençaient successivement et en peu de temps. »

Lorsque l'agitation dépassait certaines limites, on transportait les malades dans une salle matelassée ; on y délaçait les femmes, qui alors pouvaient, sans se faire de mal, battre les murs ouatés avec leur tête.

Au milieu de cette foule palpitante, Mesmer se promenait en habit de soie lilas, et magnétisait avec le concours de Deslon et de ses aides, qu'il choisissait jeunes et beaux. Mesmer tenait à la main une longue baguette de fer dont il touchait les corps des patients et surtout leurs parties malades ; souvent, abandonnant la baguette, il les magnétisait des yeux, en fixant son regard sur le leur, ou bien il faisait une application des mains sur les hypocondres et les régions du bas ventre. Cette application était parfois continuée pendant des heures. D'autres fois le maitre employait les passes. D'abord il se mettait en rapport
avec le sujet. Assis en face de lui, pieds contre pieds, genoux contre genoux, il posait ses doigts sur les hypocondres, puis il les promenait en effleurant légèrement les côtes. Ces manipulations étaient remplacées, lorsqu'on voulait produire des effets plus énergiques, par la magnétisation à grand courants. « Le maître passait les mains, en faisant faire la pyramide aux doigts, sur tout te corps du malade, en commençant par la tête et en descendant ensuite le long des épaules et jusqu'aux pieds. Après cela, il revient à la tête, devant et derrière, sur le ventre et sur le dos ; puis il recommence, et recommence encore,
jusqu'à ce que, saturé du fluide réparateur, le magnétisé se pâme de douleur ou de ptaisir, deux sensations également salutaires. (1) » Des jeunes femmes subissaient l'attrait de la crise et demandaient à y être plongées de nouveau ; elles suivaient Mesmer par toute la salle, et avouaient qu'il était impossible de ne pas éprouver un vif attachement pour la personne de leur magnétiseur.

Ces scènes devaient être bien curieuses à voir; autant que nous pouvons en juger aujourd'hui, Mesmer provoquait chez ses malades des crises nerveuses dans la description desquelles on retrouve les principaux signes de la grande attaque hystérique, telle qu'on la voit se produire journellement (2). Le silence, l'obscurité, l'émotion, l'attente d'un phénomène extraordinaire, la réunion de plusieurs personnes dans un même lieu, sont des conditions connues pour favoriser les crises convulsives chez des sujets prédisposés. Rappelons que les femmes étaient en majorité, que la première crise qui se déclarait produisait une contagion, et nous serons pleinement édifiés sur la nature hystérique de ces manifestations.

Faisons encore ressortir quelques-uns des caractères de ces crises convulsives ; les mouvements de tous les membres, du corps entier, les resserrements de la gorge, les soubresauts des hypocondres et de l'épigastre, appartiennent manifestement a l'hystérie, et nous renseignent ainsi sur les antécédents nerveux du monde élégant et frivole qui se soumettait aux expériences de Mesmer.

Néanmoins, il règne encore beaucoup d'incertitude sur la nature d'un grand nombre des phénomènes qui se passaient autour du baquet.

L'engouement produit par le traitement de Mesmer ne tarda pas à se généraliser. La maison de la place Vendôme devint trop petite. Mesmer acheta l'hôtel Bullion, place de la Bourse, où il installa quatre baquets, dont un gratuit pour les pauvres. Ce dernier ne suffisant pas, Mesmer s'en alla magnétiser un arbre à l'extrémité de la rue de Bondy, et l'on vit des milliers de malades s'y attacher avec des cordes, dans l'espoir d'une guérison.

Mais cette vogue devait bientôt cesser, et des difficultés de toutes sortes assaillirent Mesmer. Dès son arrivée Paris, il avait demandé a l'Académie des sciences, et ensuite à la Société royale de médecine une enquête sur ses expériences ; on ne parvint pas à se mettre d'accord sur les conditions de cette enquête, et on se sépara avec aigreur. Deslon, professeur de la Faculté de médecine, demanda à ses collègues une assemblée générale pour y rendre compte des observations qu'il avait faites et des propositions de Mesmer. L'assemblée, excitée par M. de Vauzesmes, lui fut singulièrement hostile. On le condamna sans examen des faits ; bien plus, on le frappa d'une peine disciplinaire, en le menaçant de le radier du tableau des médecins de la faculté, au bout de l'année, s'il ne se corrigeait pas. Sur ces entrefaites, Mesmer quitta la France, malgré les instances du gouvernement qui lui offrit une pension viagère de vingt mille livres pour le retenir ; son absence fut courte ; il fut rappelé bientôt après par ses disciples qui, connaissant la cupidité de leur maître, ouvrirent une souscription de dix mille louis pour le déterminer à faire un cours où il dévoilerait ses découvertes. Mais ce cours fut le point de départ de divisions entre le maitre et les disciples. Ces derniers, ayant acheté à prix d'argent son secret, se croyaient le droit de le répandre dans des cours pubtics. Mesmer prétendait conserver le monopole de sa découverte. D'ailleurs, malgré ses promesses, il ne s'était jamais complètement expliqué, sans doute parce qu'il n'avait rien à dire ; il n'avait rien ajouté de précis aux vingt-sept propositions publiées en 1779. Plusieurs des élèves qui avaient acheté fort cher le secret de Mesmer lui reprochèrent que la théorie qu'on leur avait débitée avec emphase était un assemblage de principes obscurs ; en vérité, ils n'avaient pas tort. Un des auditeurs de Deslon disait « Ceux qui savent le secret en doutent plus que ceux qui l'ignorent. » Ce fut le temps des luttes, des dissensions, des épigrammes, des diatribes, des vaudevilles et des chansons.

Le gouvernement finit par intervenir en nommant, en 1784, une commission pour examiner le magnétisme ; cette commission, composée de membres pris dans la Faculté de médecine et l'Académie des sciences, choisit pour rapporteur Bailly, le célèbre astronome ; elle comptait des membres illustres, Franklin, Lavoisier. Une autre commission composée de membres de la Société royale de médecine fut chargée de faire un rapport distinct sur le même objet ; Laurent de Jussieu faisait partie de cette seconde commission.

Nous trouvons de l'intérêt à relire aujourd'hui les rapports de ces commissions, comme on relirait les débats d'une affaire obscure dont l'avenir aurait révélé une partie du secret. Les commissaires suivirent, dans leur enquête, une ligne de conduite irréprochable. La question était de savoir s'il existait un fluide magnétique de la nature de celui que Mesmer et Deslon prétendaient avoir découvert. Deslon proposait de prouver l'existence du fluide par l'observation des guérisons qu'il opérait. Mais les commissaires jugèrent avec raison cette voie trop douteuse ; ils se décidèrent à rechercher avant tout « les effets momentanés du fluide sur le corps animal, en dépouillant ces effets de toutes les illusions qui peuvent s'y mêler, et en s'assurant qu'ils ne peuvent être dus à aucune autre cause que le magnétisme animal ».

Mais quels étaient les effets momentanés du magnétisme connus à cette époque ? c'étaient les crises. C'était là ce que l'on recherchait particulièrement ; il pouvait s'y associer quelques effets magnétiques réels, mais Mesmer et ses élèves n'attachaient de vertu curative qu'à l'apparition de ces mouvements convulsifs. Ce n'est, dit Deslon, que par l'intermédiaire de crises, que le magnétiseur fait naître et dirige à son gré, qu'il peut seconder ou provoquer les efforts de la nature, et par ce moyen arriver à la guérison. Nous savons aujourd'hui que ces crises sont des phénomènes parfaitement réels, qui, en général, reconnaissent pour cause la névrose hystérique. Il y a plus : Un bon nombre de faits nous montrent que, sous l'influence de crises de cette nature, certaines paralysies, persistant depuis des mois et même des années, peuvent disparaître instantanément. Il y avait donc une part de vérité dans la vertu curative de ces phénomènes convulsifs.Histoire académique du magnétisme animal : accompagnée de notes et de remarques critiques... / par C. Burdin jeune et Fréd. Dubois