Nicolas Sarkozy et l’Euro: chronique d’un aveuglement

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Nous vivons actuellement une période de grande confusion intellectuelle. Le discours tenu par Nicolas Sarkozy lors de la réunion de l’UMP, le parti du centre-droit français, le prouve.
Qu’a dit l’ancien Président ? Tout simplement que la mort de l’Euro c’est la mort de l’Europe, et la mort de l’Europe, c’est bien connu, c’est la guerre. À ce tableau apocalyptique ne manquent plus que les pluies de sang, la Peste et le Cholera ! Les propos de Nicolas Sarkozy manquent complètement de sérieux et ils le discréditent. Ce sont des propos de fin de banquet, indignes d’un ancien responsable politique de son niveau.
Le nombre d’économistes qui ont pris conscience, non seulement des dangers de l’Euro mais surtout de l’inéluctabilité de sa mort, ne cesse d’augmenter ces derniers mois. On l’a vu récemment avec l’ancien chef des études économiques de la CNUCED, Heiner Flassbeck, ou avec le livre de l’économiste portugais João Ferreira do Amaral Porque devemos sair do Euro (Pourquoi nous devons quitter l’euro), et ceci sans compter les prix « Nobel » comme Paul Krugman et Dani Rodrick dont la critique de la monnaie unique est dévastatrice. Pourtant, le personnel politique français se distingue de droite à gauche, à l’UMP tout comme au PS, par sa frilosité et son inconscience sur cette question. Ce n’est visiblement pas le cas en Allemagne où Oskar Lafontaine, ancien Président du SPD et co-fondateur du parti de gauche Die Linke, mais aussi des hommes politiques du centre-droit ont pris nettement position pour une fin rapide de l’Euro.
Avec de nombreux économistes, dont certains appartiennent au monde l’entreprise comme d’autres au monde universitaire comme on a, dans un texte commun (1), mis en garde les gouvernements européens sur les dangers que l’Euro fait courir à l’Union européenne. Aujourd’hui, en effet, le plus grand danger pour la construction européenne provient de l’Euro qui épuise les économies et condamne les dirigeants à des politiques à courtes vues aux conséquences suicidaires. Si l’Europe est aujourd’hui menacée c’est par les 19,3 millions de chômeurs qu’il y a dans la zone Euro, un chiffre qui s’est accru par rapport à mai 2012 de 1,46 millions. Si l’Europe est effectivement menacée c’est par la récession qui touche les pays de l’Europe du Sud et qui est provoquée par les politiques mises en œuvre dans le seul but de sauver l’Euro.
Tout le monde comprend que la fin de la monnaie unique ne signifiera pas la fin de l’Union Européenne. L’Euro n’est pas le drapeau de l’Europe ; ce n’est qu’un instrument, et il est temps de reconnaître qu’il a fait faillite. En fait, cette faillite date même d’avant la crise de 2007. Déjà, la croissance était plus faible dans la zone Euro que dans les pays de l’UE qui ne sont pas membres de l’Euro, et elle était encore plus faible par rapport aux pays de l’OCDE qui n’étaient pas membres de la zone Euro.
C’est d’ailleurs injurier gravement les pays de l’UE qui ne sont pas membres de la zone Euro, comme la Grande-Bretagne, le Danemark, la Pologne, ou la Suède, pour ne citer que ces derniers, que d’affirmer que la mort de l’Euro entraînera la fin de l’UE.
La question n’est donc pas de savoir si cette explosion va se produire mais quand aura-t-elle lieu. Peut-être la crise viendra-t-elle de la Grèce et du Portugal qui sont aujourd’hui étranglés par les politiques d’austérité mises en place conjointement par l’Union européenne et la Banque Centrale Européenne. Peut-être cette crise sera provoquée par l’Espagne, qui coule sous nos yeux ou par l’Italie qui s’enfonce toujours plus dans la crise. Peut-être enfin cette crise viendra d’un blocage de l’Allemagne, et l’on sait que le tribunal constitutionnel de Karlsruhe doit se prononcer sur la légalité des dernières opérations de la BCE et pourrait bien les considérer illégales car entrant en concurrence avec d’autres mesures prises dans le cadre du Mécanisme Européen de Solidarité ou MES. Mais, quel que soit le scénario, cette crise surviendra. Les autorités monétaires ont épuisé leurs moyens d’action.
Quand la crise surviendra, ce serait folie que de s’accrocher à l’Euro, ce dont rêvent encore des politiciens français comme Pierre Moscovici (le Ministre des Finances) ou Harlem Desir, le calamiteux responsable du Parti Socialiste. Il faudra ou constater ou prononcer la dissolution de l’Union Monétaire. Mais à cela, pour l’instant, nul n’est prêt. Et c’est bien cette incapacité de regarder la réalité en face, à gauche comme à droite, qui pose aujourd’hui un redoutable problème. Remarquons ici que si cette dissolution était prononcée par un conseil européen, elle resterait une décision européenne et conforterait, en un sens, les autres institutions de l’Union européenne. C’est l’UE qui se déciderait à mettre fin à une expérience malheureuse. Politiquement, cela a une grande importance.
Économiquement, il faudra naturellement mettre en place immédiatement dans chaque pays un contrôle des capitaux sur le modèle de celui qui a été mis en place à Chypre pour éviter la spéculation. Ensuite, dans chaque pays on convertira les comptes bancaires (compte courant et comptes d’épargne) en monnaie nationale au taux de 1 pour 1. Cette opération se fera sans douleur pour la population dont l’épargne mais aussi les dettes seront ainsi transformées de l’Euro en monnaie nationale. Puis on procèdera à des dévaluations de fait, dont le montant peut être calculé sans grandes difficultés (-25% pour la France, -30% pour l’Italie…). Les dettes seront re-libellées automatiquement en monnaies nationales pour ce qui concerne les bons du Trésor qui ont été émis nationalement. Telle est la règle du droit international qui s’appliquera alors. Il faut savoir que, pour la France, cela porte sur 85% du montant de la dette, qui sera ainsi automatiquement re-libellé en Francs. Bien entendu les produits importés des pays ayant réévalué par rapport à nous augmenteraient tandis que nos exportations verraient leurs prix baisser. Pour le litre de super, et compte tenu de l’importance des taxes dans le prix final, cela représenterait une hausse de 7,5%. Par contre, le prix en Dollar d’un Airbus baisserait de 5% à 7% ... (2)
La croissance reviendrait très vite dans la totalité des pays d’Europe du Sud. Des calculs montrent que l’on pourrait avoir une croissance totale de 15% à 22% dans les quatre années suivant la dissolution de l’Euro pour la France. Cette croissance serait aussi très forte en Espagne, en Italie et surtout en Grèce qui pourrait avoir dans les deux premières années après la dissolution de l’Euro un gain de 18% à 25%.
(1)The European Solidarity Manifesto.
(2) Et ceci en incluant le fait qu’environ 40% du prix final de l’avion est issu de composants fabriqués hors de la zone Euro…
L’opinion exprimee dans cet article ne coïncide pas forcement avec la position de la redaction, l'auteur étant extérieur à RIA Novosti.

*Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l'EHESS-Paris et au Collège d'économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.Il est l'auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).


http://fr.rian.ru

Ll'Europe c'est le 4e Reich de hitler un plan décidé lors de la perte de la guerre ,aujourd'hui qui dirige l'europe l'allemagne ,ils viennent de gagner la guerre économique ,l'europe n'a jamais eu vocation de perdurer juste de vous embarquer vers la galère du  nouvel ordre mondial avec  sa monnaie unique qui remplacera toutes les monnaies une fois foi que les sytèmes tomberont il créeront un seul système c'est le but finale de toute cette mascarade et ni sarko ni hollande n'y pourront rien  car ils sont les marionnettes des grandes familles qui les choisissent  et lorsque Ces pantin réaliseront il sera trop tard,

Le slogan la france forte est un clin d'oeil  car en allemand francfort Elle est notamment le siège de la Banque centrale européenne (BCE)et c'est  à Francfort que se trouve le centre principal des Illuminés de Bavière
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La "Messe Turm" (Tour de la Foire), édifice symbole de Francfort, surmontée d’une pyramide maçonnique. Le gratte-ciel est le siège de l’Institut monétaire européen de Francfort, et de la bourse de Francfort. Construit en 1991, il détenait jusqu’en 1997 le record de l’édifice le plus haut d’Europe (256 m).

Souvenez  vous le père de la construction europpéenne  VGE à fait volte-face ,en fait ils ne connaissent jamais la finalité du plan on flatte leur ego et on leur donne le pouvoir et çà suffit à les griser .

http://rustyjames.canalblog.com/archives/2013/07/17/27664443.html article VGE ici:


VGE regrette d'avoir fait de l’Europe une victime offerte à tous les sacrificateurs mondiaux.

 

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VGE s’en prend au Nouvel Ordre Mondial, mais surtout à sa partie américaine. Citons Le Monde :

« L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing juge inopportune la visite en Europe du secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, qui revient selon lui à faire de l’Europe une victime offerte à tous les sacrificateurs mondiaux.  La visite de Geithner est tout à fait inopportune et il n’a pas à se mêler des affaires de l’Europe. Les Français ne vont pas assister à la réunion de la Réserve fédérale, qu’est-ce que c’est que cette histoire ?, a dit Valéry Giscard d’Estaing à ReutersL’Europe est devenue une espèce de victime offerte à tous les sacrificateurs mondiaux, c’est insupportable, a-t-il ajouté.

L’ancien président français (1974-1981) s’élève aussi contre la spéculation venue des Etats-Unis, alors que l’agence de notation américaine Standard & Poor’s vient de mettre sous surveillance la note de la France et de quatorze autres pays de la zone euro. Cette spéculation n’est pas faite par les Européens, mais par les Américains, qui non seulement spéculent mais font le jeu des agences de notation, c’est insupportable, a considéré l’ancien président de la République ».

Voilà enfin une bonne nouvelle. Les propos exprimés par l’ancien président de la République VGE sont d’autant plus intéressants qu’il témoigne avoir bien compris le rôle OCCULTE que les stars de la Haute Finance entretiennent avec Mammon. Pour employer des termes aussi forts que : L’Europe est devenue une espèce de victime offerte à tous les sacrificateurs mondiaux, il faut avoir compris bien des choses que nos contemporains sont tellement loin d’imaginer.

Le role de Giscard en 1973 petit rappel.

Pourquoi l’Etat a-t-il abandonné en 1973, la possibilité de financer lui-même son déficit au profit d’établissements privés sous contrôle du CARTEL BANCAIRE ?

Battre la monnaie est un droit régalien, souverain, élémentaire. L’hypocrisie et l’absurdité du système actuel réside dans le fait que l’Etat possède la Banque de France mais n’utilise pas le pouvoir d’émission pour ses besoins –sous prétexte de risque inflationniste. Il préfère emprunter au secteur financier privé, qui lui aussi peut créer de la  monnaie, générant aussi de l’inflation. La différence se trouve dans  les intérêts payés à ces créanciers privés !

- La réponse de Valéry Giscard d’Estaing, ministre de l’Economie et des Finances en 1973, sur son blog est intéressante : on y apprend qu’il a réalisé « une réforme moderne », qu’ « il s’agissait à l’époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu’il soit émis par une entité privée ou publique ». Il affirme qu’il est préférable de remplacer « une simple émission monétaire » (emprunter à sa propre banque centrale) par « un endettement visible et structuré » (auprès d’établissements privés). Sans quoi ce serait laisser la porte ouverte à « l’inflation des années 50 » !

- Georges Pompidou, président de la République au moment des faits, fut dans les années 50 et au début des années 60 (sauf interruption du 1er juin 1958 au 7 janvier 1959), directeur général de la banque M.M. Rothschild Frères (1956-1962) et administrateur des nombreuses sociétés du groupe Rothschild (Société anonyme de gérance et d’armement, 1954-1962 ; Compagnie du chemin de fer du Nord, 1955-1962 ; Société Rateau, 1957-1962 ; Compagnie franco-africaine de recherches pétrolières françaises). Il fut aussi président de la Société d’investissement du Nord et vice-président de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, de 1959 à 1962.

- Michel Pébereau était en 1973 le conseiller technique du ministre Giscard. Il participa à la privatisation du CCF et de la BNP, qu’il présida toutes les deux, ainsi qu’à la création de BNP Paribas. Il fait parti d’un certain nombre de conseils d’administrations (Total, Lafarge, Compagnie de Saint-Gobin, Laboratoires Pierre Fabre), du conseil de surveillance d’Axa. Il représente l’Etat à EADS. Il est président des deux cercles de réflexions (think tank): l’Institut de l’Entreprise et de l’Institut Aspen France. Il est aussi membre du club Le siècle. Son frère Georges fût impliqué dans « l’affaire de la Société Générale » (fin des années 80) dans laquelle un autre Georges, Soros de son état, fut condamné à payer 2,2 millions d’euros pour délit d’initié. En 2005, Michel Pébereau a présidé une commission sur la dette publique…

L’Etat français a abandonné sa capacité à financer lui même son propre déficit au profit d’établissements financiers privés qui peuvent créer de la monnaie ex nihilo.

Les administrations publiques sont obligées de se tourner vers le marché des titres pour financer leurs déficits budgétaires. Pour cela le Trésor Public émet différentes sortes de titres de créances négociables (bons et obligations du Trésor) à échéances, montants et taux d’intérêt variables : BTAN, BTF, OAT … Ces obligations sont très recherchées par les professionnels du secteur financier puisque l’Etat français est notée AAA (« 20/20 ») par les agences de notations pour sa capacité à rembourser… Sécurité maximum, remboursement garanti par l’impôt des contribuables !

Oui comme la plupart des hommes politiques grisé par la réussite ne connaissant pas le plan final seul le haut de la pyramide le connait alors ils se font tous avoir un après l'autre par des promesses d'un monde meilleur ,alors que c'est le chaos qui est planifié ,Un Méa culpa sincère mais tardif hélas de VGE  ,maintenant ce sont les Français qui vont trinquer comme d'habitude ..Le Monde

Etats-Unis : Paypal vire par erreur 92 millions de milliards de dollars à un Américain !

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Les chiffres alignés les uns à la suite des autres sont presque impossibles à lire, tant la somme est colossale ! Paypal a versé accidentellement 92 233 720 368 547 800 dollars à Christopher Reynolds, un Américain habitant la Pennsylvanie, responsable de relations presse et habitué à vendre des pièces détachées de voiture sur eBay, selon une information révélée ce mercredi par la chaîne de télévision CNN.



Si le compte de Christopher Reynolds avait été crédité de cette somme, Christopher Reynolds serait tout simplement devenu l'homme le plus riche de la planète. Loin, très loin devant Carlos Slim, le plus riche du monde, dont la fortune est un million de fois moins élevée que cette incroyable somme.

Le bénéficiaire aurait «effacé la dette nationale»

«C'est une chose curieuse. Je ne sais pas, peut-être que quelqu'un s'est amusé», a expliqué, incrédule, Christopher Reynolds. La surprise a toutefois été de courte durée puisque le jour même de l'alerte de virement, le compte Paypal de l'Américain était à nouveau revenu à la normale. Si ne serait-ce qu'une toute partie de la somme avait été réellement virée, les conséquences auraient pu être dramatiques pour le service de paiement en ligne qui se serait retrouvé sans le moindre fonds !

Paypal, qui a reconnu son erreur, a proposé à Christopher Reynolds de faire un don (dont le montant n'a pas été défini mais évidemment sans rapport avec le somme initiale) à l'oeuvre de charité de son choix.
«C'est évidemment une erreur et nous apprécions le fait que Monsieur Reynolds l'ait compris», a déclaré dans un communiqué Paypal. Le responsable de relations presse a précisé que, s'il avait touché une telle somme, il aurait probablement offert généreusement d'effacer la dette publique des Etats-unis, qui s'élève à 16 394 milliards de dollars.


LeParisien.fr

Le diable sait comment chevaucher. Jayhawkers, Bushwhackers et autres guérilleros de la guerre de Sécession

canalblog

 

Au début de la guerre de Sécession, en 1861, la Confédération doit faire face à un sérieux problème stratégique. Le Nord est plus peuplé, plus riche, et dispose de l’essentiel de l’industrie et des fabriques d’armes et de munitions. La population des Etats « frontaliers », comme le Kentucky, le Missouri, le Tennessee et la Virginie est divisée : même dans le Sud « profond », on trouve certaines personnes qui souhaitent rester dans l’Union. Fait peu connu, tous les Etats de la Confédération fournirent à un titre ou à un autre, et à un moment ou à un autre du conflit, des unités à l’armée nordiste. Dans ces conditions, on ne peut être étonné qu’une guérilla soutenue ait pris place dans les Etats « frontaliers », précédant même, parfois, les combats conventionnels. Depuis la naissance des Etats-Unis, les Américains ont en effet une tradition de guerre irrégulière que l’on peut tracer dès la guerre d’Indépendance, et au-delà.

Dans le cadre de la guerre de Sécession, on qualifie de guérillas les mouvements composées d’hommes n’appartenant pas à l’armée régulière de l’Union ou de la Confédération, ou bien qui en ont déserté. Le terme de Bushwhackers s’applique aux guérilleros confédérés du Missouri qui opèrent d’une façon différente de celles de leurs homologues des autres Etats. En face, on trouve sur le même principe les Jayhawkers1, les guérilleros de l’Union. Les Partisan Rangers sont ceux qui ont obtenu une reconnaissance de l’armée ou du gouvernement : chez les confédérés, le processus débute avec le Partisan Ranger Act d’avril 1862, mais certains Etats organisent aussi leurs propres groupes. L’Union n’a pas voté de résolution équivalente mais a ponctuellement reconnu les bandes de guérilleros.


Il y a un troisième type de combattant qui relève de la guerre irrégulière, c’est le cavalier qui opère dans des raids, tout en faisant partie de l’armée régulière, mais en employant les tactiques de la guérilla. Certains chefs de l’armée confédérée, comme Nathan Bedford Forrest et John Hunt Morgan, ont ainsi opéré à la manière des partisans. C’est d’ailleurs ainsi qu’ils sont considérés par les Nordistes alors qu’en fait, ils appartiennent bien à l’armée régulière du Sud. Ces trois types de combattants sont devenus des éléments importants de la guerre de Sécession, pour la Confédération, en particulier. Les forces irrégulières sudistes mènent une guérilla que les tactiques de contre-guérilla de l’Union ne parviennent jamais véritablement à éradiquer : leur activité ne cesse vraiment qu’avec la reddition des forces régulières du Sud. On s’intéressera ici surtout aux guérilleros opérant de manière indépendante, en particulier ceux du Missouri et du Kansas, parmi les plus emblématiques.


Le sanglant prélude du Bleeding Kansas2 (1854-1861)


Avant le bombardement de Fort Sumter par les confédérés, le 12 avril 1861, qui déclenche officiellement les hostilités, la guerre fait déjà rage depuis plusieurs années à la frontière du Missouri et du Kansas. La population du Missouri, majoritairement pro-esclavagiste, regarde avec convoitise les vastes plaines du nouvel Etat du Kansas pour s’étendre encore davantage. Mais, en 1854, le Kansas-Nebraska Act stipule que la population de chaque Etat doit décider si oui non l’esclavage doit être maintenu. Les abolitionnistes du Nord, pour éviter que le Kansas ne tombe entre les mains des esclavagistes, encouragent une migration massive de leurs partisans vers le nouvel Etat.

Si le Nebraska devient un Etat où l’esclavage est aboli, la situation au Kansas est rendue plus complexe par la réaction des habitants du Missouri, qui dépêchent également leurs partisans pour rétablir l’équilibre. Une véritable campagne de propagande oppose d’un côté les habitants du Missouri, peints comme de féroces esclavagistes, et de l’autre ceux du Kansas, décrits comme des abolitionnistes forcenés. Ceux du Missouri se plaignent que les habitants du Kansas n’apportent avec eux ni femmes ni outils de travail mais seulement des armes. C’est exagéré, mais il est vrai que de nombreux émigrants arrivent lourdement armés de peur de la réaction des habitants du Missouri que la presse nordiste présente comme prêts à les recevoir à coups de fusils.

Lors des élections de 1854, des milliers d’habitants du Missouri traversent la frontière en armes afin de voter pour les candidats pro-esclavage. Le vote ne comprend pas en effet une clause de résidence : en conséquence, ces candidats l’emportent haut la main, et à nouveau lors d’autres élections en 1855. Se déclenche alors rapidement un cycle d’intimidations, puis de violences. Des bandes de Jayhawkers montent des raids dans le Missouri pour attaquer les fermes et libérer les esclaves : en face, les bushwhackers, baptisés aussi « border’s ruffians », attaquent les partisans de l’abolition au Kansas et saccagent les bureaux des journaux qui leur sont favorables. Les morts s’accumulent sans que les faibles garnisons fédérales présentent à proximité ne s’interposent véritablement.

Le 21 mai 1856, un groupe de « Border’s ruffians » occupe la ville de Lawrence, au Kansas, s’empare des armes, pille les maisons et détruits les locaux de deux journaux. En représailles, l’abolitionniste John Brown, promis à devenir célèbre un peu plus tard lors de son raid manqué sur Harper’s Ferry, et ses 5 fils, exécutent sommairement 5 partisans de l’esclavage qu’ils avaient capturé. En 1858, la balance penche du côté des abolitionnistes : les troupes fédérales sont plus nombreuses, de même que les immigrants nordistes qui amènent avec eux des cargaisons de fusils Sharp.


Ci-dessous, générique du film Josey Wales hors-la-loi, avec Clint Eastwood dans le rôle titre (1976). Le film met en scène un fermier du Missouri, Josey Wales, dont la famille est massacrée par les Redlegers pro-Union, et qui rejoint la bande de bushwhackers de Bloody Bill Anderson, l’un des plus féroces chefs de guérilla pro-confédérée du Missouri. C’est l’un des premiers westerns « révisionnistes« , donnant le mauvais rôle aux guérilleros de l’Union et louant au contraire la cause confédérée, en s’inspirant d’un roman de Forrest Carter.

 

 



Les débuts de la guérilla


Le Missouri, où a débuté cette guerre irrégulière, est une cible de choix pour les deux camps. Plus vaste que la Virginie, plus peuplé que la Géorgie, l’Etat produit beaucoup de nourriture et la ville de St-Louis contrôle la confluence entre le Missouri et le Mississipi. Malgré le conflit antérieur à la guerre de Sécession, la plupart des habitants souhaite, en fait, une solution négociée. Cependant, les Jayhawkers ou les autorités d’occupation de l’Union ne font guère de distinction entre les pro-Confédérés et les modérés, ce qui va jeter un certain nombre de personnes dans les bras des bushwhackers.

Au départ, le commandement de l’Union à Saint-Louis chasse facilement le gouverneur pro-confédéré Claiborne Fox Jackson et ses partisans de la portion centrale de l’Etat du Missouri. L’armée confédérée du Missouri, commandée par le général Price et composée de gardes frontaliers et de volontaires mal armés, se réfugie au sud-ouest. L’Union contrôle les cours d’eau et les chemin de fer ce qui rend difficile l’acheminement de volontaires du Missouri à l’armée de Price. Celui-ci envoie des bushwhackers pour saboter les lignes télégraphiques et les voies ferrées avant unje nouvelle attaque dans le centre de l’Etat. Dans son sillage arrivent les 1200 Jayhawkers du sénateur unionniste du Kansas, virulent abolitionniste, James Lane, qui a donné l’ordre à ses hommes de nettoyer le Missouri de tout élément suspect.

Le 23 septembre 1861, les Jayhawkers déboulent dans la petite ville d’Osceola (environ 2000 habitants) et l’incendient complètement sous prétexte qu’elle sert de base à Price. Le manque de nourriture, de vêtements et la fin de leur engagement poussent de nombreux soldats confédérés à déserter et à se retrouver dans les partisans, les bushwhackers. Price envoie certains de ces partisans pour recruter des hommes dans ses troupes et encourage l’activité des autres. Les patrouilles de l’Union éliminent facilement les recruteurs et leurs volontaires, mais les bushwhackers, eux, connaissent des succès : ils prennent en embuscade les patrouilles ou détruisent l’infrastructure logistique. Le 22 décembre, le général nordiste Halleck, qui commande le département militaire du Missouri, promulgue l’ordre n°31 : tout homme pris à saboter les installations doit être fusillé séance tenante. Les rangs des bushwhackers ne désemplissent cependant pas : déserteurs de l’armée confédérée qui jugent les conditions de ce service plus attrayantes (rester à proximité de leurs familles en particulier), prisonniers libérés sur parole qui n’accordent aucun crédit à un serment prêté à un gouvernement de l’Union qu’ils jugent illégal.

Les troupes nordistes sont également responsables du développement de la guérilla : composées de soldats des Etats voisins, elles pensent en général que tout habitant du Missouri est un Confédéré en puissance. Elles obligent les autorités locales à payer en cas d’attaque sur les voies de chemin de fer, et sinon se servent elles-mêmes. Parallèlement, les Jayhawkers du Kansas poursuivent leurs raids. Certaines bandes comprennent même des Afro-Américains : dès novembre 1861, le 7th Kansas Cavalry de Jennison, surnommé « the Redlegs » en raison de leurs habits caractéristiques, comprend une compagnie de Noirs menée par un ancien esclave du Missouri. Halleck déplore les exactions des Jayhawkers mais les autorités de l’Union, alors dans le même cas que celles de la Confédération, ont parfois peu de prise sur ces bandes irrégulières.

Le 13 mars 1862, Halleck, dans son ordre général n°2, précise que les guérilleros ne sont pas des soldats mais des hors-la-loi et qu’en conséquence, ils doivent être passés par les armes s’ils sont pris. Les bushwhackers adoptent immédiatement la même politique. Le 22 juillet, le commandement nordiste, dans l’ordre général n°19, appelle tous les hommes valides de l’Etat du Missouri à rejoindre la milice pour traquer les partisans confédérés. Cet ordre durcit les positions puisque les hommes en âge de servir sont plus ou moins forcés de choisir leur camp. Frank James, le frère de Jesse James, qui a servi dans l’armée confédérée de Price avant de déserter chez lui, malade, lors de la retraite, rejoint les rangs des bushwhackers. Mais 52 000 hommes intègrent aussi les rangs de l’Union. Leur connaissance de l’Etat est utile pour traquer les partisans confédérés, mais ils mènent aussi leur guerre personnelle et vivent sur le terrain, se mettant parfois à dos la population.


Du Partisan Ranger Act à la dégénérescence de la guérilla


Le président confédéré Jefferson Davis n’est pas un supporter de la guerre irrégulière : il juge les partisans trop incontrôlables et surtout il y voit un détournement d’hommes utiles à l’armée régulière. Fin 1861, le secrétaire à la Guerre de la Confédération, Judah P. Benjamin, annonce que le gouvernement du Sud ne reconnaît pas les bandes d’irréguliers. Début 1862, le général Joseph E. Johnston chasse même les bandes de partisans pro-sudistes de ses camps. Cependant, les autorités du Sud voient bien qu’existent de nombreux partisans du Sud dans les territoires occupés par l’Union, que leurs forces conventionnelles sont inférieures en nombre à celles du Nord et surtout que la guérilla a déjà commencé en de nombreux endroits. En conséquence, le Congrès confédéré adopte le Partisan Ranger Act le 21 avril 1862 : le président a autorité pour désigner des officiers chargés de lever les bandes de partisans, qui reçoivent la même solde et les mêmes fournitures que l’armée régulière mais sont soumis aux mêmes règles tout en agissant indépendamment. Cette résolution va renforcer l’attrait pour les bushwhackers. L’acte permet au général Hindman, en août 1862, de créer une véritable guérilla officielle dans l’Arkansas, pour entraver les efforts de l’Union après la défaite sudiste de Pea Ridge, en mars, qui bloque la progression nordiste pendant toute une année. Mais ces guérilleros, plus ou moins incontrôlables, se transforment aussi très vite en véritables hors-la-loi dans l’Arkansas.

Fin 1862, la guérilla ravage ainsi le Missouri et l’Arkansas. Pour faire pression sur les bushwhackers du Missouri, le commandement de l’Union enferme les membres féminins de leurs familles dans les prisons, dans l’espoir que les familles se déplacent au sud en territoire confédéré et que les guérilleros suivent. Le 14 août 1863, la prison de Kansas City, mal entretenue et surchargée, s’effondre, tuant 5 femmes apparentées aux bushwhackers. Ceux-ci y voient un acte délibéré des nordistes. Le 21 août, Quantrill, le plus fameux chef de bande confédéré, mène plus de 450 hommes dans une chevauchée de la mort sur Lawrence, au Kansas, un des repères des abolitionnistes. Près de 200 hommes sont abattus sur place. Quatre jours plus tard, dans son ordre n°11, le général nordiste Ewing fait déplacer de force toute la population de trois comtés de l’ouest du Missouri et d’une partie d’un quatrième. Les « Redlegs » ne se privent pas de piller et d’incendier la zone en question, qui reste connue longtemps après comme le « Burnt District ».

Du côté nordiste, le moment décisif est la décision prise par la Confédération de procéder à la conscription, le 16 avril 1862, pour les hommes âgés de 18 à 35 ans. Selon le même schéma que l’ordre imposant de rejoindre la milice dans le Missouri, la population se voit contrainte de choisir son camp. Des mouvements de guérillas pro-nordistes apparaissent dans l’ouest des deux Carolines, au nord de la Géorgie et de l’Alabama, dans le Mississipi, dans les marais de Louisiane et de Floride. Des sociétés secrètes, les Héros de l’Amérique et la Société de Paix, sont actives dans tout le Sud. Les unionnistes du Texas fuient vers le Nord et forment des bandes armées. A l’été 1862, ils créent une conspiration pour séparer le nord du Texas du reste de l’Etat, mais l’affaire est déjouée par les confédérés qui pend 65 « renégats » à Gainesville. Une autre rebéllion unionniste au printemps 1863 est décimée par une bande d’Indiens pro-confédérés qui scalpent leurs victimes. Dans l’ouest des Carolines, des bandes comptant jusqu’à 500 hommes, souvent des déserteurs, occupent des villes, construisent des forts, se rallient la population. Le long des côtes, ils aident les navires du blocus ou les raiders nordistes, rassemblent du bétail pour leurs troupes ou les réfugiés. En 1864, le gouverneur confédéré de Floride ne quitte plus sa résidence de Tallahassee de peur d’être capturé ! Un régiment confédéré doit même suppléer la milice de Floride cette année-là pour traquer les bandes, mais entraîne la formation d’une bande de 500 hommes qui contre-attaque rapidement.

Avec la montée en puissance la guérilla dans le district trans-Mississipi en 1863, l’Union prend des mesures drastiques. Dans le Missouri et le nord de l’Arkansas, chaque comté a sa propre garnison avec une enceinte fortifiée en ville. Des détachements de cavalerie patrouillent régulièrement et signalent la présence de bushwhackers pour que des forces plus importantes convergent sur eux. Des fortins sont bâtis pour protéger les installations sensibles. Si l’Union doit veiller à ne pas envoyer des patrouilles trop faibles et à ravitailler les garnisons, l’expérience prouve que les troupes nordistes mettent en difficulté les bushwhackers grâce à ce système. Ceux-ci préfèrent alors attaquer les banques, les civils pro-unionistes, les lignes de télégraphe, les voies ferrées, voire les bateaux à vapeurs, qui doivent eux aussi recevoir une protection (blindage). Les dernières bandes de bushwhackers opèrent aussi dans le Kentucky à partir de l’été 1864.

 

Ci-dessous, extrait du film Chevauchée avec le diable (1999) d’Ang Lee, autre western révisionniste qui met en scène un petit groupe de bushwhackers opérant dans la bande de Quantrill et de Bloody Bill Anderson. L’histoire, inspirée d’un roman, est quelque peu dramatisée, mais le film vaut le coup d’oeil, entre autres, pour la reproduction assez fidèle de l’attaque et du massacre de Lawrence, que l’on peut voir dans l’extrait ci-dessous.

 



Organisation et tactique des bushwhackers


Les groupes de bushwhackers se sont formés la plupart du temps autour d’un chef charismatique. Quantrill, ancien instituteur de l’Ohio, devenu pro-esclavagiste pendant la période du Bleeding Kansas, est le plus célèbre. Mais comme le lui annonçait le gouverneur en exil confédéré du Missouri, Reynolds, dans une lettre qu’il lui écrit en 1864, la guérilla devient de plus en plus sauvage et incontrôlable et finit par lasser les deux camps. Reynolds conseille d’ailleurs à Quantrill d’entrer dans l’armée confédérée pour poursuivre son combat. En mai de cette même année, Quantrill est menacé l’arme au poing par l’un de ses propres subordonnés, George Todd. Le massacre de Lawrence a en effet jeté le trouble parmi la bande de Quantrill : certains bushwhackers sont choqués par la brutalité de l’attaque, d’autres souhaitent au contraire que le procédé soit renouvelé. Bloody Bill Anderson, un des lieutenants de Quantrill originaire du Missouri, dont la soeur a péri dans l’effondrement de la prison de Kansas City, quitte Quantrill, réfugié au Texas après le massacre de Lawrence, dès le printemps 1864 avec les éléments les plus sauvages : il scalpe ses victimes, s’en prend aux civils, y compris aux femmes, ce qu’avaient toujours refusé de faire jusque là les bushwhackers.

Les partisans ne portent que rarement l’uniforme confédéré et arborent plutôt celui de l’Union pour approcher plus facilement leurs objectifs. Ils portent le « guerilla shirt » des chasseurs des Grandes Plaines muni de nombreuses poches pour les munitions, des versions différentes du slouch hat, avec des foulards et autres colifichets dressant l’image d’un cavalier téméraire. Les bushwhackers transportent souvent une impressionnante quantité d’armes : jusqu’à 6 revolvers (!) pour certains, dont le Colt 1851 Navy cal.36, un couteau Bowie ou parfois un tomahawk pour le combat au corps-à-corps. Pour le tir à longue distance et la précision, ils utilisent le fusil Sharp cal. 52 à chargement par la culasse, qui permet aussi d’avoir une bonne cadence de tir.

Les bushwhackers mènent des embuscades rapides contre des petits détachements de l’Union, pour éviter d’être débordés par le nombre. Ils sont efficaces pour désorganiser les communications, lignes télégraphiques ou courriers. En revanche, la discipline de feu de l’Union permet souvent de repousser des attaques plus prolongées. A partir de 1862, et après quelques mois d’expérience au combat contre les bushwhackers, les commandants nordistes fortifient souvent les palais de justice en briques des petites villes avec des sacs de sable ou des rondins : ces petites places fortifiées sont imprenables par les guérilleros dépourvus d’armement lourd. Les bushwhackers établissent leurs campements dans les bois et camouflent parfois de véritables installations souterraines. Pour contrer la guérilla, l’Union lève aussi d’authentiques unités antiguérilla : le 1st Arkansas Cavalry Volunteers est constitué d’unionnistes de l’Arkansas vicéralement opposés à leurs concitoyens confédérés. Ils tuent plus de 200 guérilleros en utilisant parfois des canons contre des groupes de 1000 bushwhackers rassemblés pour leur faire face. Ils brûlent maisons et moulins à grains suspectés de servir de dépôts ou de lieux de réunion.

Certains chefs de guérilla sont parfois d’aussi bon tacticiens que les officiers réguliers. Bloody Bill Anderson mène ainsi le fameux raid sur Centralia le 27 septembre 1864, qui caractérise bien l’audace et la brutalité des bushwhackers à ce moment du conflit. Le général Price a envahi de nouveau le Missouri depuis l’Arkansas pour s’emparer de St-Louis. Pour faciliter la progression de ses 12 000 hommes, il demande aux bushwhackers d’harceler les garnisons de l’Union et leurs voies de communication. Anderson reçoit l’ordre alors qu’il stationne avec 250 hommes dans la ferme d’un sympathisant confédéré près de la gare de Centralia. A l’aube du 27 septembre, avec 30 hommes, Anderson pénètre dans Centralia et fait le coup de feu pour impressionner les habitants. Ses hommes investissent les maisons, pillent, s’ennivrent. Une diligence arrive qui est bientôt mise à sac, un parlementaire nordiste dépouillé. A midi, un train se présente à Centralia : les bushwhackers convergent sur le chemin de fer, dressent une barricade sur la voie et stoppent le train. Parmi les passagers se trouvent 25 soldats désarmés de l’Union. Anderson demande s’il y a des officiers : le sergent Goodman se signale et Anderson le met à part avant de faire abattre les autres. Il n’a gardé Goodman que pour faire un échange de prisonniers avec certains de ses hommes récemment capturés. Les bushwhackers incendient le train, ligotent leurs prisonniers et remplissent leurs bouteilles avant de détaler. A 16h00, le major Johnston arrive à Centralia avec 158 fantassins montés du 39th Missouri Infantry, attiré par la fumée du train en feu. Ne connaissant pas l’effectif ennemi, il divise sa troupe en deux : une partie reste en ville tandis qu’il emmène 120 hommes à la poursuite des bushwhackers.

Anderson monte une savante embuscade pour éliminer ses poursuivants. 10 hommes commandés par Dave Poole attirent les nordistes dans une clairière où ils se retrouvent, avec leurs fusils Enfield à chargement par la bouche, face à 90 hommes d’Anderson. Johnston fait démonter les trois quarts de ses hommes et les fait se mettre en position de tir couché, le reste s’occupant des chevaux. En embuscade, sur chaque flanc des nordistes, cachés par la forêt, se trouvent des groupes comprenant 70 cavaliers. Anderson charge de front les hommes de l’Union dont le tir mal ajusté ne tue que 3 bushwhackers. Johnston échange des coups de feu avec Jesse James avant que celui-ci ne l’abatte finalement au revolver. Les guérilleros postés sur les flancs interviennent alors et les nordistes partent en déroute. Anderson va ensuite achever le détachement demeuré à Centralia. Le 39th Missouri perd deux officiers et 114 hommes tués, deux blessés et 6 disparus : Anderson a appliqué sa politique habituelle du « pas de quartier », certains hommes étant scalpés voire décapités.

Les guérilleros ne peuvent survivre longtemps sans l’appui au moins partiel de la population. Ils préfèrent cependant dormir dans les bois que dans les maisons de sympathisants qui peuvent être facilement encerclées : Quantrill périt ainsi de cette manière dans le Kentucky et Anderson manque de peu d’être abattu de la même façon. La population peut aussi fournir des espions, voire prendre part au combat avec les partisans. Le capitaine Peabody, qui parvient à repérer avec 65 hommes du 1st Missouri Cavalry la bande de Quantrill dans une ferme et à s’emparer de ses chevaux, doit ainsi affronter une centaine de personnes venues protéger la fuite à pied du chef confédéré. En retour, la population civile souffre de la guérilla, d’autant plus que celle-ci est aussi prétexte à des crimes crapuleux. Des déserteurs reconvertis en brigands mettent en coupe réglée les monts Ozark, dans le nord de l’Arkansas, un territoire dépeuplé progressivement par la guérilla. Certains guérilleros pro-confédérés devenus hors-la-loi abattent même des représentants du pouvoir sudiste.

Les guérilleros ont parfois rallié les armées régulières pour servir d’éclaireurs ou pour combattre. La plupart reflue d’ailleurs au Texas à l’automne, quand les feuilles tombent et les privent de leur camouflage. Les déprédations commises au Texas par certains bushwhackers ne les rendent souvent pas très populaires aux yeux de certains Sudistes. Le général Price n’a cependant jamais perdu sa confiance dans les bushwhackers même si, en 1864, il pique une colère mémorable en voyant les scalps brandis par les hommes d’Anderson, qui les fait aussitôt enlever et fait apporter à l’officier confédéré une paire de Colts en argent. Quand le général confédéré Joe Shelby mène un raid début 1864 dans le nord de l’Arkansas pour recruter des hommes, il s’aperçoit vite que les guérilleros sudistes, anciens déserteurs ou prisonniers libérés sur parole, ne sont plus que des criminels travaillant à leur compte.


Conclusion


Les irréguliers n’ont pas sauvé la Confédération de la défaite, mais leur activité a forcé l’Union a déployé des moyens considérables pour les prendre en chasse. Dans le Kansas et le Missouri, l’affrontement a tourné à la guerre civile et a précédé, voire favorisé, le déclenchement du conflit lui-même. Du côté de l’Union, les Jayhawkers ont surtout libéré des milliers d’esclaves. La plus grande réalisation de la guérilla pro-nordiste reste la formation du nouvel Etat de Virginie Occidentale, en 1863, dans un territoire investi de partisans de l’Union. Côté confédéré, les bushwhackers ont empêché l’Union d’envahir le Texas et la Louisiane, ont regonflé le moral des sympathisants sudistes et leur ont permis d’apporter leur pierre à la lutte, mais ont aussi surtout apporté leur lot de dévastations. Après la fin des hostilités, certains bushwhackers ne tiennent pas à perdre les talents acquis pendant le conflit. Les frères James et Younger, qui ont servi sous Quantrill et Bloody Bill Anderson, forment un gang de criminels utilisant les méthodes de la guérilla pro-confédérée dans l’attaque de banques et de trains.


 

http://alliancegeostrategique.org/2013/01/09/au-commencement-etait-la-guerre-18le-diable-sait-comment-chevaucher-jayhawkers-bushwhackers-et-autres-guerilleros-de-la-guerre-de-secession/

Sean MCLACHLAN et G. et S. EMBLETON, American Civil War Guerilla Tactics, Elite 174, Osprey, 2009.

1L’origine du mot est incertaine. Il désigne les partisans de l’Union au Kansas dès les affrontements ayant lieu avant la guerre de Sécession.

2Littéralement le « Kansas qui saigne »…

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Livre de James Fleming l'histoire de la géo-ingénierie et du climat

Fix
 
 
Pourquoi écrire l'histoire de la géo-ingénierie et du climat ?
 
 
James Fleming : Mon projet, pour être précis, c'est d'écrire l'histoire de la maîtrise du temps et du climat, des modifications du climat et de la géo-ingénierie. Je suis historien des sciences, et je travaille depuis un certain temps sur les techniques et les politiques qui ont voulu contrôler le temps, faire tomber la pluie par exemple.
La première proposition d'utilisation de la géo-ingénierie pour modifier le climat dont j'aie retrouvé la trace remonte aux années 1830. C'était un projet d'incendies massifs de forêts pour créer des «couches» de chaleur et faire tomber la pluie… C'était pour humidifier la côte est des États-Unis et assainir son air, en le «nettoyant» tous les dimanches soir. Ce genre de proposition, à grande échelle, est donc ancienne. Mais aujourd'hui, ce type de recherche recommence.  

Depuis 2005, les propositions se multiplient et beaucoup d'idées aventureuses fleurissent sur le sujet. C'est la question du changement climatique qui a relancé ce secteur, autour de l'idée d'intervenir volontairement sur le système climatique dans le but de réduire le réchauffement. J'ai assisté à toute une série de conférences qui parlaient de cela vers 2005 à Washington, et j'ai commencé à m'inquiéter, car je trouvais que les objectifs et les moyens de cette culture technologique étaient mal définis, et empreints d'hybris, de démesure, avec cette idée folle que l'être humain pourrait contrôler un système aussi complexe que celui du climat.

Je venais de publier un article sur les explosions de bombes A et H dans l'atmosphère dans les années 50 et 60. À cette époque, les Américains et les Russes cherchaient à modifier l'environnement électromagnétique du globe. C'était dans un but militaire : l'idée était qu'il valait mieux subir une explosion «spatiale» au-dessus d'une ville qu'au sol. Il y a eu ainsi un «moment» de la géo-ingénierie, entre 1958 et 1962. Cela n'avait rien à voir avec le changement climatique.
Mais quand j'ai vu que des gens voulaient relancer ces techniques de géo-ingénierie en prétendant faire cela pour la première fois, il m'a paru important d'en rappeler l'histoire. Elle montre qu'il est possible de changer le climat mais que l'on ne peut pas contrôler les effets de ce que l'on provoque. On peut intervenir sur la nature, mais on ne peut pas prévoir toutes les conséquences de cette intervention. 
 
L'homme a-t-il déjà été capable de modifier volontairement le climat ? 
 
Pas vraiment. C'est dur à vérifier. Certaines expériences à petite échelle ont marché. Par exemple, pendant la Seconde Guerre mondiale, en Grande-Bretagne, on a fait brûler des nappes de pétrole à proximité des pistes aériennes pour permettre aux avions de la RAF d'atterrir malgré le brouillard. Quand le fog arrivait, ils incendiaient des milliers et des milliers de litres d'essence. Dès que l'incendie s'éteignait, le brouillard revenait. Ils ont aussi essayé de faire cela autour de certains aéroports français et à Los Angeles. Cela a coûté des milliers et des milliers de dollars. Mais ce sont des succès très limités.

Il a aussi existé un usage militaire du contrôle du temps, comme pendant la guerre du Vietnam. Les militaires s'intéressent beaucoup au contrôle du climat et à la notion de «sécurité climatique». Dans les années 50, l'armée américaine a voulu utiliser les nuages comme des armes. L'idée était qu'en cas d'urgence face aux Soviets, les États-Unis envisageaient de faire sauter une grosse bombe nucléaire dans l'océan Indien. Dans ce scénario, les vents devaient emmener toutes ces particules jusqu'à Moscou, où elles causeraient une grande explosion d'ondes électromagnétiques.
Washington cartographiait des points «vecteurs» d'attaques dans le Pacifique et l'Atlantique. Il y eut aussi le projet d'utiliser des bombes atomiques contre les ouragans − des études ont été faites en ce sens dans les années 60. Au point que Castro craignait que l'Amérique n'essaie de détruire Cuba avec des ouragans fabriqués humainement.
 
Qui sont les principaux acteurs de la géo-ingénierie : l'armée, des entreprises, des savants fous ?
 
Des gens un peu excités voulaient faire naviguer des bateaux pouvant percer les nuages. Quelqu'un d'autre voulait fabriquer des minipuces électroniques, de la poussière intelligente en quelque sorte, qui pourraient assembler de la puissance magnétique. Il y a des inventeurs fous. Mais il y a aussi des commerciaux, comme Bill Gates, qui possède des brevets de géo-ingénierie. Il faut être assez riche pour pouvoir faire ça presque unilatéralement. Il y a aussi des laboratoires nationaux.
En Russie, un homme a fabriqué un écran de fumée militaire au-dessus d'un champ, et observé que la lumière du soleil s'amenuisait en se posant dessus. Mais de cette expérience très locale, il tire la conclusion que cela permet de réduire l'ensoleillement, et donc de lutter contre le changement climatique. En Angleterre, un homme fait des expériences avec un ballon d'hélium et des récipients d'eau pour agir sur les nuages. Désormais, les géo-ingénieurs ne se contentent plus de réaliser des modélisations sur ordinateur mais commencent à faire des expériences à petite échelle.
 
Réduire l'ensoleillement pour affaiblir la vie et réduire la production agricole amèneront cancer et famine 2fléaux très destructeurs pour les populations .........




Entretien avec James Fleming par Jade Lingaard 
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La biographie cachée des Obama : une famille au service de la CIA

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 De 1983 à 1984, Barack Obama exerça en tant qu’analyste financier au sein de la Business International Corporation, connue comme société écran de la CIA

 

Business International Corporation, la société écran de la CIA dans laquelle exerçait le futur président des États-Unis, organisait des conférences réunissant les dirigeants les plus puissants et employait des journalistes comme agents à l’étranger. Le travail qu’y a mené Barack Obama à partir de 1983 concorde avec les missions d’espionnage au profit de la CIA qu’a remplies sa mère, Stanley Ann Dunham dans les années 1960, après le coup d’État en Indonésie, pour le compte d’autres sociétés écrans de la CIA, dont l’East-West Center de l’Université de Hawaii, l’Agence des États-Unis pour le développement international (United States Agency for International Development, USAID) [1]et la Fondation Ford [2]. Dunham rencontra et épousa Lolo Soetoro, le beau-père d’Obama, à l’East-West Center en 1965. Soetoro fut rappelé en Indonésie en 1965 en tant qu’officier de haut rang afin d’assister le général Suharto et la CIA dans le sanglant renversement du président Sukarno [3]

Barack Obama senior rencontra Dunham en 1959 lors de cours de russe à l’Université de Hawaii. Il figurait parmi les heureux élus d’un convoyage aérien entre l’Afrique de l’Est et les États-Unis pour faire entrer 280 étudiants dans diverses institutions universitaires états-uniennes. Selon un rapport de l’agence Reuters de Londres du 12 septembre 1960, cette opération bénéficiait simplement d’une « aide  » de la seule Fondation Joseph P. Kennedy. Elle visait à entraîner et endoctriner de futurs agents d’influence en Afrique, un continent alors en passe de devenir le terrain de la lutte de pouvoir entre les États-Unis, l’Union soviétique et la Chine pour peser sur les régimes des pays nouvellement indépendants ou sur le point de le devenir.

Lors du choix des étudiants expatriés, Masinda Muliro, le vice-président de l’Union démocratique africaine du Kenya (Kenyan African Democratic Union, KADU), avait dénoncé les préférences tribales favorisant la majorité ethnique des Kukuyus et du groupe minoritaire des Luo. Ce favoritisme privilégiait les sympathisants de l’Union nationale africaine du Kenya (Kenyan African National Union, KANU), dirigée par Tom Mboya, au passé nationaliste et syndicaliste. C’est Mboya qui choisit d’envoyer Barack Obama senior étudier à l’Université de Hawaii. Obama senior, alors marié, père d’un enfant et en attente d’un deuxième enfant au Kenya, épousa Dunham sur l’île de Maui le 2 février 1961. Dunham était enceinte de Barack Obama depuis trois mois au moment de son union avec Obama senior. Celui-ci devint le premier étudiant africain à intégrer une université états-unienne.

Toujours selon Reuters, Muliro aurait également déclaré vouloir envoyer une délégation aux États-Unis pour enquêter sur les étudiants kenyans ayant reçu des « présents » de la part des États-Uniens et pour « s’assurer que les cadeaux faits aux étudiants à l’avenir [soient] gérés par des personnes sincèrement soucieuses du développement du Kenya. »

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La CIA habría reclutado a Tom Mboya en el marco de un programa llamado « liberación selectiva », programa generosamente financiado por la CIA y cuyo objetivo era aislar al presidente Kenyatta, quien fue el fundador de la República de Kenia, y considerado por la agencia de espionaje estadounidense como una persona de « no confianza ».

Mboya reçut à l’époque une subvention de 100 000 dollars de la part de la Fondation Joseph P. Kennedy, dans le cadre du programme d’invitation d’étudiants africains, après avoir refusé la même offre de la part du Département d’État. À l’évidence, Mboya s’inquiétait des soupçons qu’aurait éveillés une assistance états-unienne directe chez les politiques kenyans procommunistes, déjà suspicieux de ses liens avec la CIA. Le programme fut financé par la Fondation Joseph P. Kennedy et par la Fondation des étudiants afro-américains. Obama senior ne faisait pas partie du premier groupe acheminé par avion aux États-Unis mais de l’un des suivants. Ce programme d’aide aux étudiants africains, organisé par Mboya en 1959, incluait des étudiants originaires du Kenya, de l’Ouganda, du Tanganyika, de Zanzibar, de la Rhodésie du Sud et du Nord et au Nyassaland (l’actuel Malawi).

Reuters rapporte également que Muliro accusait le favoritisme présidant à la sélection des bénéficiaires de l’aide états-unienne « de perturber et d’aigrir les autres étudiants africains. » Muliro affirmait que « l’avantage était donné aux tribus majoritaires [les Kikuyus et les Luo] et que de nombreux étudiants sélectionnés par les États-Unis avaient échoué aux examens d’admission alors que d’autres étudiants non-sélectionnés faisaient état de meilleures recommandations. »

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Enviado a Hawai por la CIA, Barack Obama senior, es decir el padre del actual presidente de los EEUU, Barack Obama junior, llevando las tradicionales flores en el cuello símbolo de bienvenida en la isla, se deja fotografiar en compañía de Stanley Dunham (a la izquierda de Obama senior), es decir el abuelo materno del presidente Barack Obama.

Obama senior était l’ami de Mboya et originaire de la tribu des Luo. Après l’assassinat de Mboya en 1969, Obama senior témoigna au procès du meurtrier présumé. Obama senior affirma avoir été la cible d’une tentative de meurtre en pleine rue après sa comparution au tribunal.

Obama senior quitta Hawaii pour Harvard en 1962 et divorça de Dunham en 1964. Il épousa une étudiante de Harvard, Ruth Niedensand, une Etats-unienne juive, avec qui il retourna au Kenya et eut deux enfants. Leur union se termina également par un divorce. Obama senior travailla au ministère des Finances et au ministère des Transports kenyans ainsi qu’au sein d’une compagnie pétrolière. Obama senior se tua dans un accident de voiture en 1982 ; les principaux hommes politiques kenyans assistèrent à ses funérailles, dont Robert Ouko, qui deviendra ministre des Transports et sera assassiné en 1990.

Les documents de la CIA indiquent que Mboya était un important agent d’influence pour le compte de la CIA, non seulement au Kenya mais dans toute l’Afrique. D’après un rapport hebdomadaire secret de la CIA (CIA Current Intelligence Weekly Summary) en date du 19 novembre 1959, Mboya était chargé de surveiller les extrémistes lors de la deuxième Conférence panafricaine de Tunis (All-Africa People’s Conference, AAPC). Le document rapporte que « de sérieuses frictions [s’étaient] développées entre le Premier ministre du Ghana, Kwame Nkrumah, et le nationaliste kenyan Tom Mboya qui [avait] activement participé en décembre [1958] à la surveillance des extrémistes lors de la première Conférence panafricaine à Accra. » Les termes « activement participé » semblent indiquer que Mboya coopérait avec la CIA, dont le rapport fut établi par ses agents sur le terrain à Accra et à Tunis. C’est pendant cette période de « collaboration » avec la CIA à Accra et à Tunis que Mboya alloua à Obama senior une bourse d’études et lui offrit la possibilité de s’expatrier et d’entrer à l’Université de Hawaii, où il rencontra et épousa la mère de l’actuel président des États-Unis.

Dans un rapport hebdomadaire secret de la CIA plus ancien, daté du 3 avril 1958, apparaissent ces mots : « [Mboya] reste l’un des dirigeants africains les plus prometteurs. » La CIA, dans un autre rapport hebdomadaire secret, daté du 18 décembre 1958, qualifie le nationaliste kenyan MBoya de « jeune porte-parole capable et dynamique » lors de sa participation aux débats de la Conférence panafricaine ; il fut perçu comme un opposant aux « extrémistes » tels que Nkrumah, soutenu par « les représentants sino-soviétiques. »

Dans un document de la CIA déclassifié sur la Conférence panafricaine de 1961, le conservatisme de Mboya, à l’instar de celui du Tunisien Taleb Slim, est clairement défini comme le contrepoids à la politique de gauche du clan Nkrumah. Les procommunistes avaient été élus à la tête du comité organisateur de la Conférence panafricaine lors de la conférence du Caire en 1961, à laquelle assista Mboya. Dans le rapport de la CIA, le nom de plusieurs de ces dirigeants sont cités : celui du Sénégalais Abdoulaye Diallo, le Secrétaire général de la Conférence panafricaine, de l’Algérien Ahmed Bourmendjel, de l’Angolais Mario de Andrade, de Ntau Mokhele du Basutoland (ex-Lesotho), du Camerounais Kingue Abel, d’Antoine Kiwewa du Congo belge (l’actuelle RDC), du Ghanéen Kojo Botsio, du Guinéen Ismail Touré, de T. O. Dosomu Johnson du Liberia, du Malien Modibo Diallo, du Marocain Mahjoub Ben Seddik, de Djibo Bakari du Niger, de Tunji Otegbeya du Nigeria, de Kanyama Chiume du Nyassaland, du Somalien Ali Abdullahi, du Sud-Africain Tennyson Makiwane, et de Mohamed Fouad Galal des Émirats arabes unis.

Les seuls participants ayant reçu l’approbation de la CIA furent Mboya (dont tout porte à croire qu’il était un indicateur de la CIA), Joshua Nkomo, originaire de Rhodésie du Sud, B. Munanka du Tanganyika, le Tunisien Abdel Magid Shaker et l’Ougandais John Kakongé.

Nkrumah sera finalement limogé en 1966, après un coup d’État militaire organisé par la CIA, alors qu’il effectuait une visite d’État en Chine et au Nord-Viêt-Nam. Cette opération fut mise en œuvre un an après celle que l’Agence mena contre le président Sukarno, autre coup d’État militaire dans lequel la famille maternelle d’Obama joua un rôle. Certains éléments donnent à penser que l’assassinat de Mboya en 1969 fut organisé par des agents chinois agissant pour le compte des factions gouvernementales chargées par le président kenyan, Jomo Kenyatta, de lutter contre Mboya et par là même, d’éliminer un homme politique africain pro-états-unien de premier plan. Toutes les ambassades de Nairobi avaient mis leurs drapeaux en berne en hommage à Mboya, sauf une, celle de la République populaire de Chine.

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Jomo Kenyatta, primer presidente de Kenia después de salir del colonialismo.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Le jeune « Barry » Obama Soetoro, alors âgé de 10 ans, en compagnie de son beau-père Lolo Soetoro, de sa mère, Ann Dunham Obama Soetoro, et de sa demi-sœur, Maya Soetoro. (photo de famille, publiée par Bloomberg News)

 

Dans la première partie de ce dossier spécial, le Wayne Madsen Report (WMR) révélait les liens entre Barack Obama senior et le convoyage aérien entre l’Afrique et les États-Unis d’un groupe de 280 étudiants originaires d’Afrique du Sud et des nations d’Afrique de l’Est indépendantes ou sur le point de le devenir. En leur attribuant des diplômes universitaires, les États-Unis s’assuraient la sympathie des heureux élus et espéraient contrer les projets similaires que mettaient en œuvre l’Union soviétique et la Chine. Barack Obama senior fut le premier étudiant étranger à s’inscrire à l’Université de Hawaii. Obama senior et la mère de Barack Obama, Ann Stanley Dunham, se rencontrèrent en cours de russe en 1959 ; ils se marièrent en 1961.

 

Le programme d’invitation d’étudiants africains était géré par le leader nationaliste Tom Mboya ; il était le mentor et ami d’Obama senior, et comme lui originaire de la tribu des Luo. Les documents de la CIA cités dans la première partie de ce dossier établissaient la collaboration active de Mboya avec la CIA dans le but d’empêcher les nationalistes prosoviétiques et prochinois de prendre l’ascendant sur les mouvements nationalistes panafricains dans les milieux politique, étudiant et ouvrier.

 

L’un des opposants les plus acharnés de Mboya était le premier Président de la République du Ghana, Kwame Nkrumah, renversé en 1966 lors d’une opération montée par la CIA. L’année suivante, Barack Obama et sa mère rejoignirent Lolo Soetoro en Indonésie. Soetoro avait rencontré Ann Dunham en 1965 à l’Université de Hawaii, alors que le jeune Barack était âgé de quatre ans.

 

En 1967 donc, Barack et sa mère s’installaient à Jakarta. En 1965, Lolo Soetoro avait été rappelé par le général Suharto pour servir dans le haut-commandement militaire et aider à la planification, avec le soutien de la CIA, du génocide d’Indonésiens et de Sino-indonésiens procommunistes à travers tout le pays. Suharto consolida son pouvoir en Indonésie en 1966, l’année même où Mboya aida la CIA à trouver les soutiens nécessaires parmi les nationalistes panafricains pour renverser le Président Nkrumah au Ghana.

L’influence qu’exerça Mboya sur le régime de Kenyatta se prolongera longtemps après sa mort, quand Obama senior était toujours en vie. En 1975, Josiah Kariuki, un socialiste membre du parti KANU (parti dont il aida à la mise en place avec Mboya et Obama senior) était assassiné. Après ce meurtre, Kenyatta renvoya du gouvernement trois ministres insoumis qui « étaient liés personnellement soit à Kariuki, soit à Mboya. » Cette information fut d’abord classée secrète (niveau de classification Umbra) ; elle apparait dans plusieurs notes de service de la CIA au Moyen-Orient, en Afrique et en Afrique du Sud. Elle fut par la suite diffusée sur le réseau COMINT le 24 juin 1975. Les renseignements figurant dans ce rapport, comme le montre son niveau de classification, proviennent d’écoutes effectuées par le ministère de l’Intérieur kenyan. Personne n’a jamais été accusé du meurtre de Kariuki.

La mise sur écoute des associés de Mboya et de Kariuki est une preuve que la NSA et la CIA maintinrent leur surveillance sur Barack Obama senior ; un individu, en sa qualité de ressortissant étranger aux États-Unis, qui était susceptible d’être soumis occasionnellement à la mise sur écoute légale, dont se chargent la NSA et le Government Communications Headquarters (GCHQ, le service de renseignement électronique du gouvernement britannique).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’East-West Center de l’Université de Hawaii et le coup d’État de la CIA contre Sukarno

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Liens entre les diverses institutions et la CIA.

 

Ann Dunham rencontra Lolo Soetoro à l’East-West Center de l’Université de Hawaii. Ce centre était lié depuis longtemps aux activités de la CIA dans la zone Asie / Pacifique. En 1965, l’année où Dunham rencontra et épousa Lolo Soetoro, un nouveau doyen fut nommé à l’East-West Center : Howard P. Jones, qui avait été l’ambassadeur des États-Unis en Indonésie lors de sept années capitales pour le pays entre 1958 et 1965. Jones était présent à Jakarta quand Suharto et ses officiers agissant pour le compte de la CIA planifièrent le renversement de Sukarno, accusé, à l’instar du PKI (le Parti communiste indonésien), d’être allié à la Chine [1].

 

Le 10 octobre 1965, alors qu’il était le doyen de l’East-West Center, Jones publia un article pour le Washington Post dans lequel il prenait la défense de Suharto dans le coup d’État contre Sukarno. Le Post l’invitait à commenter ce coup d’État, décrit comme un « contre-coup d’État » pour reprendre le pouvoir aux mains des communistes. Jones déclarait que Suharto n’avait fait que répondre à un putsch communiste contre Sukarno mené par le Lieutenant-colonel Untung, « un capitaine de bataillon relativement inconnu, en poste dans la garde présidentielle. »

 

Jones, dont les propos reflètent le contenu des rapports de la CIA issus de l’ambassade des États-Unis à Jakarta, poursuivait son article en affirmant que le prétendu putsch communiste du 30 septembre 1965 « était tout près de réussir, après le meurtre de six officiers du haut-commandement. Il aurait bien pu réussir si le ministre de la Défense Nasution et un certain nombre d’autres généraux n’avaient pas réagi suffisamment rapidement pour organiser un contre-putsch spectaculaire. » Bien entendu, ce dont Jones se garda d’informer les lecteurs du Post était que Suharto avait fortement bénéficié du soutien de la CIA.

 

Ni Sukarno ni le gouvernement indonésien, au sein duquel siégeaient les leaders de deuxième et de troisième rang du PKI, ne reprochèrent aux communistes ces assassinats. On ne peut pas exclure l’hypothèse que ces meurtres soient une opération sous fausse bannière organisée par la CIA et Suharto, destinée à porter les accusations sur le PKI. Deux jours après le putsch de Suharto, les participants à une manifestation orchestrée par la CIA incendièrent le quartier général du PKI à Jakarta. En défilant devant l’ambassade états-unienne, qui abritait également une antenne de la CIA, ils scandaient les mots : « Longue vie aux États-Unis ! »

 

Untung déclara quant à lui que, lorsqu’il réalisa que Suharto et la CIA préparaient le coup d’État pour le jour de parade de l’armée indonésienne, le 5 octobre 1965, Sukarno et lui, suivis des militaires leur étant restés fidèles, passèrent les premiers à l’action. Jones répondit qu’il voyait dans cette version « la traditionnelle propagande communiste. » Suharto s’engagea contre Sukarno le 1er octobre. Jones répéta « qu’il n’y avait pas une once de vérité dans l’accusation portée contre la CIA d’avoir agi contre Sukarno. » Les historiens ont prouvé le contraire. Jones accusait les communistes de profiter de la santé fragile de Sukarno pour exclure tout candidat susceptible de lui succéder. Leur but, toujours selon Jones, était d’imposer D. N. Aidit, le chef du PKI, à la succession de Sukarno. Sukarno ne mourut qu’en 1970, alors qu’il se trouvait en résidence surveillée.

 

Un document de la CIA, auparavant classé secret et non daté, mentionne que « Sukarno [souhaitait] revenir à la configuration d’avant-putsch. Il [refusait] d’accuser le PKI et le Mouvement de 30 septembre [du Lieutenant-colonel Untung] ; il [appela] plutôt à l’unité du peuple indonésien et [dissuada] les velléités de vengeance. Mais il ne [parvint] pas à empêcher l’armée de poursuivre ses opérations contre le PKI ; il [agit] même dans leur sens en nommant le général Suharto à la tête de l’armée. » Suharto et le beau-père de « Barry » Obama Soetoro, Lolo Soetoro, ignorèrent les appels de Sukarno à l’apaisement, comme le découvriraient très vite les Indonésiens.

 

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Après l’échec du coup d’État militaire attribué aux officiers des mouvances de gauche en 1965, Suharto (à gauche) déclencha de sanglantes purges anticommunistes au cours desquelles un million de civils furent tués.

 

Le massacre des populations sino-indonésiennes par Suharto est évoqué dans les documents de la CIA au travers de la description du parti Baperki : « Les sympathisants du parti de gauche Baperki, très implanté dans les zones rurales, sont majoritairement d’origine sino-indonésienne. » Une note déclassifiée de la CIA, datée du 6 octobre 1966, démontre l’étendue du contrôle et de la supervision exercés par la CIA dans le coup d’État contre Sukarno ; de nombreux agents servaient d’intermédiaires avec les unités armées de Suharto postées aux abords du palais présidentiel à Bogor et de diverses ambassades dans tout le pays, dont le consulat des États-Unis à Medan. Ce consulat surveillait les sympathisants de gauche dans cette ville de l’île de Sumatra et, selon un mémo de la CIA du 2 octobre 1965, porta à la connaissance de l’Agence le fait que « le consul soviétique disposait d’un avion prêt à évacuer les citoyens soviétiques de Sumatra. » La note du 6 octobre recommandait également d’empêcher Untung de recueillir trop de soutien parmi les populations de l’intérieur de l’île de Java.

 

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Ann Dunham Soetero « gagnant les cœurs et les esprits » des fermiers et des artisans javanais dans le village de Kajar.

 

Un rapport hebdomadaire déclassifié de la CIA concernant l’Indonésie, daté du 11 août 1967 et intitulé « Le Nouvel ordre en Indonésie », fait apparaître qu’en 1966, l’Indonésie restructura son économie pour remplir les conditions d’attribution de l’aide du FMI. Dans ce rapport, la CIA se réjouissait du nouveau triumvirat installé au pouvoir en Indonésie en 1967 : Suharto, le ministre des Affaires étrangères, Adam Malik, et le Sultan de Jogjakarta [2], qui était aussi ministre de l’Économie et des Finances. La CIA se félicitait également de l’interdiction du PKI, mais concédait qu’il « rassemblait néanmoins de nombreux partisans à l’est et au centre de Java » ; c’est dans cette région que, par la suite, Ann Dunham Soetoro concentrerait ses activités pour le compte de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international), la Banque mondiale et la Fondation Ford, des sociétés écrans de la CIA. Sa mission était de « gagner les cœurs et les esprits » des fermiers et des artisans javanais.

 

Dans une note déclassifiée de la CIA du 23 juillet 1966, le parti musulman Nahdatul Ulama (NU), le parti le plus puissant en Indonésie, est clairement vu comme un allié naturel des États-Unis et du régime de Suharto. Le rapport établit que Suharto bénéficia d’une assistance pour renverser les communistes pendant la période de contre-putsch, notamment là où le NU était le mieux implanté : à l’est de Java, au nord de Sumatra et dans plusieurs zones de l’île de Bornéo. Une autre note déclassifiée de la CIA, datée du 29 avril 1966, fait référence au PKI : « Les extrémistes musulmans ont surpassé l’armée à bien des égards en traquant et en tuant les membres du [PKI] et d’autres groupes affiliés servant de couverture. »

 

Dunham et Barry Soetoro à Jakarta et les activités secrètes de l’USAID

 

Enceinte de Barack Obama, Dunham abandonna en 1960 ses études à l’Université de Hawaii. Barack Obama senior quitta Hawaii en 1962 pour étudier à Harvard. Dunham et Obama senior divorcèrent en 1964. À l’automne 1961, Dunham s’inscrivit à l’Université de Washington et éleva son enfant. Elle réintégra l’Université de Hawaii entre 1963 et 1966. Lolo Soetoro, qui s’unit à Dunham en mars 1965, quitta Hawaii pour l’Indonésie le 20 juillet 1965, trois mois avant les opérations de la CIA contre Sukarno. Il est clair que Soetoro, promû colonel par Suharto, était rappelé à Jakarta pour participer au coup d’État contre Sukarno, des troubles qui causèrent la mort d’environ un million d’Indonésiens parmi les populations civiles. Le Président Obama préfèrerait que la presse ignore ce passé ; c’est bien ce qu’elle a fait pendant la campagne des primaires et de l’élection présidentielle de 2008.

 

En 1967, après son arrivée en Indonésie avec Obama junior, Dunham enseigna l’anglais à l’ambassade états-unienne de Jakarta, où se trouvait l’une des antennes de la CIA les plus importantes en Asie, relayée par d’importants bureaux situés à Surabaya, à l’est de Java, et à Medan, sur l’île de Sumatra. Jones quitta son poste de doyen à l’Université de Hawaii en 1968.

 

En fait, la mère d’Obama enseignait l’anglais pour le compte de l’USAID, une vaste organisation qui servait de couverture aux activités secrètes de la CIA en Indonésie et dans toute l’Asie du Sud-Est, en particulier au Laos, au Sud-Viêt Nam et en Thaïlande. Le programme de l’USAID est connu sous le nom de Lembaga Pendidikan Pembinaan Manajemen. Bien que son fils et les gens qui l’ont côtoyée à Hawaii décrivent Dunham comme un esprit libre et une « enfant des sixties », les activités qu’elle a exercées en Indonésie viennent contredire la thèse qui fait d’elle une « hippy. »

 

L’apprentissage du russe que suivit Dunham à Hawaii a dû se révéler très utile à la CIA en Indonésie. Dans une note déclassifiée, datée du 2 août 1966, son auteur, le Secrétaire général du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, Bromley Smith, relatait qu’à l’instar du Japon, de l’Europe occidentale, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Malaisie et des Philippines, l’Union soviétique et ses alliés en Europe de l’Est avaient bien accueilli la nouvelle du putsch de Suharto car il créait une Indonésie non-alignée qui « représentait un contrepoids en Asie face à la Chine communiste. » Des archives prouvent que, comme Ann Dunham, plusieurs agents de la CIA, en poste à Jakarta avant et après le coup d’État de 1965, parlaient couramment le russe.

 

Lorsqu’elle séjourna en Indonésie, puis au Pakistan, Dunham Soetoro travailla pour la Fondation Ford, la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, la banque Rakyat (la banque publique indonésienne, propriété du gouvernement) et l’USAID.

 

L’USAID fut impliquée dans des opérations secrètes de la CIA en Asie de Sud-Est. Le 9 février 1971, le Washington Star publia l’information selon laquelle les responsables de l’USAID au Laos savaient que le riz dont l’USAID approvisionnait l’armée laotienne était revendu à l’armée nord-vietnamienne au Laos même. Le rapport révèle que les États-Unis toléraient la revente du riz de l’USAID car l’armée laotienne n’avait ainsi plus à craindre les attaques du Nord-Vietnam et de leurs alliés communistes du Pathet Lao. L’USAID et la CIA utilisaient l’approvisionnement de riz pour obliger les tribus Méo du Laos à rejoindre le camp des États-Unis dans la guerre contre les communistes. Des fonds de l’USAID étaient destinés à venir en aide aux civils blessés et à instaurer un système d’assurance-maladie au Laos ; ils furent détournés et utilisés à des fins militaires.

 

En 1971, le Centre d’études vietnamiennes à l’Université de l’Illinois à Carbondale, financé par l’USAID, fut accusé d’être une société écran de la CIA. Les projets financés par l’USAID par le biais du Consortium des universités du Midwest pour les activités internationales (Midwest Universities Consortium for International Activities, MUCIA), qui inclut les Universités de l’Illinois, du Wisconsin, du Minnesota, de l’Indiana, et du Michigan, furent soupçonnés d’être des projets secrets de la CIA. Parmi ceux-ci, figuraient les programmes « d’éducation agraire » en Indonésie et d’autres projets en Afghanistan, au Mali, au Népal, au Nigeria, en Thaïlande et au Sud-Viêt Nam. Ces accusations furent émises en 1971, quand Ann Dunham travaillait pour l’USAID en Indonésie.

 

Dans un article du 10 juillet 1971, le New York Times accusait l’USAID et la CIA d’avoir « perdu » 1,7 milliards de dollars dévolus au programme CORDS (Civil Operations and Revolutionary Development Support). Ce programme faisait partie de l’Opération Phénix, dans le cadre de laquelle la CIA procéda à la torture et à l’assassinat de nombreux civils, patriarches et moines bouddhistes dans les villages du Sud-Viêt Nam [3]. Des sommes d’argent en provenance de l’USAID furent également reçues par une ligne aérienne détenue par la CIA en Asie du Sud-Est, Air America. En Thaïlande, le financement par l’USAID du Programme de développement rural accéléré (Accelerated Rural Development Program) cachait en fait les opérations de lutte contre l’insurrection communiste. De même, en 1971, dans les mois précédant le déclenchement de la troisième guerre indo-pakistanaise, les fonds de l’USAID destinés aux projets de travaux publics dans l’est du Pakistan furent utilisés pour la consolidation militaire des frontières avec l’Inde. Ces détournements étaient contraires à la loi états-unienne qui interdit l’utilisation des fonds de l’USAID pour des programmes militaires.

 

En 1972, dans un entretien avec Metromedia News, le directeur de l’USAID, le Docteur John Hannah admit que la CIA se servait de l’USAID comme société écran pour ses opérations secrètes au Laos. Hannah affirmait que l’USAID était une société écran uniquement au Laos. Pourtant, l’USAID s’est avérée servir de couverture également en Indonésie, aux Philippines, au Sud-Viêt Nam, en Thaïlande et en Corée du Sud. Les projets de l’USAID en Asie du Sud-Est devaient être approuvés par le SEADAG (Southeast Asian Development Advisory Group), un groupe élaborant des projets publics en Asie, qui devait en réalité se ranger derrière l’avis de la CIA.

 

En 1972, il fut prouvé que le programme Food for Peace, administré par l’USAID et le Département de l’agriculture états-unien, reçut un financement à visée militaire pour des projets au Cambodge, en Corée du Sud, en Turquie, au Sud-Viêt Nam, en Espagne, à Taïwan et en Grèce. En 1972, l’USAID ne fit parvenir de l’argent que dans les zones méridionales du Nord-Yémen, dans le but d’armer les forces nord-yéménites contre le gouvernement du Sud-Yémen, alors dirigé par les socialistes, opposés à l’hégémonie états-unienne dans la région.

 

L’une des institutions affiliées aux travaux de l’USAID en Indonésie était la Fondation Asie (Asia Foundation), créée dansles années 1950 avec l’aide de la CIA pour contrer l’expansion du communisme en Asie. La pension de l’East-West Center à l’Université de Hawaii était financée par la Fondation Asie. Obama senior séjourna dans cette pension à son arrivée du Kenya, après avoir bénéficié du programme d’aide aux étudiants africains organisé par l’un des agents d’influence de la CIA en Afrique, Tom Mboya.

 

Dunham séjourna également au Ghana, au Népal, au Bangladesh, en Inde et en Thaïlande dans le cadre de projets de microfinancement. En 1965, Barack Obama senior quitta Harvard et retourna au Kenya, accompagné de sa nouvelle épouse états-unienne. Obama senior reprit contact avec son vieil ami, le « golden boy » de la CIA Tom Mboya, et avec d’autres hommes politiques d’origine Luo, la tribu d’Obama senior. Philip Cherry dirigea l’antenne de la CIA à Nairobi de 1964 à 1967. En 1975, il fut nommé à la tête de l’antenne de la CIA à Dacca au Bangladesh. L’ambassadeur états-unien au Bangladesh de l’époque, Eugene Booster, accusa Cherry d’être impliqué dans l’assassinat du premier Président du Bangladesh, Sheik Mujiur Rahman, et d’autres membres de sa famille. L’exécution de la famille présidentielle bangladaise auraient vraisemblablement été ordonnée par le Secrétaire d’État Henry Kissinger. Le Bangladesh constituait également une étape sur l’itinéraire qu’Ann Dunham suivait pour le compte de la CIA dans le cadre de projets de micro et de macro-financement.

 

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Obama et ses grands-parents maternels, Madelyn et Stanley Dunham, en 1979. Sa grand-mère fut vice-présidente de la Banque de Hawaii, une institution bancaire utilisée par diverses sociétés écrans de la CIA.

 

Les banques de la CIA et Hawaii

 

Ann Dunham resta en Indonésie quand le jeune Obama retourna à Hawaii en 1971 ; elle confia son fils à sa mère, Madelyn Dunham. Cette dernière fut la première femme à occuper le poste de vice-président de la Banque de Hawaii à Honolulu. Diverses sociétés écrans de la CIA utilisaient alors la Banque de Hawaii. Madelyn Dunham s’occupait de la gestion des comptes cachés que la CIA utilisait pour les transferts de fonds au bénéfice des dictateurs en place en Asie, tels que le Président de la République des Philippines, Ferdinand Marcos, le Président de la République du Viêt Nam, Nguyen Van Thiêu, et le Président de la République d’Indonésie, le général Suharto. En effet, la Banque de Hawaii se chargeait du blanchiment d’argent de la CIA, afin de dissimuler le soutien qu’accordait la CIA à ses leaders politiques préférés dans la région Asie-Pacifique.

 

À Honolulu, l’une des sociétés bancaires les plus utilisées par la CIA pour le blanchiment d’argent était la BBRDW (Bishop, Baldwin, Rewald, Dillingham & Wong). En 1983, la CIA donna son accord pour la liquidation de la BBRDW, soupçonnée de n’être qu’une chaîne de Ponzi. À cette occasion, le sénateur Daniel Inouye — membre du Comité du renseignement du Sénat états-unien (US Senate Select Committee on Intelligence) et l’un des meilleurs amis au parlement de l’ancien sénateur de l’Alaska, Ted Stevens — déclara que le rôle de la CIA dans la BBRDW était « insignifiant. » Plus tard, on découvrit qu’Inouye mentait. En fait, la BBRDW était largement impliquée dans le financement des activités secrètes de la CIA dans toute l’Asie, dont celles d’espionnage industriel au Japon, de vente d’armes aux guérillas anticommunistes des Moudjahidine afghans et à Taïwan. John C. « Jack » Kindschi était l’un des dirigeants de la BBRDW ; avant de partir à la retraite en 1981, il fut chef de poste de la CIA à Honolulu. Le diplôme universitaire ornant le mur du bureau du président de la BBRDW, Ron Rewald, était un faux, fourni par les experts en falsification de la CIA ; son nom fut également ajouté aux archives des anciens étudiants.

 

Le passé de la BBRDW fut réécrit par la CIA pour faire croire à la présence de cette banque à Hawaii dès l’annexion de l’archipel en tant que territoire des États-Unis [4]. Le Président Obama se bat actuellement contre les accusations selon lesquelles ses diplômes et ses notes de cours seraient des faux, tout comme le seraient son numéro de sécurité sociale établi dans le Connecticut et certains éléments qui agrémentent son CV. La découverte des documents falsifiés de la BBRDW serait-elle à l’origine des questions qui font surface à propos du passé de Barack Obama ?

 

La BBRDW était installée dans le quartier d’affaires d’Honolulu, près du siège de la Banque de Hawaii, là où étaient détenus les comptes cachés de la CIA gérés par Madelyn Dunham, la grand-mère d’Obama. La Banque de Hawaii s’occupa de très nombreuses transactions financières secrètes opérées par la BBRDW.

 

Obama-Soetoro et « les années de tous les dangers » [5] à Jakarta

 

Il est clair qu’Ann Dunham Soetoro et son mari indonésien, Lolo Soetoro, le beau-père du Président Obama, étaient très étroitement liés aux activités de la CIA visant à neutraliser l’influence sino-soviétique en Indonésie pendant « les années de tous les dangers » après l’éviction de Sukarno. Le Wayne Madsen Report a découvert que des agents de haut-rang de la CIA furent nommés officiellement et officieusement à des postes de couverture en Indonésie pendant la même période, des couvertures fournies, entres autres, par l’USAID, les Peace Corps et l’USIA (US Information Agency).

 

L’un des contacts les plus proches de Suharto à la CIA était Kent B. Crane, qui avait figuré parmi les agents de la CIA en poste à l’ambassade états-unienne à Jakarta. Crane était si proche de Suharto, qu’après « son départ à la retraite » de la CIA, il aurait été l’un des rares hommes d’affaires « privés » à obtenir un passeport diplomatique indonésien du gouvernement Suharto. La société de Crane, le Crane Group, fournissait des armes de petit calibre aux forces militaires états-uniennes, indonésiennes et d’autres pays. Crane fut le conseiller aux Affaires étrangères du vice-président des États-Unis, Spiro Agnew ; il fut par la suite nommé ambassadeur des États-Unis en Indonésie par le Président Ronald Reagan. Cette nomination resta lettre morte à cause de ses liens suspects avec Suharto. John Holdridge, un proche de Kissinger, fut nommé à sa place ; à son départ de Jakarta, c’est Paul Wolfowitz qui le remplaça.

 

Les protégés de Suharto, parmi lesquels comptaient aussi Mokhtar et James Riady de Lippo Group, se virent accusés d’avoir injecté plus d’un million de dollars par le biais de contributions étrangères illégales vers les comptes de campagne de Bill Clinton en 1992. À deux reprises, le Président Obama a repoussé sa visite officielle en Indonésie ; peut-être craint-il l’intérêt que pourrait éveiller un tel déplacement sur les liens de sa mère et de son beau-père avec la CIA ?

 

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Ann Dunham en visite dans un élevage de canards à Bali, officiellement dans le cadre de son travail pour développer des programmes de crédit bancaire aux petites entreprises.

 

Dans les années 1970 et 1980, Dunham s’occupait de projets de microcrédit en Indonésie pour la Fondation Ford, l’East-West Center et l’USAID. Le Docteur Gordon Donald junior était l’une des personnes en poste à l’ambassade des États-Unis. Il aida à protéger les bâtiments de l’ambassade lors des violentes manifestations étudiantes anti-états-uniennes pendant la période du putsch contre Sukarno. Rattaché au Bureau des affaires économiques, Donald était responsable du programme de microfinancement de l’USAID destiné aux paysans indonésiens ; c’est sur ce même programme que Dunham travailla en collaboration avec l’USAID dans les années 1970, après avoir enseigné l’anglais en Indonésie, toujours pour le compte de l’USAID. Dans l’ouvrage Who’s Who in the CIA, publié en 1968 en Allemagne de l’Ouest, Donald est décrit comme un agent de la CIA, ayant également été en poste à Lahore au Pakistan, une ville dans laquelle Dunham séjournerait plus tard, dans une suite de l’hôtel Hilton, pour mener les projets de microfinancement pour la Banque asiatique de développement, durant cinq ans.

 

Parmi les hommes en poste à Jakarta, le Who’s Who in the CIA fait apparaitre Robert F. Grealy ; il deviendrait par la suite le directeur des relations internationales dans la zone Asie-Pacifique chez J. P. Morgan Chase, puis le directeur de la Chambre de commerce pour les États-Unis et l’Indonésie. Le Pdg de J. P. Morgan Chase, Jamie Dimon, a en outre récemment été cité comme un remplaçant potentiel de Richard Geithner, le Secrétaire du Trésor, dont le père, Peter Geithner, travaillait à la Fondation Ford et avait le dernier mot pour l’attribution des fonds destinés aux projets de microfinancement de Dunham.

 

Les projets inavouables de la CIA et Hawaii

 

Alors qu’elle séjournait au Pakistan, Ann Dunham reçut la visite de son fils Barack en 1980 et en 1981. Obama se rendit par la même occasion à Karachi, à Lahore et dans la ville indienne d’Hyderabad. Pendant cette même période, la CIA intensifiait ses opérations en Afghanistan depuis le territoire pakistanais.

 

Le 31 janvier 1981, le directeur-adjoint du Bureau des recherches et des rapports de la CIA (ORR, Office of Research and Reports) transmit au directeur de la CIA, Allen Dulles, une longue note, classée secret, code NOFORN [6], et aujourd’hui déclassifié. Il y fait le rapport d’une mission de collecte de renseignements diligentée entre le 17 novembre et le 21 décembre 1957 en Extrême-Orient, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient.

 

Le chef de l’ORR y évoquait sa rencontre avec l’équipe du général à la retraire Jesmond Balmer, alors haut-responsable de la CIA à Hawaii, au sujet de la demande formulée par le chef de l’US Pacific Command pour « la collecte de nombreuses informations nécessitant de longues recherches. » Le chef de l’ORR mentionnait ensuite les recherches effectuées par la CIA pour recruter « des étudiants sinophones de l’Université de Hawaii capables de mener à bien des missions de renseignement. » Il abordait ensuite les débats qui s’étaient tenus lors d’un séminaire sur le contre-espionnage de l’Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est qui eut lieu à Baguio entre le 26 et 29 novembre 1957. Le Comité économique avait d’abord discuté des « fonds pour le développement économique » destinés à combattre « les activités de subversion exercées par le bloc sino-soviétique dans la région », avant « d’envisager toutes les réactions susceptibles d’être mises en œuvre. »

 

Les délégations thaïlandaise et philippine firent beaucoup d’efforts pour obtenir le financement états-unien d’un fonds de développement économique, qui aurait enclenché d’autres projets de l’USAID dans la région, du même type que ceux dans lesquels Peter Geithner et la mère de Barack Obama s’investissaient intensément.

 

Une importante littérature existe sur les aspects géopolitiques des opérations secrètes de la CIA menées depuis l’Université de Hawaii ; il n’en est pas de même pour les éléments les plus inavouables de la collecte de renseignements et des opérations de type MK-ULTRA, qui n’ont pas été associées de manière systématique à l’Université de Hawaii.

 

Plusieurs notes déclassifiées de la CIA, datées du 15 mai 1972, font référence à l’implication du département de la Défense ARPA (Advanced Research Projects Agency) et de l’Université de Hawaii dans un programme d’études comportementales de la CIA. Ces mémos furent rédigés par Bronson Tweedy, alors directeur-adjoint de la CIA, le directeur du PRG (Program Review Group) de l’US Intelligence Community et le directeur de la CIA, Robert Helms. Ces mémos ont pour thème « les recherches menées par l’ARPA concernant le renseignement. » La note provenant du directeur du PRG aborde une conférence à laquelle participa le Lieutenant-colonel Austin Kibler, le directeur des études comportementales de l’ARPA, le 11 mai 1972. Kibler supervisait les recherches de l’ARPA sur les modifications comportementales et la surveillance à distance. Les mémos du directeur du PRG évoquent plusieurs hauts-responsables : Edward Proctor, le directeur-adjoint en charge du renseignement à la CIA, Carl Duckett, le directeur-adjoint en charge des sciences et des technologies à la CIA et John Huizenga, le directeur de l’Office of National Estimates [7].

 

En 1973, après que James Schlesinger, alors directeur de la CIA, ordonna une enquête administrative sur tous les programmes de la CIA, l’Agence produisit un éventail de documents sur divers programmes, désigné par l’expression « bijoux de famille. » La plupart de ces documents furent publiés en 2007 ; en même temps, on apprenait que Helms avait donné l’ordre au Docteur Sidney Gottlieb de détruire les documents portant sur les recherches qu’il menait ; ce dernier était le directeur du projet MK-ULTRA, un programme de recherche de la CIA sur les modifications comportementales, le lavage de cerveau et l’injection de drogues. Dans un mémo rédigé par l’agent de la CIA Ben Evans et adressé à William Colby, le directeur de la CIA, daté du 8 mai 1973, Duckett confiait son avis : « Il serait mal venu que M. le Directeur se déclare au courant de ce programme », désignant les expérimentations menées par Gottlieb pour le projet MK-ULTRA.

 

Après la publication des « bijoux de famille », plusieurs membres de l’administration du Président Gerald Ford, dont le chef de cabinet de la Maison Blanche, Dick Cheney, et le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, s’assurèrent qu’aucune révélation ne soit faite à propos des programmes de modifications comportementales et psychologiques, parmi lesquels figuraient les projets MK-ULTRA et ARTICHOKE.

 

Plusieurs mémos du 15 mai 1972 font référence au projet SCANATE, initié la même année. Il s’agit de l’un des premiers programmes de recherche de la CIA sur la guerre psychologique, en particulier, sur l’utilisation de psychotropes à des fins de surveillance à distance et de manipulation psychologique. Y sont mentionnés Kibler de l’ARPA, et « son sous-traitant » ; plus tard, on apprendrait qu’il s’agissait du Stantford Research Institute (SRI), situé à Menlo Park en Californie.

 

Helms adressa un mémo à, entre autres, Duckett, Huizenga, Proctor et au directeur de l’Agence pour le renseignement militaire (Defence Intelligence Agency, DIA) — ce dernier hériterait par la suite du projet de la CIA « GRILL FLAME » concernant la surveillance à distance. Helms insistait sur le fait que l’ARPA soutenait « depuis un certain nombre d’années » les recherches sur le comportement et les applications potentielles dont le renseignement pourrait bénéficier, « avec la participation du M.I.T., de Yale, de l’Université du Michigan, de l’UCLA, de l’Université de Hawaii et d’autres institutions ou groupes de recherche. »

 

La collaboration de l’Université de Hawaii avec la CIA dans le domaine de la guerre psychologique se poursuit encore aujourd’hui. Le Docteur Susan Brandon, l’actuel directeur du programme d’études comportementales mené par le Centre de contre-espionnage et de renseignement (Defence Counterintelligence and Human Intelligence Center, DCHC) au sein de la DIA, a obtenu son doctorat de Psychologie à l’Université de Hawaii. Brandon aurait été impliquée dans un programme secret, issu de la collaboration de l’APA (American Psychological Association), de la RAND Corporation et de la CIA, destiné à « améliorer les procédés d’interrogatoire » ; l’objet de ses recherches portait sur les privations de sommeil et de perception sensorielle, la soumission à des douleurs intenses et l’isolation complète, des procédés mis en œuvre sur les prisonniers de la base aérienne de Bagram en Afghanistan et d’autres prisons secrètes [8]. Brandon fut également l’assistante du directeur du Département des sciences sociales, comportementales et éducatives au Bureau des sciences et des technologies dans l’administration de George W. Bush.

 

Ainsi, les liens entre la CIA et l’Université de Hawaii ne s’érodèrent pas à la fin des années 1970 ; l’ancien président de l’Université de Hawaii entre 1969 et 1974, Harlan Cleveland, fut invité à donner une conférence au quartier général de la CIA le 10 mai 1977. Avant de prendre ses fonctions à l’Université de Hawaii, Cleveland fut secrétaire du Bureau pour les affaires liées aux organisations internationales (Bureau of International Organization Affairs) de 1965 à 1969.

 

Un mémo du directeur de la formation de l’agence, daté du 21 mai 1971, indique que la CIA recruta un officier de la Marine qui entamait le deuxième cycle de ses études à l’Université de Hawaii.

 

La famille Obama et la CIA

 

De très nombreux documents sont disponibles au sujet des liens de George H. W. Bush avec la CIA et des activités de son père et de ses enfants, dont l’ancien Président George W. Bush, pour le compte de la CIA. Barack Obama, quant à lui, a réussi à dissimuler les traces de ses propres liens avec l’Agence, tout autant que ceux de ses parents, de son beau-père et de sa grand-mère (très peu de choses sont connues à propos de son grand-père, Stanley Armour Dunham ; il est sensé avoir dirigé un commerce de meubles à Hawaii après avoir servi en Europe pendant la Deuxième guerre mondiale). Les Présidents et les vice-présidents des États-Unis ne sont soumis à aucune enquête sur leurs antécédents avant leur prise de fonction, à la différence des autres membres du gouvernement fédéral. Ce travail de vérification est laissé à la presse. En 2008, les journalistes ont lamentablement failli à leur devoir d’information en enquêtant trop superficiellement sur l’homme qui allait entrer à la Maison Blanche. Les liens de ses parents avec l’Université de Hawaii et le rôle de cette université dans les projets MK-ULTRA et ARTICHOKE invitent à ce questionnement : « Que cache encore Barack Obama ? »

 http://www.voltairenet.org/article167038.html

Wayne Madsen

Traduction
Nathalie Krieg

3.000 banquiers européens touchent un bonus de plus de 1 million d’euros

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Par Nicolas Madelaine

Le Royaume-Uni compte davantage de banquiers gagnant plus de 1 million d’euros par an que tout le reste de l’Union européenne, selon des calculs demandés à l’Autorité bancaire européenne (EBA) par la directive européenne CRD3. En 2011, ces hauts revenus ont en effet été 2.436 outre-Manche, pour un total de 3.175 sur le Vieux Continent.

Au total, ils ont perçu 3,5 milliards d’euros de primes. Pour la plupart dans la banque d’investissement, ceux exerçant leurs talents à la City ont empoché 784 millions d’euros au total en rémunération fixe, et 2,7 milliards en variable, pour une moyenne de 1,4 million par personne. Leur nombre a chuté par rapport à 2010, où ils étaient 2.525 gagnant 2,3 millions en moyenne.

En France, le nombre de ces heureux millionnaires a aussi considérablement baissé entre 2010 et 2011. La crise est passée par là et certains se sont peut-être expatriés vers des cieux plus accommodants. Ils étaient en effet 292 en 2010 et 162 l’année suivante. En moyenne ceux qui sont restés ont pourtant été bien traités : ils ont empoché 54 millions en fixe et 203 millions en variable, pour une moyenne de 1,6 million.

Moins de « golden boys »

Le nombre de ces « golden boys » a chuté également en Allemagne sur la période, bien que moins lourdement, de 195 à 170, pour un « package » moyen de 1,8 million. En 2011, l’EBA a par ailleurs dénombré 125 millionnaires en Espagne, 96 en Italie et 36 aux Pays-Bas. Certains pays comme les Pays baltes ou la Roumanie n’en ­comptent aucun.

L’EBA a pris en compte tous les composants des rémunérations des banquiers, du salaire aux plans de retraite en passant par les plans d’intéressement à long terme. Ses chiffres ne font toutefois pas le tour des millionnaires de la finance. Ne sont pas recensés ceux qui travaillent pour une succursale – et non pas une filiale – d’une banque non européenne. « La plupart des banques américaines sont des filiales au Royaume-Uni », note toutefois Jon Terry, un expert de ces questions chez PwC, qui précise en même temps que ces banques américaines ont généralement des succursales dans les autres pays européens. Les chiffres de l’EBA n’incluent pas non plus ceux qui travaillent dans les « hedge funds » ou les investisseurs dans le non-coté.

« Ces chiffres nous confirment ce que nous savions déjà, à savoir que Londres sera la plus affectée par le plafonnement des bonus européens auquel elle a cherché à s’opposer », explique Jon Terry. En effet, l’analyse de ces données montre que ce plafonnement, à partir d’un salaire de 500.000 euros, à une fois le fixe ou deux fois avec l’accord des actionnaires va toucher beaucoup des hauts revenus de la finance européenne. En données agrégées, le fixe représente plus de deux fois le variable en 2011 dans les calculs de l’EBA.

L’Autorité, qui agrège des données collectées au niveau de chaque Etat, indique qu’elle publiera à la fin de l’année un rapport plus détaillé sur les rémunérations dans le secteur dans l’ensemble de l’Union ­européenne.

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202896832937-le-royaume-uni-compte-au-moins-2-436-banquiers-millionnaires-586346.php

Discrédit scientifique sans appel contre l’homoparentalité .

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« Le lobby homoparental s’appuie sur des études qui, dans leur quasi-totalité, ne sont que pseudo-scientifiques. L’intoxication est suffisamment bien faite pour que tout le monde soit convaincu que ces études prouvent que les enfants élevés par les parents homosexuels vont bien. Pourtant, il suffit de se donner la peine de vérifier la nature des travaux cités pour comprendre leurs faiblesses méthodologiques et leurs biais de recrutement des groupes étudiés [1]». L’auteur de cette charge sans concessions ne saurait laisser nos responsables politiques indifférents au moment où ils s’apprêtent à ouvrir l’adoption, voire l’assistance médicale à la procréation, aux personnes homosexuelles. Maurice Berger est en effet professeur de psychopathologie de l’enfant, chef de service de psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Etienne et membre de plusieurs commissions interministérielles concernant la protection de l’enfance.

Pour le professeur Berger, « le lobby homoparental utilise une méthode simple, le bluff », tant il « est difficile d’imaginer moins d’objectivité » dans les publications existantes. « No difference ». Telle est la sempiternelle conclusion de l’ensemble des travaux comparant l’épanouissement psychique des enfants issus de couples homosexuels et hétérosexuels. Or, la quasi-totalité ne relève pas de méthodes scientifiques rigoureuses. Aspect clairement militant se fondant sur la parole des « parents » – la plupart du temps volontaires et non tirés au sort, recrutés par les lobbies homosexuels –, absence de groupe de comparaison, défaut d’appareillage entre le groupe étudié et le groupe témoin quand il existe, comparaison avec des enfants issus de couples hétérosexuels mais élevés dans des familles recomposées ou monoparentales, effectifs insuffisants,… Bref, des travaux qui collectionnent des défauts méthodologiques si grossiers qu’ils auraient dû être recalés par n’importe quel comité de lecture digne de ce nom.

Mais il n’y a pas que le caractère erroné des travaux brandis par les lobbies à verser dans le dossier à charge contre l’homoparentalité. Une étude parue au début de l’été remet radicalement en cause la ligne officielle qui prévaut jusqu’ici accréditant la thèse selon laquelle il n’y aurait aucune différence en terme de santé mentale entre les enfants élevés par des couples homosexuels et ceux qui le sont par des parents hétérosexuels[2].

Les recherches du professeur Mark Regnerus de l’Université du Texas tordent le cou à ce discours convenu en s’appuyant sur l’examen de 3000 enfants devenus adultes éduqués au sein de 8 structures familiales différentes à partir de 40 critères sociaux et émotionnels[3]. Les résultats les plus positifs concernent les adultes provenant de familles « traditionnelles » qui se disent plus heureux, sont en meilleure santé mentale et physique et consomment moins de drogues que les autres.

A l’inverse, les enfants élevés par des lesbiennes sont les plus mal lotis avec une augmentation statistique inquiétante des dépressions dans leur groupe. Les adultes  interrogés disent également avoir été plus souvent victimes d’abus sexuels (23% contre 2% chez les enfants issus de couples hétérosexuels mariés) et souffrent plus de précarité économique (69% dépendent de prestations sociales pour 17% de ceux élevés par leurs père et mère)[4].

Pourquoi une telle divergence dans les résultats de ces études de psychologie comportementale ? L’explication tient à la qualité de la démarche de Regnerus qui jette indirectement une lumière crue sur les erreurs méthodologiques des précédentes études. Le professeur texan a pris soin d’effectuer son enquête sur une large cohorte d’adultes contrairement aux anciennes études portant sur des échantillons ridiculement faibles[5]. Par ailleurs, Regnerus s’appuie sur les réponses des enfants eux-mêmes devenus adultes et non sur celles données par les « parents ».

Après analyse de l’ensemble des réponses, la conclusion du professeur Mark Regnerus est imparable : le modèle familial reposant sur l’ « union conjugale stable du père et de la mère biologique » – lequel ressemble de plus en plus à une « espèce menacée » (« like an endangered species ») ajoute-t-il avec un brin de malice –, demeure « l’environnement le plus sécurisé pour le développement de l’enfant »[6]. Toute autre combinaison, selon l’universitaire américain, porte préjudice à moyen et long terme à l’équilibre émotionnel de l’enfant, quelles que soient par ailleurs les qualités humaines et éducatives des homosexuels que personne ne conteste. S’engager dans cette voie reviendrait en effet à heurter de front le principe reconnu par la Convention internationale de l’ONU sur les droits de l’enfant selon lequel l’intérêt supérieur de celui-ci, partie la plus faible et sans défense, doit toujours passer avant toute autre considération.

Cette publication – qui confirme le bien-fondé de la structure éthique et anthropologique de l’alliance conjugale entre un homme et une femme pour assurer le plein développement du petit d’homme –  ne saurait être plus longtemps passée sous silence alors que le gouvernement s’obstine à vouloir ouvrir le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Quant aux autres travaux jusqu’ici mis en avant, le professeur Berger enfonce le clou : « La vraie audace de la part du gouvernement n’est pas de soutenir un tel projet de loi, non, ce serait de ne pas avoir peur d’aller vérifier ce qu’il en est réellement, de donner une place au savoir face à l’intimidation et aux études biaisées, et de décider dans un climat plus apaisé. Pourquoi le lobby homoparental ne demande-t-il pas que cette démarche soit entreprise, s’il n’y a rien à cacher ? ». La tenue d’un débat digne de ce nom ne permettrait-elle pas de faire la lumière sur un projet de loi où l’improvisation le dispute à la précipitation ? Dans cette affaire, qui se préoccupe du bien des enfants ? » (source : libertepolitique.com)

[1] Maurice Berger, « Homoparentalité : intimidation et études douteuses », Débats et opinions, Le Figaro, 3 octobre 2012.

[2] Pierre-Olivier Arduin, « L’homoparentalité discréditée », La Nef, septembre 2012.

[3] Mark Regnerus, “How different are the adult children of parents who have same-sex relationships? Findings from the New Family Structures Study”, Social Science Research 41 (2012), 752-770.

[4] Wendy Wright et Lisa Correnti, « L’homoparentalité n’est pas l’égale de la parenté fondée sur le mariage hétérosexuel », www.c-fam.org, 15 juin 2012.

[5] Xavier Lacroix, « Homoparentalité », Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques, Conseil pontifical pour la famille, Téqui, p. 595-609.

[6] « The biologically-intact, stable nuclear family (biological mother and father and their marital stability) remains the most secure environment for child development » in Mark Regnerus, “Response to Paul Amato, David Eggebeen and Cynthia Osborne”, Social Science Research 41 (2012) 786-787.

http://enfantsjustice.wordpress.com/2012/10/14/discredit-scientifique-sans-appel-contre-lhomoparentalite-1-quart-23-des-enfants-abuses-sexuellement/

 

Personnellement que des homos lesbiennes veulent se marier pour avoir les mêmes droits que les autres cela me parait normal on est tous égaux en droit ,mais toutefois à mes yeux les droits de l'enfant sont supérieurs, et comme personne ne lui demande son avis son intérêt supérieur n'est plus défendu, et là sa pause un grave problème l'enfant doit être défendu ainsi que son intérêt supérieur.

Les OGM peuvent activer des gènes provoquant le cancer, ou affaiblir notre système immunitaire.

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De nouvelles études en recherche cellulaire soulèvent de nouvelles questions alarmantes concernant les OGM, et l’une d’elles en particulier fait ressembler l'insuffisance hépatique ou le cancer à un jeu d’enfant comparée aux choquantes possibilités soulevées si nous commençons à analyser la manière dont les aliments génétiquement modifiés peuvent altérer notre ADN.

 

D’abord, mettons les choses au clair. Toutes sortes de choses peuvent altérer notre ADN, pour le meilleur ou pour le pire. Bruce Lipton, un scientifique pionnier en biologie, a prouvé que les émotions peuvent altérer l’ADN; la recherche a montré que même l’exercice ou la chimiothérapie peuvent altérer notre ADN. ; les anciennes cultures savaient que le son peut affecter notre ADN, et les recherches les plus récentes déclarent que nous ne sommes pas condamnés à un destin spécifique par nos gènes, mais il semble que nos cerveaux soient reprogrammés via l’ADN pour devenir des humains nouveaux.

 

Notre ADN contient deux brins de nucléotides qui lui donnent sa structure en escalier. Chaque nucléotide contient une des quatre bases (adénine, thymine, guanine, cytosine), une molécule formée par un groupe phosphate et un sucre. Les bases contiennent de l'azote, reliée de manière très spécifique. La façon dont les quatre bases vont se connecter pour une espèce donnée sera très différente de celle qui s'organise dans une autre espèce.

 

En fait, un OGM à double hélice d'ARN (ARNd) créé par Monsanto peut censément désactiver certains signaux génétiques et en activer d’autres. Habituellement, en insérant un gène de Roundup Ready dans une plante, il faut une protéine qui peut fabriquer une plante Roundup Ready pouvant résister au Roundup et continuer à grandir. Le nouveau ARNd peut survivre sans synthèse de protéine. Ce qui permet au dARN de modifier les gènes.

 

Chez des souris nourries avec cet ARNd, le foie a complètement changé son organisation cellulaire, et les souris se sont développées bizarrement. On a trouvé cette même désorganisation quand ces ARNd ont été ajoutés à des cellules humaines. On suppose que cette alimentation avec OGM peut activer des gènes provoquant le cancer, ou affaiblir notre système immunitaire. Dans un contexte différent, le blé que nous consommons est tellement différent d'un blé biologique qu'il nous rend "accro". Certains nomment cela du bioterrorisme pour cette raison.

 

Les plantes alimentaires OGM fabriquent ces nouveaux ARNd pour faire taire ou amplifier la structure génétique de manière très spécifique. La FDA (Food and Drug Administration = organisme américain de contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques) n'a pas fait d’évaluation sur ces ARNd et la manière dont ils vont affecter nos gènes, et Monsanto travaille sur la technologie ARNd, en rachetant des compagnies qui l'utilisent pour l'introduire en tant que prochaine série d’aliments OGM à nous balancer contre notre gré.

 

Des chercheurs d'Australie et de Nouvelle Zélande dévoilent ce problème. Une simple inhalation des pulvérisations d'OGM peut changer la manière dont nos corps produisent l’ADN et les protéines associées. Le plus effrayant est le fait que cet ARNd peut se transmettre à la descendance de ceux qui y sont exposés. Au Canada, une nouvelle recherche montre que le sang de femmes enceintes contenait des traces des toxines trouvées dans des produits alimentaires OGM. Qui sait quelles seront les conséquences à long terme du bricolage de notre structure génétique, mais elles ne peuvent pas être prometteuses étant données les performances archivées jusqu'à aujourd'hui de Monsanto.

 

"Découvrir que des toxines génétiquement modifiées et aussi des résidus d’herbicides sont absorbés dans le sang de consommateurs et par des fœtus, montre qu'une alimentation biologique et sans OGM devrait être le premier choix pour les familles et surtout pour les femmes enceintes", a dit Steffan Browning, porte parole de "Terre et Santé – Le Bio".

 

Il y a des projets d'introduction de cet ARNd dans l’alimentation, les médicaments, les vaccins et les épandages de pesticides. A moins de vouloir jouer au jeu de "attendre et voir" avec votre évolution génétique personnelle, il serait temps de passer au tout biologique jusqu’à ce qu’il y ait davantage d’informations données sur le sujet des OGM et de l’altération de l’ADN.

 

Source

 

http://worldtruth.tv/is-gmo-rewiring-our-dna/

 

Traduit par le BBB.

http://bistrobarblog.blogspot.be/2013/07/ogm-et-adn.html


Lepage : "Tout est organisé pour qu'il n'y ait... par LeNouvelObservateur