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Personnes âgées
Ce déficit intéresse surtout les personnes âgées. «Une étude a montré que 98 % des personnes vivant en maison de retraite avaient un taux insuffisant de vitamine D», a expliqué le Pr Claude Jeandel, gérontologue au CHU de Montpellier. A cela plusieurs raisons. Les pensionnaires vivant dans ces institutions sortent peu, et avec l’âge, la peau synthétise moins bien la vitamine D sous l’effet du soleil. «Même à Hawaï, des personnes présentent des carences en vitamine D», a précisé le Pr Claude Jeandel.
Mais aussi paradoxalement dans beaucoup d’autres pays ensoleillés de nombreuses personnes surtout les femmes sont très probablement carencées en vitamine D, car la religion interdit de se découvrir.
A ce propos sous nos latitudes le Dr Sonja Belaid de l’Université Claude Bernard, 8 avenue Rockefeller, F-69008 Lyon, France a réalisé une étude très intéressante. Après avoir diagnostiqué plusieurs cas d’hypovitaminose D sévère chez les femmes de 18 à 49 ans portant des vêtements très couvrants, elle a mis en évidence le caractère endémique et chronique de cet état de carence en vitamine D dans une population jeune, habituellement en bonne santé et en âge de procréer. Cela indique que des efforts restent à faire dans le diagnostic et la prise en charge par une action ciblée de prévention par la supplémentation. La vitamine D, contrairement aux autres vitamines, est très peu apportée par l’alimentation.

75 % des citadins concernés
En France, les déficits en vitamine D concerneraient en hiver 75 % des citadins. Une étude conduite par des chercheurs de l’université de Liège a conclu que 80% des femmes européennes ménopausées n’ont pas assez de vitamine D. «En tant que scientifiques, écrivent les 15 chercheurs, le but de notre travail est d’améliorer la santé du public. Nous savons ce que sont les concentrations de vitamine D active dans le sérum des populations du globe, et nous sommes parvenus à la conclusion que la santé publique bénéficiera d’un meilleur statut en vitamine D. Nous savons combien de vitamine D il faut consommer pour porter les concentrations de vitamine active au niveau désiré. Alors pourquoi la science n’a-t-elle aucun impact sur la santé publique? L’une des raisons est qu’il n’y a pas assez de pression du public sur les responsables de la santé pour les obliger à mettre à jour les recommandations nutritionnelles.»
Les chercheurs estiment que les besoins en vitamine D sont proches de 1 000 UI par jour. Or en France l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (Afssa) estime en dépit du bon sens, qu’il suffit à un adulte de 200 UI pour rester en bonne santé (400 à 600 UI/j pour les personnes âgées). Les autorités sanitaires ont d’ailleurs fixé la dose de sécurité pour la vitamine D à 1 000 UI/j. Un niveau dénoncé par les signataires qui soulignent que l’on peut tolérer sans risque, jusqu’à 10 000 UI par jour.

La vitamine D est indispensable à la santé
Des données scientifiques substantielles existent désormais mettant en évidence le rôle de la vitamine D dans la prévention du cancer. De multiples études ont établi de façon raisonnable qu’un taux suffisant de vitamine D est associé, indépendamment des autres facteurs de santé, avec une incidence plus faible de plusieurs types de cancers, dont entre autres les cancers du sein, du côlon, des ovaires, des lymphomes nonhodgkiniens.
Les études scientifiques montrent que le statut vitaminique pour la vitamine D (indexé par le niveau sanguin de 25-hydroxyvitamine D) de la plupart des personnes en Amérique du Nord et en Europe doit être grandement amélioré pour obtenir une réduction substantielle de l’incidence et de la mortalité par cancer. En plus du cancer, plusieurs études épidémiologiques ont montré qu’un statut vitaminique D plus élevé est aussi associé à un risque réduit de plusieurs autres maladies chroniques graves, telles que les maladies cardiaques et accidents cérébrovasculaires, l’ostéoporose, la sclérose en plaque, et le diabète du type 2 chez l’enfant. Plusieurs études ont aussi observé qu’un statut vitaminique D plus élevé est associé à une incidence plus basse et une sévérité moins grande de la grippe, de la pneumonie et de plusieurs autres maladies infectieuses.

La plus grande partie de la population est déficitaire en vitamine D
Plusieurs études récentes ont montré qu’un taux optimal de 25-hydroxyvitamine D devrait se situer entre 75 et 150 nmol/L (30 et 60 ng/mL). On estime qu’aux Etats-Unis près de 80 % des personnes – de tout âge – ont un statut vitaminique D insuffisant (indexé par un taux de 25-hydroxyvitamine D dans le sang de moins de 75 nmol/L ou 30 ng/mL). En France, l’étude SU.VI.MAX a démontré que plus de 70% des adultes – hommes et femmes – ont un statut insuffisant. S’agissant des femmes ménopausées, une grande étude européenne estime que 79,6 % ont un statut insuffisant sur l’ensemble des pays européens. Ce nombre s’élève à 90,4 % en France.
Un statut vitaminique plus élevé peut être obtenu en augmentant les apports nutritionnels de vitamine D, ou par une exposition appropriée au soleil (sans augmentation significative du risque de cancer de la peau). L’apport adéquat de vitamine D pour une réduction du risque de cancer dépend pour chaque individu de son âge, de la pigmentation de sa peau (claire ou foncée), de son mode de vie et de la latitude de sa région de résidence. Les études scientifiques récentes indiquent qu’un apport de 1 000 à 2 000 unités internationales (UI) par jour pourrait prévenir une proportion substantielle de cancers et serait aussi efficace pour réduire le risque de chutes, de fractures, de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux, de scléroses en plaque et de diabètes de type I dans l’enfance. Pour la protection contre les maladies infectieuses et virales, rhumes, infections pulmonaires, la vitamine D pourrait protéger de manière importante les populations vulnérables en hiver.

Toutefois un apport plus important encore pourrait être nécessaire pour les personnes âgées et celles qui sont rarement à l’extérieur, celles qui évitent l’exposition au soleil, ou celles dont la pigmentation de la peau est foncée et qui vivent dans des pays du nord, à cause de la diminution de la synthèse cutanée de vitamine D par exposition au soleil. Le choix d’une dose plus importante peut être fait par un médecin sur la base du taux sérique de 25- hydroxyvitamine D mesuré en hiver.

Pour ceux dont le statut vitaminique est évalué par un test sanguin, le niveau idéal de 25-hydroxyvitamine D doit être établi en consultation avec un professionnel médical, sur la base des caractéristiques de chaque individu.

Une recommandation générale pour les professionnels de santé qui choisissent d’évaluer le statut vitaminique de leurs patients par une prise de sang est de prendre comme objectif la fenêtre allant de 75 à 150 nmol/L (30 à 60 ng/ml), en dehors de contre-indications spécifiques. Les contre-indications sont rares et le plus souvent connues des médecins.

Vitamine D et Parkinson abe-horsserie-parkinson

Le manque de vitamine D jouerait un rôle majeur dans l’apparition de la maladie de Parkinson

La plupart des patients qui développent la maladie de Parkinson manque de vitamine D, d’après une étude publiée dans le journal Archives of Neurology.

L’évaluation du lien entre vitamine D et maladie de Parkinson se poursuit. Et d’après la dernière étude consacrée à ce sujet, la grande majorité des personnes qui en sont à un stade précoce de la maladie manquerait de vitamine D.

Les chercheurs de l’Université d’Emory ont suivi 157 patients atteints de la maladie de Parkinson à un stade précoce et ne recevant aucun traitement. Leur taux de vitamine D a été mesuré au début ainsi qu’à la fin de l’étude.

Les résultats révèlent que 69,4% des participants avaient un taux insuffisant de vitamine D au début de l’étude. Ce taux ne semble pas diminué lorsque la maladie progresse, au contraire, puisqu’à la fin de l’étude, 51,6% des participants avaient un taux insuffisant.

Pour les scientifiques, ces résultats sont en accord avec l’idée que le manque de vitamine D précède les manifestations cliniques de la maladie de Parkinson et peut jouer un rôle dans l’apparition de cette maladie.

Fracture du col du fémur: gare au manque de vitamine D!abe-horsserie-col-femur

D’après une récente étude, le manque de vitamine D serait associé à une augmentation du risque de fracture du col du fémur.

Les chercheurs de New Delhi viennent de confirmer le lien entre le taux de vitamine D et l’ostéoporose. Selon eux, le risque de fracture du col du fémur serait plus important chez les personnes âgées qui manquent de vitamine D.

Afin de déterminer la relation entre la vitamine D et le risque de fracture, les auteurs ont suivi deux groupes de personnes âgées, dont un composé de 90 patients ayant eu une fracture du col du fémur. Le taux de vitamine D de chaque participant a été mesuré.

L’étude montre que la grande majorité des personnes ayant eu une fracture du col du fémur manque de vitamine D.
En effet, 76,7 % des personnes ayant eu une fracture ont un taux insuffisant de vitamine D, soit un taux inférieur à 20 nanogrammes par millilitre, contre seulement 32,3 % des personnes n’ayant pas eu de fracture.

Ces résultats suggèrent que le taux de vitamine D pourrait être un indice utile pout évaluer le risque de fracture du col du fémur chez les personnes âgées. Jeudi 16 Décembre 2010 - 1st Asia-Pacific Regional Osteoporosis Meeting, Singapore, December 10-13, 2010.

Source: La Nutrition.fr 15 Mars 2011

Référence:
Marian L. Evatt; Mahlon R. DeLong; Meena Kumari; Peggy Auinger; Michael P. McDermott; Vin Tangpricha; High Prevalence of Hypovitaminosis D Status in Patients With Early Parkinson Disease. Arch Neurol, Mar 2011; 68: 314 - 319.

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