vampires

À l'été 2007, une équipe d'archéologues découvre en Irlande une série de tombes d'un genre inhabituel qui datent du Moyen Âge. Deux des squelettes plongent notamment les chercheurs dans une grande perplexité : ils ont été enterrés avec des pierres dans la bouche. Christopher Read et Catriona McKenzie, deux archéologues, sont chargés de percer le mystère de cette singulière découverte. Croisant des sources historiques avec le résultat des observations sur place, ils essaient de trouver comment les défunts sont morts et pourquoi ils ont été enterrés selon cet étrange rite funéraire. Les chercheurs supposent aujourd'hui que les morts en question étaient considérés par leurs contemporains comme des "revenants", des individus qui se seraient échappés du royaume des morts pour tourmenter les vivants. Associées à des scènes de reconstitution, ces découvertes archéologiques témoignent des pratiques visant à empêcher certains défunts de revenir, et éclairent d'un jour nouveau les légendes des vampires et des morts-vivants.(Royaume Uni , 2011, 49mn)

Des scientifiques ont découvert les restes d'une «femme vampire» dans l'ossuaire de Lazzaretto Nuovo, dans la lagune nord de Venise. Le squelette a été déposé là en même temps que les victimes de la peste de 1578. Pour quelle raison?
Durant les épidémies de peste moyenâgeuse, on croyait que la mort noire était l'oeuvre funeste des vampires. Ils sucaient non seulement le sang mais s'attaquaient également aux linceuils des victimes, selon les croyances d'alors.

Pour être sûr de pouvoir se débarrasser définitivement des vampires suspectés, on leur calait donc une grosse pierre dans la bouche lors de l'enssevelissement. Le crâne retrouvé de la femme laisse donc penseer qu'elle était sconsidérée comme une vampire. L'étrange squelette aux dents acérées et à la barre de pierre entre les mâchoires a été retrouvée près de l'hospice des pestiférés, en 1468. Plus la peste prenait de l'ampleur, plus on avait peur des vampires, en particulier des «femmes vampires».
Linceuil sanglant
A l'époque, la croyance des «femmes vampires» s'est répandue, car les morts perdaient du sang par la bouche à cause de la peste.
L'archéologue Matteo Borrini a présenté sa découverte pour la première fois la semaine dernière à l'American Academy of Forensic Sciences de Denver.
D'autres vampires retrouvés
Il y a bien sûr d'autres tombes qui attestent la croyance des vampires.
L'été dernier, en Bohème, on a retrouvé une tombe vieille de 4000 ans. Les prétendus vampires ont été enterrés avec des pierres très lourdes sur la poitrine, afin qu'ils ne puissent pas se relever de si tôt.
Les restes de la «femme vampire» comportent une grosse pierre dans la bouche, afin qu'elle ne puisse pas sucer le sang après sa mort..
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Mais c’est surtout à partir du XIVe siècle que cette croyance devient générale dans les pays d’Europe centrale. Les apparitions de vampires correspondent d’ailleurs étrangement avec les grandes épidémies de peste…
Ainsi en Silésie, en Bohême ou en Hongrie, on voit des morts sortir de leurs tombes ou, quand celles-ci étaient ouvertes, les corps des défunts apparaissant en parfait état de conservation et maculés de sang ! Jean Marigny, spécialiste du fantastique et auteur de Sang pour sang, sur les vampires, donne une explication fort logique -mais aussi terriblement cruelle- à ces phénomènes : durant les épidémies de peste, les familles étaient si pressées d’enterrer leurs « cadavres », qu’elles ne prenaient pas toujours la peine de vérifier s’ils étaient vraiment morts… Ainsi, de pauvres malheureux se sont-ils sans doute réveillés bien vivants… mais enfermés dans un cercueil dont ils ne pouvaient sortir !
Mais peu importe les explications rationnelles que l’on peut donner actuellement. Les faits étaient là, certains avaient vu de leurs yeux ces morts maculés de sang : il n’en fallait pas plus pour que naisse le mythe du vampire. Cette croyance était même si profondément ancrée dans les esprits qu’en Europe centrale, on prenait l’habitude d’enterrer les morts avec une pièce ou une pierre dans la bouche car les « non-morts » avaient pour usage de s’auto-dévorer et que, se promenant de nuit dans un cimetière, on pouvait parfois les entendre mâcher ! Ces fameux « non-morts » avaient encore une particularité : ils suçaient le sang des vivants…
Des « non-morts » aux vampires
Cette croyance, ainsi que nous l’avons dit, se limitait presque exclusivement aux pays d’Europe centrale… jusqu’au XVIIIe siècle.
En effet, c’est pendant le Siècle des lumières, qui par ailleurs dénonçait si aisément les superstitions et l’obscurantisme, que le mythe atteint son apogée et qu’apparaît pour la première fois le mot « vampire ».
Il semble alors qu’une véritable frénésie de terreur se soit emparée de toute l’Europe, peu après qu’une épidémie de peste ait touché la Serbie. On ouvre alors les tombes et on envoie des émissaires pour constater le phénomène des vampires. Un cas, en particulier, va passionner l’Europe entière, au point que Louis XV et l’empereur d’Autriche le suivront avec minutie : celui d’Arnold Paole. Ce jeune homme, issu de Medrelga, en Hongrie, était mort subitement écrasé par une charrette de foin. Un incident bien banal qui n’aurait effrayé personne si cet Arnold n’avait raconté un fait troublant que rapporte Dom Calmet, un bénédictin, auteur d’un Traité sur les apparitions des esprits et sur les vampires :
Aux environs de Cassova et sur la frontière de la Serbie turque, il avait été en proie à d’insupportables tourments, aussi mystérieux que fréquents, mais il avait trouvé moyen de se guérir en mangeant de la terre du sépulcre du vampire et en se frottant de son sang, précaution qui cependant ne l’empêcha pas de le devenir après sa mort, puisqu’il fut exhumé quarante jours après son enterrement et qu’on trouva sur son cadavre toutes les marques d’un archi-vampire…

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Vampires et morts vivants au Moyen Age par non-merci