Le FMI prépare les esprits à la chypriotisation de l’épargne européenne

 

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Par Pascal Comas

Depuis le 9 octobre 2013 nous savons quelle va être la méthode envisagée par les technocrates et hauts fonctionnaires qui nous  »administrent » pour adapter le hold-up étatique (ou chypriotisation de la dette) a l’ensemble de la zone européenne et peut être au delà. Nous savons également quelle tactique a été adoptée pour commencer a préparer l’opinion : la partition commence avec une « simple suggestion à caractère «théorique» » du FMI. 

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Le FMI, c’est cette institution de hauts fonctionnaires sans aucun mandat démocratique, très cher payés pour voir venir les dangers et qui ne voient rien venir. Une institution supposée être un repère de néo-libéraux alors que Olivier Blanchard et Christine Lagarde sont des keynésiens convaincus. Une organisation qui récemment encore mettait en garde l’Angleterre contre ses économies budgétaires (accusant le ministre des finances de jouer avec le feu) et lui préconisait une politique de relance keynésienne en prévoyant une croissance de 0,7% seulement. Il prévoit à présent une croissance de 1,4% (le double) et a changé sa rhétorique. Bref le FMI est une organisation qui coûte cher, passe son temps a se tromper et à réviser ses prévisions, est supposée anticiper les crises mais souvent contribue a leur développement, et dont le biais idéologique est clairement en faveur des politiques keynésiennes (Etats forts et relance par la dette), tout en étant accusé d’ultralibéralisme par les gens de gauche.

 

Une nouvelle mission du FMI semble être depuis le 9 actobre d’avancer sur la table et de donner un cachet d’ »experts » a la prochaine « solution » permettant aux politiques, banquiers centraux et banques « too big to fail » de régler ce problème de dette-qui-devient-enquiquinant-a-la-fin ! Une solution qui devrait leur permettre d’éviter faillites bancaires et défauts des Etats sans que les politiques aient un seul instant à assumer leurs responsabilités pour les montagnes de dettes qu’ils ont créées bien avant la crise des sub-primes, pour des raisons purement démagogiques joliment emballées dans des recommandations d’ »experts » keynésiens.

 

Car ne croyons pas une seconde que cette  »simple suggestion à caractère «théorique» » est autre chose que le gong d’ouverture de la plus grande opération d’oppression technocratique de l’histoire – hors dictatures et sorties de guerre. Et même dans les périodes exceptionnelles post-conflits, malgré les tentatives des gouvernements européens, seule l’Italie a finalement pu appliquer une telle solution au sortir de la première guerre mondiale, et le Japon après la seconde guerre mondiale.

 

Pour bien se rendre compte a quel point le sort des citoyens qui ont travaillé dur pour mettre un peu d’argent de côté, est a la merci de fonctionnaires sans foi ni loi dont le seul mode de fonctionnement est de protéger la caste a laquelle ils appartiennent, il faut bien se pénétrer de l’observation suivante: le FMI a l’indécence de mettre une telle idée sur la table alors qu’il n’a mis aucune réelle pression sur la France pour se réformer et réduire les dépenses des administrations, et en dépit du fait que tout le monde, Cour des Comptes comprise, s’accorde sur ce sujet. La population française (fonctionnaires, chômeurs professionnels et assistés mis a part – oui je sais ça fait du monde), est soumise a une ahurissante oppression fiscale parce que le gouvernement actuel ne souhaite prendre aucune mesure défavorable aux… fonctionnaires, chômeurs professionnels et assistés !
Et visiblement les fonctionnaires du FMI ne souhaitent pas trop insister sur des solutions (réduire les dépenses) qui ne sont pas favorables a leur caste.

 

L’oppression fiscale est souvent pénible pour les classes moyennes qui n’ont pas ou peu de réserves pour faire face aux ponctions sans que cela affecte leur quotidien. Mais elle est encore plus extrême en proportions pour les patrimoines les plus élevés qui supportent des taux marginaux d’IR dignes de pays communistes et un ISF venant ratiboiser chaque année ce qui reste de capital. Un chef d’entreprise voit la richesse qu’il crée ponctionnée des dizaines de fois, depuis la TVA, les charges patronales, la CSG, l’IS, puis l’IR, l’impôt sur les dividendes, et enfin l’ISF (combien de dizaines de taxes ai-je oublié ?). Mais il faudrait encore que ce qui lui reste après un tel racket fiscal soit ponctionné a hauteur de 10, 20 ou 30% ? Et sans contrepartie par dessus le marché ? Ceux qui émettent de telles  »simples suggestions à caractère «théorique» » se rendent-ils compte que les voyants ont dépassé le rouge depuis longtemps, et que les droits de propriété étant déjà bafoués en France depuis des lustres, cette suggestion est tout simplement insupportable ?
Comment peut-on envisager une seule seconde de prélever 30% ou même 20% des économies de citoyens qui déjà contribuent comme des esclaves aux débauches dépensières d’une caste d’énarques dont le cynisme politique le dispute a l’incompétence économique totale ?

 

Les français, peuple d’épargnants, ont été amenés a concentrer leurs économies sur deux produits qui sont a peu près les seuls a être relativement épargnés -tout est relatif -par le matraquage fiscal tout azimut : le Livret A et l’assurance-vie. Bien entendu les politiques lorgnent avec envie sur ce trésor qui leur permettrait de sortir du surendettement et continuer a gagner des élections en promettant des mesures faisant de nouveau exploser l’endettement. Le FMI vient de livrer a tous les gouvernements de cigales la caution qu’ils attendaient pour opérer leur rapine sans que cela ait trop l’air d’un troussage de bandits de grands chemins. Laissons ici la parole a Simone Wapler :

 

« La « solution » du FMI ne résout pas la situation de surendettement puisqu’elle se contente de nous faire revenir à la case 2007. Or la crise de 2007 s’est produite à cause du surendettement. Depuis, on a aggravé la situation en transférant des mauvaises créances du privé vers le public (bilan des banques centrales). Revenir à la situation de pré-crise en prétendant que tout ira bien ensuite est donc absurde. 
Parions maintenant que la commission européenne va y aller de son petit commentaire du genre « Ah oui, tiens, on n’y avait pas pensé, mais c’est la solution la moins hypocrite ! » Car il va falloir en plus remercier ces messieurs de nous préserver ainsi de l’hypocrisie de l’inflation !
C’est sûr : dépouiller a coups de gourdin est moins hypocrite que de verser deux fois moins de vin dans le verre a chaque repas.
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Ne parlons pas de la majorité des écono-marx-istes qui vont y aller de leurs variations sur les infinies vertus de cette solution. Gageons enfin que la participation de tous les épargnants étant politiquement délicate vu le nombre de mécontents qu’elle pourrait engendrer, notamment parmi les fonctionnaires, le périmètre des contributeurs sera finalement réduit aux plus gros patrimoines sur lesquels le pourcentage prélevé sera augmenté. Ils seront bien entendu révoltés, mais ils sont une minorité et l’Etat a le monopole de la violence, donc ce sera pesé et emballé !

 

L’intolérable situation actuelle, anticipée par de Tocqueville, a été remarquablement exprimée par Friedrich Hayek, et nous ne pouvons mieux faire que de lui laisser la parole pour conclure ce billet :

 

« La démocratie est devenue un fétiche : le dernier tabou sur lequel il est interdit de s’interroger. Or c’est à cause du mauvais fonctionnement de la démocratie que les États modernes sont devenus envahissants. (…) À l’origine, en démocratie, les pouvoirs de l’État, contrairement à la monarchie, étaient limités par la Constitution et par la coutume. Mais nous avons glissé progressivement dans la démocratie illimitée : un gouvernement peut désormais tout faire sous prétexte qu’il est majoritaire. La majorité a remplacé la loi. La loi elle-même a perdu son sens. Principe universel au départ, elle n’est plus aujourd’hui qu’une règle changeante destinée à servir des intérêts particuliers : au nom de la justice sociale ! Or la justice sociale est une fiction : personne ne sait en quoi elle consiste. Grâce à ce terme flou, chaque groupe se croit en droit d’exiger du gouvernement des avantages particuliers : c’est une baguette magique. En réalité, derrière la ”justice sociale”, il y a simplement l’attente semée dans l’esprit des électeurs par la générosité des législateurs envers certains groupes. Les gouvernements sont devenus des institutions de bienfaisance exposées au chantage des intérêts organisés. Les hommes politiques cèdent d’autant plus volontiers que la distribution d’avantages permet d’”acheter” des partisans. Comme cette distribution profite à des groupes isolés tandis que les coûts sont répartis sur l’ensemble des contribuables, chacun à l’impression qu’il s’agit de dépenser l’argent des autres. Cette asymétrie entre des bénéfices visibles et des coûts invisibles crée l’engrenage qui pousse les gouvernements à dépenser toujours plus pour préserver leur majorité politique. Dans ce système que l’on persiste à appeler “démocratique”, l’homme politique n’est plus le représentant  de l’intérêt général ; il est devenu le gestionnaire d’un fond de commerce. Sur le marché de l’opinion publique, les partis cherchent à maximiser leurs voix par la distribution des faveurs. (…) Ils se définissent plus par les avantages particuliers qu’ils promettent que par les principes qu’ils défendent. (…) La démocratie devient ainsi immorale, injuste et totalitaire : les individus ne sont plus autonomes mais drogués, dépendants des bienveillances de l’État. (…) La démocratie s’est dégradée parce que nous avons confondu, comme le craignait déjà Tocqueville, idéal démocratique et tyrannie de la majorité. » (F.A. Hayek – entretien avec Guy Sorman – Figaro Magazine du 18 juin 1988).
Source : http://pascalcomas.typepad.com/penses_rebroussepoil/

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Environ 20 000 objets et débris de satelite en orbite menacent la Terre.

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On vous sensibilise aux dangers de l'espace avec les météorites et cometes en tout genre dans le seul but de créer une diversion ,le vrai danger qui pésent sur nos tetes est ces quelques 20000 objets qui gravitent autour de notre planète ,pourquoi ? comme pour le nucléaire et les essais atomiques qui firent exploser les cancers on accusa la cigarette ,ainsi c'est la faute aux fumeurs et non aux entreprises nucléaires ici on accusera pas les pays et les satelittes qui causeront des dégats mais on blamera les meteorites et on dira c'est pas de chance ......

 

Les Gaulois avaient raison. Ce qu’il faut craindre, c’est que le ciel nous tombe sur la tête. Du moins ce qu’il y a dans le ciel, et même au-dessus : nos déchets spatiaux qui encombrent l’espace circumterrestre. Depuis 1957, plus de 7 000 satellites ont été lancés. Ils ont pour la plupart cessé de fonctionner - on compte environ 800 satellites actifs - et sont retombés sur Terre. Mais il reste près de 20 000 objets en orbite, les trois quarts à moins de 1 000 km d’altitude. Le catalogue de l’US Space Command, qui les traque à l’aide de radars, en affiche près de 15 000 - satellites inactifs, étages de fusée, sangles, boulons et pièces diverses de plus de dix centimètres.

Ces objets représentent une double menace. D’abord, logique et gaulois, celle de «leur retour sur Terre», explique Christophe Bonnal, expert du Centre national d’études spatiales (Cnes), l’agence spatiale française. Pour ne pas l’oublier, il garde dans son bureau une sphère de titane d’un mètre et 50 kg, un réservoir d’hélium d’une fusée Ariane tombé dans un jardin en Ouganda. «Il y en a 200 comme ça dans l’espace, qui retomberont on ne sait quand, ni où. Et ce n’est qu’un exemple. Il y a aussi des turbopompes, des tuyères, 296 troisièmes étages du lanceur russe Cosmos 3M qui pèsent près de 2 tonnes», avertit l’ingénieur qui fait partie du groupe d’experts mobilisés par le Comité interagences sur les débris (IADC). «En moyenne, il tombe un objet lourd tous les trois jours, et un d’au moins 300 kg par mois», précise-t-il.

Les débris en orbite autour de la Terre (Nasa).

Jusqu’à présent sans faire de victime. Même les milliers de morceaux de la navette Columbia tombés sur le territoire des Etats-Unis en 2003, lors de son explosion au retour dans l’atmosphère. Un peu gêné, l’ingénieur avoue que, statistiquement, «c’est un coup de chance, puisque, d’après nos calculs, cela aurait déjà dû se produire». Un groupe de travail se serait réuni au Cnes sur le thème «qu’est-ce qu’on dit aux gens le jour où un de ces débris tue quelqu’un en France ?» Le flux de ces retombées varie au fil de la météo solaire. Lorsque l’astre est très actif, comme depuis un an et pour quelques années, il dilate la thermosphère, entre 90 et 500 km, ce qui freine les satellites et accélère leur retombée.

Le syndrome de Kessler

Paradoxe, cette menace du haut vers le bas n’est pas la seule. L’autre risque ? Ne plus pouvoir accéder à certaines orbites utiles. Elle porte le nom d’un mystérieux «syndrome de Kessler, explique Christophe Bonnal, une sorte de réaction en chaîne de collisions entre débris, provoquant leur fragmentation successive. Elle pourrait interdire d’utiliser les orbites les plus convoitées en y menaçant de détruire les satellites trop fréquemment». Un syndrome entrevu dès 1991 par Donald Kessler (Nasa). Depuis 2006, la situation s’est brutalement aggravée en orbite basse. En 2007, les militaires chinois détruisent un vieux satcom, Feng Yung 1C, à l’aide d’un missile. Démonstration de force, au prix de la génération de 3 000 débris. En 2008, les militaires américains tirent sur leur satellite espion USA-193. Ils se justifient en affirmant qu’il allait retomber sur Terre en trop gros morceaux. En février 2009, c’est un vieux satellite russe, Cosmos-2251, qui entre en collision avec un satcom de la constellation Iridium. Un des morceaux issus de cette collision est passé non loin de la station spatiale internationale, en mars dernier.

D’après certains modèles informatiques, le syndrome de Kessler serait imminent sur l’orbite la plus encombrée, vers 800 km d’altitude. Que faire ? Observer, calculer, prévoir. Niché au cœur du Cnes, à Toulouse, se trouve le Centre d’orbitographie opérationnelle (COO). «Ici, précise son responsable Fernand Alby, nous recevons les informations nécessaires à la gestion des 17 satellites en activité dont nous avons la responsabilité.» Ces informations proviennent du Joint Space Operations Center (JSpOc) de la base militaire de Vandenberg, en Californie, et sont réceptionnées dans une «salle sécurisée du COO», précise Alby. Mais aussi des moyens d’observation français, la France participant au club très fermé des Etats capables de surveiller l’espace, depuis 2005, notamment avec le radar Graves (1). Pour renforcer cette surveillance, l’Agence spatiale européenne et l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (Onera) viennent de passer contrat avec l’industrie pour développer un radar plus puissant.

Une loi spatiale sévère

Avec ces informations, les matheux du COO «effectuent les calculs d’orbite et de retombées d’objets», explique Alby. Les seconds sont en réalité peu utiles. Un protocole prévoit que, si l’un menace de retomber sur la France, le COO alerte l’armée de l’air qui rend compte au gouvernement. Mais, comme l’imprécision du moment, et donc du lieu de la chute, est très grande, aucune décision de protection ou d’évacuation n’est envisageable.

En revanche, la menace de collision avec un satellite actif, ou la station spatiale, peut se traiter. Il vaut mieux, car le choc hypervéloce d’un objet en acier d’un centimètre équivaut à celui d’une voiture de tourisme à 130 km/h, même si la densité de ces débris équivaut à «deux bouteilles dans la Méditerranée», précise Bonnal.

A l’aide du catalogue et des observations, l’alerte automatique sur un risque de collision démarre sept jours avant son éventuelle survenue. Si l’alerte se maintient durant quatre jours, les experts sont mobilisés pour affiner les calculs. Les spécialistes, explique Alby, doivent prendre une décision d’action la veille du risque de collision, puisqu’il faut six à douze heures pour transmettre des ordres d’évitement à un satellite. Un scénario de plus en plus fréquent. «En un an, précise Fernand Alby, nous avons dû procéder à sept manœuvres pour les 17 satellites contrôlés par le COO.» En général, le satellite est remonté ou descendu d’une centaine de mètres sur son orbite, de manière à diminuer la probabilité d’une collision.

Peut-on continuer comme ça ? C’est la question posée par le syndrome de Kessler. Un laisser-faire pourrait déboucher sur un risque beaucoup trop élevé de destruction des satellites, commerciaux ou gouvernementaux. En outre, l’orbite la plus menacée se situe entre 700 et 1300 km, là où se trouvent la plupart des satellites d’observation civils.

Des décisions ont été prises pour tenter de ne pas aggraver la situation. La plupart des agences spatiales suivent des préconisations de plus en plus strictes pour éviter de polluer plus que nécessaire l’espace circumterrestre : concevoir des systèmes les moins «sales» possible; vider les satellites de leurs restes de carburants en fin de vie; lorsqu’ils ont rempli leur mission, les pousser vers la Terre pour qu’ils y retombent en moins de vingt-cinq ans, ou les catapulter vers des orbites cimetières, loin de celles les plus utilisées, avec leurs derniers grammes de carburant…

Autant de bonnes décisions, mais pas toujours appliquées. Ainsi, la loi spatiale française est-elle certes la plus sévère, mais, votée après sa mise en service, elle ne s’applique pas à Ariane-5. Dont le troisième étage, avoue Bonnal, n’est pas capable d’effectuer une plongée suicide vers la Terre après avoir largué ses satellites à l’inverse de nombre de ses concurrents. La menace de cet étage dure en moyenne soixante ans.

Cette politique semble insuffisante, alors que, d’après Euroconsult, le nombre de satellites d’observation civils et militaires actifs augmenterait de 160 actuellement à 304 en 2021. Eviter le déclenchement du syndrome de Kessler pourrait alors passer par une action d’éboueurs. Les agences spatiales planchent sur des engins capables d’aller chercher les gros débris pour les pousser au suicide vers la Terre avant qu’ils provoquent une collision. Les ingénieurs ont calculé le rythme de cette action de nettoyage. «Il en faudrait entre cinq et dix par an», avance Bonnal.

L’histoire a pris un tour imprévu lorsque, il y a peu, Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), a reçu un drôle de coup de fil de la Nasa. Objet : Envisat. Ce satellite d’observation de la Terre fut un fleuron de la flottille de l’ESA. C’est un monstre comme on n’en fait plus. Huit tonnes, dont 150 kg d’hydrazine (produit hautement toxique), 26 mètres d’envergure, le tout en perdition depuis la perte de contrôle du satellite en mai dernier. Certains ont soupçonné une collision avec un débris. Mais un ingénieur affirme qu’il pourrait plutôt s’agir d’une mauvaise commande envoyée par les pilotes de l’ESA. En tout cas, il se trouve sur la plus encombrée des orbites, à 800 km. Et pourrait y rester environ deux siècles avant de chuter vers la Terre. Le pousser au suicide en abaissant son orbite serait une solution. Mais comment ? On va réfléchir, a dû répondre Dordain à la Nasa.

Un rêve géopolitique

Les ingénieurs ont des idées, rangées sous le sigle ARD («Active Removal Debris») : tirer sur les petits débris avec un puissant laser ; coller de vastes voiles sur les satellites pour augmenter leur traînée et accélérer leur chute (surtout bon pour les orbites les plus basses) ; les faire dérouler un câble électrodynamique vers le bas ; ou, carrément, construire un «chasseur de débris», selon Bonnal.

 

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Les ingénieurs du Cnes planchent sur un vaisseau de six mètres de long pour 17 tonnes. Automatique, doté de moyens de pilotage et de propulsion, il pourrait s’approcher d’un satellite et l’attraper même s’il «ne coopère pas». Armé d’un bras robot et de kits de désorbitation, il pousserait les satellites au suicide : placé juste devant l’objet, le chasseur, lui tirerait dessus afin de le ralentir.

Si les ingénieurs ne manquent pas d’idées, la réalisation n’est pas pour demain. «2020 au plus tôt pour le premier test», estime Bonnal. Il faut en effet résoudre de nombreux problèmes autres que techniques. Qui va payer ? Qui va piloter le chasseur ? Peut-on suicider un satellite mort sans l’accord du pays qui l’a lancé ? Si le pilotage échoue et que le déchet, au lieu de sombrer dans un coin perdu du Pacifique, tombe sur une ville, qui sera responsable ? Ces technologies peuvent-elles entraîner une militarisation de l’Espace ?

La solution, pense Bonnal, ressemble à un rêve géopolitique. D’abord décréter l’espace circumterrestre «bien commun» de l’humanité - un vocabulaire d’altermondialiste. Puis organiser de manière transparente le financement, la construction et les opérations du chasseur de débris avec la coopération de la plupart des puissances spatiales. Et interdire que la Nasa soit en réalité dominatrice. Finalement, souligne Bonnal, le moins difficile, c’est la technologie et l’argent, puisqu’il ne faudrait qu’une petite fraction des budgets spatiaux pour réaliser ce nettoyage aux allures de science-fiction. Pourtant, lors de la dernière conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne, à Naples le 21 novembre, rien de sérieux n’a été engagé à ce sujet.

Sylvestre HUET de LIBERATION .

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