« Le cercle et l’infini sont l’âme du labyrinthe ». LES LABYRINTHES DE JORGE LUIS BORGES

6a00d8341ce44553ef019b01f1dc9c970b-800wi

S'il y a chez Borges une expérience « mystique », comme la vision de l'Aleph, elle reste ineffable sinon par des figures de rhétorique comme l'oxymore ; ainsi le protagoniste de « L'Ecriture De Dieu », voit il« une Roue très haute qui n'était pas devant mes yeux, ni derrière moi, ni à mes côtés, mais partout à la fois. Cette Roue était faite d'eau et aussi de feu ». Le labyrinthe n'est-il pas finalement la seule représentation possible de cette expérience et une représentation pourtant décevante ? Le labyrinthe est vide, vide de centre, vide de sens. L'architecte divin pourrait concevoir dans cette perspective, le vaste labyrinthe borgésien comme un monde fini, là où l'errant, qui se voit condamné à chercher d'inconcevables sorties, l'éprouvera pourtant infini. Il y a, dans nombre de nouvelles, l'espoir d'un centre hypothétique, qu'il soit géographique comme dans le labyrinthe traditionnel, ou « mystique » comme pour l'Aleph , le disque d'Odin ou le Zahir, figures circulaires ou sphériques. Il y a aussi l'espoir d'un Signe absolu (ainsi UNDR) qui mettrait fin au langage, comme à la littérature, et à son défilé de signes. ESCHER. 1DEA~1

« Mais la littérature de Borges évoque aussi des Langues et des Signes étranges. Souvent, ses héros sont en quête d'une Parole ou d'un Mot unique qui aurait la puissance de dire ou de contenir l'univers. Rêve d'un Signe-Microcosme, miroir du monde: le premier nie l'Ordre Spatial de la géométrie, son extension et son extériorité, la contiguïté et la divisibilité de ses parties, le second l'Ordre Langagier, son arbitrante et sa syntagmaticité ».J.P.MOUREY OP.CITE

Ce centre reste impossible parce qu'il est fondamentalement vide ou inexistant ou impossible à saisir ou à décrire (la littérature est infinie et on peut seulement dire quelque chose, comme de l'Aleph): il n'engendre qu'obsession ou folie. . Escher Ainsi la Bibliothèque est-elle ordonnée autour d'un puits sans fin où l'on jette les morts, où l'on jettera le Narrateur. Le labyrinthe traditionnel sollicitait une quête : le héros y tuait son animalité, le pèlerin y retrouvait symboliquement Jérusalem , l'amoureux sa dulcinée et le joueur gagnait la partie à la marelle ou au jeu de l'oie. Il est ici impossible d'attribuer un centre aux divers réseaux de lieux ; le principe en est l'hétéroclite,incessant jeu d'affirmation et de négation, de comparaison et d'opposition. . L'homme est voué en plus à la prolifération des signes, à la multiplicité des livres, faute de forger le Signe-Microcosme qui tiendrait l'univers dans la fulgurance de sa perfection ; On passe constamment d'espaces réels à des espaces imaginaires,dans le jeu des miroirs . Tout ceci sans la finalité qui guidait le héros, le pèlerin ou l'écrivain sinon peut-être la mort comme une délivrance.

Gravure-Piranese-

 

« Ces couloirs qui bifurquent et qui ne mènent à rien qu'à des salles identiques aux premières et d'où rayonnent ces couloirs homologues, ces répétitions oiseuses, ces duplications épuisantes enferment l'auteur dans un labyrinthe qu 'il identifie volontiers avec l'univers. Où que l'homme se tienne, lui semble-t-il, il se trouve toujours au centre d'indiscernables reflets, d'inextricables correspondances; à perte de vue, de conscience, ce sont gemmations et scissiparités, harmoniques et allitérations : premiers termes de séries impérieuses et vaines, absurdes, désespérantes, annulaires peut-être. ».ROGER CAILLOIS.OP.CITE

Piranes3

 

ESCHER.order_and_chaosLe labyrinthe est sans doute l'archétype de ces objets abondants chez Borges qui sont des objets « impossibles », bien plus que les objets surréalistes. Ainsi la série des objets qui défient la logique humaine, conjuguent l'un et l'infini : l'Aleph, permettant de voir la totalité de l'univers simultanément (« comment transmettre à autrui l'aleph infini ? »,,le disque d'Odin qui n'a qu'une seule face ; l'obsédant Zahir, qui ne reproduit pas le monde mais « le supprime en se substituant à lui » ; le Livre De Sable « qui n'a « ni principe.ni fin ». ». Comme dans le cas de la cité des Immortels, il s'agit d'objets visibles mais impossibles à décrire. Et s'ils sont impossibles à décrire, c'est parce qu'ils nous sont inintelligibles, totalité faite d'arbitraires et d'aléatoires.

PIRANESE 1614488725

 

«  Cette cité ne suit aucune idée, aucune intention, se déploie en un labyrinthe de labyrinthes dont la seule existence contamine toute cohérence. L'ordonnance des astres, reflétée en ses murs lisses et polis, devait elle-même s'en trouver affectée. Savoir qu'une telle cité ait pu se produire, cela nous fera soupçonner que l'univers visible est lui-même issu d'une défaillance de la raison, poursuivant un entrelacs chaotique de conjonctures les unes plus aberrantes que les autres. L'ordre n'est qu'une illusion, un leurre produit par le désordre des rencontres et des recoupements. ».. L'IMMORTEL

« Je l'ouvris au hasard. Les caractères m'étaient inconnus. Les pages, qui me parurent assez abîmées et d'une pauvre typographie, étaient imprimées sur deux colonnes à la façon d'une bible. Le texte était serré et disposé en versets. A l'angle supérieur des pages figuraient des chiffres arabes. Mon attention fut attirée sur le fait qu'une page paire portait, par exemple, le numéro 40514 et l'impaire, qui suivait, le numéro 999. Je tournai cette page ; au verso la pagination comportait huit chiffres. Elle était ornée d'une petite illustration, comme on en trouve dans les dictionnaires : une ancre dessinée à la plume, comme par la main malhabile d'un enfant. L'inconnu me dit alors : — Regardez-la bien. Vous ne la verrez jamais plus.

Il y avait comme une menace dans cette affirmation, mais pas dans la voix.

Je repérai sa place exacte dans le livre et fermai le volume. Je le rouvris aussitôt. Je cherchai en vain le dessin de l'encre…» J.L.BORGES. Le LIVRE DE SABLE.

Raskolnikov

Le labyrinthe n'est donc plus cet espace difficile certes à parcourir mais censé mener au centre de l'être. Steinberg-clouds-0153Il symbolise pour les protagonistes des nouvelles de Borges, le Destin , un destin qui n'est pas, on le verra, le déterminisme d'un ordre absolu mais le Tragique  ,point de rencontre de la nécessité et du hasard, nom que nous donnons à la combinaison infinie et ininterrompue des milliers de causes emmêlées et qui nous échappent de ce fait. Si, selon le mot de Saint- Just , « la force des choses nous conduit à des résultats auxquels nous n'avons pas pensé » , l'histoire n'a pourtant aucun sens qui les justifierait dans notre Loterie de Babylone ; rien de ce qui arrive n'est justifié de ce fait...la Loterie de Babylone suppose bien une Compagnie toute puissante,(un avatar de Dieu) une organisation occulte organisant les jeux de hasard qui régissent l'existence de chacun. Elle corrigerait ainsi le hasard, redonnerait du sens. Mais Borges conclut sa nouvelle par une interrogation : la Compagnie existe-elle ? On en débat et une thèse affirme : « Qu'il est indifférent d'affirmer ou de nier la réalité de la ténébreuse corporation parce que Babylone n'est qu'un infini jeu de hasards ».

Escher%20-%20Predestination%20(01)

Ce destin n'est pas seulement parcours spatial mais fait intervenir le temps : ainsi la Bibliothèque sera-t-elle inséparablement «  illimitée et périodique ».Par-là, Borges donne une nouvelle tonalité à la circularité, celle de l'Eternel Retour nietzschéen. Si nous étions dans l'ésotérisme traditionnel, on pourrait négliger l'infinité des couloirs et des possibles. Il suffirait d'arriver au but par la méthode la plus appropriée et par le chemin le plus court. Or pour Borges le mouvement circulaire du temps amène le personnage à revenir une infinité de fois par le même point. Nous sommes condamnés à cheminer dans la répétition infinie des sentiers. Quoique indéfini pour nous, l'univers peut être spatialement une totalité finie, (ainsi la totalité des livres). Par l'Eternel Retour et son cercle, le fini engendre définitivement l'infini. L'éternel retour sera ce nouveau labyrinthe dont Nietzsche a bien marqué le dégout qu'il engendrait, celui du Nihilisme. C'est ce qui ressort de la lecture de « l'Immortel » nouvelle que Borges devait d'ailleurs regarder plus tard d'un œil critique.

Lorsque Borges écrit L'immortel, ce pourrait être le récit traditionnel d'une quête héroïque, sorte de poursuite d'un Graal. Un tribun d'une légion romaine Marcus Flamininus Rufus part à la recherche du fleuve de l'immortalité aux confins du monde(le fleuve est métaphore du temps, image de ce qui passe mais aussi revient dans une sorte de circularité éternelle) ; trouver le fleuve c'est trouver l'éternité. Après bien des épreuves, l'épopée va basculer alors dans le fantastique au sens défini plus haut. Rufus trouve un cours d'eau et boit une eau sale et saumâtre ; il entrevoit alors la cité merveilleuse des Immortels tout en rencontrant t autour des sortes de larves humaines qui le suivent avec suspicion. Son parcours n'est pas terminé. Pour explorer la cité merveilleuse il doit y accéder d'abord par un puits puis par le labyrinthe souterrain que nous avons rencontré. Mais outre les couloirs et les chambres, ce labyrinthe reproduit tout à l'identique dans un architecture morne et répétitive ; tout y est sans couleur et distinction. Quant à l'architecture de la cité dont on a déjà parlé, elle est bien pire puisque dépassant toute logique et toute cohérence par sa complexité..

Escher%20-%20Rencontre%20(01)

... " PIRANESE 003Un labyrinthe est une chose faite à dessein pour confondre les hommes ; son architecture, prodigue en symétries, est orientée à cette intention. Dans les palais que j'explorai imparfaitement, l'architecture était privée d'intention. Téléchargement ESHERclip_1_1

PIRANESE (2)On n'y rencontrait que couloirs sans issue, hautes fenêtres inaccessibles, portes colossales donnant sur une cellule ou sur un puits, incroyables escaliers inversés, aux degrés et à la rampe tournée vers le bas. D'autres, fixés dans le vide à une paroi monumentale, sans aboutir nulle part, s'achevaient, après deux ou trois paliers, dans les ténèbres supérieures des coupoles. Je ne sais si tous les exemples que je viens d'énumérer sont littéraux ; je sais que, durant de nombreuses années, ils peuplèrent mes cauchemars ; je ne peux pas décider si tel ou tel détail traduit la réalité ou les formes qui éprouvèrent mes nuits. « Cette ville, pensais-je, est si horrible que sa seule existence et permanence, même au cœur d'un désert inconnu, contamine le passé et l'avenir, et de quelque façon compromet les astres. Aussi longtemps qu'elle subsistera, personne au monde ne sera courageux ou heureux. » Je ne veux pas la décrire, un chaos de paroles disparates, un corps de tigre ou de taureau, où pulluleraient de façon monstrueuse, conjuguées et se haïssant, des dents, des viscères et des têtes pourraient à la rigueur en fournir des images approximatives » . J.L.BORGES. L'IMMORTEL.

Escher%20-%20Bestioles%20relativistes%20(01)

Analysant la nouvelle, Jean-Clet Martin y distingue deux formes de retour : celui « d'une existence giratoire et sans but, revenant sans fin, générant la figure extrême du nihilisme, tendue vers le néant et le non-sens dès que s'impose la révélation de la mort de Dieu dont Nietzsche fait le centre d'une révolution à venir » .Ainsi le labyrinthe souterrain où toutes les chambres étaient identiques et où le « prisonnier «  tournait en rond .Rufus finit par comprendre que les fantômes humains, errants sans but, qu'il a rencontré étaient justement les Immortels dont l'un se révèle être Homère. Si notre monde est une loterie de Babylone, l'immortalité serait par contre le règne de la loi des grands nombres, une échelle où toutes les chances se compensent et s'annulent de ce fait. C'est pourquoi « être immortel est insignifiant » écrit Borges ; quelle importance qu'Homère ait écrit l'Odyssée puisque dans l'infini cosmique de l'éternel retour, il était impensable qu'elle ne soit pas écrite au moins une fois ? Réflexion qui rendent bien relatifs à cette échelle, tout chef d'œuvre et tout héros, sinon pour notre existence trop courte .L'existence des immortels est celle du détachement et du dédain. Leur monde est sans couleur, sans mémoire, où « meurent les jours et les années » sans autre évènement heureux et rare qu'un moment de pluie.

 

  Thomas-Schütte-Große-Geister-Gussstahl-Figur-Nr_-4-1998-Höhe-220-cm-und-Figur-Nr_-15-1999-Höhe-250-cm

« La nouveauté d'un produit tient à son emballage et sera détrônée aujourd'hui même par un autre que le marché déjà impose comme le même. Le monde est le système de toutes les abolitions dans une indifférence planétaire eu égard à la création et à l'événement. C'est comme Nietzsche le fera dire à l'ombre de Zarathoustra, ce spectre mince et noirâtre, creux et usé : «Ô terre, tu es devenue pour moi trop ronde. Sur toute surface déjà me suis assise, comme lasse poussière ai dormi sur des miroirs et sur des vitres ; tout me prend quelque chose et rien ne me donne rien ; je mincis, je ressemble presque à une ombre. » Et cette ombre de poursuivre: « Maintenant rien ne m'importe plus. Rien ne vit plus de ce que j'aime (...). Comment ai-je moi encore quelque envie ? Ai-je moi quelque but encore (...). O éternel partout, ô éternel nulle part, ô éternel - en vain! »

« C'est bien là le nihilisme le plus terrible qui se lève, mis en dépression par l'absence de toute différence et de toute nouveauté. Effondré sous l'égalisation induite par cette répétition qui fatigue notre éternité, l'homme s'épuise à mourir sous l'idiotisme le plus plat. La révélation de cette forme d'éternité conduit les immortels à vouloir tous la même chose: l'abrutissement, le suicide, une petite fiole d'absinthe ou de dopamine pour le plus courageux. Un monde aussi désorienté ne peut que faire valoir le sommeil, le refuge de l'évanouissement en lequel on s'encroûte, fuyant dans un néant de volonté, s'assommant de barbituriques en tout genre, si ce n'est de petites coteries où rien d'essentiel ne saurait nous réveiller. »

. « Le nihilisme est bien le ruisseau putride où Marcus a trempé ses lèvres en recherchant l'immortalité et en ne voyant des autres plus rien qu'une simple ombre, pâle et insipide. Il en va de cette ombre comme de celle de Zarathoustra qui, à son tour, n'aperçoit nulle part de limite, de finalité ni même de fin du monde, mais se perd dans un univers sans borne, blanc et désertique, vide à l'infini. Il lui devient impossible de s'éteindre, de s'achever tant lui ressemblent tous les clones qui l'environnent et la prolongent. L'ombre est immortelle en ce qu'elle n'est plus exposée à aucun principe de distinction et de différenciation. La grisaille du nihilisme est sans frontière. Aussi va-t-elle perdre toute figure, se diluer dans l'indiscernable fadeur de l'éternel retour des mêmes eaux usées, toujours recyclées. Elle se maintient sans répit dans la langueur tiède de ce qui ne saurait valoir jamais comme un instant unique et dissemblable. Le nihilisme est la perte du principe de la différenciation, la perte du différentiable au sein de la répétition… »

… « Échapper au cercle redondant du nihilisme constitue la préoccupation la plus sérieuse de Borges ». J EAN-CLET MARTIN OP.CITE

Thomas-schutte-liondor_20121004171728_20121004171943

 

C'est pourtant de l'extrême pointe du Nihilisme que jaillit un espoir : Si tout doit arriver, si tout se compense, il est impensable écrit Borges qu'un autre fleuve ne survienne et n'annule le premier, celui des Immortels rétablissant ainsi la mort, ce qui changera le sens de la répétition elle-même. En ce sens le chaos oublié de la cité des immortels serait celui de notre existence opposée au labyrinthe des immortels voué à la totalité et à l'identique. Ce qui survient ne sera jamais la fac-similé de ce qui a été puisque toute mort et toute sorte de mort rétablissent la nouveauté et la différence rendant chaque présent unique et singulier par sa fragilité même. L'hétérogénéité de notre labyrinthe si on la comprend et l'accepte sera alors le sel de la vie. Borges conclut ainsi sa nouvelle par une méditation sur la mort et l'immortalité 

« Il existe un fleuve dont les eaux donnent l'Immortalité ; il doit donc y avoir quelque part un autre fleuve dont les eaux l'effacent. Le nombre des fleuves n'est pas infini ; un voyageur immortel qui parcourt le monde, un jour aura bu à tous. Nous nous proposions de découvrir ce fleuve.

La mort (ou son allusion) rend les hommes précieux et pathétiques. Ils émeuvent par leur condition de fantômes ; chaque acte qu'ils accomplissent peut être le dernier ; aucun visage qui ne soit à l'instant de se dissiper comme un visage de songe. Tout, chez les mortels, a la valeur de l'irrécupérable et de l'aléatoire. Chez les Immortels, en revanche, chaque acte (et chaque pensée) est l'écho de ceux qui l'anticipèrent dans le passé ou le fidèle présage de ceux qui, dans l'avenir, le répéteront jusqu'au vertige. Rien qui n'apparaisse pas perdu entre d'infatigables miroirs. Rien ne peut arriver une seule fois, rien n'est précieusement précaire. L'élégiaque, le grave, le cérémonie! ne comptent pas pour les Immortels. Homère et moi, nous nous sommes séparés aux portes de Tanger ; je crois que nous ne nous sommes pas dit adieu. » J.L.BORGES L'IMMORTEL

PIRANESE chambre-sépulcr2

L'éternel retour et le labyrinthe de Borges ne sont pas l'implacable destin et nécessité tels que dans l'antiquité l'ont défendu Stoïciens et Pythagoriciens : 200807_Steinberg_Ring_Dome « j'appartiens à un pays vertigineux où la loterie est une part essentielle du réel ? » est-il écrit dans la nouvelle. Un joueur d'échec face au plus puissant ordinateur,(image possible de l'univers) ayant dans sa mémoire infinie toutes les parties possibles et tous les coups possibles , perdrait quand même de son fait, puisque commettant, dans un instant de fatigue par exemple, la faute fatale que personne ne le forçait pourtant à commettre(il aurait pu faire pat).la machine n'a pas d'intention, pas de plan, elle met en œuvre simplement son ordre mathématique ,son infinie combinatoire comme la Bibliothèque. S'il y a un dieu, il se confond dans l'immanence avec la Bibliothèque elle-même. Aucun dieu transcendant n'impose ici ou ne garantit de logos.

« Tout ce qui nous arrive n'était évidemment pas complètement nécessaire. Ou du moins, ce qui se produit n'est jamais nettement dessiné. Un fait quelconque est, comme un jaune d'œuf, entouré de vaisseaux, de fibres qui vont à l'infini et qui auraient pu se nouer autrement, ailleurs. Desmazieres3 Il se place au carrefour d'un réseau dans lequel les intersections n'existent pas avec le même degré de précision. Au voisinage de ma naissance mugit un monde flou en lequel mon existence va progressivement prendre un contour. Autour du point caractérisant ma posture, il fallait d'abord supposer une zone assez vague, de plus en plus concentrée, pour finalement libérer un être bien arrêté. En remontant vers ces carrefours de l'individuation, la philosophie de Borges épouse la forme du labyrinthe, celle d'une écriture capable d'aborder des mondes qui ne sont plus palpables, des dimensions qui nous cernent et qui insistent encore, semble-t-il, dans chaque événement comme une ombre des plus vivaces. Le moindre fait s'indure, en effet, dans un halo de contingences. Il entre en lutte avec un cortège de futuribles, d'occurrences avortées qui auraient pu s'y substituer et dont on ne pourra pas affirmer qu'elles sont simplement des irréalités. »J EAN-CLET MARTIN OP.CITE

Cornelis_escher_concave_et_convexe

 

Dans l'hétérogénéité du labyrinthe qui est celui de notre existence, toute action n'est pas impossible : ALAIN FLEISCHER AS08 elle change simplement de sens .Borges exaspère l'image négative du labyrinthe traditionnel pour rompre avec ce qu'elle véhiculait . Le héros, le pèlerin,voire le joueur gardaient l'espoir du centre secret, du Graal qui récompenserait finalement les épreuves .L'écrivain argentin rompt de ce fait avec l'idée d'une existence ascétique et d'épreuves purificatrices. Pas de Héros, ni de Saints ni d'Auteurs donc ! (les protagonistes des histoires sont plutôt des tueurs, des espions ou de simples traducteurs lorsqu'il s'agit d'œuvres littéraires).Comme dit plus haut, aucun démiurge transcendant ne garantit le sens, ne choisit le « meilleurs des mondes possibles «  pour nous.il n'y a donc aucune perfection ,aucune harmonie à priori. A l'image d'Astérions ou des lecteurs de la bibliothèque nous errons solitaires dans l'infini des couloirs dont l'architecture logique nous échappe ou du désert sans repères(ce qui revient au même).le Paradoxe que développe Borges, à l'instar de Nietzsche, est que justement l'absence de sens , l'errance (celle du lecteur de Borges par exemple)peuvent nous permettre d' échapper au nihilisme d'un monde de la nécessité absolue, d'un sens fatal de l'histoire ou d'un monde, à l'inverse où tout se vaudrait et se répéterait dans une infinie marchandisation.

ALAIN FLEISCHER.1221_plafond_accueilcce

 

Comme l'écrit Jean-Clet Martin, le principe de l'action perd une garantie extérieure, le confort d'un logos transcendant ; on n'échappe plus à l'immanence de notre monde ; on agit désormais sans savoir, sans justification et « parce qu'on ne sait pas, on expérimente, on tente, on se sent le devoir d'agir ».On accueille ainsi toute nouveauté :

Les rois, les érudits, les théologiens mais aussi les chefs de bande et les gauchos qui peuplent l'univers de Borges, constituent tout un univers exotique qui semble bien nous éloigner du réel ;mais si en effet il nous dépayse , c'est paradoxalement pour mieux nous restituer la richesse de ce réel :

Raskolnikov2

 

Alain-fleischer-dans-le-cadre-du-miroir-1984-2090069 (1)« La fiction borgésienne (et l'on englobera sous ce terme ce qui relève de l'essai, les inquisiciones aussi bien que les ficciones) est d'abord une fabrique où la lecture et la réflexion, la technique littéraire, l'imaginaire et le rêve concourent à la constitution — la reconstitution — d'un monde fort différent de celui que nous avons accoutumé. Nous avons insisté sur une charge critique que nous jugions insuffisamment perçue. Mais à l'avers de la réponse aux illusions du siècle, et de leur congédiement, se dessine ce que l'on nommerait aujourd'hui une contre-proposition : celle de réinstaller, dans notre paysage mental, des dimensions oubliées et par là nouvelles..La factory borgésienne déploie son activité entre les différents plans où s'installent les codes fondamentaux, les schémas perceptifs, les ordres empiriques, les interprétations qui conditionnent l'appréhension de la réalité. Img_7933_mairie_salle_du_conseil_ca_hampartzoumianEn l'occurrence, moins que du raisonnement, elle produit du jeu, et de la conjecture davantage que de l'affirmation. Mais on sait que ce jeu est précisément celui qui nous apprend le monde à travers des histoires. Il y a un effet Borges, qui ressortit à l'humour et à la distance critique ; mais en reconvoquant des formes « périmées » de la pensée, en découvrant les secrètes identités — ou en déployant les disparités les plus inconcevables — des temps, des lieux, des actes de l'odyssée humaine, il réouvre pour nous une réalité en voie de réduction. Une vision du monde est délivrée et proposée, qui l'enrichit, le réenchante et, si nous le voulons, nous désincarcère. »

  GF-Fleischer-02G

 

« Bild L'« offre Borges » est là ; car plus qu'une œuvre, je l'ai dit, il me semble qu'il nous laisse une offre. Je me suis étonné d'en arriver à cette conviction, qui déserte l'analyse littéraire après en avoir emprunté les chemins. Mais c'est peut-être cela, la « littérature » : un paysage intérieur, un édifice symbolique donnant statut humain à la réalité brute, la proposition multiple, réitérée, sans cesse en travail, de références, de métaphores, de questions, de vertiges et de rétablissements. »

Alain fleischer.AS11-tt-width-836-height-550-attachment_id-2388-fill-1-bgcolor-000000

 

« L'offre Borges, c'est celle d'un être relié à toutes les dimensions…Pour accéder à cet univers, il nous faut accepter de nous éloigner du nôtre : celui de Borges s'en détourne, il le dédaigne de toutes les manières possibles, il en enfreint les certitudes les mieux reçues. Il nous dit que nos raisons ordinaires ne sont pas raisonnables. C'est le sens de son exotisme. Il y a un exotisme borgésien ; celui, spatial, de son Orient et (à nos yeux) de son Argentine, ou celui, temporel, de ses théologiens, de ses guerriers et de ses monarques ; mais ce n'est que le décor visible d'un exotisme plus profond, celui de la pensée. »

GF-Fleischer-01G

 

« Borges propose à notre rêverie d'autres lois, d'autres perspectives que celles acquises par l'éducation ..Il nous propose par exemple d'imaginer que l'éternité réside dans l'identité d'un soir et d'un décor quotidien ; qu'un fait unique et peut-être secret résume toute une destinée ; que nos actes les plus ordinaires ou les plus singuliers ont peut-être un sens qui n'apparaît que dans le dessein de plusieurs siècles ; ou s'apparentent à d'éternels et mystérieux rituels, bien éloignés des motifs de la psychologie, de l'histoire ou de la nécessité immédiate ; qu'un rêve nocturne est peut-être la clef, ironiquement cachée, de l'univers ; que tous les livres n'ont peut-être qu'un auteur ; que les temps parallèles existent peut-être comme dans le jardin de Ts'ui Pen ; que le temps s'écoule peut-être en remontantvers sa source, de l'avenir vers le passé ; que nous sommes peut-être les joueurs obligés de la loterie de Babylone. »

Tunneloflight2

« Voilà quelques exemples de ce qu'il emprunte aux philosophies, aux pensées, aux croyances les plus diverses, ce qu'il va rechercher dans les fonds culturels les plus obscurs, alors qu'il n'emprunte jamais rien aux philosophies interprétatives qui dominent son époque, marxisme et psychanalyse. Axiome : toute conjecture est légitime, quoique invérifiable, et parce que invérifiable. Et ces perspectives indéfiniment démultipliées, symétriques ou inversables nous permettent de défamiliariser, de débanaliser le monde et la vie. Nous accédons à un réel qui ne se réduit pas à l'évidence du visible, du déjà-là, du donné environnant ou de l'imaginaire réifié des écrans ordinaires, des images courantes ; à un monde magnifié parce qu'il est une question, parce qu'il est entouré, et irradié, par l'inconnaissable. »

« Quoi de plus licite et de plus gai que d'imaginer un envers de la tapisserie ? Quelle plus heureuse ressource que de ne rien exclure dans l'intelligence possible du réel ? À travers le foisonnement d'un héritage humain riche de tant de rêveries, de pensées, de croyances, de conjectures, et d'une civilisation qui, loin de se borner aux siennes propres, a recueilli dans ses bibliothèques celles des siècles antiques et des pays lointains, nous avons à coup sûr appris le relativisme, mais nous avons aussi amassé un trésor sans pareil de questions et de songes. Il nous est loisible de puiser librement dans cette malle des Indes. Restituer au monde sa part de mystère et de sacré sans demander la crédulité ou la foi … »FRANCOIS TAILLANDIER.BORGES UNE RESTITUTION DU MONDE

  2013AlainFleischer_g

http://agoras.typepad.fr/regard_eloigne/2013/12/le-cercle-et-linfini-sont-l%C3%A2me-du-labyrinthe-les-labyrinthes-de-jorge-luis-borgesfin.html


Le mythe au service de Satan est devenu la subversion du monde de la foi .

6a00d8341ce44553ef0191024f458c970c-800wi

« 9782701136134 Le mythe consisterait en quelque sorte à tenir un discours profus et narratif pour empêcher le questionnement de prendre la forme d'alternatives théoriques qu'on devrait trancher une fois pour toutes par « oui » ou par « non ». Si, comme le disait Althusser, il y a «un nécessaire dogmatisme de la thèse », le mythe évite de susciter des questions dont la réponse peut consister en une thèse. Sa manière de se dérober, c'est de « faire des complications», …Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?, dit une plaisanterie qui, comme tout mot d'esprit, a son fond de vérité : la complication narrative, les tours et détours du mythe sont un principe de plaisir, comme le voyage d'Ulysse qui l'entraîne hors de la quotidienneté. «Si l'on cherche un instrument descriptif universel pour les façons de procéder du mythe, on pourra tenter au moins une approche avec l'idée d'Umstândlichheit: la ruse, le déguisement, la transformation, l'erreur, forment la trame favorite des mythes, qui mettent en scène des complications, des égards oubliés, des transgressions punies, des désirs dont l'assouvissement passe par des tours et détours. C'est par là que le mythe communique avec le rite comme avec l'ensemble des procédés visant à agir « par procuration » et substitutions : « le rapport humain à la réalité est indirect, embarrassé), retardé, sélectif et avant tout "métaphorique"». Les complications du mythe reflètent les opérations substitutives auxquelles l'humanité a recours pour jouer avec une réalité qu'il s'agit ainsi de fractionner, d'acclimater, de rendre familière . Jean Claude Monod. Hans Blumenberg .Belin.Le Mythe Au Travail.(c'est moi qui souligne)

Le mythe restait une pensée « primitive », un tenant-lieu provisoire de la raison, de la théorie scientifique et des concepts .Blumenberg s'élève fortement contre cette tradition. Les fonctions du mythos et du logos, de l'image et du concept, sont pour lui équivalentes ; les deux engendrent de la distance envers une réalité à laquelle le sujet est livré, qu'il doit maîtriser.

Il va sans dire que tous les mythes sumériens babyloniens sont des inventions satanismes pour perdre les nouvelles générations qui ne sont plus cultivées des récits monothéistes et sont le fond de commerce de sectes satanistes qui polluent l'esprit des jeunes générations ,mais vous verrez par la puissance de Dieu leur supercherie ne rentrera pas dans les coeurs pures ils en seront préservés quand aux autres les orgueilleux qui nient et renient ,servez vous de votre intelligence et libérez vous de ces sites qui font la promotion de la création de l'homme par des extraterrestres ,vous avez un avantage on vous a menti au sujet de vos origines voyant que l'homme n'acceptez d'etre un singe intelligent ,on vous amène sur une nouvelle direction les extraterrestres la bonne blague,ne tombez pas dans le panneau qui a crée les extraterrestres ,la poule ou l'oeuf on se mord la queue comme le serpent s'enroule autour de la vérité pour l'asphyxier.RJ

  Hans-Blumenberg-Lubbeck

« La théorie des formes symboliques permettait seulement de corréler les moyens d'expression du mythe à ceux de la science, mais encore dans un rapport historiquement irréversible et avec la prééminence irrémissible de la science - terminus ad quem…

cette philosophie conçoit le mythique comme la forme par excellence de ces opérations qui sont encore possibles et nécessaires par surcroît pour supporter un monde et vivre dans un monde qui n'a encore aucune théorie»,

Un tel pré-savoir de la fin supposée exclut de thématiser le mythe comme forme d'élaboration de la réalité, authentiquement juste..

« il devrait être clair que l'antithèse du mythe et de la raison est une invention tardive et funeste, dans la mesure où elle renonce à voir la fonction du mythe -celle de dépasser toute l'étrangeté archaïque du monde - comme une chose rationnelle, quelque indigents que puissent paraître ses moyens ».

  Goya1

L'analyse qu'entreprend Blumenberg va s'inspirer des thématiques freudiennes qu'il déplace vers le mythe : il existe un « travail du mythe », comme il existe pour Freud « un travail du rêve ». Goya_witch Pour le fondateur de la psychanalyse, le rêve condense, déplace des significations parfois insupportables ou perturbatrices pour la vie psychique du sujet ; de même, le travail de deuil «élabore» la douleur, lui ôte peu à peu son caractère écrasant. Le travail du mythe, selon Blumenberg, met de la même façon, à distance l'angoisse devant le chaos, grâce à des images familières, personnifiées, de façon à la diluer dans des récits; mais ce travail connaît un «processus secondaire» qui fait oublier qu'il a servi, à l'origine, à transformer « l'angoisse ». Le mythe transformera par exemple l'angoisse (du rien) en peur, en une « peur » des dieux, moins intense, parce que moins diffuse; on peut s'adresser aux dieux, non au vide. D'un fond de terreur, le mythe tire des formes divines et des récits captivants.

 

L'exemple que donne Blumenberg est celui de la naissance D'Aphrodite/Venus qui nait de l'écume de la mer. (On a évidemment en mémoire le tableau de Botticelli). or cette belle image efface l'origine du mythe qui lui a donné naissance,la séparation nécessaire du ciel Ouranos et de la terre Gaia ( soit donner sens à une indistinction première ,échapper au chaos, mettre de l'ordre).Cronos (le temps) accomplira cette tâche en émasculant son père Ouranos pour l'être finalement lui aussi par Zeus, celui qui va être à l'origine des lois du monde en triomphant des forces obscures. L'esthétisation est oubli de l'origine : Aphrodite est née en fait de la semence d'Ouranos dont l'organe sexuel a été jeté à la mer. « Aphrodite naît de l'écume de la terrifiante émasculation d'Uranus - c'est là comme une métaphore de l'opération du mythe», note Blumenberg : d'un fond de violence archaïque extrême naît une forme belle, rassurante.

 

«Cependant, son travail [celui du mythe], alors, n'est pas à son terme : dans la Vénus Anadyomène de Botticelli, celle-ci s'élève hors de l'écume de la mer, et seulement pour les connaisseurs du mythe à partir du secret de la terrible blessure d'Uranus. [...] L'arrière-plan de terreur a été oublié, l'esthétisation accomplie ».

  

Le travail du mythe repose pour Blumenberg sur le processus de « signifiance » (d'autres traductions emploient significativité).Principe culturel selon lequel les choses vitales reposent sur d'autres significations et valeurs que le monde des sciences exactes.

  750864803

Ainsi, dans une approche objective, l'espace et le temps restent indifférents à ce qui se produit. La raison se heurte ici à l'anonymat et à l'indifférence de la réalité par rapport aux souhaits humains. Il en est de même pour le principe de causalité ou le caractère nécessaire des lois. Le mythe au contraire réintroduit une structure de désir dans la réalité en brisant l'homogénéité et l'indifférence du temps et de l'espace : il permet de distinguer des lieux et de leur accoler une histoire, de distinguer des temps en leur associant des événements qui ont une portée humaine, une signification. Ainsi la figure cyclique et rassurante de l'Odyssée  « le schéma cyclique a été une figure de la confiance dans le monde». Sens du «retour» d'Ulysse : cercle qui se ferme, durée qui fait sens, espace qui n'a pas été parcouru sans fin, en vain.

Là où le concept est la marque de la clarté et de la distinction, la théorie , celle de la cohérence logique , les mythes restent pourtant le domaine de l'ambiguïté, de l'incertitude quant au sens, de la multiplicité des interprétations. Ce reproche habituel fait justement la valeur des mythes aux yeux de H.Blumenberg.le mythe pour cette raison est sans cesse repris et réélaboré : il donne à penser comme Ricœur le disait du symbole.la  « significativité  implique précisément la plurivocité, qui ne tient pas seulement au potentiel apparemment inépuisable d'élaboration du mythe, mais aussi à la pluralité des théories sur son origine et sa fonction véritable »

Uran_vs_cron

Contrairement à la science qui fournit des réponses mais chaque fois dans un domaine délimité de spécialisation, les grands impératifs anthropologiques posent des questions toujours ouvertes, peut être nécessairement sans réponses, mais qu'on ne peut justement ne pas poser. Elles concernent le tragique humain(l'origine,  la limite essentielle de l'action individuelle ,le sens de la culture , la mort etc... Le caractère structurel du mythe est selon Blumenberg de, justement reposer ces questions à l'infini. On se dispute et on reprend sans cesse par exemple les mythes d'Œdipe ou de Prométhée.  « L'histoire de Prométhée ne répond à aucune question sur l'homme, mais elle paraît renfermer toutes les questions qu'on pourrait poser à son propos »

  

Le paradoxe du mythe n'est pourtant pas de nous fournir des réponses ,ni de poser clairement des questions mais selon l'auteur de rendre au contraire « inquestionnables », certaines interrogations, non en les occultant ou en les supprimant mais en inventant « avant que la question ne devienne urgente et pour qu'elle ne le devienne pas »,ce qu'il oppose aux dogmesthéologiques qui élaborent des réponses et aboutissent à un credo.

  Philosophe_regardant_deux_papillonshttp://agoras.typepad.fr

Posté par rusty james à 14:47 - - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

Chrétien on vous ment le Vatican est une secte satanique

 

demon

 

flickr-2085624069-image

« …Le Vatican est un temple païen IDOLATRE !!...Il est intéressent de savoir que l’un des premiers gestes de Constantin quand il se convertie et d’offrir aux deux Eglises de Rome, St Pierre et St Jean de Latran d’énorme quantité d’argent et d’or et des statues grandeur nature en argent massif des apôtres et de Jésus si bien que très vite les Eglises de Rome ressemble à des TEMPLES PAIENS…Cela est contraire à la loi de l’Eternel ! Elle viole le 2ème commandement comme si cela était normal !

« Tu ne feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. » Exode 20.4

Laocoon

Laocoon et ses fils Mythologie grec (musée du Vatican) Idolâtrie.

Cybèle mère des dieux Mythologie antique (musée du Vatican) Idolâtrie.

 

Idolâtre Jean Paul II

« Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point » Exode 20.5

« Veillez attentivement sur vos âmes, de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne vous fassiez d’image taillée, une représentation de quelque idole, la figure d’un homme ou d’une femme » Deutéronome 4.16

Cette secte religieuse catholique n’a jamais respecté l’enseignement de Jésus fils de Marie (paix sur eux) et cela ne date pas d’hier. Les véritables chrétiens ont disparus depuis l’édification de l’Eglise catholique romaine par l’empereur romain Constantin. L’empire romain s’effondrait, il fallait vite trouver une solution, rendre la secte chrétienne catholique officiel, elle est devenue crescendo une institution hiérarchisée au pouvoir absolu effectuant plus de 20 CONCILES jusqu’à nos jours, une grande secte politique qui rejetait et condamnait tout ce qui n’émanait pas d’elle-même.

Peu à peu certains chrétiens déçus par l’enseignement de cette secte catholique formèrent d’autres groupes et mouvements clandestins, ils seront chassés et persécutés jusqu’au derniers. 

Quel dieu peut bien servir cette secte église catholique pour piller, tuer horriblement, coloniser en masse toute la planète en imposant ces règles pour en finir à nous aiguiller vers un nouvel ordre mondial ? …

L’Eglise catholique ne peut pas se prétendre appartenir au trois religions monothéiste mais l’église catholique est une SECTE DIABOLIQUE MISE EN PLACE PAR SATAN !... »

Fin citation

3) ETUDE SUR LA BIBLE

Extrait des Etudes sur la Bible, par IslamMédia

Etude 11 : L'Idolatrie : Marie et Jésus  

 Commandement :

« Je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n’y a point de Dieu. » Es 44.6

« Tu ne feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. » Ex 20. 4

« Maudit soit l’homme qui fait une image taillée ou une image en fonte, abomination de l’Eternel… » Dt 27. 15

Les romains contrôlaient un vaste territoire avec une multitude de religions locales. Petit à petit, ils vont idolâtrés Marie et Jésus, comme les autres idoles de leurs territoires. La statue d'une mère avec son fils dans les bras était très courante dans l'empire romain et même jusqu'en Inde. Il y avait même une statue de Marie tenant Jésus dans ces bras dans la Kaaba (à la Mecque/Mecca).Avant que  le coran  ne soit apparue retirant les idoles de la maison sacrée.

images

A Gauche divinités Isis et Horus idolâtrés en Egypte. A Droite Marie et Jésus Idolâtrés par les Chrétiens

5-Marie-et-Jesus-idolatre-en-afrique

A Gauche les divinités Devaki - Khrishna en Inde. A Droite Marie - Jésus en noir idolâtrés pour convertir les africains par propagande évangéliste !

 

Semiramis_Tammuz

 

A Gauche divinités Semiramis et Tammuz à Babylone. A Droite divinités Irene et Plutus en Grece.

Notre Créateur a dit

 : ‹Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens : ‹Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d'Allah?› Il dira : ‹Gloire et pureté à Toi ! Il ne m'appartient pas de déclarer ce que je n'ai pas le droit de dire ! Si je l'avais dit, Tu l'aurais su, certes. Tu sais ce qu'il y a en moi, et je ne sais pas ce qu'il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. Je ne leur ai dit que ce Tu m'avais commandé, (à savoir) : ‹Adorez Alaha, mon Seigneur et votre Seigneur›. Et je fus témoin contre eux aussi longtemps que je fus parmi eux. Puis quand Tu m'as rappelé, c'est Toi qui fus leur observateur attentif. Et Tu es témoin de toute chose. » Coran Sourate 5.verset 116 et 117

 

Statue géante de Jésus Idolâtré à Rio de Janeiro au Brésil

« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » Mt 7.21-24

« Si l'on veut bien y faire attention, la religion catholique apostolique et romaine est, dans toutes ses cérémonies et tous ses dogmes, l'opposé de la religion de Jésus. » (Voltaire)

 

L’Eglise de Vatican II,

 

par les vertus maçonniques du dialogue interreligieux,

 

célèbre la reconnaissance officielle de l’idolâtrie.

 

  

 

  On le sait, hélas ! Benoît XVI a décidé de commémorer, en octobre 2011, le vingt-cinquième anniversaire de la réunion interreligieuse d’Assise, et de  béatifier le premier mai de cette même année, celui qui en fut l’organisateur et le maître d’œuvre idéologique, à savoir Jean-Paul II.

 

Il ne faut pas se le cacher, comme le soulignait l’abbé Régis de Cacqueray, supérieur du district de France de la Fraternité Saint Pie X, : « que cette convocation soit faite par le vicaire de Jésus-Christ sur la terre constitue une injure insoutenable à l’égard de Dieu », et de ce point de vue, il est indéniable que nous nous trouvons en face d’un très grand scandale spirituel absolument inacceptable et impie, contraire à la foi catholique.

 

I. L’erreur du dialogue interreligieux

 

  Depuis le concile Vatican II, concile pastoral non-dogmatique, qui multiplia les erreurs notamment à l’égard du judaïsme, les avocats du dialogue interreligieux préfèrent positivement, à la proclamation du seul salut en Jésus-Christ, un « nouveau paradigme » obligeant à une révision des positions traditionnelles sous prétexte de la reconnaissance d’une multi-religiosité diversifiée. Il n’est pourtant pas possible de postuler qu’un non-chrétien puisse se sauver « par » sa religion, cette dernière ne possédant pas, par définition, les fruits précieux que constituent les enseignements de la Révélation dispensateurs des dons surnaturels de la grâce, nous remémorant qu’il y a peu, l’Eglise, par la plume de Pie IX signant le Syllabus le 8 décembre 1864, réprouvait fermement et rejetait catégoriquement l’opinion suivante la regardant comme une erreur condamnable, apostate, blasphématoire, contraire à la foi de l’Evangile :

 

« Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. » (Syllabus, § III, XVI-XVII, Rome, 8 décembre 1864).

 

 

 

 

 

(Psaume 96, 5)

 

 

 

 

Croyants ne tombez dans le déni vous savez bien que toutes ces statues sont de l'idolâtrie et une insulte a l'éternel pourquoi ne pas l'accepter votre foi vous est acquise ,la pureté de votre amour n'est pas en cause vous êtes les victimes pas les coupables ,est ce que l'on condamne une femme amoureuse quand son mari la trompe non elle n'y est pour rien alors faites ce qu'il faut pour n'adorer que Dieu directement et abandonner vos idoles c'est un péché très lourd si vous le savez sans en changer .

 

que Dieu vous guide et vous bénisse ..........

 

 http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/01/22/l%E2%80%99apostasie-de-l%E2%80%99eglise-face-aux-religions-non-chretiennes/

 

http://www.dailymotion.com/video/xe6oqu_chretien-on-vous-ment-le-vatican-es_webcam

 

 

LE VATICAN IMAGES CHOQUANTES !

 

http://www.dailymotion.com/video/xemgf8_chretien-on-vs-ment-le-vatican-est_webcam

http://www.youtube.com/watch?v=JBiOC7uMAvo

 

 

Le Vatican Et Ses Pratiques Sataniques, maconnique preuvent en images...

Preuve de la corruption du livre des témoins de jehova par le pasteur Russel

tc3a9moins-de-jc3a9hovah-laurent-glauzy

Quel drôle de " pasteur " ?

- mettre le symbole d'un dieu étranger (Egyptien en plus) ayant un rapport avec la magie sur des ouvrages selon elle : annoncés prophétiquement par " Apocalypse 8:5 " comme complément nécessaire à celui d'autres textes des Ecritures.(Mystère Accompli, 1917, p.189)

 

Pourquoi Russell n'a-til pas suivi cette pensée de l'Eternel ? - Pourquoi Russell a-t-il placé ce symbole diabolique d'un dieu ennemi de l'Eternel comme parure de ses ouvrages soit disant " d'origine divine " ? - On reconnaît un arbre à ses fruits ! la version française est toute autant abominable :

Cette représentation particulière utiliser par Russell est un symbole du 33e degrés franc-maçon. Les origines de ce symbole remontent à la magie de l'Égypte ancienne. Albert Churchward (30e degrés) dans son livre "Signs and Symbols of Primordial Man, the Evolution of Religious Doctrines from the Eschatology of Anciant Egyptians" nous dit que le "Winged sun disk" est utilisé par les maçons du 33e degré (degré le plus élevé) et que eux seuls en connaissent le sens. page 344 Les personnes prestigieuses tel que présidents et homme de clergé sont initiés aux membres honoraires du 33e degrés

.

Les francs-maçons aiment que des hommes aux positions influentes se joignent à eux. Ils leurs donnent ce statut. Selon les dires d’un ex-33e degrés, Russell aurait été une cible de premier choix pour ce recrutement. La signification du WING-SUN-DISK tire son origine de l’Égypte ancienne. Le dieu Soleil actuellement adoré par les francs-maçons de haut degré est le dieu Soleil connu dans plusieurs cultures et sous différents noms. Cet ancien symbole qui représente OSIRUS (le dieu Soleil), HORUS et ISIS sont utilisé par les francs-maçons du 33e degrés.

Dans le volume "Pratical Egyptian Magic", page 107, la description suivante est donnée: "L'emblème de l'élément de l'air consiste en un cercle de type disque solaire entre deux ailes. Dans un rituel de magie, il est suspendu au-dessus de l'autel en direction de l'est et est utilisé pour invoquer le sylphe (génie de l'air dans la mythologie gauloise et germanique), pour lui demander sa protection et sa coopération".

 

En 1912, lorsque Russell a commencé à mettre ce sigle sur ses livres, la Société théosophiques (occultes) commençait à publier le Théosophy Magasine, lequel utilisait ce symbole aussi.

on peut très bien voir l'inscription de "Jehova's Witnesses Assembly Hall" sur la façade de la bâtisse (localisée sur Queens à New York) où avaient lieu ces réunions. Le sujet de la réunion, à ce moment-là, était "God cannot lie" (Dieu ne peut pas mentir.) Au haut de la façade, on peut très bien distinguer des dessins représentant des Égyptiens de l'ère pharaonique, et aussi le fameux disque solaire ailé représentant le dieu égyptien Râ qu'on retrouve également sur la couverture de ses livres "Le Divin Plan des Âges".

On peut mieux distinguer ces dessins sur cette autre photo Naturellement ce Symole est bien présent chez les francs-maçons, par exemple dans le temple maçonnique de Philadelphie, " Masonic Temple Grand Lodge - Egyptian Room " ( en haut ). 

Comparons l'ouvrage de Russell et celui de l'occultiste Aleister Crowley: tout comme un autre de ses ouvrages satanique : Aleister Crowley Magical and Philosophical Commentaries Aleister Crowley, est un écrivain et occultiste britannique. il est surtout connu pour ses écrits sur l'occultisme et particulièrement pour le Livre de la Loi (The Book of the Law)

,

le livre sacré de Thelema. Crowley était également membre influent de plusieurs autres organisations occultes : l'A.'.A.'. et l'Ordo Templi Orientis. (O.T.O.) (« Ordre du Temple de l'Est » ou « Ordre des Templiers Orientaux ») en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Aleister_Crowley il était également un franc-maçon Charles Russell connaissait très bien l'origine occulte de ce symbole En 1921,

le périodique Golden Age a publié un article de Morton Edgar, auteur renommé en pyramidologie et en mythologie égyptienne (auteur qu’ils ont dénoncé plus tard à cause de son implication en pyramidologie). Dans cet article il fait mention du disque solaire ailé et de ses significations païennes religieuses et occultes.

     

Il a écrit Morton Edgar « Combien se réjouira la pauvre création gémissante lorsque Christ, le vrai «soleil de la justice,» se lèvera avec la guérison dans ses ailes. (Malachie 4 : 2) Quelle différence avec ce cruel «soleil» d’injustice, lequel se lève avec la mort dans ses ailes. L’allusion de Malachie aux «ailes» du soleil provient évidemment du symbole bien connu du dieu-soleil de l’Égypte et de l’Assyrie. Au-dessus des portes des anciens temples et tombeaux dans ces pays, nous voyons d’habitude une représentation du dieu-soleil, sous la forme d’un disque rond avec des ailes déployées. » « En compagnie du soleil en tant que grand dieu du feu, nous trouvons le serpent. Owen dit : « Dans la mythologie du monde primitif, le serpent est universellement le symbole du soleil. » (Owen, Davies’s Druids, dans une note, p. 437) En Égypte, le signe le plus commun du soleil, ou dieu-soleil, est un disque avec un serpent lové autour de lui. (Bunsen, Hieroglyphics, vol. 1, p. 497) La raison originale pour la relation du serpent avec le soleil apparaît avoir été que, alors que le monde physique reçoit sa lumière du soleil, le serpent était considéré avoir été le grand porteur de lumière du monde spirituel, en donnant à l’humanité la connaissance du bien et du mal. Cela, comme de raison, comme toute idolâtrie, est une perversion absolue de la vérité; mais il sert à identifier le dieu-soleil avec Satan. » The Golden Age, 25 mai 1921, p. 506.

Aujourd'hui ce symbole diabolique est encore utilisé comme emblème de l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix :

http://temoinsdejesus.fr/FRANC/DisqueSolaire.php

Posté par rusty james à 01:21 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Aleister Crowley & la Franc-Maçonnerie

aleister crowley canalblog

Nous vous proposons d’étudier avec nous les connexions entre Aleister Crowley et la Franc-Maçonnerie, débat qui fait rage entre les disciples actuels de la Grande Bête 666 et les Maçons « réguliers » ou même « irréguliers ». Nous allons essayer de donner quelques éléments de réflexion tendant à prouver l’affiliation de Crowley à la Maçonnerie « irrégulière » et de cerner les raisons qui l’ont poussé à y rechercher une quelconque reconnaissance.

La Franc-Maçonnerie n’est pas un ensemble homogène, mais un groupe hétérogène de degrés et de rites. La Maçonnerie est un ordre fraternel et tous les Maçons doivent au moins appartenir à une Loge Bleue qui regroupe les trois premiers grades : Apprenti, Compagnon et Maître. Il y a en outre une multitude de degrés additionnels (que l’on nomme les Hauts Grades) dont le but est de prodiguer un enseignement plus ésotérique et de faire le lien avec des traditions autres que celle des Métiers : la gnose, la Rose-Croix, les Templiers… Seuls les Maîtres Maçons peuvent prétendre à rejoindre ces hauts degrés et l’admission se fait uniquement par cooptation. La Maçonnerie est souvent liée à d’illustres noms ou filiations : Chevalier du Temple, Rose-Croix, Ordre Royal d’Écosse, etc. Il n’est donc pas surprenant que Crowley avec son goût pour le faste et les titres glorieux se soit senti attiré par cette école initiatique.

Crowley nous dit, dans ses « Confessions », qu’en 1904 il a été élevé à la Maîtrise (c’est-à-dire qu’il a été initié au 3e degré) au sein de la Loge Bleue anglo-saxonne N° 343 à Paris. Cette Loge avait au départ été ouverte pour des Anglais expatriés qui ne pouvaient pas s’affilier à la Grande Loge Unie d’Angleterre du fait des standards appliqués à la sélection des candidats (il n’est cependant pas prouvé que cette Loge aurait été un magasin à titres maçonniques bien qu’elle octroyait les trois degrés en l’espace d’un seul week-end).

À cette époque, cette Loge était gouvernée par le Grand Orient de France. Cet organe maçonnique irrégulier n’était pas reconnu par la Grande Loge d’Angleterre et donc ses membres n’étaient pas reconnus par elle comme Maçons. Crowley clama qu’il avait été introduit là par un Passé Grand Chapelain Provincial d’Oxforshire (qui n’aurait jamais participé aux travaux d’une loge irrégulière). Cependant, il n’y a aucune documentation qui puisse servir de preuve pour affirmer ce fait, & il n’a sans doute jamais été initié en Angleterre non plus. Il essayera plus tard d’entrer dans une Loge de Londres mais on lui en refusa l’entrée sur le fait qu’il appartenait à une Loge non reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre et donc « irrégulière » selon les landmarks.

En 1914 Crowley écrivit à la GLUA en demandant le droit de rejoindre & de participer aux travaux des Loges anglaises, & ceci sur la base de son initiation en France. La réponse fut un refus catégorique du fait, à nouveau, de l’irrégularité de sa Loge mère française.

La raison de ces essais d’entrer dans les Loges régulières anglaises n’est pas très claire. On peut supposer que cela viendrait d’une période critique dans ses activités magickes ou également de l’entrée de l’Equinoxe dans sa phase de « silence », comme cela avait été imposé par Crowley à l’A.·.A.·. suivant un cycle de cinq années. Il se pourrait tout aussi bien que Crowley voulait légitimer ses activités au sein de cercles magickes qu’il visitait – à cette période la Franc-Maçonnerie était un des supports de la monarchie dont certains membres étaient affiliés à la GLUA et offrait donc une couverture honorable. Ainsi, il aurait voulu donner l’impression qu’il avait le soutien et la reconnaissance des autorités de son pays afin de redorer son blason et gagner plus de disciples proches de la GLUA. Ainsi, la reconnaissance de son statut de maçon régulier aurait pu donner un aval à ses activités en « marges » de la maçonnerie.

Il est fort peu probable que Crowley ait vraiment voulu prendre une place régulière au sein de la Maçonnerie car quelques-uns de ses Ordres magickes étaient déjà basés sur un ensemble de Hauts Grades assez complexes & portant des titres ronflants et pompeux que la Maçonnerie ne possédait pas. Il est plus vraisemblable que pour Crowley son entrée au sein de la GLUA était une porte ouverte qui lui permettait d’avoir accès à des degrés de « marges » qu’il aurait pu ajouter à ses titres & qualités, & aussi apporter de nouveaux rituels qu’il aurait pu utiliser pour ses propres besoins. À cette époque, le matériel rituel imprimé était rare voire quasi inexistant et la seule manière de se les procurer était d’entrer dans les Ordres qui les possédaient.

De plus, une activité régulière au sein d’une Loge bleue prend beaucoup de temps libre, pour remplir les offices en Loge il est nécessaire de mémoriser de nombreux morceaux de rituels ce qui, à moins qu’il n’ait été vraiment dévoué à sa tâche, ne l’aurait jamais attiré. En outre, il est parfois assez onéreux de participer activement aux activités des nombreux grades maçonniques et cela n’aurait pu convenir à Crowley au vu de ses problèmes financiers de l’époque.

Il y a un élément qui consolide le fait que Crowley ne considérait pas la Franc-Maçonnerie comme réellement valable si ce n’est pour se procurer des rituels « clé-sur-porte ». Cet élément concerne le Royal Arch, degré additionnel, le seul reconnu par la GLUA et considéré comme le complément du degré de Maître Maçon. Si Crowley considérait les grades bleus comme utile au niveau psycho-spirituel, alors ce grade aurait dû être un des plus essentiels, car il fait table rase des enseignements des 3 premiers degrés et révèle une nouvelle « vérité » occulte & supérieure. Et ceci a été largement répandu par la GLUA qui décrivait le Royal Arch comme la composante essentielle du degré de Maître Maçon. L’ignorance totale de Crowley quant à ce degré dans une optique « orthodoxe » donne crédit à l’argument que son intérêt pour la Franc-Maçonnerie n’était donc qu’une recherche des « signes & attouchements » plutôt que de l’illumination que l’on peut retirer de ses enseignements. En fait, il est fait mention du Royal Arch dans le Liber II de l’OTO où l’on dit que les « secrets » du RA sont compris dans les enseignements de l’OTO. Selon d’autres sources d’information, Crowley aurait pu avoir accès aux rituels du Royal Arch au sein de l’OTO, car il en constitue un des éléments d’un de ses Hauts Grades et comme Crowley était le Grand Maître de l’OTO, il est probable qu’il ait pu accéder à ces rituels. Cependant Crowley ne sera jamais initié aux Hauts Grades de l’OTO du fait de la possession de ses autres qualités maçonniques, qui bien qu’irrégulières selon les standards de la GLUA étaient reconnus par Reuss alors Grand Maître de l’Ordo Templi Orientis. Donc, Crowley n’a jamais reçu les enseignements du Royal Arch sous la lumière de l’initiation et ils sont sans doute restés d’un impact peu important dans son système.

En 1900, Crowley prétend dans ses Confessions qu’il a été initié au 33° degré maçonnique du Rite Écossais Ancien et Accepté. Il semble que cela ait eu lieu à Mexico, par un Suprême Conseil dont on sait peu de choses. À cette époque, en Amérique du Sud, il y avait de nombreuses organisations maçonniques parfois à la vie aussi brève que ténébreuse & aux activités parfois assez diffuses. Me problème avec cette prétention porte sur les dates. En effet, pour être coopté au sein des Hauts Grades, le Maçon doit déjà être en possession du grade de Maître Maçon. Et à cette époque, en 1900, Crowley n’était même pas encore entré comme Apprenti dans une Loge bleue (cfr supra) il y a donc une contradiction – soit Crowley a pris les trois grades avant et ont lui a accordé le 33° sans respecter les délais d’usage ou il a inventé toute cette affaire.

L’histoire de ces événements est relatée dans ses Confessions et Crowley prétend qu’il reçut les initiations suite à une aide apportée à un individu au sein d’un autre ordre mystiqueconnu sous le nom de L.I.L.. Et l’on ne sait rien de plus que ce qu’il en est dit dans ses Confessions pour confirmer ou infirmer ce fait.

Crowley aura toutefois au moins un autre contact avec la Maçonnerie, au travers de John Yarker (1833 – 1913). En 1872, Yarker, un chercheur maçon de renommée, membre de la Loge Quatuor Coronati N°2076, avait constitué un Ordre Maçonnique appelé Rite Ancien & Primitif au travers de la création d’un Grand Conseil des Rites & s’être installé lui-même en tant que Grand Maître.

La Rite Ancien & Primitif était un amalgame de trois différents rites maçonniques : l’Ancien & Accepté, avec ses 33 degrés, le Rite Oriental de Memphis avec ses 96 degrés & le Rite de Mishraïm avec ses 90 degrés. La RA&P sous Yarker était simplifié en 33 degrés qui synthétisaient les 219 degrés des trois Rites de base.

Ce Rite n’était pas reconnu comme régulier par les autres corps maçonniques, mais il n’en continuait pas moins ses activités. Comme résultat, Yarker sera expulsé du Suprême Conseil « officiel » du RA&A mais resta au sein de la Maçonnerie bleue. Le but de cet ordre était, comme il le dit lui-même, « de donner à chaque maçon la chance d’obtenir les hautes initiations maçonniques à un prix raisonnable ».

En 1909, Crowley entra en contact avec Yarker & il en résulta que celui-ci octroya à Crowley les 33°, 90° et 95° degrés par poste ! On ne sait trop si Yarker vendit ces degrés à Crowley comme cela semblait être son habitude. Le diplôme de 33° de Crowley a survécu et on peut le consulter sur le site de PR König.

Yarker était à la fin de sa vie et on a supposé qu’il veuille trouver une personne qui continue son oeuvre au sein du RA&P après sa mort. Bien que l’on ait déjà soulevé le problème du monnayage des grades, on ne peut nier l’intérêt primordial de Yarker pour la Maçonnerie, dans son ensemble, & pour le RA&P en particulier. Donc, nous pouvons supposer qu’il cherchait bien quelqu’un qui puisse reprendre le flambeau après sa mort, personne avec les qualifications, qualités & intérêts dans le RA&P.

Le décès de Yarker le 20 mars 1913 est rapporté dans l’Oriflamme, l’organe officiel de l’OTO sous Reuss et par Crowley dans son Equinox.

Dans le studio de Crowley au 76 Fulham Road à Londres, le 30 juin 1913, une réunion fut tenue par le Souverain Sanctuaire du RA&P. Il devait décider de l’avenir du Rite après la mort de Yarker. Ceux qui étaient présents : Crowley, Reuss, Henri Meyer, Leon Angers Kennedy & William Quilliam. Henry Meyer fut élu valablement à la dignité de Souverain Grand Maître Général du RA&P pour la Grande-Bretagne et l’Irlande. Il semble que Crowley fut élevé au 96° degré du Rite de Memphis et élevé à la dignité de Patriarche Grand Administrateur Général.

Selon la notice nécrologique de Yarker dans l’Equinox, Crowley se donnera pour 97° du Rite de Memphis… Mais il n’y a aucun document qui puisse avaliser cette prétention.

Pour finir dans ce registre, John Symonds rapporte un incident dans sa biographie dédié à Crowley, The King of the Shadow Realm. Il nous dit qu’en 1914, Crowley quitta l’Angleterre pour les USA, porteur d’une Charte qui le proclamait Honorus Magus de la SRIA. Toutefois, Crowley n’était pas membre de la SRIA, ce qui est prouvé par l’absence de son nom dans la Livre d’Or de l’Ordre, un registre qui reprend tous les membres de la SRIA. De plus, le titre d’Honorus Magus ne pouvait être donné que par le Mage Suprême de la SRIA & Crowley n’était pas à cette époque en relations amicales avec personne de la SRIA. Crowley était bien connu de la SRIA mais ses « chefs » le tenait lui & son oeuvre en piètre considération. Cependant, il semblerait que cette patente lui ait été transmise par un ordre américain qui se prétendait être issu la SRIA mais sans aucune charte lui donnant ce droit.

Wynn Westcotttenait la position de Mage Suprême à cette époque, mais il n’a jamais été en termes amicaux avec Crowley & il ne lui aurait jamais donné un quelconque document émanant de la SRIA. Bien que Mathers soit un membre de la SRIA, à cette époque il se battait contre Crowley au sujet du matériel de la GD que celui-ci venait de publier dans son Equinox & il n’aurait jamais aidé Crowley à se procurer un tel certificat. Une preuve supplémentaire peut encore être donnée par le fait que le titre d’Honorus Magus était véritablement un grade honorifique donné comme gage de reconnaissance à d’illustres maçons. Ainsi, F. Hockley, un maçon de haut grade & expert en crystalomancie ne se verra octroyé qu’un IV° grade honoraire pour des conférences données au sein de l’Ordre. Crowley, qui n’avait aucun contact avec l’Ordre, n’aurait jamais reçu un tel honneur.

Les citations suivantes sont tirées des Confessions p. 700 et suivantes. Elles concernent les motifs de Crowley à utiliser ses connaissances maçonniques lors de la révision des rituels de l’OTO.

« Qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie ? J’en ai recueilli les rituels et les secrets, comme j’en avais fait avec les religions du monde entier, avec leurs fondements magickes et mystiques… J’ai décidé de définir la Franc-Maçonnerie comme un système de communication de la vérité – religieuse, philosophique, magicke et mystique ; & indiquant les procédés adéquats qui permettent de développer les facultés humaines au moyen d’un langage particulier dont l’alphabet en est le symbolisme de ses rituels. Une Fraternité Universelle & de grands principes moraux, indépendants des préjudices personnels, raciaux & autres, ont formé un coussin qui assure la sécurité individuelle & la stabilité sociale pour tous ses membres ».

« La question se pose alors : Quelles vérités doivent être communiquées et par quels moyens peut-on les promulguer ? Mon premier objectif était d’éliminer des centaines de rituels à ma disposition tous les éléments exotériques. Beaucoup de degrés contiennent des affirmations (souvent fausses) sur des matières bien connues de nos écoliers modernes, bien qu’elles aient pu être importantes quand les rituels furent écrits… Je ne vis aucune raison de surcharger le système avec des informations superflues ».

« Un autre point essentiel était de réduire la masse monstrueuse de matériel à un système compact & cohérent. Je pensais que tout ce qui valait la peine d’être préservé pouvait & devait être présenté sous la forme d’une douzaine de cérémonies tout au plus & que cela devait être à la portée de n’importe quel officier d’apprendre par coeur sa partie durant les heures de loisirs à sa disposition, en un mois tout au plus ».

Afin de donner une idée de l’importance des contacts entre Crowley et la Franc-Maçonnerie, nous devons prendre en considération plusieurs points. Le premier est qu’il pressentait que ce courant mystique pouvait être d’un quelconque bénéfice pour son développement spirituel & psychologique. Mais cela ne semble pas tenir la route si l’on pense qu’il ne prit jamais aucun rôle actif dans aucun de ces ordres & qu’il le progressa jamais comme c’est la norme jusqu’au vénéralat afin d’évoluer vers les autres degrés et rites. Cependant, on peut objecter que Crowley était un personnage assez peu conventionnel & qu’il se considérait lui-même comme au-dessus du commun des mortels & au-dessus des règles mondaines édictées pour les masses. Sa progression & la manière peu orthodoxe dont il reçut ses grades en Maçonnerie peut lui sembler parfaitement acceptable. Peut-être qu’il ne ressentait pas le besoin de suivre le cheminement habituel du fait qu’il était capable d’assimiler l’essence de la Maçonnerie de sa propre manière. Il ne prit certainement jamais à coeur les grands principes de la Franc-Maçonnerie, Amour Fraternel, Charité & Vérité. Il n’a jamais été particulièrement chaleureux avec les autres maçons et il a même eu des réactions hostiles à leur encontre. Ses actes de charité sont quasi inexistants & sa prétention à être un martyr de la vérité, risible. La citation quant au caractère de Fraternité Universelle, bien que louable, était uniquement idéale et Crowley ne la prit jamais à coeur, ou ne la mit activement en pratique.

Le second point est qu’il ressentait le besoin de faire partie de la Maçonnerie afin de se glorifier lui-même & de s’élever aux yeux de ses critiques & acolytes. Comme nous l’avons déjà fait remarquer, la Maçonnerie était très honorable pour un gentleman et il a pu croire que cette facette de ses activités mystiques légitimerait ses activités plus controversées. On peut peut-être en douter si l’on pense que Crowley s’est toujours défendu de donner crédit à ses détracteurs et on peut difficilement croire qu’il a choisi cette voie simplement pour se justifier de ses critiques. Toutefois, on peut estimer que l’image de marque que pouvait conférer la Maçonnerie n’a pas dû laisser Crowley indifférent, d’une part pour lui-même et d’autre part vis-à-vis de ses disciples. Mais on ne peut raisonnablement dire que Crowley voulait utiliser ses qualités maçonniques pour recruter dans le cercle des Loges, car l’irrégularité même de ses initiations maçonniques aurait alors joué contre lui.

Troisièmement, nous devons considérer que la Franc-Maçonnerie et ses différents rites donnaient à Crowley une grande quantité de matériels rituels déjà utilisables pour les cérémonies. Bien que l’A.·.A.·. utilisait les rituels de la GD et de la Maçonnerie pour quelques-uns de ses degrés, ceux-ci n’en représentaient qu’une infime partie. Avec la révision des rituels de l’OTO qui suivit sa nomination en tant que Grand Maître pour le Royaume-Uni, on peut voir que la part prise par les rituels maçonniques est peu importante. Les rituels de l’OTO avaient déjà été basés sur des thèmes maçonniques, le plus bas degré étant repris des Rites de Memphis & Misraïm, et la révision des rituels tendait plus à introduire du matériel qabalistique dans les cérémonies qu’y ajouter des éléments maçonniques. Son utilisation de ses connaissances maçonniques était minime et négligeable & nous pouvons dire qu’il a pu désirer l’initiation maçonnique en vue d’une utilisation potentielle future. Ce qu’il ne fit jamais.

Enfin, il y a le désir d’obtenir des « mots, signes & attouchements » pour le bénéfice de son propre ego ou pour donner à penser qu’il était un maître en toutes matières. Les sectateurs de Crowley vont crier au scandale à la lecture de cette affirmation en prétendant que Crowley n’a jamais fait d’utilisation de ses titres & grades maçonniques de façon régulière et qu’il y ait d’autres raisons à son intérêt envers la Franc-Maçonnerie. Mais l’on sait l’amour que Crowley portait aux « signes, mots & attouchements », ainsi qu’aux autres signes de reconnaissance dans ses correspondances. Cela reste avec l’auto-glorification l’hypothèse la plus valable. Si l’on n’oublie pas les liens actifs de Crowley avec le monde de l’espionnage et du renseignement. Car il est tout aussi possible d’affirmer que Crowley, poussé par Reuss – qui renseignait la police secrète prussienne sur le milieu anarchiste – ait pu vouloir entrer dans cette Maçonnerie qui tissait des liens entre tous les continents du globe. Crowley, à l’instar d’autres « espions », a pu vouloir utiliser le réseau maçonnique dans les années 1914-1918 pour remplir une quelconque obscure mission. Il n’a jamais infirmé de manière absolue que Crowley n’avait pas été un agent des services de renseignements britanniques – certains l’ont même accusé d’être un agent double au service de l’Allemagne. L’hypothèse reste ouverte…

Pour conclure, les chartes reçues par Crowley de Yarker sont valides et le Rite Ancien & Primitif est toujours maçonné dans cette maçonnerie « irrégulière » qui reste un mouvement philosophique majeur en Europe continentale & ailleurs. L’irrégularité maçonnique porte sur le non-respect de certaines règles édictées par la GLUA, règles qui sont refusées par des corps maçonniques comme le Grand Orient de France, la Grande Loge de France, le Rite Ancien Primitif de Memphis & Misraïm & autres… Donc, Crowley était un Maçon même s’il n’en respectait pas du tous les préceptes et il était irrégulier qu’aux yeux des Maçons de la GLUA qui ne représentent qu’une branche de la famille Maçonnique.

Source : http://www.esoblogs.net/4351/aleister-crowley-la-franc-maconnerie/

Posté par rusty james à 00:43 - - Permalien [#]
Tags : , , , ,