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Le culte abominable

S’il est vrai que même les dieux meurent, quelques uns d’entre eux, les plus anciens, ont fasciné les civilisations plus longtemps que les autres. Leurs cultes violents, en faisant appel aux plus profondes des pulsions humaines, en remontant dans la partie la plus sombre des psychés de leurs desservants, ont marqué davantage la mémoire des hommes. Rares sont les dieux qui peuvent se targuer d’une telle longévité. Baal, le vieux dieu Sémite, en fait partie : son culte a été célébré de ~ 3000 à l’époque romaine, sans discontinuer. Son nom, (« le maître »ou « l ‘époux » : synonymes révélateurs de sociétés où l’homme est le maître de son épouse) se retrouve dans tout le Moyen Orient, depuis les zones peuplées par les peuples Sémites, jusqu’aux colonies phéniciennes, au premier rang desquels on trouve l’immortelle Carthage, la ville dont le nom est à jamais attaché à celui du Dieu. Il est invariablement accompagné d’une divinité féminine dont les noms changent, Astarté, Ishtar ou Tanit à Carthage, la Tanit évoquée par Flaubert dans son magnifique Salambô. Baal n’est d’ailleurs qu’une appellation générique, c’est le second qualificatif qui révèle quel aspect de Baal est ici adoré : Baal Marcodès, Dieu des danses sacrées, Baal Shamen, Dieu des cieux, Baal Bek, le Baal solaire et surtout Hammon-Baal, le terrible dieu carthaginois…

Du Baal originel, on ne sait que peu de choses, mais des tablettes couvertes de signes cunéiformes, retrouvés dans les années 20 par une équipe d’archéologues français à Ras Shamra, dans l’ancienne Ougarit mésopotamienne, ont permis de retrouver la geste divine, dans ses grandes lignes. Le Dieu, dans un Panthéon dominé par la figure dominatrice du Dieu souverain El, fait d’abord figure d’intrus et doit mériter son rang. Il combat d’abord Yam, dieu des océans néfastes, avec l’aide d’Astarté. Il y gagne un côté très positif, celui de protecteur de la vie. Puis il se fait construire un palais, contre l’avis de El avec qui il s’oppose, avant de plonger dans un combat perdu dans la gueule de Môt, la mort déifiée. C’est la sœur de Baal qui finit par faire rendre gorge à l’infâme Môt, libérant un Baal furieux qui fait éclater sa colère sous la forme d’un orage effrayant mais là encore vivifiant. 7 ans plus tard, un nouveau combat entre les deux divinités tourne à l’avantage de Baal. Le mythe se charge d’épisodes prouvant un anthropisation poussée, et contenant nombres d’anecdotes mettant l’accent sur les faiblesses divines, qui sont les mêmes que celles des hommes : goût pour le vin et l’ivresse, obsession du sexe et de l’impuissance…

Avec l’époque hellénistique, la culture grecque et ses dieux recouvrent souvent les cultes de Baal d’oripeaux grecs, identifiant Astarté à Aphrodite et Baal à Zeus dans tout le monde maîtrisé par Alexandre et ses héritiers. L’hellénisation transforme au passage ces vieux cultes agraires, animistes, en cultes aux cérémonials plus élaboré, comportant des degrés d’initiation et de connaissances, dont nous ne connaîtrons jamais le détail, perdu à jamais. C’est Carthage qui nous laisse deviner avec le plus de précision l’un des aspects qu’eurent ces Baal tardifs. La mieux connue et la plus puissante des colonies phéniciennes rompit en 480 avec sa métropole, au lendemain d’une bataille perdue. Le culte local de Baal refléta cette évolution, se concentrant sur le culte lié des deux divinités Hammon-Baal et Tanit, le Jour et la Nuit, le Soleil et la Lune. Les Grecs ne s’y trompèrent pas et le couple divin des Carthaginois n’est plus associé à Zeus et Aphrodite mais à Saturne (ou Cronos) et Héra, la sauvagerie des temps originels alliée à l’austérité de l’époque de Zeus. Changement significatif pour Baal. Les Grecs ne l’identifient plus comme la sagesse même, mais bien à la violence et aux mythes les plus violents de la théogonie hellène : rappelons que Cronos mangeait ses propres enfants, que Saturne représente toute la sauvagerie originelle, la folie des temps premiers. Les sacrifices que la ville organisait pour le plaisir du Dieu sont les plus connus, parce qu’ils ont marqué la mémoire des contemporains comme au fer rouge. Diodore de Sicile, qui connaît d’autant mieux Carthage que les luttes furent permanentes entre les Grecs et Carthage pour le contrôle de la riche Sicile.

En 310, vaincus et assiégés par les Grecs de Sicile, Carthage souffrait de manque d’eau. Les prêtres, pour se faire pardonner leurs péchés par Baal, organisèrent un holocauste, ces sacrifices de grande ampleur (tel est le sens premier du mot) qu’on appelle aussi, dans un vieux terme hébreu passé en langue punique, des Moloch. Selon Diodore, 500 enfants de la noblesse furent exécutés de la plus atroce des façons. Un immense Baal trônait sur la place centrale de la cité. Il était creux, et l’on entretenait à l’intérieur un immense brasier. Les bras de la statue, articulés, emportaient les enfants, encapuchonnés de noir, dans la gorge béante où ils étaient précipités vivants, sous les yeux d’une foule que Diodore de Sicile décrit ivre de joie démente et de folie meurtrière. Selon lui, des hommes et des femmes, rendus fous par la foule surchauffés, se poignardaient mutuellement, se précipitaient dans le bûcher. Baal dut être content : un orage s’abattit sur la ville, noyant la démence collective sous les trombes d’eau et remplissant les citernes. Le plus fou est que ce massacre dément fut fait pour absoudre un péché de la noblesse - toutes les petites victimes, nous l’avons dit, était nobles. Quel péché ? Celui de n’avoir pas perpétué l’antique tradition qui voulait que le premier rejeton de chaque famille noble soit immolé, afin de garantir le destin de la suite de la descendance. Rites de sang et de feu qui choquèrent profondément leurs adversaires grecs - dont les derniers sacrifices humains ne remontaient peut-être pourtant pas si loin. Mais la puissance supposée de ces rites avaient conduit chez les uns comme chez les autres à leur adoucissement, et au remplacement de divinités humaines par des substituts, animaux ou végétaux offerts en ersatz, si l’on ose dire.

Le plus fou est que tout cela recommença, provoquant la même horreur. Si l’histoire ne se répète pas, il lui arrive de bégayer. Au lendemain de la première guerre punique, dans laquelle s’étaient affrontés Carthage et Rome, alors puissance montante en Méditerranée, les mercenaires engagés par Carthage, lassés d’attendre une solde cent fois promise et jamais payée, firent le siège de Carthage, réussissant à prendre la première des trois enceintes. Les mêmes causes produisirent les mêmes effets. Les mercenaires, emmenés par Mâtho - c’est tout le contexte du roman de Flaubert, crevèrent les tuyaux de l’aqueduc qui ravitaillait la cité en eau potable. Plutôt que de payer enfin ses dettes, le Conseil des Anciens décida alors de réitérer le Moloch. Chaque famille de Carthage, et non plus seulement les nobles, dut livrer un enfant pour le sacrifice. Le jour suivant, la foule se pressa en masse sur la place, devant le temple de Moloch. Un pan du mur avait été abattu afin que l’on puisse sortit le Dieu d’airain au grand jour. Le feu avait été entretenu une bonne parti de la nuit. La foule commença à défiler, jetant au feu, à travers l’énorme bouche incandescente, bijoux et richesses. Les offrandes étaient de plus en plus belles, la folie semblait grandir au fur et à mesure. Les prêtres, sur les côtés se balafraient le visage. Des membres du clergé, les Dévoués, s’appliquèrent mille supplices, se perçant la poitrine de pointes de fer, , se fendant les joues, sa lacérant tout le corps. Puis l’on poussa le premier enfant. Un prêtre étendit sa main sur lui, et le chargea de tous les péchés du peuple pour satisfaire la colère de Baal. Partout retentissaient les cris « Seigneur, mange ! », « Verse la pluie, enfante ! »…

Puis tous défilèrent, le visage et le corps masqués pour ne pas voir et pour que dans la foule, aucune mère, aucune sœur ne reconnaisse un fils ou un frère et ne s’effondre en hurlant sa douleur. Il fallait qu’aucun Carthaginois ne faiblisse. On dit qu’il y eut autant de victimes que l’année solaire compte de jours, mais le chiffre fut vite dépassé. Cela dura des heures, et les mercenaires, massés sur la première enceinte, purent voir, horrifiés, le colosse gavé se mettre lentement à rougeoyer, et à vaciller presque, peinant à consumer toutes les victimes de cette folie collective. Les prêtres plongeaient les mains dans les cendres encore chaudes, le rejetant sur la foule amassée au pied de l’édifice. Dans cette frénésie collective, cette ivresse monstrueuse, comme cent ans plus tôt, la soirée ouvrit la voie à une Saint-Barthélémy païenne où les assassinats succédaient aux sacrifices improvisés. Les Carthaginois, gorgés d’horreur, furent là encore récompensés par un orage qui remplit les réservoirs. Le lendemain, les mercenaires levèrent le siège en pataugeant dans la boue. Carthage était sauvée. Baal avait triomphé de ses ennemis.

Il fallut attendre la destruction de la ville, par Scipion, pour que meure le culte de Baal sur la côte africaine autour de Carthage. L’épisode avait tant marqué les esprits que le sol fut maudit, et salé pour que rien, jamais, n’y repousse. Telle était la haine romaine pour la vieille cité punique, qu’il fallut attendre près de 200 ans avant qu’Auguste ne refonde la cité, dont le site était excellent. Ainsi meurent les dieux, quand d’autres dieux plus puissants qu’eux finissent par l’emporter grâce aux peuples qui les révèrent. Mais ils meurent lentement. Combien de pratiques domestiques aujourd’hui disparues perpétuèrent-elle quelque temps les rites maudits de Moloch-Baal ?

Un des points les plus controversés est le shabbat de Ninurta : Le jour sacré de Ninurta était un jour considéré néfaste, portant malheur, durant lequel de nombreuses activités était interdites. Ninurta, Ninib étant synonyme de Saturne, son chiffre était le Sept, ses jours d'interdits était le septième jour .

 

Les cylindres de Gudea évoquent les rites de purifications pratiqués par le prêtre du Temple de Salomon / Ninurta. Le lavement rituel des mains y est omniprésent, la ressemblance avec le culte judaïque est frappante a travers ces paroles du prêtre Gudea : 

 

« J’accomplis correctement le lavement rituel des mains, mes mains levées éveil le saint dieu ( An )... »

 

Une autre similitude indéniable se trouve dans l’évocation, dans les cylindres de Gudea, du sacrifice de la vache parfaite qui est par bien des points analogue au rituel sanglant du sacrifice de la génisse rousse ( vache rousse sans défauts, deux poils noirs suffissent à la disqualifier ) dans le judaïsme :

 

La vache doit être parfaite dans le rite dédié au Démon Ninurta,

 

Ce rituel implique la prise d'un bain rituel par le prêtre qui sacrifie a Ninurta.

Le sacrifice de la vache rousse oblige le prêtre sacrificateur a prendre un bain rituel .

 

Le bois de cèdre est indispensable pour brûler la vache après le sacrifice en l'honneur de Démon Ninurta.

Le bois de cèdre est indispensable pour brûler la vache rousse après le sacrifice .

 

Des enfants sans défauts, rituellement pure sont impliqués dans le culte sanglant voué a Ninurta.

De même dans le culte sacrificielle de la vache rousse du judaïsme, des enfants  sans défauts » était impliqués, ces enfants était entièrement isolés du monde depuis la naissance, pour garantir leur état de pureté complète le jour du sacrifice. Une Michna concernant les-dits sacrifices éclaire ce point :

 

« Des cours avaient été construites à Jérusalem au-dessus d’un rocher, et en dessous desquelles était aménagé un vide afin qu’il ne puisse servir de tombe. On y faisait venir des femmes enceintes pour qu’elles y accouchent et y élèvent leurs enfants. On y faisait venir des bœufs sur lesquels étaient posées des planches sur lesquelles étaient installés les enfants qui tenaient en main une coupe en pierre. Arrivés au Chiloah, [les enfants] descendaient et remplissaient [les coupes avec de l’eau], puis ils remontaient et s’asseyaient (de nouveau) sur les planches » (Michna Para 3, 2).

 

Dans le culte de Ninurta, a quoi servaient ces enfants sans défauts le jour du sacrifice ? Ils était sacrifiés aussi , avec les vaches sans défauts.

A quoi servaient les enfants pures, sans défauts, dans le sacrifice de la vache rousse ? : A rien, ils portaient de l'eau répond un rabbin. Un autre répond : Il est en effet probable que les enfants, d’autant qu’ils étaient très jeunes, n’avaient aucun rôle dans la cérémonie du sacrifice ( Réponses réellement trouvées sur internet !)

 

On a aucune raison de les croire... : Les copistes de l'ancien-Testament ont ( mal ) maquiller les sacrifices d'enfants exiger par Yahweh, ceci est confirmé par la Jewish Encyclopédie, par l'Encyclopédie Biblique, par de nombreux exégètes dont Thomas Römer qui dans ses cours au Collège de France confirme que Moloch est le maquillage « Melek » titre désignant Yahweh. Ce sujet est trop long pour être développé ici, mais le sacrifice des premiers-nés était exigé par les Baal, les Fils du Démiurge, dont Yahweh, et certains passage de la bible garde les preuves très net du sacrifice des premiers-nés exiger par Yahweh :

 

Consacre-moi ( consacre: de l'hebreux Qad-desh: a part, mettre a part ) tout premier-né parmi les enfants d'Israël, tant des hommes que des animaux: il m'appartient.

( exode 13:12 )

 

 «  Car tout premier-né des enfants d'Israël m'appartient, tant des hommes que des animaux; le jour où j'ai frappé tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, je me les suis consacrés »

( Nombres 8:17 )

 

 

Que les mésopotamiens aient adoré Ninurta, dieu de la mort pour lequel était sacrifié des enfants, brûlés vivant, est tout aussi facilement admis par les rationalistes athées que par les croyants de tous bords.

 

Le constat, que ce même Ninurta soit vénéré aujourd’hui sous le nom de Yahweh, semble inadmissible pour la majorité des croyants, surtout les plus sincères, mais laisse indifférent ou peut être même bien accueillit par les rationalistes athées.

 

L' idée que les élites bancaires , dominés par les descendant de Caïn, aient subordonné la politique internationale a l'établissement du Nouvel Ordre Mondial et au redressement du Temple du dieu de la mort, le démon Ninurta, ne peut que sembler être un délire total au yeux des rationalistes, et c'est bien normal. Ils se trompent quand même.

 

Parmi ceux qui ricanent le plus, sont, comble de l'ironie, les adeptes du matérialisme historique de Marx, a qui on a «  oublié » de préciser que le maître en communisme de Marx et Engels était Moses Hess ( encyclopedia universalis ).

 

Premier véritable théoricien du sionisme, Moses Hess considérait que le sens mystique de l'Histoire se joue dans une lutte des races qui aboutirait a la victoire et au règne de Jérusalem et précisait que concernant le troisième Temple de Salomon, la question du rétablissement des sacrifices sanglants dans devrait être réglé plus tard :

 

« Le culte ( sacrifice sanglant ou non ) que nous allons introduire dans la Nouvelle Jérusalem peut et doit, pour le moment, rester une question ouverte. Rome ne s'est pas construite en un jour et la Nouvelle Jérusalem soit prendre le temps nécessaire pour sa construction »

( Moses Hess, Rome et Jérusalem p145 ) .

 

C'est de lui que vient la formule « la religion ( des autres ) c'est l'opium du peuple » . Religions des autres, dont Moses Hess pensait que le plus efficace était d'utiliser la franc-maçonnerie pour les fusionner en une nouvelle religion mondiale :

 

«  Plus raisonnable sont les tentatives des fusionnistes qui, comme mon ami Hirsh, du Luxembourg, utilisent la franc-maçonnerie pour fusionner tout les cultes historiques en un »

-ibid p114 -.

 

Les adeptes ne connaissent pas toujours les ambitions du maître... mais c'est un autre sujet.

 

« Al cap dels sèt cent ans, verdejera lo laurel .»

Au cap de sept cent ans, le laurier reverdira.

 

Prediction de l'an 1309 de Bélibaste, dernier des cathare

mort sur le bûcher du château de Villerouge-Termenès.