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 Religion en Libertad, traduite par Carlota

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Article original ici: http://www.religionenlibertad.com

La Catalogne « maçonnisée », un désert religieux
Vicente Alejandro Guillamón

Le portail « Religión en Libertad » a publié jeudi dernier un rapport vaste et documenté intitulé « Qu’arriverait-il à la foi des Catalans si la Catalogne prenait son indépendance? . On y détaille la sécularisation croissante dans le Principat (càd la Catalogne) en passe de se convertir d’ici peu d’années en un désert religieux.

La Catalogne, travaillée par la tentation indépendantiste (majoritairement portée par la gauche, y compris la plus radicale), autrefois catholique mais aujourd'hui menacée par l'apostasie, est le paradigme de cette Europe postchrétienne dont la ré-évangélisation est l'un des défis du Pontificat de Benoît XVI, et à laquelle s'adresse en priorité cette Année de la foi prête à commencer et voulue par lui (mais sera-t-il entendu? Il devient de plus en plus clair que Vatileaks et le procès du valet félon est un écran de fumée destiné à recouvrir ce grand évènement).

La Catalogne nous tend un miroir, et nous y voyons notre propre reflet: celui d'un pays déboussolé; ballotté dans une crise qu'il persiste à croire uniquement économique alors que, comme le Saint-Père ne cesse de le clamer, elle est avant tout anthropologique; ayant déjà, ou sur le point de faire passer dans sa législation, au nom du "progrès" l'euthanasie et le "mariage pour tous", et qui appelle l'avortement une "valeur"; prête enfin à lyncher, au moins médiatiquement, tous ceux qui pensent différemment.

Dans cette Catalogne, l'indépendance (sous ses prétextes fiscaux) serait un facteur supplémentaire de division.
A qui profite le crime?
Cependant, la Catalogne a toujours été, depuis les temps les plus anciens, alors même qu’elle ne s’appelait pas ainsi, une région fertile en saints, martyrs, fondateurs et un profond humus religieux, jusqu’à des dates bien récentes. Nous pourrions dire jusqu’à la moitié du XXième siècle. Ou plus exactement jusqu’à la conclusion du Concile Vatican II, et non pas du fait du Concile, mais de la débandade cléricale qu’a produit « l’oubli » conciliaire de l’acceptation du célibat optionnel sur le mode protestant.
Si d’abord cela a été la fugue massive de clercs, et d'un nombre non négligeable de religieuses, de même que la désertification des séminaires et des noviciats, on a vu venir très vite la marxisation de nombreux couvents et centres religieux, en particulier de jésuites et de capucins surtout en Catalogne, phénomène étendu à toute l’Espagne et à l’Amérique latine avec la Théologie de la Libération. Ce mouvement s'était à peine étendu, sous l’impulsion marxiste, à l’intérieur de l’Église, que la maçonnerie - actuellement très influente dans cette communauté autonome - a pris la relève du harcèlement laïciste.

Des quelques 180 loges qui « travaillent » en Espagne, un peu plus d’une trentaine le font en Catalogne, majoritairement à Barcelone, la ville la plus « maçonnisée » de notre pays. À Barcelone se trouvent également les sièges « centraux », si on peut le dire ainsi, des deux principales obédiences espagnoles : d'abord la Grande Loge d’Espagne, sur la « Gran Vía de las Cortes Catalanes », numéro 617, - avec 137 loges fédérées, qui dit regrouper 70% des maçons espagnols ou étrangers résidents en Espagne, une donnée qui doit être certaine à en juger par le nombre de loges qu’elle réunit, parfaitement identifiées et localisées. Et ensuite, bien loin de la précédente, mais néanmoins très supérieure à la demi-douzaine d’obédiences qui viennent après, la Grande Loge Symbolique Espagnole, née d’une scission du Grand Orient Espagnol, qui en 2001, a intégré la Grande Loge d’Espagne, de sorte que le Grand Orient historique a disparu de la carte opérationnelle bien que la Grande Loge d’Espagne garde à des effets légaux, la marque de ce qui fut autrefois son grand rival .

Le siège de la « Symbolique » se trouve au 27 de la rue Aviño, à Barcelone, où jusqu’à la guerre civile, la Grande Loge Régionale du Nord-Est de l’Espagne avait son siège, dépendante du Grand Orient Espagnol. La « Symbolique » dit avoir 50 ateliers dans toute l’Espagne, où travaillent 700 maçons. J’en ai de mon côté localisé seulement 25 dûment identifiés. Personnellement je l’appelle la « Mexicaine », car elle s’est créée après la mort de Franco (1975), quand les maçons, exilés en pays aztèque, qui affirmaient avoir la légitimité du sceau de l’ancien Grand Orient Espagnol sont revenus du Mexique, bien que légalement elle ait déjà été instaurée au nom de José Antonio Villar Massó, vieux phalangiste (ndt: donc sensé être plutôt partisan du franquisme), à l’époque grand maître du Grand Orient soutenu par les maçons espagnols exilés en France.
La puissante influence de la maçonnerie en Catalogne se vérifie en observant sa grande pénétration dans les partis de gauche, spécialement dans la Esquerra Republicana (ndt: Esquerra Republicana de Catalunya, ou Gauche républicaine de Catalogne, parti fondé en 1931, quelques jours avant la proclamation de le IIe république et l'exil du Roi Alphonse XIII), « maçonnisée » dès ses origines-mêmes.

Le PSC (Parti Socialiste de Catalogne) est aussi très influencé par la manie antireligieuse, ce qui fait soupçonner la présence de nombreux maçons dans ses structures de direction. Le précédant grand maître de la Grande Loge d’Espagne, le médecin Josep Corominas Busqueta, a été élu à la Chambre de Députés, pour le PSC.
Initiative (pour ICV, initiative pour la Catalogne-les Verts) lui aussi très laïciste, suit plutôt la ligne de son ancêtre communiste le vieux PSUC (Parti Socialiste Unifié de Catalogne).
Il doit y avoir des maçons à Convergence (Pour CDC, Convergence Démocratique de Catalogne, le parti de l’actuel président de la généralité Artur Mas), étant donné son radicalisme indépendantiste, puisque désormais « souverainisme » et maçonnerie semblent aller la main dans la main. S’il n’en était pas ainsi, il serait difficile d’expliquer l’excellent accueil des Convergents (les membres de CDC) par un journal aussi significatif que le « New York Times ». Et l’Union Démocratique de Catalogne, à l’origine chrétien démocrate, est-il lui aussi truffé de maçons ? Je ne crois pas, car dans la pratique, l’ « Uniò » ("Union" en catalan) n’est qu’un tâcheron au service de Convergence et l’image aimable du catalanisme strident au Parlement espagnol.
Le parti qui semble n’avoir aucune pénétration maçonnique dans ses structures est le PPC (Parti Populaire de Catalogne) même si je n’y mettrais pas la main au feu, qui sait?

À la vue de ce panorama est-ce que quelqu’un peut s’étonner que la pratique religieuse en Catalogne aille de mal en pis ? Les évêques de Catalogne se rendent-ils compte d’où partent les coups qui tuent la foi en Catalogne ? Et les pasteurs des autres diocèses espagnols ? J’ai bien peur que non, et qu’ils ne sont même pas bien informés du mouvement corrosif qui les affecte si directement.

Bientôt viendront les pleurs et les grincements de dents, comme c’est déjà signalé en Catalogne.

Note de la traductrice

Conclusion

Malgré ce sombre et réaliste panorama d’une Catalogne déchristianisée et au bord de l’implosion-explosion sociétale et économique, il y a néanmoins des noyaux d’admirables résistances catholiques en Catalogne, des noyaux d’autant plus courageux dans le climat plus qu’hostile qui n’est d’ailleurs pas forcément que limité à la Catalogne. Ces parcelles de catholicité ont, et cela ne devrait étonner personnes, une vision très "Benoît XVI", même sans être forcément tous de la même sensibilité de la tradition liturgique mais qui est aussi une belle manière d’être ensemble, malgré les différences réelles ou fabriquées, pour prier autour d’une même langue, le latin, et d’un héritage religieux commun tout simplement extraordinaire.

Ainsi l’association des jeunes Saint Joseph (Barcelone) a fait une petite vidéo (en espagnol de Castille) pour inviter à une marche le 10 novembre prochain, à Barcelone, pour fêter le début de l’année de la foi. La musique est malencontreusement anglo-saxonne, mais les paroles des intervenants (dans leurs diversités) sont des beaux témoignages de ce que demande le Saint Père : « Le chrétien ne doit pas être tiède ».
La marche commencera à la paroisse Saint François de Paul, elle transitera par les rues du centre ville de Barcelone avec des chants et des prières. Des milliers de petits catéchismes avec le résumé de la foi de l’Église catholique seront distribués aux passants. Elle arrivera à midi sur la place de Catalogne L’Angélus sera récité, un passage de l’Évangile sera lu. On écoutera une prédication qui culminera avec le Salve Regina et le Credo. La marche finira à l’église Saint Joseph de la Montagne avec une messe.