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Premièrement : D'un point de vue géopolitique, la guerre prévue de longue date contre la Syrie est une étape de plus dans la campagne de Washington, depuis la dissolution de l'URSS en 1991, pour assurer sa domination mondiale par la force militaire. Confrontés au déclin prolongé de leur position, jadis dominante, dans l'économie mondiale, les États-Unis voient dans leur puissance militaire le moyen d'établir une position hégémonique. Dès 1992, le Pentagon Defense Planning Guidance [document de perspective rédigé par le ministre de la Défense, ndt] affirmait que la politique américaine visait à empêcher l'émergence de toute puissance capable de devenir un rival à la mesure des États-Unis. En 2002, le US National Security Strategy [rédigé par l'ensemble du gouvernement à l'attention du Congrès, ndt] affirmait que les États-Unis auraient recours à des guerres préventives pour atteindre ce but.

Une caractéristique centrale de l'extension à toute la planète du militarisme américain est la volonté de Washington de s'assurer une position dominante non seulement au Moyen-Orient, mais sur tout le continent eurasien. Ces dernières années, les écrits datant de la fin du 19e siècle et du début du 20e du stratège impérialiste Sir Halford Mackinder sont à nouveau devenus des textes essentiels pour les décideurs du ministère de la Défense, du Pentagone et de la CIA. Dans de nombreux livres et un nombre incalculable d'articles publiés dans les revues universitaires, ce que Mackinder appelait « l'île-monde », s'étendant depuis les frontières occidentales de l'Allemagne jusqu'à la côte chinoise, est considéré être d'une importance stratégique décisive pour les États-Unis et leurs alliés d'Europe de l'Ouest.