Le livre du Dr. Thérèse Brosse, paru en 1978, soit il y a 36 ans, est une bonne synthèse de la Tradition (influence de M.-M. Davy, Berdiaeff…), de courants indiens (Woodroffe, Ramana Maharshi, Râmakrishna, Krishnamurti, le Shakta Vedanta, le Samkhya…) dont le yoga (traité par Eliade, revolution_sur_la_memoireDaniélou…), placés en parallèle aux dernières découvertes et théories de l’époque en sciences (mécanique quantique, Schrödinger, Lupasco, gnose de Princeton/ R. Ruyer, Bachelard, Korzybski, Charon, Costa de Beauregard, Remy Chauvin, recherches russes…) et en psychologie (Maslow, Charles Henry, Piaget, la cybernétique, L.-J. Delpech, Grof, Moreno, Penfield, Godel…). L’auteur cherche à intégrer « les découvertes de la microphysique » et « l’intérêt que manifestent pour la conscience certains groupes de chercheurs », dans le cadre de la Tradition : « nous nous proposons d’élaborer une structure humaine ayant pour base ou, plus exactement, pour sommet et pour seule réalité la Conscience (…) ».

Le livre est encore disponible en occasion sur Amazon.

Quelques extraits

D’autres extraits sont disponibles sur ces deux pages, ceux qui sont sélectionnés ci-dessous l’ont été sans que cela ne réponde à une logique particulière.

p.21 – Besoin de synthèse : Depuis lors, la multiplication croissante des disciplines et des spécialisations nous a mis dans l’impossibilité d’approfondir toutes les connaissances. Devant ce dilemme, [Schrödinger] souhaite que quelques-uns d’entre nous « s’embarquent dans une synthèse de faits et de théories » dont ils n’ont qu’une connaissance incomplète et de seconde main, au risque de passer pour des extravagants. En une telle déclaration de cet éminent physicien réside notre excuse, s’il en était besoin.

p.23 - Un niveau supérieur : Il convient de rappeler la loi de neuro-physiologie statuant que la simple mise en jeu d’un niveau supérieur de la structure cérébrale subordonne automatiquement les niveaux sous-jacents. (…) De la même façon, il apparaît raisonnable d’imaginer que la nature nous ait pourvus d’un niveau supérieur susceptible de mettre un frein à nos incessantes perturbations psychiques avec leurs cogitations incoercibles.

p.36 – Structure énergétique : L’unité fonctionnelle est sauvegardée par cette intégration hiérarchisée qui explique les interférences mais rend surtout possibles les maîtrises. Chacun de ces niveaux représente une forme d’énergie, le passage d’un niveau à l’autre étant assuré par des canaux et des centres énergétiques en tant que transformateurs. La Conscience révèle sa nature qui est « pouvoir ». Elle apparaît comme le niveau supérieur d’intégration.

Les émotions et changements corporels : diagnostic psycho-somatique (Helen Flanders Dunbar)

p.46 - Emotions et corps : L’émotion non contrôlée par une instance supérieure entraîne des ruptures d’équilibre physio-chimique dont l’ampleur est proportionnelle à celle de de la colère ou de la peur qui les ont provoquées. De même, le traumatisme lent des émotions répétées, l’anxiété, les refoulements, les frustrations, peuvent être responsables d’un diabète, d’une ulcération gastrique, d’une thrombose artérielle, (…)

p.50 – Schéma corporel : L’étude de « l’image du corps », encore appelé « schéma corporel », a donné lieu à de nombreux travaux et les physiologistes nous informent que ce moi corporel détient l’apparente consistance de ses formes du lobe pariétal du cerveau, en corrélation avec les régions profondes du thalamus et du diancéphale. « L’image du corps » émerge de l’activation de ces réseaux nerveux. Cette plage « d’engramme somatiques a tôt fait d’aboutir à une excroissance morbide qui gouvernera despotiquement, en les référant à elle, tous les événements dont l’être humain est le siège. » Ainsi s’exprime Roger Godel (…)

p.63 – Théorie de la forme ou « Gestalt » : Dans cette théorie toute entière édifiée sur la base de la perception le fait psychique apparaît comme une « forme », un système de liaisons effectuées dans l’espace-temps, « géométrisant » si l’on peut dire, la psychologie. Nous y retrouvons une conception se rapprochant de celle des Gnostiques de Princeton qui considèrent l’espace en tant qu’ »hologramme », réservoir d’énergie et d’informations.
Ces informations, « voyageant dans l’espace-temps des physiciens, non temporalisées dans une ligne de participation individuelle, ne sont que des matériaux d’information ». Cette dernière ne devient authentique que lorsqu’elle participe à un sens transpatial.  Les gestaltistes ont montré qu’un groupe de points ou de lignes perçus, s’organise comme les parties d’un ensemble. Les choses ne nous deviennent accessibles que par l’expérience que nous en avons.
Cela évoque, pour nous, la construction progressive des formes et des images telles qu’elles s’édifient en l’absence de toute perception sensorielle et en différentes circonstances lors de l’élimination des organes des sens dans des expériences de laboratoire que nous relaterons ultérieurement; lors de la même élimination dans l’exercice de « pratyahara », chez le yogi ou bien encore, lors de l’intoxication par la mescaline. Dans ces trois expériences, l’apparition de points, puis de lignes s’organise en configurations qui aboutissent à des images. Et cela, non plus dans l’espace en apparence réel de notre champ visuel, mais dans un espace purement psychique.

p.65 – Analyse factorielle : L’oeuvre de Ch. Spearman qui fut le point de départ de cette discipline attire notre intérêt du fait qu’il établit une « hiérarchie » dans la table d’intercorrélations de la psychologie mathématique. Mais, plus encore, l’auteur montra que cet arrangement hiérarchique des corrélations pouvait être expliqué par un facteur qu’il dénomma « facteur d’intelligence générale » ou « facteur G ». Nous croyons reconnaître, en ce facteur, l’intervention « organisatrice » de la « Conscience ».

p.69 – Phénoménologie : Si [Roger Garaudy] admet, avec Husserl lui-même, aussi bien qu’avec ses critiques, que ce dernier a partiellement échoué dans sa tentative de dépassement de la dualité et qu’il demeure, en réalité, un idéaliste, c’est que les interprétations sont demeurées « philosophiques », coupées des réalités scientifiques et entachées encore des notions antagonistes de « matérialisme-idéalisme ». Pour nous, lorsque la matière est énergie et que la Concience est énergie également, la notion de dualité se trouve automatiquement dépassée; il n’existe plus que des « niveaux d’énergie ».

p.71 – Raymond Ruyer : Pour R. Ruyer, la Conscience et la Vie ne font qu’un. C’est un courant psychologique relevant de ce que l’auteur appelle « psychisme secondaire », fonctionnant par l’intermédiaire du système nerveux, par opposition au « primaire » qui engendre les organes.
C’est une véritable force douée d’efficacité. (…) Un comportement « intégré » ne peut l’être que par la Conscience et peu de faits biologiques sont mieux établis que l’efficacité de cette dernière; elle est le fait fondamental de la finalité organique. La Conscience est information active, le « je » n’en est qu’une différenciation.

Levi-Strauss : [Quelle est la source de toutes les autres structures, l'originaire ?] C’est la « Conscience Universelle » et son système énergétique, donnée primordiale, incréée, s’involuant dans la « manifestation » en niveaux hiérarchisés dont elle assure l’intégration. (…)
La conscience utilise, dans la croissance individuelle comme dans l’évolution sociale, ses passages successifs de niveau en niveau pour éduquer les qualités propres au niveau sur lequel elle séjourne afin de lui conférer une efficacité.
Or, la Conscience étant, par essence « l’absolu », elle confère à ce niveau provisoirement privilégié, cette qualité « d’absolu ». Nous l’avons dénommé « absolu biologique » ou mieux « absolu noëtique ». Ce niveau de structure revêt ainsi, aux yeux du savant ce caractère d’absolu si le psychologue ignore que cette importance lui est conférée par la Conscience. C’est dans le dynamisme du passage de la Conscience d’un niveau à l’autre que se révèle seulement le rôle primordial de cette dernière.
Le « doctrinaire », en l’occurence Michel Foucault, néglige le passage d’un niveau à l’autre lorsqu’il décrit trois moments structuraux successifs dans la civilisation.
Levi-Strauss le lui reproche : son tableau est de la « lanterne magique » et non pas du « cinéma ». Le « scintillement » qui, sur la structure peut « évoquer » la conscience est lui aussi compréhensible si le lecteur nous autorise l’image suivante : le feu vert est sur le niveau occupé qui s’exprime intensément, à l’exclusion de toute autre manifestation durant quelques années; le niveau structural qui occupe toute la scène de l’investigation se présente seul à l’étude. Une fois l’éducation achevée sur ce niveau, la Conscience commence à donner des signes d’intérêt pour le niveau suivant qu’elle se prépare à occuper. C’est le feu « clignotant », le « scintillement » pour l’observateur qui dépiste, sur le niveau, une certaine présence en mouvement. Cette translation étant de courte durée, c’est l’étape structurale suivante qui imposera, comme la précédente, son déploiement exclusif et absolu. Dans une telle observation, des niveaux structuraux se succèdent; c’est cela qui importe pour l’observateur non averti du mécanisme en cours.

Quelques livres de Stéphane Lupasco

p.90 – Stéphane Lupasco et systématisation énergétique selon le principe d’antagonisme : C’est dans le cadre de « l’espace-temps » que cette démonstration s’est imposée à notre esprit. Selon l’auteur, l’énergie n’est saisissable que grâce à l’antagonisme qui lui est inhérent : potentialisation, actualisation. Or, un dynamisme qui implique un autre dynamisme antagoniste engendre automatiquement un « système ».
Envisagés du point de vue de « l’espace-temps », les systèmes énergétiques ne sont pas contenus dans l’espace, mais engendrent leurs espaces propres par suite de la simultanéité de leurs systèmes antagonistes. De même, ils ne se développent pas dans le temps (un temps extérieur et absolu), mais déroulent leurs temps propres. D’où la substitution  à la notion d’espace de configuration (utilisé en microphysique) d’une notion « d’espace temps de systémisation », dans laquelle l’espace et le temps sont les deux termes antagonistes.

p.95 – Réalité ultime : M. Arthur Koestler ne disait-il pas, lors d’une interview par le Professeur Debray-Ritzen il y a quelques années : « Ce qui manque aux réductionnistes-biologiques comme Monod ou béhavioristes comme Skinner, c’est la modestie d’admettre cette constatation fondamentale que la réalité actuelle de la science n’est qu’une souche d’une réalité ultime, ou de réalités ultimes, à des niveaux supérieurs auxquels nous ne pouvons encore accéder parce que l’ordinateur qui est ici (désignant sa tête du doigt) n’est pas suffisamment programmé. » M. Koestler aurait dû ajouter « jusqu’ici » car la vie ne saurait être oublieuse de ses programmes.

p.96 – Robots : André Delobelle, dans un article très documenté, étend la question à la sociologie. Alors que les machines présentent des systèmes clos, le problème est plus complexe en sciences humaines où les systèmes sont ouverts avec pluralité des messages qui débordent les modèles cybernétiques. Par ailleurs, une affectivité variable mais essentielle conditionne le jeu des rétro-actions; il en est de même des influences culturelles, ethnologiques et socio-linguistiques. « A la stabilité de l’environnement du servo-mécanisme fait place la dialectique d’une histoire… les situations évoluent… elles répondent à des cas de conscience. »

p.98 – Buts : Il s’agissait de fixer le but ultime de mon existence en laissant au courant de la vie le soin d’établir les itinéraires qui devaient mener avec certitude à la réalité finale :
Vers la trentaine, dans le brouillard d’inextricables problèmes métaphysiques, scientifiques, familiaux et sociaux, j’ai simplement déclaré avec une assurance péremptoire ne m’adressant à rien ni à personne : « J’exige la connaissance de la Vérité; n’en connaissant pas le chemin, j’accepte toutes les tribulations qui devront être affrontées sur la route. » J’ai immédiatement ressenti que cette déclaration était lourde de menaces, mais également de promesses, chargée qu’elle était d’un potentiel énergétique libéré une fois pour toutes et qui déroulerait ses automatismes envers et contre tout jusqu’à l’obtention de la finalité indiquée.

p.111 - Structure hiérarchisée par intégration. Loi de subordination fonctionnelle : On ne saurait trop insister sur la loi de subordination fonctionnelle; elle est la « cheville ouvrière » d’une science de l’homme sur le plan fonctionnel, comme « l’intégration » en est la pierre angulaire sur le plan structural. Ces deux réalités préservent la double unité structurale et fonctionnelle.
Dans la complexité croissante des mécanismes nerveux de l’échelle animale où s’ajoutent sans cesse, avec de nouveaux rouages, de nouvelles possibilités, les éléments successifs ne sont pas surajoutés, ils sont « intégrés » progressivement en unités successives elles aussi. La loi de l’évolution biologique est la loi de l’unité par intégration procédant par emboîtements des synthèses consécutives, les unités antérieures étant toujours annexées par les unités postérieures. La nature qui ne détruit pas préserve l’unité fonctionnelle grâce à cette intégration qui coordonne en un centre toujours plus élevé des activités toujours plus nombreuses.
Le même phénomène a été vérifié par S. Lupasco sur le plan énergétique. L’auteur ne nous a-t-il pas informés des structures emboîtées de ces systèmes dans lesquels la logique même de l’énergie a constitué le phénomène d’intégration ayant pou corollaire fonctionnel la loi de subordination ? Dans la revue des différents travaux exposés, nous avons pu voir invoquée, à différentes reprises cette loi de subordination d’un niveau donné de la structure, au niveau sus-jacent.
C’est dans le premier quart du siècle que les neuro-physiologistes, explorant l’énergétique du système nerveux purent mettre en évidence le phénomène de la « subordination ».
Cette subordination énergétique des systèmes étagés est confirmée en neuro-physiologie aussi bien par la clinique que par la science fondamentale. Son rôle a été mis si nettement en évidence en pathologie nerveuse qu’il permet aux neurologues d’utiliser la notion de réflexes étagés pour porter un diagnostic de localisation, les réflexes supérieurs freinant les inférieurs du fait de la hiérarchie.
Dans le domaine de la motilité, l’activité musculaire dont l’exécution est réalisée par l’appareil périphérique neuro-musculaire, peut être mise en jeu par les centres étagés de l’axe cérébro-spinal : centres plurimétamériques médullaires pour l’activité réflexe, centre thalamo-strié pour l’activité automatique, centre cortical pour l’activité volontaire. Ce contrôle de haut en bas des centres hiérarchisés se révèle, à l’examen, de la façon suivante : la suppression d’un centre supérieur entraîne, non seulement la disparition de l’activité qui lui est propre, mais aussi la libération de l’activité du centre inférieur qu’il cesse de contrôler. (…)
Enfin, élément important, les étages supérieurs du système nerveux sont eux-mêmes subordonnés à une conscience qui se comporte comme un niveau biologique supérieur intégrant. (…)
La conscience représentant un niveau énergétique supérieur autonome, il apparaît tout à fait normal que son activité propre ait le pouvoir d’inhiber les fluctuations psychiques. Il suffit alors de savoir comment doit s’exercer cette activité propre désengagée du psychisme.

Une page du livre Médecine et homme total (1961) du Dr Pierre Soliè, également auteur de Psychologie analytique et médecine psychosomatique (1969)

p.118 - L’idée de champ : Pour [Fred Hoyle], l’Unité est conférée par un « champ universel de création » plus vaste que les autres champs connus de la physique et les intégrant. (…)
Dans le cadre de la théorie des champs de forces suggérée par Ruyer et par Stromberg, ce dernier déclare : « Il existe peut-être un champ vivant, distinct du champ physiologique, opérant dans le domaine mental et correspondant à ce qu’on appelle normalement la Conscience, perception du SOI, awareness. » (…)
Doubrov à propos de la psychotronique, parle également d’un champ biogravitationnel, forme unifiée du champ de convertibilité universelle.

p.137 - La zone (voir aussi : « La zone », le mystérieux état second dont rêvent les sportifs) : Il n’y a pas jusqu’à certaines performances sportives (la course à pied de longue durée) qui, induisant « l’illumination » à la manière des psychédéliques n’aient retenu l’attention des médecins et tout particulièrement des psychiatres américains sur les corrélations physiologiques au niveau de l’hémisphère droit (…) Cette nouvelle thérapie, appliquée tout d’abord à titre d’hygiène physique et morale s’est révélée inductrice d’expériences de cinquante à soixante minutes : « Une trappe s’ouvre soudain… découvrant une mystérieuse grotte aux trésors. » Tout un mouvement social concernant cette découverte tend à prendre aux Etats-Unis, une ampleur appréciable (Voir le livre).

p.138 – Niveaux de matière : Il existe en effet trois qualités de matière (et cela nous ramène une fois de plus à M. Lupasco avec « les trois matières » (une macrophysique, une biologique et une microphysique). Ces qualités sont les trois « gunas ». L’une d’elles (sattva) très pure a, de ce fait, la propriété de révéler la Conscience. Elle est « l’état idéal de l’Être », la perfection, la clarté immaculée. La deuxième, la guna « rajas » représente l’activité, l’agitation, la lutte, elle obnubile la Conscience. La troisième, la guna « tamas », est facteur d’inertie, de pesanteur.
Ces gunas se trouvent en proportions différentes dans chacun des sous-niveaux du mental. « Sattva » prédomine en Buddhi, « rajas » dans l’ego, « tamas », caractérise la matière macroscopique. Toutefois, il n’y a là que prédominance. Les trois qualités coexistent dans les trois sous-niveaux, mais il nous est possible par une hygiène physique et mentale appropriée, de modifier la composition qualitative des niveaux.

p.147 – Dualisme du Samkhya : L’intérêt du Samkhya pour le psychophysiologiste réside dans sa description énergétique de la constitution humaine, énumérant les éléments et leurs interactions dans l’état d’intégration que nous avons examiné. En contrepartie, il nous est exposé comment ils se « désenchevêtrent » afin de réaliser la délivrance. Le yoga traite donc de la dynamique de ce désenchevêtrement; c’est pourquoi les deux systèmes philosophiques [Samkhya et Vedanta Advaïta] se complètent.

Livre d’Adolphus Peter Elkin sur les aborigènes australiens, qui relate leurs capacités de télépathie.

p.155 – Privation sensorielle : Des étudiants, mis à l’isolement pendant vingt-quatre heures avec des lunettes n’admettant que la lumière, des manchettes digitales supprimant les impressions tactiles, des contacts auditifs réduits au seul appel de l’expérimentateur, réalisaient, à un degré moindre toutefois, des conditions rappelant celles de la « yogi-mudra » à l’exception de l’attitude mentale.
Il en résulta un développement de l’imagerie intérieure allant du simple au complexe : points lumineux, lignes, figures géométriques, objets isolés puis scènes intégrées à la manière du rêve. De tels phénomènes sont également observés dans l’intoxication à la mescaline ou lors d’une exposition prolongée au stroboscope. Le tout allait de pair avec une difficulté de concentration mentale, susceptible cependant de dissiper les phénomènes sensoriels sans support. Ces expériences attestent, sans l’avoir recherché, le bien-fondé d’un exercice tel que le pratyahara pour un sujet qui cherche à se dégager de l’emprise du monde extérieur auquel nous rattachent d’incessants stimuli sensoriels. [Voir aussi : L’odeur du si bémol, L’univers des hallucinations]

p.165 – Extension de la subjectivité : En « dhyana », le yogi « pénètre et assimile » l’objet. Cette identification est normale si l’on admet que la même Conscience unique se manifeste dans le sujet et dans l’objet. Un être humain dont la Conscience a cessé d’être active sur le plan de l’égo n’éprouve aucune difficulté à « ressentir » son unité avec un élément quelconque de la manifestation, que ce soit un brin d’herbe, un animal, un être humain… ou même le système solaire.

p.172 – Perception comme lumière : Ce mental, substance changeante et différenciée se déplace pour assumer la forme des objets de perception. Sa substance est transparente, rayonnante et légère. Elle se projette comme un rayon de lumière au travers des organes des sens. Ainsi se révèle-t-il comme une forme active, une forme du Pouvoir général de la Shakti.
Le cerveau qui semble, sous son apparence solide, isolé du monde extérieur, y est au contraire, en contact permanent en tant qu’activités pour la plupart inconscientes mais dont certaines émergent dans le domaine conscient.
Ainsi pour la Tradition, le mental n’est pas un organe passif, statique et récepteur. Il prend une part active à la perception en raison de cette nature active mais aussi de ses tendances latentes (samskaras). L’activité cérébrale ne s’exerce pas seulement dans l’organisme humain; elle irradie dans l’espace au-delà de l’organisme et y détermine une sphère de dynamisme, soit sous forme de perception, soit sous forme de phénomènes extra-sensoriels. (…)
S. Lupasco attribue au psychisme une substance (énergétique) générée par la cybernétique de son propre système énergétique.  (…)
Nous sommes, à un degré moindre, dans la vie courante, les émetteurs et récepteurs d’énergie psychique; les influences sociales, les idées reçues en témoignant.

Livre de Trigant Burrow, The Social Basis Of Consciousness, auteur souvent cité par Brosse.

p.175 – Induction psychique :  Nous avons pu réaliser une étude instrumentale d’induction psychique de gourou à disciple au cours d’une de nos missions en Inde. Une maître Bakti (école de développement affectif) transférait directement à ses disciples des états de conscience tendant à la perfection de l’affectivité et cela par le seul pouvoir de la pensée, sans paroles et sans que l’élève ait à pratiquer une discipline quelconque ou à faire le moindre effort. (…)
Au moment de la « transmission », les ondes lentes révélaient chez l’inducteur un effort mental dans une ambiance affective tandis qu’apparaissant une intensification des vibrations énergétiques sur le ballistogramme. Chez le disciple, les oscillations ballistrographiques s’intensifièrent notablement avec une recrudescence très nette lorsque la distance avec l’inducteur se réduisit de 3,50 m à 2,50 m. (…)

Le livre de Gustaf Stromberg, cité par Brosse, L’âme de l’univers (1951)

p.184 – Futurs multiples : L’abandon de nos habitudes de pensées concernant le découpage de ce qui « existe » en passé, présent et avenir, peut déjà alléger certains obstacles à notre compréhension des phénomènes « paranormaux ». Pour la physique moderne, il y a équivalence physique entre l’espace et le temps. La matière est actuellement déployée dans l’épaisseur du temps et l’étendue de l’espace. Le bloc spatio-temporel quadridimentionnel inclut la présence des êtres vivants et les effets qui en découlent. De ce fait, les « futurs contingents existent en acte, non pas, bien sûr, dans le présent de nos consciences, mais dans l’épaisseur de l’espace-temps déployé. Ils y sont, à la fois, en tant que futurs (pour nous) et en tant que contingents ». On conçoit, dans ces conditions que « l’explorateur psycho-cosmologique » soumis au LSD ait rapporté qu’il semblait naturel que nous puissions tout connaître en défiant le temps et l’espace.

p.165 – Néguentropie : Certains physiciens postulent des ondes avancées qui rendraient compte de la précognition. Il convient, dans ce cas, d’admettre que l’acte de mesure produit son effet avant et non pas après l’instant où il est effectué; il diminuerait alors l’entropie, le désordre et engendrerait son opposé, la « néguentropie », facteur d’hétérogénéité alors que l’entropie était liée à l’homogénéité.(…)

p.189 - Chez l’animal et chez l’homme : Connaissant l’intégration hiérarchisée des niveaux psycho-physiologiques on peut logiquement en inférer que, si le psychisme est tout-puissant chez l’animal, c’est que, n’étant pas freiné par une conscience supérieure, il est en contact absolu avec l’activité cellulaire et humorale. Il ne se trouve limité que par la conscience d’espèce qui n’en utilise les pouvoirs que sous la forme d’instinct de conservation spécial à cette espèce. Les animaux domestiques (chez lesquels le contact humain ébauche une certaine individualisation) manifestent des phénomènes de télépathie et de clairvoyance dans l’intensité des relations affectives avec le maître.
Chez l’homme, au contraire, une vie mentale organisée, disposant d’une activité créatrice, annexe le niveau psychique pour construire des systèmes de sentiments et d’idées comme l’animal engendrerait avec son psychisme, des modifications  physiologiques. (…)
L’homme normal de notre période évolutive, du fait de son activité intellectuelle incessante, inhibe les processus afférants ou efférents de communication avec le Cosmos.

p.197 – Rythmes en biologie :  C’est le mathématicien Emile Pinel qui constata tout d’abord que le rythme des températures d’un organisme évolue et raccourcit notablement chez certains malades et que, le fait de les relever à heures fixes est un non-sens scientifique. La soeur de ce savant, docteur en médecine le met en présence d’un problème posé par un Chef de service de l’Hôpital Necker qui déclare, à propos des éléments figurés du sang : « On peut espérer beaucoup de globules blancs du sang, malheureusement, ils varient de façon inconsidérée. »(…)
Dans une étude de longue haleine baptisée « Biométrie leucocytaire », il étude les oscillations dans le sang des divers types de leucocytes (globules blancs). Grâce à la conception et à l’utilisation d’un appareil approprié, il effectue des mesures suivant des rythmes parfaitement identifiables dont les périodes se comptent en minutes. Les diagrammes des sujets sains sont tous analogues et, comme pour les températures, différents de ceux des sujets malades (…)
C’est à partir de cette découverte qu’il définit la méthode des « instants favorables » en thérapeutique pour l’absorption des médicaments, fixant les instants d’application par rapport à un rythme interne très précis. Rappelons que, cinq à six mille ans avant JC, les médecins chinois administraient les médicaments dans des tranches de deux heures qui chacune correspondait à un organe.

p.202 – Rythmanalyse : Psychiquement, l’homme peut souffrir d’un esclavage à des rythmes inconscients et confus qui sont un manque de structure vibratoire et souffrir, en même temps, de son infidélité à des rythmes spirituels plus élevés. L’être humain sait qu’il peut se dépasser et ressent l’appel de ce dépassement. Plus systématiquement que la psychanalyse, la rythmanalyse trouve, dans la dualité des tendances inconscientes et des interventions de la Conscience, une ondulation psychique qui favorisera la créativité.

p.227 - Intégration des niveaux : A chacune de ces étapes, la Conscience réalise un même processus puisqu’elle y exerce la même fonction et cela, en trois temps :
1/ Tout d’abord, la prise de contact avec les éléments du niveau (perception, action…)
2/ En deuxième lieu, analyse de ces éléments pour les intégrer dans un mécanisme fonctionnel grâce au maniement répété des objets qui correspondent au niveau.
3/ Finalement, maîtrise de ces mécanismes.
Lorsque le résultat est acquis, la Conscience, avec ses prérogatives « d’absolu » se transfère au niveau immédiatement supérieur pour y répéter le même processus et le niveau abandonné devient automatiquement au service des niveaux supérieurs. Malheureusement, dans un grand nombre de cas, les erreurs pédagogiques par ignorance, n’ont pas rendu possible cette maîtrise; nous en verrons les conséquences psychologiques, individuelles et sociales au fur et à mesure du déroulement évolutif. La famille, l’école, la société toute entière assument la responsabilité de ces conséquences tragiques pour l’avenir de l’individu et du groupe social.
Gesell signale également ce processus en trois temps qui se développe à chacun des niveaux et dénomme ces trois étapes successives : innovation, intégration et équilibre. On peut concevoir qu’à la première de ces étapes l’enfant présent un enthousiasme maladroit incompris de l’entourage, du fait qu’il venait d’acquérir une maîtrise satisfaisante sur l’objet de son précédent intérêt. La répression inconsidérée à cette période, avec refoulements concomitants rend alors définitivement impossible le travail d’organisation et d’intégration de la Conscience, d’où les désastres psychologiques qui s’ensuivent.

p.240 – Principe de la liberté : L’élément essentiel d’une orthopédagogie est le principe de la liberté. Il n’y a pas d’autonomie sans liberté. La contrainte qui exige la répétition des techniques imposées, l’imitation de formes intellectuelles, esthétiques ou pratiques, n’est pas l’autonomie. L’activité intégrante de la Conscience n’est autonome que si elle construit elle-même les synthèses que nécessitent ses tâches en présence des données culturelles que lui présente l’adulte. La liberté qui implique une discipline personnelle permanente est la condition indispensable à une attention soutenue et n’aboutit jamais à une individualisme antisocial. C’est la personnalité comprimée et refoulée qui est antisociale; c’est l’inconscient gonflé d’énergies insatisfaites qui réclame des compensations, qui jalouse, envie, soupçonne et hait.
Libre devant sa tâche, l’enfant doit être également libre devant le temps qu’il devra lui consacrer. Devant le temps, il est en face de lui-même et de l’activité consciente dont il le remplira.

p.241 - Rôle du maître : Pour la transmission de la culture, il suffit de ce qu’un maître sait, mais, pour aider la Conscience enfantine à manifester sa vision propre, c’est ce que le maître est qui compte. (…) Nul ne peut grandir quant à sa Conscience, c’est-à-dire passer d’un niveau quelconque à un niveau plus élevé, si ce n’est à l’intérieur de l’expérience d’un autre qui vit, lui, de façon permanente à ce niveau.
La méthode pédagogique doit alors respecter la liberté essentielle à l’exaltation sensorielle et fournir à l’enfant les objets sur lesquels la Conscience va s’exercer. (…)

p.245 – Education du sentiment : L’éducation des sentiments a été pratiquement délaissée dans la pédagogie scolaire. La psychologie des émotions demanderait à être réexaminée en fonction de l’absolu affectif de la Conscience à cette période, plutôt qu’en rapport avec les modifications du milieu humoral.
La prise de contact de la Conscience avec le sentiment n’est possible, pour être normale, que dans la liberté, comme elle le fut pour les autres niveaux. L’adolescent va être sollicité de toutes parts par des expériences affectives multiples et le danger, à cette période qui ne reçoit pas d’éducation est que l’exercice de la Conscience, au lieu de se dérouler dans les trois temps normaux, ne dépasse pas la phase de contact, sans passer à celle de la réflexion, puis à celle de la maîtrise.
Bien peu d’adultes ont dépassé cette étape de simple association avec l’émotion d’où la multiplicité des maladies fonctionnelles dues au traumatisme subintrant de ce chaos affectif pourvoyeur également de maladies sociales. A la merci d’une rencontre susceptible de bouleverser leur condition morale et sociale, ils ne sont protégés partiellement que par leur accaparement professionnel comme le furent les adolescents par leur surmenage intellectuel, mais non par autonomie spirituelle résultant d’une Conscience entraînée.

p.249 – Niveaux en société : Chaque membre du corps social n’est pas capable d’intégrer en soi tout le social, de le penser tout entier, de l’aimer et de le servir consciemment tout entier. Chacun a son âge conscient et s’élève sur les sous-niveaux du niveau social à une stature qui lui est propre. Son « social » correspond à ce qu’il a maîtrisé de ses fonctions psychiques. C’est là son milieu social vrai; le reste du groupe est, pour lui, le champ de son développement ultérieur.
L’échelle sociale est une réalité noëtique, et non pas politique ou économique. (…) L’Etat devrait pouvoir intégrer toutes les formes de conscience sociale et « l’Etat-parti » devrait être envisagé comme un anachronisme.

p.264 - Langage non-aristotélicien :  Outre le type de structure « sujet-prédicat » et le « est » d’identité, il existe également deux autres caractéristiques saillantes de la structure Aristotélicienne :
- D’une part, les orientations bivalentes « soit-soit » suivies de deux termes contradictoires « le jour et la nuit », qui doivent faire place à des termes plus souples de « degrés »,
- D’autre part, « l’élémentalisme » ou scission verbale de ce qui ne peut être empiriquement divisé, par exemple : espace, temps.
Toutes ces anciennes tournures de pensée ont bloqué notre capacité de « voir ce qui est vieux d’un oeil neuf » (Leibnitz). D’où un système « non Aristotélicien » doté d’une structure de langage permettant de ne pas dénaturer les découvertes modernes.

p.271 – Autres espaces-temps :  Pour S. Lupasco, les systèmes énergétiques ne sont pas contenus dans l’espace-temps, ils déroulent leurs propres espaces-temps de systématisation, l’espace et le temps étant les deux termes antagonistes. De la même façon, leur cybernétique engendre la matière propre à chacun des niveaux hiérarchisés. (Notons que le Dr Wallis a suggéré que le cerveau matériel était engendré par l’espace-temps intérieur.) S. Lupasco questionne alors comme tous les savants : Quelle est la nature de cet énigmatique agent énergétique ? Pourquoi, dès lors, la philosophie énergétique de la tradition hindoue ne constituerait-elle pas la réponse appropriée ?

p.299 – Erreurs pédagogiques de la phase sensorielle : Aux Etats-Unis, 30 000 aviateurs se sont portés volontaires pour subir les pires tortures susceptibles de leur être infligés par les Russes s’ils étaient faits prisonniers. Les chefs militaires se demandèrent ensuite s’il était certain que ces traitements puissent effectivement immuniser contre les défaillances au cours des interrogatoires. Rappelons-nous qu’en électroencéphalographie, les aviateurs présentaient dans 30% des cas, des patterns de régression caractérisant une fixation sensorielle de la Conscience. Ce sont les mêmes probablement que l’on retrouve dans une ambivalence sadique-masochiste.
Un ingénieur de 39 ans, marié, près de trois enfants, heureux en ménage, ne résiste pas à l’impulsion de se rendre « de temps en temps chez une prostituée qu’il a instruite à cet effet et de vivre la scène suivante… sitôt qu’il est arrivé chez la fille, elle doit le prendre par les oreilles et le traîner ainsi dans la chambre en grondant : « Qu’est-ce que tu fais là ? ne sais-tu pas que tu… »
Nous pensons que des erreurs pédagogiques à la phase sensorielle doivent être en grande partie responsables de faits comme ceux-là.

Note :

p.307 – Expérience de Sartre dans la Nausée :   »Ce moment fut extraordinairement… Au sein même de cette extase, quelque chose de neuf venait d’apparaître… Combien de temps dura cette fascination ? J’étais la racine du marronnier, ou plutôt, j’étais tout entier conscience de son existence… le temps s’était arrêté… il était impossible que quelque chose vint après ce moment-là… l’existence n’est pas une chose qui se laisse penser plus loin; il faut que ça vous envahisse brusquement… mes yeux ne rencontraient jamais que ce plein; ça grouillait d’existences qui se renouvelaient sans cesse et qui ne naissaient jamais… l’arbre frissonnait mais le frisson n’était pas une qualité… c’était une chose, une chose-frisson se coulait dans l’arbre…. tout était plein… tout était fait avec de l’existence… je me laissais aller… assommé par cette profusion d’êtres sans origine; partout des éclosions, des épanouissements, mes oreilles bourdonnaient l’existence… »

p.310 - Conscience et attention : Gesell déclare, par exemple : « Ainsi que Cobb l’a dit avec insistance, la conscience est, en réalité une fonction physiologique, elle est une forme « d’attention » qui émane des plus hauts processus de synthèse et d’intégration. »
Nous voyons que c’est l’ignorance de l’autonomie de la Conscience, reconnue comme efficace (…) qui empêche ces esprits éclairés de formuler les lois fonctionnelles de la Conscience. (…)
Penfield et ses collaborateurs, poursuivant leurs études sur la conscience, en rapport avec le cortex cérébral au cours d’exérèses chirurgicales, ont constaté que, par stimulation électrique de certaines zones, « tout le courant de la conscience » semblait enregistré, que tout ce que le sujet avait vécu dans une situation quelconque de sa vie, se manifestait à nouveau consciemment. Cette « résurgence était plus qu’un souvenir, plus qu’un rêve et n’était pas non plus une hallucination. (…)
S. Lupasco, spécialiste de la systématisation énergétiques, citant ces expériences remarquables de Penfield, attire notre attention sur le fait que, lorsqu’on parle de « substance », de localisation dans la matière nerveuse, c’est en réalité « d’énergie qu’il s’agit, de « localisation dans l’énergie, plus précisément, dans les systèmes antagonistes ». Et plus loin : « Il n’y a pas de registre, de boîte, de substrat, de support matériel dans l’ancien sens du mot, où viennent se loger ou se graver les événements vécus… ce sont, en dernière analyse, des systèmes purement énergétiques, les systèmes atomiques et moléculaires qui, par leurs forces antagonistes et contradictoires, diversement organisées, se maintiennent dans la neuro-énergie cérébrale. »(…)
Lorsque l’on considère les travaux de Penfield dépistant un « passé » perpétuellement « présent » dans l’énergétique cérébrale, on est en droit de se demander si l’excitation d’autres zones énergétiques ne révélerait pas, de la même façon, les événements à venir, perpétuellement « présents » eux aussi, dans ce domaine de l’illusion qu’est le mirage de la manifestation. (…)

p.320 : Krishnamurti : Nous quittions un matin la tente où se dispensaient les « Entretiens de Saanen » nous demandant pourquoi une attention dépouillée de jugements, de comparaisons, de mots et d’intentions de changement, s’avérait être la seule attitude efficace, non seulement pour l’hygiène mentale mais surtout en vue d’une évolution humaine appelant une véritable « mutation ».
La réponse surgit en notre esprit comme un éclair, la seule réponse possible du point de vue scientifique : c’est, de toute évidence, du fait que cette attitude n’est pas sur le même niveau de Conscience. Elle est alors l’expression fonctionnelle du véritable niveau supérieur, la Conscience à l’état pur, dégagée du psychisme et de l’égo avec ses fausses valeurs, la Conscience Universelle autonome que décrit le Shakta Vedanta. La loi de subordination joue alors en toute efficacité.
Ainsi la structure humaine était bien trinitaire, intégrée par cette Conscience, dont l’activité propre subordonnait automatiquement les niveaux inférieurs. Cette attention vigilante, cette simple lucidité n’était plus l’attention conditionnée, voilée et limitée par la gangue psychique.

Un des livres d’Arthur Koestler, The Act of Creation (1964)

p.330 - Particules de liaison : Les déclarations de V. A. Firsoff rapportées par Arthur Koestler sont cependant significatives d’une tendance qui se rapproche étonnamment de notre proposition « ce caractère éthéré du neutrino a encouragé les gens à se demander s’il n’existe pas d’autres particules qui procuraient le chaînon manquant entre la matière et l’esprit. » (…)
Et Arthur Koestler poursuit : « Le mindron de Firsoff est un modèle assez primitif marqué par une interprétation atomiste des faits mentaux que la psychologie commence enfin à dépasser. » Cyril Burt dont les « psychons » seraient des configurations plutôt que des particules a proposé une hypothèse plus raffinée, mais sans la poursuivre en détail.  (…)
[Note : Pour la question de particules faisant le lien entre la matière et l'esprit, les C's (session 000527) suggèrent que la mémoire est stockée dans les patterns que forment les neutrinos. ]

Eddigton avait suggéré l’idée d’un esprit universel comme hypothèse plausible dans l’état actuel des théories physiques. (…)
Dans un compte rendu de la Gnose de Princeton, R. Ruyer nous fait remarquer qu’une théorie topologique de la transmission de l’information dans l’espace-temps, exprime les incidences et les contacts des « événements » non pas en termes de mesure (d’espace ou de corps) mais en termes de transfert direct d’énergie. (…)

[Note : Philippe Guillement : « [Voir cette vidéo] à méditer avec la théorie des kairons de Arkadiusz Jadczyk et son lien avec la double causalité, car les kairons sont reliés au bulles du futur avant même d‘être reliés au présent…Un tuyau: Les kairons sont des événements en préparation qui ont tendance à converger vers des futurs semblables compte tenu du fait que le futur est déjà partiellement structurés et la seule force qui permette de changer ça: voir la vidéo ci-dessous.

Arkadiusz Jadczyk : « celui qui « croit » en la possibilité de « créer une réalité » différente de ce qu’elle EST, augmente le chaos et l’entropie. Si vos convictions sont perpendiculaires à la vérité, même si elles sont inébranlables vous êtes fondamentalement en conflit avec la vision que l’univers a de lui-même, et je peux vous assurer que ce n’est pas vous qui allez gagner. Vous attirerez la destruction sur vous-mêmes et sur tous ceux qui se livreront avec vous à ce genre d’exercice de « bras de fer » avec l’univers.
D’autre part, si vous êtes capable de voir l’univers comme il se voit lui-même, objectivement, sans cligner les yeux et en l’acceptant, vous vous alignez alors sur l’énergie créatrice de l’univers et votre propre conscience devient un transducteur d’ordre. Votre énergie d’observation, accordée de manière inconditionnelle, peut apporter l’ordre dans le chaos, peut créer à partir d’un potentiel infini. »]

p.345 – Genèse de la forme des organismes : La conscience végétale, si elle se manifeste de façon spectaculaire dans les expressions psychiques dont nous venons de décrire quelques exemples, revêt un prestige d’architecte aux plus hautes qualifications lorsque nous nous penchons sur les différenciations structurales et sur les énergies fonctionnelles colossales et diversifiées qui se présentent à l’examen. « Un des problèmes les plus passionnants que pose l’étude de la vie, nous dit Roger David, est bien celui de la genèse de la forme des organismes. »
Effectivement, si la science dépiste et authentifie maintenant, avec la plus haute précision, les éléments constitutifs d’une structure, elle n’arrive pas aisément à franchir l’étape qui lui pose le problème de la génèse des formes. L’hypothèse de la « Conscience-Energie » créatrice et organisatrice de toutes les formes manifestées est la seule qui nous donne satisfaction. A vrai dire, nous ne lui donnons notre acquiescement que lorsque nous avons subjectivement « ressenti » notre unité, notre identité même, avec la Conscience Universelle à l’oeuvre dans les moindres détails de la manifestation. (…)
La morphogénèse de la plante, sous la dépendance de facteurs internes, échappe en grande partie au biologiste;  (…)

p.351- Conscience dans la nature : Pourquoi le psychisme aurait-il le droit d’être conscient chez l’homme et non chez l’animal ? Les niveaux superposés mais intégrés d’une conscience qui est de plus en plus voilée aux étages inférieurs de la hiérarchie, nous autorisent à utiliser ce terme, à titre énergétique tout au moins, même pour une bactérie. La conscience universelle n’est-elle pas à l’oeuvre dans le comportement alchimique de cet animalcule ? Cette optique donne une continuité et une unité à notre conception du monde et rien d’autorise à lui donner un démenti formel.

p.353 – Champs de force : Les structures posées sont considérées comme des « champs de force » (nous voilà bien dans l’énergie) qui incitent l’araignée à en poser d’autres. « Une sorte de milieu artificiel, source de nouveaux stimuli, vient se superposer au milieu naturel. » (…)
Pour nous, tout se présente comme si le modèle était inscrit en termes énergétiques dans la conscience de l’espèce et préparé par elle qui le guide ensuite. (…)
Nous admettons que cette énergie de l’espèce est consciente, et, partant, qu’elle exprime la « Conscience » dans l’une de ses manifestations involutives.

p.358 - L’expérience du chat de Schrödinger revisitée : L’expérience fut réalisée par Schmidt, physicien parapsychologue qui, pour ne pas mettre en jeu la vie du chat, imagina un autre stratagème ; Rémy Chauvin nous en relate le protocole : L’animal est introduit dans une boîte réfrigérée dans laquelle se trouve une lampe qu’un générateur aléatoire allume de temps à autre. Lorsque le chat n’est pas dans la boîte, le générateur distribue équitablement les commutations du courant entre la lampe de la boîte réfrigérée et une lampe témoin placée à l’extérieur. Mais si le chat s’y trouve la boîte se réchauffe parce que la lampe intérieure s’allume plus souvent que la lampe témoin située à l’extérieur. Après élimination de toutes les causes d’erreur possible,s il fallut bien admettre que le chat lui-même, en tant qu’observateur avait procédé au « collapsus du PSI » et cela, dans le sens de ses intérêts, en vie de réchauffer la boîte. L’expérimentateur a conclu à « l’influence mystérieuse de la volonté » qui a déplacé le « paradoxe » vers d’autres problèmes mais qui nous instruit de façon significative sur le pouvoir de la conscience psychique chez l’animal. Cette expérience, en tant que test, porte le nom « d’effet Schimdt ».

p.366 – Perception subjective / nature des couleurs : Lorsqu’au XIe siècle, l’optique devint objet d’étude scientifique, on donna le nom de « lumen » au « quid » extérieur capable de se propager en ligne droite jusqu’aux yeux et de « lux » la lumière qu’on voit, c’est-à-dire, en fait, à l’effet psychique du « lumen »".
C’est l’abandon du latin qui, par la suite, remplaça par un terme unique de « lumière » ces deux phénomènes, cependant distincts, convaincus qu’étaient les physiciens qu’il n’y avait aucune raison de distinguer la radiation, de la lumière qu’on voit. Un « oeil moyen » fixé par une convention internationale, permet de définir une « lumière conventionnelle ». La science ne se réfère alors en rien au mécanisme psychologique de la vision.
Une situation analogue concerne les couleurs :
Dans l’Antiquité et au Moyen Âge, la couleur était considérée comme essentielle psychique. On avait coutume de dire que la fonction du sens de la vie était de faire voir les « formes et les couleurs ». Au milieu du XVIIe siècle, la couleur fut rattachée à la radiation elle-même malgré les protestations qui s’efforçaient de localiser dans la rétine, les couleurs physiologiques.  Les couleurs devinrent les longueurs d’onde des radiations et, une colorimétrie recourant, elle aussi, à « l’oeil moyen » s’installait, utilisant un groupe de conventions internationales.
Kepler cependant, reprenant des expériences d’optique d’une technique précise, réussit, sous une nouvelle forme, à réhabiliter la distinction qui avait été faite dans le passé entre « lumen » et « lux ». (…)

p.374 – Centre énergétique à droite : Le SOI est alors appelé le coeur parce qu’il est la source d’où jaillit l’intelligence, puis le mental et son expansion dans le monde. Sri Ramana Maharshi fait allusion à un centre énergétique qui, dans notre organisme, serait situé à droite, à l’opposé du coeur qui nous est familier. [Note : Selon Castaneda : "Le rêve était localisé sur le côté droit, contre les côtes. Voir se trouvait sur la côté gauche. Il dit que quelquefois, chez certains guerriers, voir et rêver se trouvaient du côté droit".]

p.375 – L’état sans égo : En dépit des apparences, l’état sans égo représente a plus intense des activités. De même que le gyroscope apparaît immobile lorsqu’il tourne à la plus grande vitesse, de même, l’énergie émanant de la conscience du Sage est, par sa propagation, la plus efficace des instructions. (…)

http://newsoftomorrow.org/science/nouvellephysique/dr-therese-brosse-la-conscience-energie-structure-de-lhomme-et-de-lunivers-extraits