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Egrégore vient du grec « eg-gregoros » signifiant « qui sort (ex-) du troupeau (gregoros) ». C'est ce même mot « gregoris » qui donne en français le terme « grégaire ».

Une autre étymologie supplémentaire vient compléter le sens de ce mot, en ce sens où le grec « egregorein » signifie « veiller ».

Dans sa compréhension globale l'« égrégore » est donc l'être (ou la force/puissance) qui sort/émane du troupeau/groupe et qui veille sur ce dernier.

 


B. Palinodie de la loge dakaroise

De cette étymologie, une première remarque s'impose. L'égrégore n'est pas une puissance, une force ou un être autogène. Bien au contraire, il est le produit, le résultat, l'émanation d'une communauté (religieuse, politique, initiatique, etc.).
Or Dieu, tel que nous l'enseigne la Tradition religieuse, depuis le premier couple humain jusqu'à aujourd'hui est claire : Dieu est le Créateur-Autogène, Il est la Cause des causes Qui n'a d'autre cause que Lui-même, l'Origine des origines Qui n'a d'origine que Lui-même. Le médou netjer dit de Lui qu'Il est « kheper djes Ef », qu'Il existe de Lui-même.

Alors comment Dieu, en Ses différents noms (Juok, Ruhanga, Jah, Atona, Allah, Ptah, Vishnu, etc.), peut-Il être assimilé à un égrégore ? L'égrégore émane d'un groupe, est un esprit grégaire alors que Dieu, Lui, est la source de tous les groupes. Là encore le médou netjer nous dit ceci à propos de Dieu : « ir Ka héhé èn khépérou im Ka ; Wa Ti », Tu crées des millions d'existants à partir de Toi, Toi l'Unique.

Il y a une réelle incompatibilité entre cette notion d'égrégore et celle de Démiurge vu qu'elle épelle le nom même de la dépendance.

Un des nombreux noms de Dieu est Atoum, qui renvoie à l'«Absolu » comme Son titre de « Neb er djer ». Comment peut-on à la fois être « Absolu », « sans limite » (neb er djer) et être dépendant (égrégore) ? Nous sommes là face à une aporie.

 

Aucun Livre sacré (du Raou en peret em hérou au Qur'an en passant par le Tipika, les Védas ou le Tao To king) ne pose Dieu comme l'émanation d'un peuple, d'une nation, d'un groupe ou d'un troupeau.

Il appert donc que cette notion d'égrégore est étrangère à l'univers religieux. Et ce, quelque soit l'obédience religieuse.

 

Si cette notion ne relève pas de la religion, d'où nous vient-elle ?

C'est du côté des loges maçonniques qu'il faut se tourner pour trouver une réponse intéressante.

Dans les loges maçonniques ou le satanisme préfère parler de Grand Architecte de l'Univers plutôt que Dieu, c'est surtout à partir du 19ème siècle que cette notion commence à émerger de façon publique dans les planches des initiés.

C'est l'occultiste et kabbaliste catholique Joseph Alexandre Saint Yves d'Alveydre dans son livre « mission des Juifs » (1884) qui fit sortir à la lumière du jour cette notion d'égrégore. Il définit ce dernier comme suit : "Cet être collectif occulte, créé spontanément par le pouvoir humain et susceptible d'être doué d'une puissance terrifiante".

Après avoir retrouvé en Ethiopie le Livre d'Enoch (partie intégrante du canon de l'Eglise orthodoxe axoumite), certains franc-maçons comme Alphonse-Louis Constant, à la suite de Joseph Alexandre Saint d'Alveydre, tentent de rapprocher les égrégores aux Nephilim en s'appuyant sur le verset 94 du chapitre 88 (Livre d'Enoch): "Enfin Il appela soixante-dix pasteurs et leur donna le soin de veiller [grégorein en grec] sur le troupeau"

C'est là, la première tentative de lier l'idée d'égrégore au monde religieux, en l'occurrence chrétien. Ce petit jeu de mot, initié par le franc-maçon Alphonse-Louis Constant, en s'appuyant frauduleusement sur le Livre d'Enoch, se diffusa très rapidement dans les loges maçonniques.

Mais celui qui la popularisa le plus fut le franc-maçon Stanislas Guaïta, notamment dans son livre « Les clefs de la magie noire » (1897). Voilà ce qu'il nous dit de l'égrégore : [une] sorte de synthèses vivantes, résultats du groupement de plusieurs individualités, sous les conditions requises. (...) C'est ainsi que dans l'ordre politique, social ou religieux, des millions d'hommes, hiérarchiquement organisés, tant de siècles durant, sous le niveau d'une règle inflexible, ont pu créer, (conscient ou non de leure oeuvre dans l'invisible) des êtres virtuels, des entités collectives, en un mot, des dénominations fastes ou néfastes, d'une puissance et d'une durée incalculable."

Cette chaine maçonnique se clôture sur Jules Boucher qui donne une définition définitive de l'égrégore:

"On appelle égrégore, une entité, un être collectif issu d'une assemblée. (...) Toute assemblée d'individu forme un égrégore. Il y a un égrégore pour chaque religion et cet égrégore est puissant de toutes les forces fidèles accumulées au cours des siècles. De même pour la franc-maçonnerie, chaque loge possède son égrégore et la réunion de tous ces égrégores forme le grand égrégore maçonnique".

un egregore est un être collectif autonome, composé d’une multitude d’influences qui s’unissent autour d’un centre commun. II pourrait se trouver que lorsque plusieurs personnes s’unissent autour d’une idée, ou d’un principe, elles enfantent un être collectif intelligent, qui va par la suite devenir indépendant, menant une vie propre. Il serait alors la somme des énergies psychiques émises par chacun des membres ayant participé à son émergence, voire à sa multiplication. L’ensemble de ces mouvements vibratoires pourrait exercer, en retour, en vertu du principe action-réaction, une puissante influence sur les composants du groupe, qui peut être fort différente de la psyché de chacun. Le total ne serait pas la somme des membres composants….   .

Un egregore est une « forme-pensée », ou « idée force » de qualité neutre, comme une coquille vide, qui se colore et se remplit des intentions du groupe, pour le meilleur ou pour le pire. Selon la qualité vibratoire et le but de ses membres fondateurs, l’egregore les enchaînera à leurs croyances limitatives, ou tout au contraire, pourra dynamiser leur potentiel créateur et les déliera de toutes influences extérieures, élargissant ainsi leur

espace de liberté.

Penchons-nous un instant sur l’origine de ce mot, elle aussi bien mystérieuse. Son sens originel est biblique, mais il semble être le résultat d’une suite d’erreurs de traductions. On en trouve trace dans la littérature apocalyptique hébraïque, tout particulièrement dans le Livre d’Henoch, sous la signification de veilleur, ou éveillé, en grec egregoroî, en latine egregori, d’où le néologisme français d’egregore. Dans la tradition hébraïque primordiale, ces veilleurs, sorte d’anges, sont des entités, intermédiaires directs et indispensables, entre Dieu et les hommes. L’essentiel de leur action aurait été la fécondation des femmes, afin que soit entretenue chez les humains la parcelle divine. Ainsi, la transmission génétique aurait été déjà connue, et le sexe des anges plus à discuter

En fait, l’utilisation actuelle de ce terme, nous la devons à Stanislas de Gaîta, qui fut le premier à l’utiliser dans son acception d’entité occulte, c’est à dire d’Etre caché, d’Etre non visible.

Il convient de souligner, mystère supplémentaire, que ce mot n’est utilisé qu’en français. Dans toutes les autres langues, le concept occultiste ou psychologique, quand il existe, ne porte aucun nom particulier. Enfin, c’est en France, et rien qu’en France, que ce concept et ce mot sont introduits en Franc Maçonnerie.

Partons maintenant sur les traces littéraires de ce mot, à travers la pensée de quelques auteurs.

Et revenons un instant à S: de Gaîta, `poète *et occultiste de la fin du 19eme, qui nous en parle en terme de vivante synthèse, résultat du groupement de plusieurs individualités. Quoique non maçon, il évoque aussi l’importance de la chaîne magique, ou chaîne d’union, en F.M.. Gaïta, peu avant sa mort précoce, transmet des écrits à son secrétaire, qui n’est autre que notre ami Oswald Wirth, à charge pour lui d’en poursuivre la rédaction. C’est bien Wirth qui introduit le mot en F.M., suivi par Marius Lepage, relayé par Jules Boucher.

Ce que ces auteurs ont en commun, c’est leur conception de cette notion d’egregore: Ce n’est pas une création spirituelle, mais une forme d’énergie résultant de la sommation des fractions énergétique de même signe, issues des individus d’une collectivité humaine. Le concept n’est donc pas du tout métaphysique, on le voit, mais plutôt d’ordre physique, pourrais je dire.

René Guenon, quant à lui, nous en parle bien différemment dans ses Aperçus sur l’Initiation. Ce sont des forces d’ordre subtil, nous dit il, constitués par les efforts de tout les membres passés et présents.

Avec le mot « membres passés », il introduit là une nouvelle dimension au concept. Il ajoute que lorsqu’il s’agit d’une- collectivité appartenant à une forme traditionnelle authentique et régulière, ce qui est notamment le cas des collectivités religieuses ou spiritualistes accomplissant certains rites, un autre type d’entité collective peut se former. Il peut y avoir en outre intervention d’un élément véritablement non humain, une influence spirituelle extérieure. Guenon parle là d’un type d’egregore spiritualisé. Il dit que cette influence peut se fixer sur un support matériel, objet ou lieu, par exemple, et donner lieu à des manifestations sensibles, comme celles que raconte la Bible au sujet de l’Arche d’Alliance ou du Temple de Salomon. D’après lui, les miracles de toutes les religions résulteraient de pareilles matérialisations réalisées an des lieux de pèlerinage, ces objets ou ces lieux jouant le rôle de condensateur. Il y a là, nous dit il, une constitution du groupe comparable à celle d’un être vivant, avec un corps qui est le support dont il s’agit, une âme qui est la force collective, et un esprit qui- est naturellement l’influence spirituelle agissante extérieurement par le moyen des deux autres.

Un autre type de recherche s’est penché sur ce phénomène. Ce sont les philosophes et les sociologues. Citons principalement Gustave Le Bon, Durckheim; et Gurvitch, qui tous constatent et analysent ce phénomène, en des termes bien proches, mais bien sûr sans en envisager son éventuelle prolongation spirituelle ou métaphysique. Il y a pour eux dans la vie sociale différents paliers qui correspondent aux diverses formes de sociabilité : la masse, la communauté et la communion, en allant de la couche la plus superficielle à la plus profonde, la communion représentant le degré maximum de fusion des consciences.

Dans le monde moderne, lorsque la psychologie sociale se penche sur l’entreprise, elle crée le mot synergie, qui qualifie bien le même concept, l’union des volontés vers- une finalité commune, synergie plus ou moins puissante suivant le degré de cohésion des membres du groupe.

Enfin, sur ce sujet, comment éviter de citer une fois de plus l’incontournable Carl Gustav Jung ? Avec ses travaux sur les symboles, sur les mythes, sur l’inconscient, sur la psychologie des profondeurs, il aboutit à la notion d’un inconscient collectif. Une sorte d’héritage culturel de nos ancêtres, une sorte de résumé des expériences intérieures de l’Humain.

Nous expliquant peut-être ainsi pourquoi Guenon nous disait tout à l’heure l’influence des membres passés d’un groupe sur les caractéristiques de son propre egregore.

Sur cette influence des membres passés d’un egregore, je voulais dire que- de ce fait, cet egregore, entité psychique autonome, peut survivre quelque temps encore, voire fort longtemps, à la disparition du groupement humain qui l’a créé et supporté. C’est comme un nuage d’idées, qui avant que de s’éteindre et se dissoudre, parcourrait le monde à la recherche d’un nouveau groupe qui le revivifierait, comme un essaim d’abeilles à larecherche d’un nouveau gîte..

C’est pourquoi l`histoire voit en permanence resurgir quelques mouvements, qui, quoique démantelés, ont une tendance spontanée à se restructurer, à se réanimer, qu’il s’agisse de vieux démons, tel le nazisme, ou de mouvement spiritualiste se référant, par exemple, à la force psychique formidable que nous ont laissés quelques prêtres de l’Égypte antique, qui fascine encore nombre d’entre nous, au point d’influencer encore certains rituels et pratiques.

Tout comme s’il s’agissait d’unn phénomène vibratoire, on peut imaginer que plus la vibration initiale : a étéintense, plus la durée de vie d’un egregore est grande. Mais comme tout mouvement vibratoire, le mouvement universel n’existant pas en l’état.: de nos connaissances, sauf à recourir au divin, vient le moment de l’entretien des forces. II ne me semble pas, personnellement, y avoir de différence fondamentale de fonctionnement entre l’ordre du physique et l’ordre du psychique. Plus il est alimenté, plus son rayonnement s’étend. En contrepartie, moins il est nourri et plus sa force s’affaiblit. C’est ainsi que les egregores naissent, se développent, puis s’anémient et meurent, ou tout au contraire se fortifient et se pérennisent, en traversant le temps.

Nous comprenons donc maintenant que nous sommes entourés d’egregores, multiples et multiformes. Je me garderais bien d’en vouloir dresser un catalogue. Je vous invite, tout au contraire, à les -découvrir autour de vous, portant vos regards curieux à cet égard sur l’espèce, puisque rien qui soit humain ne nous est étranger. Je vous invite aussi à les ranger dans des catégories de qualité, telles que nous les, avons définies précédemment.

Celles relevant de la masse, celles dépendantes de la communauté, et enfin celles du stade de la communion.

Mais nous devons aussi distinguer, une deuxième classification qui s’y superpose. Trois types supplémentaires me semblent à décrire

Les egregores neutres, qui n’ont que peu d’influence sur la psyché humaine. Ils ne propulsent ni vers les tréfonds de la matière, ni vers les sommets de l’esprit. Ils sont peu visibles, et nécessitent une certaine vigilance pour être identifiés. Les egregores nocifs et maléfiques, (évidemment un jugement subjectif de ma part!), à l’opposé, manipulateurs et limitatifs. D’esprit profondément matérialiste, dissimulés sous certains masques, ils aliènent, enferment, retiennent et séparent.

Ils s’efforcent, consciemment ou pas, de s’opposer au processus de l’évolution, telle que nous l’entendons nous, au sens social, matériel et spirituel.

Les egregores féconds, ou bénéfiques, qui tentent d’ouvrir à des états de conscience trans-personnels, essayant d’être des manoeuvres, ou peut être prétentieusement des ouvriers, plus ou moins qualifiés,, de l’Entreprise-Evolution, telle que, peut être utopiquement, bien sûr, nous la concevons.

C’est donc un amusant et fructueux safari-egregore que je vous propose, allant de l’opinion publique, le plus bas de l’échelle, en passant par la famille et le couple, les équipes sportives, leurs clubs de supporters, le régionalisme, le nationalisme, le mondialisme, les sectes, le monde du travail et le syndicalisme, les églises, les partis politiques, bref, tout le paysage géo-psycho-politique, à passer en revue au crible de cette étrange et je le redis, mystérieuse force associative douée de mémoire et d’une vie autonome.

Il est peut être temps maintenant, à la lumière de ces quelques réflexions générales, de consacrer quelques instants à notre propre egregore maçonnique.

L’Esprit de la Franc Maçonnerie contemporaine, que l’on nomme spéculative, avait déjà un long passé avant que d’être réactivée au début du 18eme siècle. La Maçonnerie actuelle n’est jamais, soyons en bien conscient, qu’un sous-egregore,- infiniment plus ancien, remontant peut être- au début même de la conscience humaine, et dont le mécanisme de re-creation, je dirais de ré-incarnation, a été précédemment décrit. Le nuage d’idées, dans sa personnalité propre a retrouvé, au début du 18ème siècle, un groupement humain pour l’accueillir à nouveau. Remontons le temps les corporations,, les opératifs, les bâtisseurs de cathédrales, Salomon, Hiram, les Fondements bibliques, les Égyptiens, et tout ce qui avait tenu place -fondamentale auparavant, sans que-nous ne le sachions vraiment. Peut-être l’idée force- serait la quête du Beau, au sens extra plastique et extra artistique, bien plus largement entendu au sens rituélique du terme,- selon cette réplique phrase » Que la Beauté l’orne « . II me semble évident que nous sommes l’émanation d’un egregore originel dont nous connaissons bien peu de choses, mais dont- l’existence probable- nous envahit.

Dans la classification que j’ai proposé, j’ai la faiblesse, la fierté et la prétention de croire que nous ressortons du domaine de la catégorie Communion. Communion qui dans sa racine latine signifie « communauté de fidèles ». Mais fidèles à quoi ? Voyons donc :… mais c’est bien sûr ! … , à l’article premier de notre Constitution, sur lequel, main dégantée et posée, nous avons tous ici souscrit et juré !

Que nous propose-t-il ? J’éviterai la répétition de sa lecture ! Rien qui ne soit conforme aux principes de l’Évolution rêvée : paix liberté, fraternité amour, force sagesse, conscience liberté, respect et tolérance.

C’est pourquoi je prends le risque de nous ranger dans les egregores féconds.

Mais c’est là un egregore- obédientiel, celui de la Grande Loge de France, entièrement dévolue au Rite Écossais Ancien et Accepté. D’autres rites et obédiences ont certainement sur ce sujet, les mêmes valeurs et la même puissance associative immémoriale.

La GLDF étant une fédération de loges, passons donc à ses membres, et son unité de base, à savoir la Loge, lieu où j’ai ce soir le plaisir de parler quelques instants.. Voilà bien un groupement modèle réduit, fondu à la fois dans l’obédience et dans l’egregore maçonnique en général. Comme une espèce de famille, où tout est ressenti plus intensément, sur les trois plans matériel, intellectuel, et spirituel, pour des raisons de perception plus facile, dans la proximité, selon le mot à la mode.

Mais aussi pour une autre raison. La Loge est la seule détentrice du pouvoir spirituel, qui peut sembler de ce fait issu de son propre egregore, celui auquel nous nous rallions en priorité. Fait fondamental, elle seule, la Loge, pas le Vénérable Maître, pas l’inspecteur, pas le Conseil Fédéral, pas même le Grand Maître lui même, ne peut s’y substituer. Seule la Loge, entité spirituelle, et de ce fait son propre egregore, ont le pouvoir de transmettre une Lumière. C’est pourquoi j’ai pris l’habitude de la qualifier de corps spirituel.

C’est aussi ce lieu unique qui nous confronte à notre ciment, à savoir le rituel, rappel permanent des principes de notre engagement, et moteur principal de la pérennité de cet egregore.

Chaque Loge a son propre egregore, une  base commune à toutes, et une personnalisation. Nous l’avons bien vu, il y a quelques jours, réunissant nos trois loges filles, fruit de nos essaimages..

Et c’est bien, ces variations autour d’un même thème, puisqu’elle ne nuisent pas àl’egregore maçonnique global, cultivant ainsi une certaine diversité, un certain degré d’originalité novatrice, même si elles sollicitent quelque fois une modeste tolérance.

J’aime la forme variation en musique, je l’aime aussi en maçonnerie ! Sur la toge et son fonctionnement psycho-spirituel, une dernière interrogation, me vient, à la lecture d’une traduction anglaise des textes apocryphes des manuscrits de la mer Morte.

Fort justement, Jésus y décrit le ternaire de la personnalité humaine, sous la forme d’une image. Il y compare le corps de l’Homme à un char, son coeur à un cheval, le cocher étant son esprit. Mais le manuscrit se garde de désignerqui est cet Esprit. Le moment n’est pas ce, soir de parler de l’espace de tolérance et de liberté que représente le Rite Ecossais Ancien et Accepté, mais nous disons, nous, que c’est le Grand Architecte de l’Univers. Fiers que nous sommes de nos principes de libertés individuelles, nous nous. targuons de nos structures démocratiques rigoureuses, empêchant la survenue d’un potentat-gourou. Je souris à l’idée suivante : « et si l’egregore, produit de vous tous et devenu de ce fait entité psychique indépendante, et si cet egregore était ce gourou tant redouté ? Coiffé d’un chapeau melon, ce serait le cocher du char dont nous parlions, et ma foi, je me serais alors laissé, pendant tant d’années, et me laisserais volontiers conduire encore quelque temps, sansavoir le sentiment d’avoir perdu, NI le sens de l’itinéraire, NI ma liberté personnelle.

J’ai conscience d’avoir trop parlé: sur un mot qui n’existe pas, et peut être passé pour un doux- rêveur.

Mais par extension utopique, relisant le considérant premier de ladéclaration des-. Droits de l’Homme de 1948, je vois cette expression : « Considérant que le respect de la dignité à tout les membres de la famille humaine, etc… » on en connaît la suite… C’est bien la première fois qu’apparaît dans un texte officiel la notion d’entité familiale humaine.

Ayant cité la famille comme un exemple d’egregôre possible, nous pouvons penser, souhaiter et rêver qu’apparaisse un jour un egregore mondialiste et universel, n’en déplaise à quelque nouveau José Bové de l’Esprit, un egregore à la fois fécond et communiel, selon les classifications que je vous ai proposées, et pour le plus grand bonheur de tous, au point Omega de Teilhard de Chardin, dont vous savez qu’il m’est si cher.

Mais alors, la Franc Maçonnerie aura rempli sa part de la tâche globale, enfin achevée, et n’aura plus de raison d’être !

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