un_boulanger_bio_explique_pourquoi_le_ble_et_le_gluten_est_devenu_toxique

Les taux d’ochratoxine varient entre 11 et 26 microgrammes par kilo dans le blé, alors que le seuil maximal toléré est de 5 microgrammes par kilo », Une bonne et une mauvaise nouvelle ont été annoncées hier par le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, au cours de la conférence de presse qu'il a tenue en son bureau à Bir Hassan. La bonne nouvelle est que des mesures seront prises pour empêcher l'entrée au Liban de céréales qui ne répondent pas aux normes internationales d'hygiène alimentaire et qui contiennent notamment de l'ochratoxine, une sorte de champignon toxique et cancérigène. La mauvaise nouvelle est que les céréales contaminées et leurs dérivés sont déjà sur le marché – Dieu sait depuis quand – et qu'il ne sera pas possible de les retirer.

La conférence de presse de M. Bou Faour était axée sur le blé et sur les résultats des analyses effectuées sur des échantillons prélevés des silos de Beyrouth. Se voulant rassurant, le ministre a d'emblée affirmé que la campagne pour une meilleure hygiène alimentaire a sensiblement progressé, tout en faisant remarquer qu'il reste encore beaucoup à faire pour mettre en place un système de contrôle définitif et durable. « Le ministère de la Santé découvre chaque jour un nouveau mystère », a-t-il noté, en expliquant que la campagne s'est élargie et que des analyses sont actuellement effectuées sur des échantillons de viande et de poulets pour déterminer le taux d'antibiotiques qu'ils contiennent.

 

 

Concernant le blé, il a commencé par expliquer qu'à la suite de la dernière tournée qu'il avait effectuée sur les silos, les problèmes qui avaient été constatés au niveau de la structure des installations ou de l'organisation du travail ont pu être réglés. Reste l'essentiel ! « Il est apparu que des analyses, pourtant fondamentales, ne sont pas effectuées sur le blé », a lâché Waël Bou Faour, qui a fait ensuite des révélations affolantes : « Sur un total de sept échantillons prélevés le 12 février, quatre n'étaient pas conformes aux normes internationales, en ce sens qu'on y a découvert 15 microgrammes d'ochratoxines (voir encadré) par kilo alors que le seuil maximal toléré est de 5 microgrammes par kilo. »

Et ce n'est pas tout ! Dix jours plus tard, une deuxième équipe du ministère de la Santé a prélevé 24 échantillons de deux lots différents de blé, 12 de chaque lot. « Les résultats des analyses ont montré que les échantillons prélevés du premier lot étaient conformes aux normes internationales et que dans cinq échantillons des 12 prélevés du deuxième lot, le taux d'ochratoxine découvert était très élevé : 26 microgrammes par kilo », a averti le ministre, qui a sommairement expliqué les méfaits de ce parasite fongique : « Il favorise le cancer ainsi que la maladie d'Alzheimer. » « Il n'est pas normal qu'il se trouve à des taux aussi élevés, variant entre 11 et 26 microgrammes par kilo dans le blé », a-t-il affirmé, en expliquant qu'il est apparu que le blé importé des États-Unis est conforme aux normes internationales, contrairement au blé russe qui ne l'est pas. « La politique n'a rien à voir là-dedans », a-t-il pris soin d'ajouter.

Le problème est qu'en dépit de ces révélations, les autorités n'envisagent pas de retirer le blé contaminé du marché. « Ce qu'il faut faire, c'est prendre les mesures qu'il faut pour éviter que du blé contenant des taux élevés d'ochratoxines ne soit de nouveau importé. Les lots déjà importés ont été distribués sur le marché et ne sont pas contrôlables » a dit le ministre, avant d'indiquer qu'il a demandé à l'Institut libanais de normalisation (Libnor) d'amender les normes requises pour les céréales de sorte qu'il y ait davantage de tests d'ochratoxine à l'arrivée du blé au Liban.
M. Bou Faour a également adressé des mémorandums aux ministres de l'Économie, Alain Hakim, et des Finances, Ali Hassan Khalil, pour leur demander d'avertir les autorités concernées aux douanes d'interdire le déchargement de cargos de blé avant que le test d'ochratoxine ne soit effectué par son département, en attendant la révision des normes requises pour l'ensemble des céréales, notamment le blé.
À la question de savoir comment les autorités comptent réagir aux éventuelles protestations des syndicats d'importateurs de céréales, il a répondu : « Ils peuvent protester contre tout sauf contre ce qui a trait à la santé des Libanais. »

Il n'en demeure pas moins que du blé contenant une matière cancérigène existe sur le marché, que le consommateur est laissé dans le noir quant à la quantité contaminée et qu'il n'a aucun indice sur les produits céréaliers à éviter.


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L'ochratoxine, c'est quoi ?

L'Occident a détecté depuis plusieurs années l'ochratoxine A, définie sur le site de Santé Canada comme étant un composé organique fongique toxique, dont la consommation peut provoquer des effets néphrotoxiques, tératogènes (provoquant des déformations chez le fœtus), immunosuppressifs et carcinogènes chez plusieurs espèces. Elle est donc produite par plusieurs champignons microscopiques et naturellement présente dans de nombreux produits végétaux. Ces champignons se développent dans les champs et non pas pendant le stockage.

L'ochratoxine A constitue l'un des carcinogènes rénaux les plus puissants. En effet, à de très faibles doses, celle-ci provoque le cancer chez les rats. Par conséquent, l'ochratoxine A a été reconnue comme cancérogène du groupe 2B tel que déterminé par le Centre international de recherche sur le cancer, soit comme « possiblement cancérogène pour l'humain », et ce, sur la base de données probantes suffisantes au chapitre de sa cancérogénicité dans le cadre d'études chez les animaux de laboratoire, et de données probantes insuffisantes chez l'humain, selon le résumé fait par Santé Canada qui s'adresse au public.

Récemment, le Bureau d'innocuité des produits chimiques de Santé Canada a terminé une évaluation du risque que comporte l'ochratoxine A, dont la présence est parfois détectée à faible concentration dans des aliments de base tels que certains aliments dérivés de céréales, ainsi que dans une variété d'autres aliments. À la suite de cette évaluation, les scientifiques de Santé Canada ont conclu que la réduction du risque au moyen de plusieurs options constitue la meilleure stratégie de gestion du risque afin de protéger la santé des consommateurs canadiens contre l'exposition à l'ochratoxine A.