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Pinocchio est une oeuvre emblématique, pétrie du sentimentalisme de l’époque, point d’appui par antonomase de l’opération de rééducation du peuple enfant qui, avec grand peine, après des siècles de ténébreuse superstition catholique, ouvre les yeux à la nouvelle lumière du progrès et de la paix.
Les aventures de Pinocchio ressembleraient justement à une fable maçonnique magistralement composée – se référer par exemple au livre de N. Coco et A. Zambiano « Pinocchio e i simboli della Grande Opera » (Pinocchio et les symboles de la Grande Œuvre, Roma, Edizioni Atanor, 1984.).
Pinocchio est un morceau de bois qui parle, un morceau de nature à l’état pur, une marionnette de naissance virginale qui a pour père adoptif Joseph.
Ses mésaventures le conduisent tout de suite à une incroyable incarnation dans un âne, préfiguration de la matière incréée qui, sous la forme d’un morceau de bois, dans cette histoire, s’élève , même si c’est à travers les douleurs de l’imperfection et de la chute, vers des formes plus évoluées et plus parfaites. 
Et pendant trois jours Pinocchio reste prisonnier dans le ventre d’un gros poisson où il rencontre son père (allusion singulière aux trois jours passés par le Christ dans le sépulcre et la descente aux enfers).
Il ressuscite enfin comme un homme, sommet d’une évolution qui a vu la matière inanimée se spiritualiser et s’incarner en passant de vie en vie, comme suivant la loi du karma, selon les mérites accumulés dans ses diverses phases, jusqu’à s’auto-racheter et à arriver finalement à la perfection. 
Autour de Pinocchio tournent divers personnages comme le très célèbre couple du Chat et du Renard, allusion allégorique à la « prêtraille » qui réussit à soutirer de l’argent en exploitant par une escroquerie camouflée l’ignorance des hommes, en leur promettant en échange de leur bien le Champ des Miracles du pays d’Acchiappacitrulli (= attrape-nigauds), le nom métaphorique réservé au paradis chrétien, d’existence tout autant improbable que celle de l’arbre fantomatique des sequins d’or du Champ des Miracles.
Epiphanius – Maçonnerie et sectes secrètes (2005) – page 142-143

https://bibliothequedecombat.wordpress.com/2013/04/16/pinocchio-un-conte-maconnique-perfide/

Pinocchio, toi mon Frère


La science maçonnique m’apparaît à l’heure actuelle tellement vaste et si complexe que même si je pouvais vivre deux cents ans, je ne pourrais en  comprendre et en découvrir entièrement son héritage.

Pourquoi toutes les sociétés initiatives et secrètes, pourquoi toutes les religions ont-elles laissés à l’humanité tant d’œuvres d’art ? 
Tant d’architectures, de sculptures, de peintures, de musiques et de contes.
Tant de chefs d’œuvres initiatiques que le monde profane ne comprend généralement pas.

Heureusement, Parmi nous il y a des initiables.
Seuls ces élus peuvent saisir le voile, peuvent déchiffrer à leur façon le symbolisme auquel ils s’attachent désormais; mais chacun aura toujours une définition différente et enrichissante pour l’autre, car la nature ne  possède pas deux êtres semblables.

C’est pourquoi l’initiation sera toujours individuelle et son ressenti propre à chacun.

Les hommes pensent souvent que les histoires contiennent un fond de vérité, et en tant qu’homme initié je pense et de ce fait vais plus loin, que tout conte est un « conte-nant » initiatique.

Les fables sont à double sens, mais avec leurs morales explicites et vous le savez, chacun les interprète à son niveau de compréhension.

Les contes sont pour moi aussi, à double sens mais seuls les cherchants peuvent imaginer retrouver les pensées originelles  du conteur.
 
Le conteur connaît exactement le contenu véritable de son conte de ce qu’il veut faire passer et à quoi il doit se rapporter.

CARLO COLLODI s’est senti inspiré pour raconter l’histoire de Pinocchio.       
D’où lui est venue cette idée ?
En loge peut-être. Puisque nombreux sont ceux qui le considèrent « Frère »

Mais Moi, rêveur et romantique, je dirais en plus que la tradition attribue aux muses, à ces êtres de l’invisible l’origine de l’inspiration humaine.
Donc, à une intervention extérieure.
Aussi, même l’auteur d’un conte n’imagine pas complètement qu’il puisse déceler entièrement le message contenu dans celui-ci.
Les clés essentielles de la compréhension sont scellées dans ce conte.  Et peu nombreux sont ceux qui  pourront en ouvrir le sceau du secret.

Un SEUL, je dirais même…et c’est l’auteur véritable, le réceptif.
Ne le cherchez pas, il est en Vous mes frères, il est dans votre être sentimental.

Notre Frère Walt Disney, lui, avait imaginé Pinnochio et l’avait dessiné habillé de gants blancs, d’un chapeau ressemblant étrangement aux coiffes des alchimistes, lui aussi avait décelé ces clefs essentielles.

Notre frère COLLODI a composé une histoire pour enfants ou a-t-il voulu écrire un texte maçonnique ?

Lorsqu’on possède la connaissance de certaines vérités, on peut s’apercevoir qu’il serait dangereux de les dévoiler à celui qui n’aurait pas reçu l’apprentissage indispensable.

Comment confier au papier ce qu’il savait ?
Comment léguer aux générations, présente et futures, un guide qui ne soit pas sur-le-champ saisi et brûlé ?

Après avoir lu, relu, étudié ce conte, je découvre que son histoire est construite sur trois niveaux de conscience :
La liberté, car Pinocchio est un personnage qui veut être libre car il aime la liberté ;
L’égalité, car la seule aspiration de Pinocchio  est celle d’être égal aux autres ;
La fraternité, car il sait que c’est le sentiment principal qui fait agir les personnages, dans les situation les plus différentes.

Et puis souvenez-vous !!!

Il était une fois…

Un morceau de bois, un bois brut.

Comment expliquer que ce bois en apparence banale se retrouve dans l’atelier de Maître ANTONIO dit Maître Cerise ?

Ce dernier, pourrait bien être UN Vénérable Maître d’une Loge.
Laissez faire votre imagination, afin d’en aspirer la moelle philosophique.

Ce bois brut, qui n’est pas un simple rondin, a une qualité exceptionnelle cachée en lui-même il est vivant. Il doit absolument être employé à devenir quelque chose :… D’important.


Et, Soudain on frappe à la porte, comme l’on frappe en Profane à la porte du Temple.

Ce Profane qui est Geppeto est vieillot et peu tolérant, mais il a bon fond.

Maître Cerise lui donne donc à dégrossir ce morceau de bois qui n’est d’autre que Sa pierre brute.

Quant à La description de la demeure de Geppeto, elle me fait penser au cabinet de réflexion, passage obligé du récipiendaire.

A l’intérieur, GEPPETO est toujours un profane, il n’imagine pas l’ampleur du travail qui l’attend pour créer son œuvre qui n’est d’autre à cet instant  qu’un morceau de lui.

Mon imagination face à la description de cette demeure me joue peut-être des tours.
Armé d’un ciseau et d’un marteau, Geppeto, en passant à travers plusieurs difficultés, pas mal de doutes et aussi d’espoirs, il réussi à dégrossir son morceau de bois.
ET…

Pinocchio naît. Il existe !!!

Mais peut-il VIVRE ???

Grosse pierre brute, que ce cher Pinocchio.

Il me rappelle mes débuts, comme moi, Geppeto alors n’imagine pas que son morceau de bois, je pourrais dire entre guillemets, sa pierre brute n’est pas n’importe quel matériau mais une véritable matière première, elle est un bloc d’énergie non polarisée, une pierre de tous les possibles qui contient toutes les formes de naissance en esprit.
Elle est en quelque sorte, la mère des symboles, il faut lui poser les bonnes questions pour qu’elle donne le chemin vers les bonnes réponses qui seront propres à chacun, je le comprends aujourd’hui.

Donc, Geppeto et le pantin ne font qu’un.

Vous le savez mes Frères au début de notre apprentissage nous découvrons que nous ne sommes que des automates, des pantins prisonniers de la vie professionnelle, de la société.

Je disais donc  qu’entre Geppeto et le pantin  la symbiose est parfaite.

A travers les aventures de Pinocchio, Geppeto vit indirectement les mêmes péripéties : ne sont-elles pas indissociables ??

Par exemple :

Pendant que Geppeto est en prison (à cause, bien sur,  de Pinocchio), le pantin doit affronter un vent violent  le froid, une cuvette d’eau, et il se brûlera  les pieds au pied d’une cheminée (air, eau, feu).

 les trois voyages sont vécus.

Car avant toute chose, ses récits en apparence enfantins, nous mettent en garde contre des périls très réels.

 Ainsi l’auteur révèle fort habilement les choses dont l’initié doit soigneusement se garder.
Vous devez vous poser encore une question, mes Frères : et la fée ? la Fée Bleue
Mais Non !, je ne l’ai pas oubliée, elle est trop importante.

Elle est présente du début à la fin, et pour moi, elle représente la Franc-Maçonnerie.
Elle reçoit Pinocchio dans sa maison lumineuse, elle a du consulter trois médecins qui diagnostiquent s’il est vivant ou mort.

Les résultats sont généralement positifs, mais le pantin  comprends que demeurer dans cette maison amène quelques perplexités.

Il reçoit le bonbon mais ensuite, il doit avaler le médicament amer.

Et La fée dira à Pinocchio : tu seras mon petit frère.

Durant tout le conte, Pinocchio ne rencontrera la fée que…seulement… trois fois.

Hasard ?
je ne le crois pas.

La similitude avec le rituel me semble  si évidente pour moi que je ne puisse imaginer que COLLODI y ait fait une allusion inconsciente.

Par la suite, la petite fée annonce à notre Pinocchio qu’il devra  passer quelques épreuves, et qu’il devra surtout aller à l’école pour apprendre.

J’apparente cette demande à la démarche du compagnon qui symbolise la marche vers soleil.

L’initiative est laissée au compagnon de pouvoir s’écarter de la ligne de l’apprenti, afin d’explorer le monde extérieur, quand il le souhaite.

Je  compare le compagnon que je suis pour l’instant, à mon frère Pinocchio au même âge, voyageurs dont les périples de prédilection sont les espaces encore inexplorés ou non répertoriés, mais que nous souhaitons découvrir.

Sur la route, nous rencontrons tous les deux, des portes que nous devons ouvrir et des obstacles que nous devons surmonter : l’important est de les franchir, de ne jamais s’arrêter, car un compagnon qui cesse de voyager est un compagnon mort.

Pensez mes frères aux derniers pas de la marche du compagnon, ils nous ramènent à la rectitude du début, un symbolisme qui, ici est très puissant.

Nous pouvons nous écarter du chemin mais notre expérience nous ordonne une certaine sagesse qui demande beaucoup de force.

Après un certain temps, malheureusement, le monde profane va attirer Pinocchio vers ses charmes et vers ses beautés qui ont souvent des éclats trompeurs.

Ils sont si fictifs et aléatoires, face à notre philosophie.

Le pantin qu’il est, sera fatalement entraîné au pays des jouets, des mirages, des faux…

N’est-ce pas ici l’image frappante du manque de vigilance ; cet instructif enseignement, ne nous montre-t-il pas que nul ne se doit d’être sûr de lui-même et de ses choix, même au sein du bonheur et de la prospérité.
Cette expérience sera pour lui terrible et insupportable.
Il sera ensuite mangé par un poisson.
La similitude avec Jonas est troublante.
Comme lui, il renaîtra, Donc,  un homme nouveau sortira de cette naissance.

Le pantin y voit Geppeto assis, pensif avec pour seul éclairage une bougie, et la encore une fois, je pense au cabinet de réflexion.

Car n’y a-t-il pas ici, Encore, une donnée très initiatique ? Ne faut-il pas tuer en nous-même toutes ou certaines des actions antérieures qui nous poussent à continuer à agir en tant que profane.

Il doit y avoir encore plus à découvrir et comme Pinnochio, j’ai choisi de me libérer de mes fils de pantin et si lui l’à réussi, moi, je ne l’ait point ENCORE vécu.

N’oubliez pas mes Frères, j’ai le bonheur d’avoir cinq ans et j’ai hâte de grandir  pour pouvoir essayer de vous donner mes impressions sur les derniers chapitres.

Un beau matin, Pinocchio ouvre les yeux. Il s’aperçoit ne plus être une marionnette, un pantin vivant mais un petit garçon de chair et de sang.
La transformation est finie, je me trompe, il n’y a pas eu transformation, un nouvel être est né,

La lumière qui me sera offerte pour mes sept ans me fera don je le crois d’éclairer ces derniers paragraphes.

Dans la dernière phrase du conte, Pinocchio dit : COMME  J ETAIS RIDICULE, QUAND J ETAIS UN PANTIN ! ET COMME JE SUIS HEUREUX D ETRE UN BON PETIT GARCON.

Mes Frères, lisez et relisez ce conte et vous vous rendrez compte qu’il est en nous et hors de nous, mais nous ne pouvons le trouver hors de nous que lorsqu’il est déjà en nous-même.

Nous avons  très souvent une vague idée de ce que l’on cherche en entrant en Maçonnerie, et nous y restons souvent pour d’autres raisons.

C’est un chemin qui n’est guère prévisible.

Pas de doctrine, pas de croyance autre que celle qui est propre à chacun.

Un besoin de réfléchir au monde qui nous entoure, de trouver des bouts de réponse aux injustices que nous voyons chaque jour, de partager ses espoirs et ses progrès pour faire tant soit peu progresser l’humanité.
De regarder le monde et ses chefs d’œuvres avec des yeux nouveaux, des yeux d’initié.

Pinocchio, toi mon frère, tu m’as fait, comme mes autres frères, prendre conscience qu’il faut pour assimiler notre art, vaincre nos passions, franchir des obstacles, surmonter les pièges de la vie dite profane.

Et Enfin, là, le temps venu,comme lors de mon initiation,  j’ai pu renaître, je pourrais apprendre à Me vivre, pour qu’à un autre moment, un nouveau moi puisse VIVRE.

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