du-sang-sur-lautelUN APERÇU DU CULTE DE LA BÊTE
« … Il y a là des mystères qu’aucune Bête ne percera jamais. »
Le Culte de la Bête n’a rien d’anodin. Il correspond à une
puissante organisation mondiale âgée d’un siècle environ et dotée
de multiples branches. Cet ordre occulte, né des cendres des
Illuminati de Bavière, a condensé en lui-même tous les degrés de la
franc-maçonnerie, jusques et y compris le 97ème degré, dont
personne ou presque n’a jamais entendu parler. Il est le produit
de distillation, l’essence même de la plus occulte de toutes les
sociétés secrètes.
« Ordre des Templiers Orientaux », « O.T.O. » : voilà un
nom bien particulier pour un culte de la Bête… Mais c’est
intentionnel, car ces trois lettres laissent deviner le secret central
du degré avancé, qui est emprunté au Zohar1.
Obscur, mais encerclant le globe ; obscur, mais peuplé des
hommes et des femmes les plus cultivés du monde ; obscur, mais
oeuvrant secrètement à la transformation alchimique de
l’humanité : comment se fait-il donc que la masse des gens n’aient
jamais entendu parler de l’O.T.O. ? Car ce dernier ne se cache pas
complètement. Il est vrai, cependant, qu’il ne se fait pas non plus
beaucoup de publicité2 : ses loges n’ont rien à voir avec des
édifices imposants tels qu’un temple de rite écossais, qui fourmille
de symboles païens, et l’on peut passer devant l’une d’elles sans
1 Le Zohar, ou « Livre de la Splendeur », qui est le texte primordial des
kabbalistes, figure au programme des études de judaïsme avancées.
2 À l’âge de l’Internet, on ne compte plus les sites parlant de l’« O.T.O. ». Mais
ils relèvent surtout d’une pratique purement émotionnelle des relations
publiques, et certains sont même gérés par des non-initiés. À quelques notables
exceptions près, les sites Internet affichant le sigle « O.T.O. » et la maxime
« Fais ce que voudras est le tout de la loi » ne sont que du tout-venant à la
petite semaine, et ils servent souvent à embrouiller plus qu’à informer.
CHAP. I : UN APERÇU DU CULTE DE LA BÊTE 15
rien remarquer. Mais l’ordre sait se rendre accessible à ceux qui le
cherchent.
Bien que n’ayant pas la maîtrise du monde entier, l’O.T.O.
n’en a pas moins « modelé » certains des événements historiques
les plus monumentaux du vingtième siècle. Il travaille en silence,
comme un cancer invasif, comme un gaz inodore et incolore. À
l’instar du Bouc de Mendès1 se glissant dans une chambre à la
lumière de la lune, l’O.T.O. s’est insinué dans de nombreux
endroits surprenants, et aussi bien littéralement que
figurativement, il s’est mis au lit comme un politicien corrompu.
Le culte de l’O.T.O. représente l’essence même, l’ultime
cercle intérieur de la franc-maçonnerie ésotérique (bien qu’il faille
s’attendre à ce que chaque loge maçonnique ou presque le nie).
Or, non seulement les preuves historiques du bien-fondé de cette
affirmation sont trop convaincantes pour être ignorées, mais les
membres du cercle en question sont au courant du
chevauchement des appartenances entre la maçonnerie et
l’O.T.O., et ils gardent le secret là-dessus.
Un premier contact avec l’O.T.O. peut se nouer à
l’occasion de la lecture d’un poème érotique, durant laquelle vos
réactions sont observées et jaugées pour voir si l’on peut partager
davantage d’informations avec vous. Vous pouvez aussi
surprendre, dans un coffee shop2, un membre en train d’en saluer un
1 NdT (d’après Wikipédia) : Le Bouc de Mendès est un des noms donnés à la
représentation du Baphomet par Eliphas Levi au dix-neuvième siècle. C'est un
symbole bien connu en occultisme et dans certaines pratiques satanistes.
2 NdT (d’après Wikipédia) : Un coffee shop est un établissement similaire à un
café, dans lequel on peut acheter et consommer du cannabis sous certaines
conditions strictes. En Europe, ce type d'établissement ne se rencontre pour le
moment qu’aux Pays-Bas, un des seuls pays où la vente et la consommation de
cannabis sont tolérées (sans êtres légalisées), ce qui le rend très attirant aux
yeux des consommateurs de cannabis des pays voisins comme la Belgique,
l'Allemagne ou la France, qui viennent y pratiquer ce qu’on appelle le tourisme
cannabique.
16 DU SANG SUR LAUTEL
autre par la formule thélémique « Fais ce que voudras est le tout
de la loi ».
Si l’on était autorisé à observer ce qui se passe dans une
loge de l’O.T.O. au Japon, au Brésil, en Israël ou au Texas, on
pourrait même y assister à des rituels accomplis par des individus
initiés également à l’Ordre de la Bête (associé à l’O.T.O.) qu’on
appelle Silver Star [étoile d’argent]. On y verrait alors un initié en
robe pratiquer le Grand Rituel de l’Hexagramme1, auquel la
plupart des maçons n’ont jamais assisté, malgré les claires
allusions à la Kabbale qui figurent dans les écrits de leurs propres
dirigeants, écrits que le maçon lambda n’étudie jamais2.
Les francs-maçons brillants et dévoués à la cause finissent
néanmoins par entrer dans l’O.T.O.. Il n’y a pour eux, en fait,
aucun autre débouché, si ce n’est l’Ordre de l’Étoile d’Argent
(Order of the Silver Star), qui présuppose en général une affiliation à
l’O.T.O., ou encore – s’ils sont trop délicats – l’Ordre
Hermétique de l’Aube Dorée (Hermetic Order of the Golden Dawn).
Faits de base relatifs à l’O.T.O.
1. Charles Manson aurait été affilié à un groupe de
Californie du Sud appelé Solar Lodge (loge solaire), dont certains
soutiennent qu’il est lié à l’O.T.O.. Mais ce dernier dément une
telle relation, et la Solar Lodge est généralement considérée comme
une entité plus ou moins renégate. Elle développe des
perspectives de fin du monde, préconise le séparatisme blanc et
prône le sadomasochisme. Certains auteurs ont écrit, en outre,
1 L’hexagramme, appelé improprement « étoile de David », n’a en fait rien à
voir avec l’ancien Irsaël, le Roi David ou l’Ancien Testament.
2 Communément orthographiée Qabalah au sein de l’O.T.O., l’accent étant mis
sur la pratique de la « magick » et l’adoration de la Déesse. Le mot
s’orthographie cabale (du latin cabala) pour décrire un groupe de conspirateurs,
et dans les milieux rabbiniques, on parle de la Kabbale pour désigner les
enseignements rabbiniques classiques d’Isaac Luria et d’autres « sages »
judaïques. Voir glossaire in fine pour plus amples informations.
CHAP. I : UN APERÇU DU CULTE DE LA BÊTE 17
que ses adeptes se livraient au trafic de drogue, buvaient du sang
et abusaient sexuellement d’enfants, allant même jusqu’à les tuer,
en partie aux fins de leur programmation et de leur
conditionnement psychologiques. L. Ron Hubbard, fondateur de
la « Scientologie », a eu l’idée de son « truc » alors qu’il était
membre d’une unité californienne de l’O.T.O..
2. L’O.T.O. est lié au Rite Palladien, saint des saints
de la franc-maçonnerie.
3. L’O.T.O. comporte une aile exclusivement
ecclésiastique, l’« Église Catholique Gnostique ». La liturgie
centrale de l’O.T.O. est la « messe » gnostique composée par
Aleister Crowley. Ce rite est célébré dans le monde entier, chaque
dimanche à la nuit tombante, par une prêtresse trônant nue sur
un autel (si l’on suit scrupuleusement les rubriques de Crowley).
Ce n’est pas à proprement parler une « messe noire » ; on a donc
appelé cela une « messe grise »1.
4. Certains membres de l’O.T.O. ont été les
promoteurs de l’« amour homme/garçon ». Le « sexologue »
immensément influent Alfred Kinsey (1894-1956) – auteur de
l’ouvrage Le comportement sexuel de l’homme, devenu la fondement de
l’éducation sexuelle moderne et, partant, le facteur d’une grave
érosion de la moralité traditionnelle américaine – était un
pédéraste qui s’est servi de centaines d’enfants dans le cadre
d’actes sexuels motivés par ses fameuses « recherches
médicales »2. Kinsey citait Crowley comme une de ses grandes
1 La messe gnostique n’est pas la « messe noire » au sens satanique du terme,
dans laquelle on inverse les rubriques de la messe catholique romaine. Elle
déguise ses invocations à Satan sous des noms dont l’initié découvre ensuite
qu’ils sont synonymes de Satan. En ce sens, certains l’ont appelée « messe
grise » à cause de son caractère trompeur plutôt qu’ouvertement diabolique.
2 Cf. Judith Reisman, Kinsey : Crimes & Consequences. Kinsey « a établi desrapports d’observation, par chronométrage, du temps d’arrivée de l’orgasmechez 1.888 garçons d’âge compris entre cinq mois et l’adolescence, ainsi quechez 147 pré-adolescentes ».18 DU SANG SUR L’AUTELsources d’inspiration, et il séjournait à l’« abbaye de Thélème » decelui-ci. Il a été glorifié dans un film hollywoodien de 2004 réalisédans les studios de la Fox, propriété du magnat de la presseRupert Murdoch.5. L’O.T.O. est parvenu à s’insinuer dans l’Églisecatholique romaine, son ennemie de toujours. Il la méprise parcequ’elle préserve les messages du Christ crucifié, dont il faitpiétiner l’image dans le rite de son cinquième degré, celui du« Prince souverain de la Rose-Croix ». L’O.T.O. entretient unmélange alchimique et schizophrène de crainte révérencielle vis-à-vis du rituel catholique traditionnel et d’antagonisme à l’égard deRome, tout en s’intéressant hautement à l’orientation de l’Églisecatholique et en cherchant à l’infléchir chaque fois que c’estpossible.6. Après la mort en 1903 du Pape Léon XIII, antifranc-maçon à toute épreuve, l’O.T.O. faillit obtenir un pape issude ses rangs en la personne du cardinal Mariano Rampolla delTindaro (1843-1913), Secrétaire d’État du Vatican et membresecret de l’Académie maçonnique, dont l’élection au Trône dePierre fut stoppée par un veto émis in extremis. Ce veto fut suscitépar un grand expert catholique de la conspiration occulte,Monseigneur Ernest Jouin, prélat français, qui convainquitl’Empereur d’Autriche François-Joseph (avec l’aide du cardinalJan Puzyna, évêque de Cracovie) de l’appartenance du cardinalRampolla à l’O.T.O. ; ce qu’apprenant, l’Empereur invoqua uneloi ancienne pour que soit annulée l’élection de Rampolla.7. L’O.T.O. a contribué à répandre parmi les jeunesl’enthousiasme pour la « Wicca » – qui est une « magie blanche »ou une « sorcellerie blanche » – en pompant une grande partie del’énergie et de l’élan du mouvement New Age afin de préparer leterrain à l’acceptation du concept de « bon sorcier » tel qu’il estexprimé dans les romans à grand succès de Harry Potter.CHAP. I : UN APERÇU DU CULTE DE LA BÊTE 198. Aleister Crowley, agent de renseignementbritannique et chef de l’O.T.O., et son secrétaire judaïque IsraelRegudy (alias Regardie) ont puissamment contribué à favoriserl’obsession de la Kabbale, qui a abouti à l’explosioncontemporaine d’intérêt pour cette dernière parmi des célébritéscomme les chanteuses Madonna et Britney Spears.9. Sa totale dépravation et sa poursuite d’un desseinocculte sont le signe d’une démence qui frappe les observateursobjectifs de l’O.T.O., mais celui-ci n’en gère pas moins cettedémence de façon méthodique. Ainsi entretient-il des liens avecles sphères gouvernementales les plus élevées de l’Occident ; parexemple, le bras droit d’Aleister Crowley n’était autre que leMajor-General John Frederick Charles Fuller (1878-1966), l’un desplus grands stratèges militaires de l’ère moderne.Aux Etats-Unis, John Whiteside Parsons, principal expertdes fusées au Jet Propulsion Laboratory (situé à Pasadena, enCalifornie), a dirigé pendant plusieurs années la branchecalifornienne de l’O.T.O.. Il a contribué à jeter les fondations duprogramme spatial et des vols lunaires en tant qu’« acte de magierituelle ». Les rites de l’O.T.O. fondés sur le sexe et la mort sontaccomplis partout aux Etats-Unis, y compris les folles cérémoniesde magica sexualis organisées à l’observatoire du Mont Palomar etauxquelles participent – selon feu James Shelby Downard – desagents des services secrets et du FBI, qui s’y sont livrés à des ritessexuels avec l’ex-épouse de Downard, tous les participants étantimmergés dans la lumière de l’étoile Sirius (de la constellationCanis Major), que diffusait le télescope de cinq mètres de diamètre.(Sirius était l’objet de vénération suprême de la religion officiellede l’Égypte ancienne.)10. Fort de son énorme influence sur l’élite, l’O.T.O.a inauguré et bétonné la transformation des masses en agissantsur Hollywood, sur le monde international des affaires et au seindu gouvernement américain, de même qu’en répandant l’« énergie20 DU SANG SUR L’AUTELde Satan » dans toute la planète, selon les propres termes de« Frater Aussik 400 » (alias Kenneth Grant), chef extérieur del’Ordo Templi Orientis.Aux yeux de l’O.T.O., le dieu Horus est sur nous ;autrement dit, la démence démoniaque de cet ordre constitue àprésent la norme culturelle reconnue, et ce sont ses initiés quinous dirigent désormais.


« … que le sang coule en l’honneur de mon nom. »
Ce qui oppose tout d’abord l’O.T.O. à notre culture tient
à la fusion, en son sein, d’une affirmation apparente de la vie et
d’une profonde fascination pour le sang. Dans ses documents
officiels, l’O.T.O. exige de façon répétée – avec explications à la
clé – des sacrifices sanglants. Ainsi, dans sa principale « écriture »,
The Book of the Law (Le Livre de la Loi), il stipule ceci : « Adorezmoi avec le feu et le sang […] que le sang coule en l’honneur de
mon nom […] Sacrifiez du bétail, petit et gros ; ensuite, un enfant
[…] Tuez et torturez ; n’épargnez pas ; attaquez-les ! […] Le
meilleur sang est celui de la lune, le sang menstruel ; puis, le sang
frais d’un enfant […] puis, celui des ennemis […] Brûlez-le ;
faites-en des gâteaux et mangez-les en mon nom […] En outre,
manger cela fera naître en vous le désir et la puissance. »
L’œuvre majeure d’Aleister Crowley, donc de l’O.T.O., est
le volumineux ouvrage intitulé Magick, que diffusent toutes les
chaînes de librairies. Dans ce livre de la taille d’une Bible
familiale, le chapitre intitulé « Of the Bloody Sacrifice, and of Matters
Cognate » (Du sacrifice sanglant et des matières apparentées)
proclame que « L’animal doit donc être tué à l’intérieur du Cercle
– ou du Triangle, le cas échéant – afin que son énergie ne puisse
s’échapper […] Pour obtenir une efficacité spirituelle maximale, il
faut donc choisir la victime ayant en elle la force la plus grande et
1 NdT (d’après Wikipédia) : Baphomet est le nom donné par certains
occultistes du dix-neuvième siècle à l'idole mystérieuse que les chevaliers de
l’ordre du Temple furent accusés de vénérer. Le plus souvent représentée avec
la tête d’un bouc ou d'un homme barbu, l’idole était vénérée, mais également
crainte pour sa laideur.
22 DU SANG SUR LAUTEL
la plus pure. Un enfant mâle d’innocence parfaite et de vive
intelligence est la victime la plus satisfaisante et la plus appropriée
[…] Toutefois, la méthode de mise à mort est pratiquement
invariable : l’animal doit être frappé au cœur ou avoir la gorge
tranchée, avec un couteau dans les deux cas. Toute autre méthode
de mise à mort est moins efficace ; même en cas de crucifixion, la
mort est donnée par le poignard. »
Cette allusion aux sacrifices sanglants est loin d’être la
seule que contiennent les écrits du chef de l’O.T.O.. Dans les
instructions secrètes que reçoit tout candidat à l’initiation au
huitième degré, l’intéressé se voit remettre un traité intitulé « Of
the Rites of Blood » (Des rites du sang »), où il peut lire ceci :
« On dit qu’il existe une secte de Juifs religieux appelés
Hassidim, qui pratiquent le sacrifice humain. Parmi les Gentils, ils
prélèvent de préférence un enfant, mais aussi un adulte, et le
mettent solennellement à mort de telle sorte que pas une seule
goutte de son sang ne se perde, de crainte que l’esprit de la
victime n’échappe à l’Exorciste en se réfugiant dans cette goutte.
Car une fois que l’esprit de la victime est scellé dans le sang
répandu et recueilli, il prend place dans chaque atome de ce sang,
de même qu’à la Messe, on dit que le Corps du Christ est
intégralement contenu dans chaque miette de l’hostie consacrée
et que Son Sang est intégralement contenu dans chaque goutte du
vin consacré, avec la même efficacité partout et pour tous. »
Crowley a fait l’objet de graves condamnations pour avoir
répété ce que l’on dénonce fréquemment aujourd’hui comme
constituant une « diffamation du sang » à l’encontre des rabbins
orthodoxes, mais il n’avait aucune volonté de diffamation ; il
disposait, en fait, d’informations – émanant peut-être de Sir
Richard Francis Burton1 – selon lesquelles une secte judaïque se
1 NdT (d’après Wikipédia) : Le capitaine Sir Richard Francis Burton (1821-
1890) était un érudit britannique. Il fut tour à tour officier, escrimeur,
explorateur, écrivain et poète, traducteur, linguiste, orientaliste, maître soufi,
CHAP. II : SOUS LE SIGNE DE BAPHOMET 23
livrait bel et bien à des sacrifices humains. Dans son introduction
au Sepher Sephiroth, dictionnaire kabbalistique ajouté par lui à son
journal occulte The Equinox, Crowley écrit ceci : « Les Juifs
d’Europe orientale pratiquent aujourd’hui encore des sacrifices
humains, ainsi que feu Sir Richard Burton l’a exposé longuement
dans son manuscrit. Et cette information, les Juifs riches
d’Angleterre ont remué ciel et terre pour l’étouffer… »
Un philosophe du meurtre rituel
Il ne fait aucun doute que Crowley croyait en l’efficacité
du sacrifice humain ; trop de passages de son œuvre le prouvent
pour qu’on puisse le nier. Dans son ouvrage intitulé The Vision
and the Voice (La vision et la voix)1, on peut lire cette note en bas
de page originale, qui relève du rite de bandage des yeux :
« Le “sacrifice sanglant” est généralement considéré
comme ressortissant à la “magie noire”. Mais tout dépend de la
formule employée par le magicien. Un meurtre est toujours
répréhensible, même en cas de nécessité, n’était la Formule de
l’Évolution. On doit assumer en son Être propre, solennellement,
le karma tout entier de la créature mise à mort, érigeant ainsi cette
dernière en une structure organique supérieure et l’aidant de la
sorte à accomplir sa Véritable Aspiration à une Forme de Vie plus
élevée. C’est là, bien entendu, une méthode de travail
grossièrement matérielle, mais c’est la seule disponible en pareil
cas. L’animal est de toute façon voué à la mort… »
Dans le même ouvrage, on peut lire également ceci : « Le
Rite suprême consisterait à procurer un orgasme à la victime à
l’instant de sa mort. On atteindrait là au sommet de l’Art
magique. Il serait préférable encore de sacrifier une jeune fille,
ethnologue, diplomate et expérimentateur passionné de la plupart des
perversions humaines.
1 Aleister Crowley et al., The Vision and the Voice (York Beach, Maine, Samuel
Weiser, 1998).
24 DU SANG SUR LAUTEL
consentante de préférence. Après l’avoir violée, on devrait non
pas manger son corps, mais en faire neuf morceaux : tête, bras,
jambes, tronc découpé en quatre parties. Il conviendrait d’inscrire
sur la peau les noms des dieux appropriés, puis les bras devraient
ensuite être écorchés et brûlés […] Ce Rite serait à accomplir non
pas de manière ordinaire, mais en de rares occasions, et seulement
au service de grands desseins ; Il ne devrait être révélé à
personne. »
Lisons, en outre, ce passage extrait d’un autre texte
officiel d’Aleister Crowley : « Une nouvelle fois, le maître
prononcera les douces paroles de son choix, et avec un
accompagnement musical et autre, il fera s’avancer la victime. De
même, il sacrifiera un jeune enfant sur l’autel, et le sang couvrira
l’autel d’un parfum digne des roses. »
L’O.T.O. nie qu’aucun de ces passages ait trait à un
meurtre ou sacrifice humain. Et il ne ment pas tout à fait en
laissant entendre que cela renvoie à la physiologie de la
menstruation féminine. Les secrets de ses degrés supérieurs
comportent, en effet, l’emploi d’une « Femme Écarlate » dont
l’Elixir Rubeus est considéré comme l’émanation de Babalon (mot
par lequel il désigne la « prostituée de Babylone » mentionnée
dans la Bible) et constitue à ce titre une matière importante pour
l’initié, qui consomme cette mixture en tant que « sacrement ».
L’un des rituels ordinaires de l’O.T.O. comporte la
crucifixion d’un crapaud auparavant baptisé du nom de Jésus :
« Vois, Jésus de Nazareth, comme tu as été pris à mon piège […]
de même que je t’oblitère de la surface de cette terre, de même
assurément passera l’éclipse […] Je […] te condamne donc, Jésus,
Dieu-Esclave, à être tourné en dérision, couvert de crachats,
fouetté, puis crucifié. » Ensuite, le crapaud est torturé et
finalement poignardé.
CHAP. II : SOUS LE SIGNE DE BAPHOMET 25
Il va de soi que l’on ne saurait écarter comme purement
figuratives toutes les allusions aux sacrifices sanglants qui se
rencontrent dans la littérature de la « Crowleyanité ». On sait, par
exemple, que Crowley a sacrifié un bouc alors que ce dernier
copulait avec sa maîtresse Leah Hirsig ; Crowley lui trancha la
gorge, et Hirsig eut le dos éclaboussé de sang. On approche de la
vérité en se rendant compte qu’à la « messe » gnostique célébrée
chaque samedi soir, la « communion » consiste en un mélange de
miel, de blé et de sang, parfois menstruel, d’autres fois non. Où
donc se procure-t-on ce sang ? On se sert d’« animaux », bien sûr,
mais il existe d’autres possibilités. Comme il est écrit dans le
« Livre de la loi » : « Le meilleur sang est celui de la lune, le sang
menstruel ; puis, le sang frais d’un enfant […] Sacrifiez du bétail,
petit et gros : ensuite, un enfant. »
Un examen minutieux s’imposerait pour déterminer si
l’O.T.O. pratique ou non le sacrifice sanglant d’êtres humains au
sens littéral, communément admis de l’expression. Cette pratique
n’est certes ni officielle, ni officiellement tolérée. Seules s’y livrent
peut-être des personnes instables qui prennent Crowley au mot et
donnent libre cours aux impulsions qu’il a approuvées, agissant
de la sorte contre les souhaits ouvertement déclarés des dirigeants
de l’O.T.O., qui peuvent alors se permettre de formuler des
démentis plausibles, car émis en toute bonne foi.

La « famille » Manson
Le massacre particulièrement sauvage dont l’actrice
Sharon Tate et quatre autres personnes furent victimes le 9 août
1969 a horrifié cette année-là le monde entier. Les abominables
détails de ces assassinats sont bien connus ; entre autres, l’enfant
que l’actrice portait en son sein fut poignardé, et l’on pouvait lire,
barbouillé sur le mur avec le sang des victimes, Helter Skelter, titre
d’une chanson composée par les Beatles un an après qu’ils eurent
ressuscité l’intérêt pour Crowley, alors décédé, en plaçant le
26 DU SANG SUR LAUTEL
portrait photographique de celui-ci sur la couverture de leur
album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.
Sharon Tate était l’épouse de Roman Polanski, réalisateur
du film « Rosemary’s Baby », dont le scénario porte sur la
naissance d’un « enfant de lune » démoniaque. Or, dans une
instruction secrète du neuvième degré de l’O.T.O., il est
mentionné la création d’un « enfant de lune » (ou homoncule) par
la possession démoniaque d’un fœtus lors d’une copulation
ritualisée. Pendant les années quarante, Jack Parsons, chef de
l’O.T.O. pour la Californie du Sud, dont la loge entretenait des
liens étroits avec les milieux hollywoodiens, s’est donné beaucoup
de peine pour créer un « enfant de lune ». On est fondé, en fait, à
percevoir le « bébé de Rosemary » comme l’accomplissement
cinématographique du rituel de création d’un homoncule.
Il a été écrit, sur les assassinats de la « famille » Manson,
de nombreux livres accusant son gourou d’être un tenant du
racisme blanc et d’avoir pris trop de drogue. On connaît moins
bien, toutefois, ses relations avec la Loge solaire. Or, il se trouve
que la loge ayant succédé à celle de Parsons (Agape), située à
Pasadena, se trouvait, elle aussi, en Californie du Sud et comptait
parmi ses adhérents un jeune homme du nom de Charles
Manson.
Le dirigeant de l’O.T.O. Grady McMurty (surnommé
« Hymenaeus Alpha ») contacta le FBI après l’arrestation de
Manson et fit une déposition dont il ressortait que la loge au sein
de laquelle Manson avait été initié n’était pas reconnue par
l’O.T.O., qu’il ne s’agissait que d’une loge bâtarde et franc-tireuse.
Or, cette affirmation prête à controverse, car jusque dans l’un ou
l’autre brin du véritable écheveau qu’est l’O.T.O., on pourrait fort
bien traiter MacMurty lui-même de bâtard et nier tout à la fois sa
légitimité et son autorité. Ces multiples démentis croisés et le
chaos qu’ils engendrent servent à déséquilibrer les investigateurs
et à faciliter l’avance des processus cryptiques à la faveur de la
CHAP. II : SOUS LE SIGNE DE BAPHOMET 27
désorientation qui s’ensuit. Sous cette houle de surface, la
hiérarchie occulte demeure intacte et en parfait état de
fonctionnement.
Le fait obscur que masquent ces déclarations « officielles »
et ces refus non moins officiels de « reconnaissance » est la
possibilité que par le biais de la Loge solaire, Manson ait pris
connaissance du Livre de la Loi, ainsi que des bases très explicites
qu’y trouve tout individu aspirant à commettre des meurtres
rituels. Au deuxième chapitre de cet ouvrage, Manson a peut-être
retenu ces mots : « « Adorez-moi avec le feu et le sang […] que le
sang coule en l’honneur de mon nom […] Sacrifiez […] un enfant
[…] Tuez et torturez ; n’épargnez pas ; attaquez-les !… »
De même que Crowley avait été élevé, enfant, dans la
secte « chrétienne » fanatiquement fondamentaliste connue sous
le nom de « Frères de Plymouth », Il se peut que Manson ait agi
en fondamentaliste thélémite et assimilé la logique des exigences
de la Volonté de Puissance telle que l’avait exposée Crowley.
Quoi qu’il en soit de Manson, le meurtre rituel satanique
est un fait. On peut l’appeler aussi viol rituel maçonnique et
expérience de domination psychique, celle-ci étant conduite par la
« communauté du renseignement », comme ce fut le cas de
l’infâme projet MK-ULTRA, aux fins duquel la CIA essaya sur
divers « patients » l’emploi des drogues et de la psychochirurgie (y
compris la lobotomie), ainsi que les électrochocs et l’hypnose.
Voici quelques exemples de comportements sataniques :
en Allemagne, le 6 juillet 2001, Daniel et Manuela Ruda
poignardèrent Frank Hackert à 66 reprises, gravèrent un
pentagramme sur son estomac, burent son sang dans une coupe
placée sur un autel surmonté de crânes humains et copulèrent
dans un cercueil en chêne rembourré de satin. La même année, à
Leesburg (Virginie), Kyle Hulbert tua le biophysicien Robert
Schwartz à coups d’épée et but ensuite son sang. À Brisbane
28 DU SANG SUR LAUTEL
(Australie), en 1999, deux adolescents se faisant appeler
respectivement « l’Antéchrist » et l’« Ange de douleur » suivirent
une touriste de cinquante-neuf ans dans le Parc national de
Noosa (Australie), la poignardèrent à vingt-deux reprises et lui
tranchèrent la gorge d’une oreille à l’autre. À Helsinki, en 1999
également, un homme et une très jeune femme, tous deux voués
à l’occultisme, torturèrent et étouffèrent un « ami », violèrent son
corps, en dévorèrent certaines parties et finirent par le scier en
plusieurs morceaux.
À Buenos Aires, la même année, un homme de cinquante
ans fut mutilé par ses deux filles, qui appartenaient à un ordre
alchimique. Elles le poignardèrent à cent reprises, gravèrent des
symboles sur son corps et dévorèrent une partie de son visage. À
Varsovie en 1999, à Eustis (Floride) en 1996, à Athènes (Grèce)
en 1995 et à Brisbane en 1989, des actes tout aussi horribles
furent commis pour des motifs analogues par des hommes et des
femmes férus d’occultisme. Manifestement, Crowley ne manque
pas d’héritiers. Que les actes rapportés ci-dessus relèvent d’une
complète démence, d’expériences gouvernementales de
domination psychique ou de l’implantation occasionnelle d’un
« virus » dans la conscience collective, dont il est dûment tenu
compte aux fins de programmation occulte de la population, ils
constituent à coup sûr une mise en œuvre de l’injonction
contenue dans le Livre de la Loi : « Qu’il ne soit pas question de
pitié : maudits soient ceux qui ont pitié ! Tuez et torturez ;
n’épargnez pas… »
Mais le véritable héritage de Manson et Crowley est déjà
là : c’est l’avortement, le sacrifice fait à Moloch, accompagné de
son approbation talmudique.1
1 Selon le Talmud, un embryon de moins de quarante jours est considéré
comme étant « simplement de l’eau ». Après les quarante premiers jours,
l’enfant à naître peut être tué s’il a le statut rabbinique de rodef (poursuivant).
CHAP. II : SOUS LE SIGNE DE BAPHOMET 29
Saurons-nous détecter ce qu’est vraiment cet héritage ?
Sinon, Crowley et ses imitateurs auront réussi à approfondir notre
stupeur et à nous dicter des types « inacceptables » de
démembrement de l’innocent, alors qu’il y en aurait – selon eux –
d’« acceptables »… Comme Crowley le stipule au chapitre 2,
verset 58 de son « livre saint » : « Les esclaves doivent servir ».
Une armée « heavy metal »1
L’O.T.O. présente un aspect microcosmique : son rituel,
qui a pour pendant macrocosmique l’« enfant de lune », à savoir la
culture américaine, caractérisée par un flirt de plus en plus poussé
avec l’imagerie satanique, le sang, le sexe, la nudité et le sadisme.
La jeune génération actuelle des Etats-Unis est si profondément
immergée dans l’occulte que l’armée américaine a pris l’habitude
d’incorporer dans son programme et ses actions de formation
psychologique la « musique » de groupes de rock « heavy metal »
tels que « AC/DC », au nom de code alchimique androgyne.
Ainsi, en avril 2004, le commandement américain a fait
beugler par ses troupes la « chanson » d’AC/DC « Hell’s Bells »
[les cloches de l’enfer] aux oreilles de la population musulmane de
Falludja, en Irak. Les journalistes qui accompagnent les troupes
de combat américaines sur le terrain ont remarqué l’omniprésence
de cette « musique » parmi les jeunes soldats. Le satanisme y est
dorénavant banalisé et accepté. C’est du reste dans cet esprit qu’à
la prison d’Abu Ghraib, en Irak, des soldats américains forcèrent
des hommes musulmans à se déshabiller entièrement et à simuler
ensemble des actes sexuels dégénérés. Ces agissements sordides
furent stigmatisés comme étant le fait exclusif de « quelques
brebis galeuses », mais selon certains témoignages, ils résultaient
1 NdT : Le « hard rock » (rock dur) ou « heavy metal » (métal lourd) est une
forme de musique « rock » particulièrement bruyante et violente, que certains
groupes pratiquent dans un esprit ainsi qu’avec des paroles et, en concert, une
mise en scène ouvertement sataniques. L’un de ces groupes porte même le
nom significatif de « Marilyn Manson »…
30 DU SANG SUR LAUTEL
souvent d’un ordre donné par les agents de renseignement
américains présents dans la chaîne de commandement militaire.
On notera que de tels actes – commis par des membres de
l’armée américaine – évoquent plus que superficiellement les
rituels occultes.

sous la direction de « Sir » Aleister Crowley ?Quel gamin n’aurait pas envie de posséder des pouvoirsou de regarder dans l’avenir tout en devenant un héros de bandedessinée ? Sa curiosité étant entretenue avec les livres et les filmstournant autour du personnage de Harry Potter, qui ont ungigantesque succès, il ne manquera pas de se sentir doublementmotivé à prendre de l’avance dans sa préparation à l’« ÉcolePoudlard de Magie et de Sorcellerie »1. Or, quel meilleur moyen,pour y parvenir, qu’un jeu de tarot conçu par Alesteir Crowleysoi-même, le plus célèbre vrai magicien des temps modernes ?Ce jeu de tarot s’est avéré être un puissant appât,puisqu’il permet à l’O.T.O. d’amener des jeunes iconoclastesdésenchantés à s’intéresser à sa production plus ésotérique et plussombre, à demander au vendeur du magasin New Age s’il est aucourant des réunions de l’Ordre ou à acheter l’ouvrage de1 NdT : École où est formé Harry Potter, héros des romans et des filmsportant son nom.BIBLIOGRAPHIE 229THE JEWISH ENCYCLOPEDIAhttp ://www.jewishencyclopedia.comJouin, Monseigneur [Ernest]. Papacy and Freemasonry (Papauté etfranc-maçonnerie), 1930. Reprint. N.p. : Christian Book Club ofAmerica, n.d.Kaplan, Aryeh. The Real Messiah ? A Jewish Response to Missionaries.New York : National Conference of Synagogue Youth/Union ofOrthodox Jewish Congregations of America, 1985.Kaplan, Aryeh. Sefer Yetzirah : The Book of Creation. York Beach :Red Wheel/Weiser, 1997.Keith, Jim. Mind Control, World Control : The Encyclopedia of MindControl. Adventures Unlimited Press, 1997.« Killing for Satan ». Fortean Times, May 2003, 16-18.King, Francis, ed. Crowley on Christ. London : The C. W. DanielCompany, 1974.King, Francis. Mega Therion : The Magical World of Aleister Crowley,Creation Books, 2004.King, Francis. Modern Ritual Magic : The Rise of Western Occultism.Dorset : Prism Press, 1989.King, Francis, ed. Ritual Magic of the Golden Dawn : Works by S. L.MacGregor Mathers and Others. Destiny Books, 1997.King, Francis, ed. The Secret Rituals of the OTO. New York : SamuelWeiser, 1973

La « famille » Manson
Le massacre particulièrement sauvage dont l’actrice
Sharon Tate et quatre autres personnes furent victimes le 9 août
1969 a horrifié cette année-là le monde entier. Les abominables
détails de ces assassinats sont bien connus ; entre autres, l’enfant
que l’actrice portait en son sein fut poignardé, et l’on pouvait lire,
barbouillé sur le mur avec le sang des victimes, Helter Skelter, titre
d’une chanson composée par les Beatles un an après qu’ils eurent
ressuscité l’intérêt pour Crowley, alors décédé, en plaçant le
26 DU SANG SUR LAUTEL
portrait photographique de celui-ci sur la couverture de leur
album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.
Sharon Tate était l’épouse de Roman Polanski, réalisateur
du film « Rosemary’s Baby », dont le scénario porte sur la
naissance d’un « enfant de lune » démoniaque. Or, dans une
instruction secrète du neuvième degré de l’O.T.O., il est
mentionné la création d’un « enfant de lune » (ou homoncule) par
la possession démoniaque d’un fœtus lors d’une copulation
ritualisée. Pendant les années quarante, Jack Parsons, chef de
l’O.T.O. pour la Californie du Sud, dont la loge entretenait des
liens étroits avec les milieux hollywoodiens, s’est donné beaucoup
de peine pour créer un « enfant de lune ». On est fondé, en fait, à
percevoir le « bébé de Rosemary » comme l’accomplissement
cinématographique du rituel de création d’un homoncule.
Il a été écrit, sur les assassinats de la « famille » Manson,
de nombreux livres accusant son gourou d’être un tenant du
racisme blanc et d’avoir pris trop de drogue. On connaît moins
bien, toutefois, ses relations avec la Loge solaire. Or, il se trouve
que la loge ayant succédé à celle de Parsons (Agape), située à
Pasadena, se trouvait, elle aussi, en Californie du Sud et comptait
parmi ses adhérents un jeune homme du nom de Charles
Manson.
Le dirigeant de l’O.T.O. Grady McMurty (surnommé
« Hymenaeus Alpha ») contacta le FBI après l’arrestation de
Manson et fit une déposition dont il ressortait que la loge au sein
de laquelle Manson avait été initié n’était pas reconnue par
l’O.T.O., qu’il ne s’agissait que d’une loge bâtarde et franc-tireuse.
Or, cette affirmation prête à controverse, car jusque dans l’un ou
l’autre brin du véritable écheveau qu’est l’O.T.O., on pourrait fort
bien traiter MacMurty lui-même de bâtard et nier tout à la fois sa
légitimité et son autorité. Ces multiples démentis croisés et le
chaos qu’ils engendrent servent à déséquilibrer les investigateurs
et à faciliter l’avance des processus cryptiques à la faveur de la
CHAP. II : SOUS LE SIGNE DE BAPHOMET 27
désorientation qui s’ensuit. Sous cette houle de surface, la
hiérarchie occulte demeure intacte et en parfait état de
fonctionnement.
Le fait obscur que masquent ces déclarations « officielles »
et ces refus non moins officiels de « reconnaissance » est la
possibilité que par le biais de la Loge solaire, Manson ait pris
connaissance du Livre de la Loi, ainsi que des bases très explicites
qu’y trouve tout individu aspirant à commettre des meurtres
rituels. Au deuxième chapitre de cet ouvrage, Manson a peut-être
retenu ces mots : « « Adorez-moi avec le feu et le sang […] que le
sang coule en l’honneur de mon nom […] Sacrifiez […] un enfant
[…] Tuez et torturez ; n’épargnez pas ; attaquez-les !… »
De même que Crowley avait été élevé, enfant, dans la
secte « chrétienne » fanatiquement fondamentaliste connue sous
le nom de « Frères de Plymouth », Il se peut que Manson ait agi
en fondamentaliste thélémite et assimilé la logique des exigences
de la Volonté de Puissance telle que l’avait exposée Crowley.
Quoi qu’il en soit de Manson, le meurtre rituel satanique
est un fait. On peut l’appeler aussi viol rituel maçonnique et
expérience de domination psychique, celle-ci étant conduite par la
« communauté du renseignement », comme ce fut le cas de
l’infâme projet MK-ULTRA, aux fins duquel la CIA essaya sur
divers « patients » l’emploi des drogues et de la psychochirurgie (y
compris la lobotomie), ainsi que les électrochocs et l’hypnose.
Voici quelques exemples de comportements sataniques :
en Allemagne, le 6 juillet 2001, Daniel et Manuela Ruda
poignardèrent Frank Hackert à 66 reprises, gravèrent un
pentagramme sur son estomac, burent son sang dans une coupe
placée sur un autel surmonté de crânes humains et copulèrent
dans un cercueil en chêne rembourré de satin. La même année, à
Leesburg (Virginie), Kyle Hulbert tua le biophysicien Robert
Schwartz à coups d’épée et but ensuite son sang. À Brisbane
28 DU SANG SUR LAUTEL
(Australie), en 1999, deux adolescents se faisant appeler
respectivement « l’Antéchrist » et l’« Ange de douleur » suivirent
une touriste de cinquante-neuf ans dans le Parc national de
Noosa (Australie), la poignardèrent à vingt-deux reprises et lui
tranchèrent la gorge d’une oreille à l’autre. À Helsinki, en 1999
également, un homme et une très jeune femme, tous deux voués
à l’occultisme, torturèrent et étouffèrent un « ami », violèrent son
corps, en dévorèrent certaines parties et finirent par le scier en
plusieurs morceaux.
À Buenos Aires, la même année, un homme de cinquante
ans fut mutilé par ses deux filles, qui appartenaient à un ordre
alchimique. Elles le poignardèrent à cent reprises, gravèrent des
symboles sur son corps et dévorèrent une partie de son visage. À
Varsovie en 1999, à Eustis (Floride) en 1996, à Athènes (Grèce)
en 1995 et à Brisbane en 1989, des actes tout aussi horribles
furent commis pour des motifs analogues par des hommes et des
femmes férus d’occultisme. Manifestement, Crowley ne manque
pas d’héritiers. Que les actes rapportés ci-dessus relèvent d’une
complète démence, d’expériences gouvernementales de
domination psychique ou de l’implantation occasionnelle d’un
« virus » dans la conscience collective, dont il est dûment tenu
compte aux fins de programmation occulte de la population, ils
constituent à coup sûr une mise en œuvre de l’injonction
contenue dans le Livre de la Loi : « Qu’il ne soit pas question de
pitié : maudits soient ceux qui ont pitié ! Tuez et torturez ;
n’épargnez pas… »
Mais le véritable héritage de Manson et Crowley est déjà
là : c’est l’avortement, le sacrifice fait à Moloch, accompagné de
son approbation talmudique.1
1 Selon le Talmud, un embryon de moins de quarante jours est considéré
comme étant « simplement de l’eau ». Après les quarante premiers jours,
l’enfant à naître peut être tué s’il a le statut rabbinique de rodef (poursuivant).
CHAP. II : SOUS LE SIGNE DE BAPHOMET 29
Saurons-nous détecter ce qu’est vraiment cet héritage ?
Sinon, Crowley et ses imitateurs auront réussi à approfondir notre
stupeur et à nous dicter des types « inacceptables » de
démembrement de l’innocent, alors qu’il y en aurait – selon eux –
d’« acceptables »… Comme Crowley le stipule au chapitre 2,
verset 58 de son « livre saint » : « Les esclaves doivent servir ».
Une armée « heavy metal »1
L’O.T.O. présente un aspect microcosmique : son rituel,
qui a pour pendant macrocosmique l’« enfant de lune », à savoir la
culture américaine, caractérisée par un flirt de plus en plus poussé
avec l’imagerie satanique, le sang, le sexe, la nudité et le sadisme.
La jeune génération actuelle des Etats-Unis est si profondément
immergée dans l’occulte que l’armée américaine a pris l’habitude
d’incorporer dans son programme et ses actions de formation
psychologique la « musique » de groupes de rock « heavy metal »
tels que « AC/DC », au nom de code alchimique androgyne.
Ainsi, en avril 2004, le commandement américain a fait
beugler par ses troupes la « chanson » d’AC/DC « Hell’s Bells »
[les cloches de l’enfer] aux oreilles de la population musulmane de
Falludja, en Irak. Les journalistes qui accompagnent les troupes
de combat américaines sur le terrain ont remarqué l’omniprésence
de cette « musique » parmi les jeunes soldats. Le satanisme y est
dorénavant banalisé et accepté. C’est du reste dans cet esprit qu’à
la prison d’Abu Ghraib, en Irak, des soldats américains forcèrent
des hommes musulmans à se déshabiller entièrement et à simuler
ensemble des actes sexuels dégénérés. Ces agissements sordides
furent stigmatisés comme étant le fait exclusif de « quelques
brebis galeuses », mais selon certains témoignages, ils résultaient
1 NdT : Le « hard rock » (rock dur) ou « heavy metal » (métal lourd) est une
forme de musique « rock » particulièrement bruyante et violente, que certains
groupes pratiquent dans un esprit ainsi qu’avec des paroles et, en concert, une
mise en scène ouvertement sataniques. L’un de ces groupes porte même le
nom significatif de « Marilyn Manson »…
30 DU SANG SUR LAUTEL
souvent d’un ordre donné par les agents de renseignement
américains présents dans la chaîne de commandement militaire.
On notera que de tels actes – commis par des membres de
l’armée américaine – évoquent plus que superficiellement les
rituels occultes.
Le jeu de tarot
Lorsque la direction de l’O.T.O. entreprit de susciter la
renaissance de ce dernier aux Etats-Unis, elle commercialisa de
façon avisée le jeu de tarot d’Aleister Crowley, et cette version en
couleurs vives du Livre de Toth devint son moyen favori de faire
venir la jeunesse à l’O.T.O.. Le jeu en question, produit par la
U.S. Game Company, continue à se vendre dans les grandes chaînes
de librairies. Quel adolescent pourrait résister à la tentation d’au
moins regarder ces cartes, ne serait-ce qu’en raison de leurs
dessins érotiques, réalisés par une certaine « Lady » Frieda Harris
sous la direction de « Sir » Aleister Crowley ?Quel gamin n’aurait pas envie de posséder des pouvoirsou de regarder dans l’avenir tout en devenant un héros de bandedessinée ? Sa curiosité étant entretenue avec les livres et les filmstournant autour du personnage de Harry Potter, qui ont ungigantesque succès, il ne manquera pas de se sentir doublementmotivé à prendre de l’avance dans sa préparation à l’« ÉcolePoudlard de Magie et de Sorcellerie »1. Or, quel meilleur moyen,pour y parvenir, qu’un jeu de tarot conçu par Alesteir Crowleysoi-même, le plus célèbre vrai magicien des temps modernes ?Ce jeu de tarot s’est avéré être un puissant appât,puisqu’il permet à l’O.T.O. d’amener des jeunes iconoclastesdésenchantés à s’intéresser à sa production plus ésotérique et plussombre, à demander au vendeur du magasin New Age s’il est aucourant des réunions de l’Ordre ou à acheter l’ouvrage de1 NdT : École où est formé Harry Potter, héros des romans et des filmsportant son nom.BIBLIOGRAPHIE 229THE JEWISH ENCYCLOPEDIAhttp ://www.jewishencyclopedia.comJouin, Monseigneur [Ernest]. Papacy and Freemasonry (Papauté etfranc-maçonnerie), 1930. Reprint. N.p. : Christian Book Club ofAmerica, n.d.Kaplan, Aryeh. The Real Messiah ? A Jewish Response to Missionaries.New York : National Conference of Synagogue Youth/Union ofOrthodox Jewish Congregations of America, 1985.Kaplan, Aryeh. Sefer Yetzirah : The Book of Creation. York Beach :Red Wheel/Weiser, 1997.Keith, Jim. Mind Control, World Control : The Encyclopedia of MindControl. Adventures Unlimited Press, 1997.« Killing for Satan ». Fortean Times, May 2003, 16-18.King, Francis, ed. Crowley on Christ. London : The C. W. DanielCompany, 1974.King, Francis. Mega Therion : The Magical World of Aleister Crowley,Creation Books, 2004.King, Francis. Modern Ritual Magic : The Rise of Western Occultism.Dorset : Prism Press, 1989.King, Francis, ed. Ritual Magic of the Golden Dawn : Works by S. L.MacGregor Mathers and Others. Destiny Books, 1997.King, Francis, ed. The Secret Rituals of the OTO. New York : SamuelWeiser, 1973
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