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 La serrapeptase, ou Serratia peptidase, est utilisée depuis plus de 30 ans en Europe et en Asie pour diminuer la douleur, l'inflammation et la sécrétion excessive de mucus. Plus de 40 études cliniques concluent que la serrapeptase exerce d'importants effets bénéfiques sur la santé. On a montré qu'elle est bien absorbée par le système intestinal et qu'elle doit donc être protégée de la dégradation par les acides de l'estomac. Hans Nieper, un médecin allemand, recommande depuis des décennies l'utilisation de la serrapeptase pour réduire la construction de la plaque d'athérome.

La serrapeptase est une enzyme protéolytique dérivée de la bactérie Serratia qui vit dans l'intestin du ver à soie. Cette enzyme a la capacité de dissoudre les tissus dépourvus de vie tout en n'exerçant aucune action néfaste sur les cellules vivantes de l'hôte. La serrapeptase dissout le cocon protecteur du ver à soie et lui permet d'en émerger et de prendre son envol.
Lorsque cette enzyme a été isolée, on a montré qu'elle agit comme un anti-inflammatoire et un antidouleur de façon assez similaire à l'action de l'aspirine, de l'ibuprofène ou d'autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
Des études cliniques indiquent que la serrapeptase induit une activité fibrino-lytique, anti-inflammatoire et anti-œdémateuse dans de nombreux tissus, et que ses effets anti inflammatoires sont supérieurs à ceux d'autres enzymes protéolytiques.

Réduit l'inflammation

En Allemagne et dans un certain nombre d'autres pays européens, la serrapeptase est reconnue comme un traitement standard de l'inflammation et des enflures traumatiques. Dans une étude en double aveugle réalisée à l'hôpital d'État d'Ulm, 66 patients avec une rupture récente du ligament latéral opérés chirurgicalement ont été divisés en trois groupes qui ont été traités de façon aléatoire. Dans le groupe recevant de la serrapeptase, l'enflure avait diminué de 50 % trois jours après l'opération, tandis que dans les deux groupes témoins (élévation de la jambe, alitement avec application ou non de glace) aucune réduction de l'inflammation n'était intervenue à ce moment.

La diminution de la douleur a été corrélée pour la plus grande part à celle de l'enflure. Les patients recevant de la serrapeptase ont vu leur douleur disparaître beaucoup plus rapidement que ceux des groupes témoins. Le dixième jour, la douleur avait disparu chez tous les patients prenant de la serrapeptase1.
Des études in vitro et in vivo montrent que la serrapeptase a un effet anti-inflammatoire spécifique et supérieur à celui de tout autre enzyme protéolytique. Une revue de la littérature scientifique incluant une série d'essais cliniques contrôlés en double aveugle avec de larges groupes de patients suggère que la serrapeptase est utile dans tout un large éventail de pathologies inflammatoires. Le mécanisme d'action de la serrapeptase sur les sites des différents processus inflammatoires est principalement constitué par une réduction du phénomène d'exsudation et une inhibition de la libération des médiateurs inflammatoires. La serrapeptase induit une fragmentation des agrégats de fibrinose et réduit la viscosité des exsudats, facilitant ainsi le drainage de ces produits de la réponse inflammatoire et favorisant de cette façon la réparation des tissus.

Inflammations ORL

Depuis quelques années, l'utilisation d'enzymes avec des activités fibrino-lytiques, protéolytiques et antiœdémateuse dans le traitement des maladies inflammatoires du nez, des oreilles et de la gorge a gagné de plus en plus de soutiens.
En raison de ses propriétés anti-inflammatoires, la serrapeptase a montré son intérêt dans des études cliniques dans le traitement de patients souffrant de sinusite chronique. Dans cette maladie, le mucus de la cavité nasale des patients est épaissi et sécrété en abondance. Cet épaississement empêche le mucus d'être expulsé suffisamment fréquemment. Des chercheurs japonais ont évalué les effets de la serrapeptase (30 mg par jour pendant 4 semaines) sur l'élasticité et la viscosité du mucus nasal de patients adultes avec une sinusite chronique. Les résultats ont montré que la serrapeptase réduit la viscosité du mucus, améliorant ainsi l'élimination des sécrétions bronchopulmonaires2.
D'autres essais cliniques soutiennent la capacité de la serrapeptase à soulager des problèmes associés à la sinusite chronique. Dans une étude, 140 patients avec des pathologies chroniques ou aiguës de l'oreille, du nez ou de la gorge ont été évalués avec un placebo ou de la serrapeptase. Les patients prenant de la serrapeptase ont vu une réduction significative de la sévérité de la douleur, de la quantité et de la purulence des sécrétions, des difficultés à avaler, de la dysphonie et de l'obstruction nasale, de l'anosmie et de la température du corps après 3 ou 4 jours et à la fin du traitement. Les patients souffrant de laryngite, de rhinopharyngite catarrheuse ou de sinusite traités avec la serrapeptase ont constaté une amélioration significative et rapide de leurs symptômes après 3 à 4 jours. Les médecins ont évalué l'efficacité du traitement comme excellente ou bonne chez 97,3 % des patients par rapport à seulement 21,9 % de ceux sous placebo3.

Les maladies respiratoires sont caractérisées par une augmentation de la production d'un mucus plus dense, dont la viscosité et l'élasticité ont été modifiées. Tradition-nellement, dans ces maladies, des médicaments muco-actifs sont prescrits pour améliorer les caractéristiques physico-chimiques du mucus afin de rétablir la fonction respiratoire. Certains de ces médicaments provoquent une déplétion fonctionnelle alors que la serrapeptase altère son élasticité sans le diminuer4.
Puissant agent par elle-même, la serrapeptase, lorsqu'elle est adjointe à des anti-biotiques, délivre des concentrations accrues de l'agent antimicrobien sur le site de l'infection. Les bactéries subissent souvent un processus, appelé formation d'un biofilm, qui entraîne une résistance aux agents antimicrobiens. Pour essayer de prévenir cette immunité bactérienne, des chercheurs ont expérimenté différents moyens d'empêcher la bactérie de s'envelopper dans le biofilm ; la solution pourrait bien être la serrapeptase. Une étude conduite par des chercheurs italiens suggère que les enzymes protéolytiques pourraient augmenter de façon significative les activités antibiotiques contre le biofilm. Les tests de sensibilité antibiotique montrent que la serrapeptase stimule de façon importante l'activité de l'antibiotique ofloxacine et qu'elle inhibe la formation du biofilm5.
Une autre étude en double aveugle randomisée a évalué les effets de l'administration de l'antibiotique céphalexine en association avec de la serrapeptase ou un placebo chez 93 patients souffrant de rhinite périannuelle ou de rhinite chronique. Les patients traités avec la serrapeptase ont expérimenté des améliorations significatives de la rhinorrée, de l'obstruction nasale et du coryza6. Des chercheurs ont observé des résultats impressionnants dans le traitement d'infection chez des patients avec un cancer du poumon subissant une thoracotomie. La serrapeptase et le céfotiame, un antibiotique à large spectre d'activité contre les micro-organismes gram+ et gram-, ont été administrés à 35 de ces patients. Ils ont été divisés en deux groupes. Une seule dose de céfotiame a été administrée à 17 d'entre eux et une combinaison de céfotiame et de serrapeptase a été donnée aux 18 autres. Les niveaux de l'antibiotique dans les tissus versus le sang étaient significativement plus élevés dans le groupe prenant le traitement combiné7.

Maladie kystique du sein

La serrapeptase a été utilisée avec succès dans le traitement de la maladie kystique du sein. Dans une étude portant sur 70 patientes, l'efficacité de la serrapeptase a été évaluée sur les symptômes de maladie kystique du sein. Les patientes ont été divisées en deux groupes de façon aléatoire, l'un recevant de la serrapeptase, l'autre un placebo. Un observateur ne connaissant pas les groupes de patientes a évalué, avant le début du traitement et quotidiennement pendant trois jours au cours du traitement, les symptômes et signes d'engorgement mammaire. Les résultats ont indiqué que la serrapeptase était supérieure au placebo et qu'elle améliorait davantage la douleur des seins et leur gonflement. Alors que 85,7 % des patientes prenant de la serrapeptase avaient des améliorations modérées à marquées, l'état de seulement 60 % de celles sous placebo avait été amélioré dans une mesure équivalente. Une amélioration marquée a été notée chez 22,9 % des patientes prenant de la serrapeptase contre seulement 2,9 % chez celles sous placebo8.

Une incidence possible sur la santé cardio-vasculaire

Des recherches préliminaires indiquent que la serrapeptase pourrait même inhiber la construction de la plaque d'athérome dans les artères et, ainsi, prévenir l'athéro-sclérose et les infarctus et accidents cérébraux vasculaires qui en découlent. Le Dr Hans A. Nieper, un interniste de Hanovre, en Allemagne, a étudié les effets de la serrapeptase sur les accumulations de plaque d'athérome dans les artères. La formation de cette plaque implique le dépôt de substances grasses, du cholestérol, des déchets de produits cellulaires, du calcium, de la fibrine (une substance coagulante dans le sang) sur la paroi intérieure des artères. Une plaque excessive a pour résultat un blocage partiel ou total de la circulation du sang dans l'artère aboutissant à l'athérosclérose ou durcissement des artères et, plus tard, à un infarctus ou un accident cérébral vasculaire. Cependant, les données soutenant le rôle de la serrapeptase dans la prévention de la construction de la plaque d'athérome sont plutôt anecdotiques. D'autres études sont nécessaires dans ce domaine, les recherches du Dr Nieper indiquant que l'action de dissolution des protéines de la serrapeptase dégraderait progressivement les plaques d'athérome. Le Dr Nieper explique qu'à la différence d'autres enzymes biologiques, la serrapeptase n'affecte que les tissus morts, comme la soie du cocon du ver. La serrapeptase ne dissoudrait que les tissus morts, comme les anciennes couches fibreuses qui encrassent les parois de nos artères et restreignent dangereusement la circulation du sang et de l'oxygène vers le cerveau. Il ajoute qu'il a traité un certain nombre de ses patients avec de la serrapeptase et qu'il a constaté une amélioration significative de la circulation sanguine dans leurs artères auparavant comprimées. Une équipe italienne du département de chirurgie vasculaire de l'université de Naples a montré que la serrapeptase était efficace et bien tolérée chez des patients souffrant de maladies inflammatoires veineuses.



1. Esch P.M. et al., Reduction of postoperative swelling. Objective measurement of swelling of the upper ankle joints in treatment with serrapeptase a prospective study (german), FortschrMed, 1989, 107(4): 67-8, 71-2.
2. Majima Y. et al., The effect of an orally administered proteolytic enzyme on the elasticity and viscosity of nasal mucus, Arch. Otorhinolaryngol., 1988, 244(6): 355-9.
3. Mazzone A. et al., Evaluation of serratia peptidase in acute or chronic inflammation of otorhinolaryngology pathology: a multicentre, double-blind, randomized trial versus placebo, J. Int. Med. Res., 1990, 18(5): 379-88.
4. Tomoda K. et al., Some information on the composition of tracheal secretions before and after the administration of Danzen (serrapeptidase), Exper. Ther., 1972, 477: 9-16.
5. Selan L. et al., Proteolytic enzymes: a new treatment strategy for prosthetic infections? Antimicrob. Agents Chemother., 1993, 37(12): 1618-21.
6. Perna L., Osservazioni Cliniche sui traitamento in osspio cleco con serratio peptidas nella neifre perenna nalla ninite cronica nacutizzata con sinusopattia, nella bronchia cronica nacutizzata, Riv. Pat. Clin. Tuberc. Penumol., 1985, 56: 509-516.
7. Koyama A. et al., Augmentation by serrapeptase of tissue permeation by cefotiam (japanese), Jpn. J. Antibiot., 1986, 39(3): 761-71.
8. Kee W.H. et al., The treatment of breast engorgement with serrapeptase : a randomized double-blind controlled trial, Singapore Med. J., 1989, 30(1): 48-54.