Russia-Kazan

L’Islam interdit l’agression, mais ordonne de combattre si le recul devant le combat doit mettre la paix en danger et provoquer la guerre. Si ne pas vouloir combattre signifie la fin de la liberté de conscience et de la recherche de la vérité, notre devoir est de combattre. Tel est l’enseignement sur la base duquel la paix peut être finalement établie, et sur lequel le Saint  Prophète(s.a.w.) a fondé sa propre ligne de conduite. SI Il avait continué à souffrir sans réagir à La Mecque, et n’avait pas combattu l’agression dont il était l’innocente victime. Même après sa fuite à Médine, l’ennemi l’y poursuivit pour extirper l’Islam ; il fallait donc combattre pour la vérité et la liberté de conscience. Nous citons ci-après des passages du Saint Coran ayant trait à la guerre. (1) Dans le chapitre 22, versets 40 à 42, nous lisons : La permission de se battre est accordée à ceux contre qui l’on se bat, parce qu’ils ont été injustement traités - et Allah a assurément le pouvoir de les aider. Ceux qui ont été injustement chassés de leurs habitations, seulement parce qu’ils ont dit : « Notre Seigneur est Allah » – Et si Allah ne repoussait pas certains hommes par d’autres, les cloîtres auraient assurément été démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d’Allah est souvent rappelé. Allah aide assurément celui qui L’aide. Allah est, en vérité, Puissant, Fort - A ceux qui, si Nous les établissons sur la terre, observeront les prières, et payeront les zakāt1 et enjoindront le bien et interdiront le mal. Et c’est sur Allah que repose la fin des affaires.

Le verset vise à signifier que l’autorisation de combattre est accordée aux victimes de l’agression. Dieu aide assurément les victimes - ceux qui ont été arrachés à leur maison à cause de leurs croyances. Cette autorisation est sage parce que, si Dieu ne repoussait pas les cruels à l’aide des justes, il n’y aurait pas de liberté de conscience et de culte dans le monde. Dieu doit aider ceux qui aident à établir la liberté et le culte. Il s’ensuit que le combat est permis à un peuple qui a souffert longtemps d’une agression délibérée – quand l’agresseur n’a eu aucune raison d’attaquer et qu’il cherche à intervenir dans la religion de 1 Note de l’Editeur : Impôt sur le capital La vie de Muhammad(s.a.w.)

 sa victime. Le devoir de celle-ci, en accédant au pouvoir le cas échéant, est de rétablir la liberté religieuse et de protéger toutes les religions et les lieux saints. Son pouvoir ne doit pas servir à sa propre glorification, mais au bien-être des pauvres, au progrès du pays et à la consolidation de la paix. Cet enseignement est aussi irrécusable qu’il est clair et précis. Il proclame le fait que les premiers musulmans eurent recours à la guerre parce qu’ils furent obligés de le faire. Autrement, les guerres d’agression étaient interdites par l’Islam. Le pouvoir politique est promis aux musulmans, mais ceux-ci sont avertis de ce que ce pouvoir ne doit pas être exercé pour leur propre profit, mais pour relever le sort des pauvres et promouvoir la paix et le progrès. (2) Dans le chapitre 2, versets 191 à 194, nous avons : Et combattez dans la cause d’Allah contre ceux qui combattent contre vous, mais n’excédez pas les limites. Assurément, Allah n’aime pas les transgresseurs. Et tuez-les partout où vous les rencontrerez, et chassez-les de l’endroit d’où ils vous ont chassés, car la persécution est pire que le meurtre. Et ne combattez pas contre eux dans l’enceinte de la Sainte Mosquée, à moins qu’ils ne vous y attaquent. Mais s’ils vous y combattent, alors tuez-les ; car telles sont les représailles envers les incroyants. Mais s’ils se désistent, alors Allah est assurément Très Pardonnant, Miséricordieux. Et combattez contre eux jusqu’à ce qu’il n’existe plus de persécution et que la religion d’Allah soit libre. Mais s’ils se désistent, souvenez-vous qu’aucune hostilité n’est permise, sauf contre les agresseurs. On doit combattre pour l’amour de Dieu, et non pas pour soimême, sous l’effet de la colère ou par besoin de grandeur, et en tous cas, le combat ne doit pas excéder certaines limites, car les excès déplaisent à Dieu. Le combat doit avoir lieu entre groupes, les assauts contre les individus étant interdits.

L’agression contre une religion doit être rejetée, car commettre une telle agression est pire que de verser le sang. Les musulmans ne doivent pas combattre près de la Sainte Mosquée, à moins que l’ennemi n’ait attaqué le premier. Le fait de combattre près de la Sainte Mosquée constitue une atteinte au droit de tous à faire le pèlerinage. Mais, si l’ennemi attaque, les musulmans sont libres de riposter, ceci étant la juste réponse à l’agression. Si l’ennemi se désiste, les musulmans doivent se désister également et pardonner en oubliant le passé. Le combat doit continuer aussi longtemps que dure la persécution et que la liberté religieuse n’est pas rétablie. La religion est pour Dieu. L’emploi de la force ou de la contrainte en religion est une mauvaise chose. Si les kuffār (incroyants) n’y ont pas recours et laissent la liberté de religion, les musulmans doivent s’abstenir de les combattre. On ne doit prendre les armes que contre ceux qui commettent des excès. Dès que les excès cessent, le combat doit cesser aussi. Il est donc permis de dire que les versets enseignent les règles catégoriques suivantes : (a) Nous ne devons recourir à la guerre que pour l’amour de Dieu et non pour des motifs personnels, pour notre propre gloire ou pour d’autres intérêts. (b) Nous ne pouvons entrer en guerre que si nous sommes nous-mêmes agressés. (c) Nous ne pouvons combattre que ceux qui nous combattent. Nous ne pouvons pas combattre ceux qui ne sont pas en guerre. (d) Même après que l’ennemi ait lancé l’attaque, notre devoir est de limiter la guerre. Il est mal d’étendre la guerre, que ce soit territorialement ou par les armes employées. (e) Nous ne devons nous battre que contre une armée régulière à la solde de l’ennemi et qui combat pour lui. La vie de Muhammad(s.a.w.)

Nous ne devons pas nous battre contre d’autres qui se trouvent du côté de l’ennemi. (f) Pendant la guerre, l’immunité doit être accordée aux lieux du culte et pour l’observation des rites religieux. Si l’ennemi épargne les lieux où sont célébrées des cérémonies religieuses, les musulmans doivent également s’abstenir de combattre en de tels lieux. (g) Si l’ennemi utilise un lieu de culte comme base d’attaque, alors les musulmans peuvent répondre à l’attaque. Ils ne pourront être blâmés de l’avoir fait. Le combat n’est pas autorisé à proximité des lieux de culte. Lancer une attaque contre de tels lieux afin de les détruire ou de les endommager est absolument interdit. Un lieu de culte employé comme base d’opérations peut inviter à une riposte. La responsabilité pour tout dommage causé au lieu incombera alors à l’ennemi et non aux musulmans. (h) Si l’ennemi réalise le danger et son erreur en utilisant comme base un lieu de culte et qu’il change le front de bataille, les musulmans doivent alors se conformer au changement. Le fait que l’ennemi ait lancé l’attaque à partir d’un lieu de culte ne doit pas servir de prétexte pour attaquer ce lieu. Par respect, les musulmans doivent aussi changer leur front de bataille dès que l’ennemi le fait. (i) Le combat doit se poursuivre aussi longtemps qu’existent des entraves à la religion et à la liberté religieuse. Dès que la religion devient libre et que toute contrainte dans ce domaine n’est plus permise et que ceci se reflète dans les paroles et dans les actes de l’ennemi, il ne doit plus y avoir de guerre, même si c’est l’ennemi, qui la provoque. (3) Dans le chapitre 8, versets 39 à 41, nous lisons : Dis aux incroyants, s’ils se désistent, que ce qui est passé sera pardonné ; mais s’ils y retournent, vraiment l’exemple des anciens est déjà devant eux.

Dans le chapitre 8, versets 62 à 63, nous lisons : 

 Et s’ils penchent vers la paix, penches-y toi aussi, et mets ta confiance en Allah ; c’est Lui assurément qui entend tout, sait tout. Et s’ils ont le dessein de t’induire en erreur, Allah te suffit assurément. C’est Lui qui t’a fortifié par Son aide et par celle des croyants. Autrement dit, si au cours de la bataille, quel que soit le moment, les incroyants désirent la paix, les musulmans doivent accepter l’offre immédiatement et faire la paix. Ils doivent le faire même au risque d’être trompés, mettant leur confiance en Dieu. La duperie ne servira à rien contre eux, car ils comptent non sur eux-mêmes, mais sur l’aide de Dieu à Qui ils doivent leurs victoires. Dans leurs moments les plus sombres et les plus difficiles, Dieu avait soutenu le Saint Prophète(s.a.w.) et ses fidèles ; de la même façon, Il les soutiendra contre les dupeurs. Une offre de paix doit donc être acceptée et non pas rejetée, sous prétexte qu’il s’agit d’une ruse par laquelle l’ennemi cherche à gagner du temps pour une nouvelle attaque. L’accent mis sur la paix dans ces versets n’est pas dénué de signification. Ceux-ci anticipent la paix que signa le Saint Prophète(s.a.w.) à Hudaybiya. Ils l’avertissent de ce qu’un temps viendra où l’ennemi recherchera la paix. L’offre ne devra pas être refusée sous le prétexte que l’ennemi était l’agresseur et qu’il avait commis des excès ou qu’on ne peut lui faire confiance. Le droit chemin enseigné par l’Islam exige qu’un musulman accepte une offre de paix. La piété et le bon jugement en rendent l’acceptation désirable. (5) Dans le chapitre 4, verset 95, nous avons : O vous qui croyez ! Quand vous vous mettrez en campagne dans la cause d’Allah, renseignez-vous bien et ne dites pas à celui qui vous adresse le salut de la paix : « Tu n’es pas un croyant. » Vous cherchez les biens de la vie d’ici-bas, alors qu’auprès d’Allah il y a abondance de biens. Autrefois vous étiez ainsi, mais Allah vous a accordé Ses grâces ; ainsi donc,

 prenez des renseignements. En vérité, Allah est bien informé de ce que vous faites. En d’autres termes, quand les musulmans partent en guerre, ils doivent s’assurer que l’ennemi a été averti de ce que la guerre a de déraisonnable et qu’il la veut en connaissance de cause. Ayant fait cela, si les musulmans reçoivent d’un individu ou d’un groupe une proposition de paix, ils ne doivent pas la refuser sous prétexte qu’elle n’est pas honnête. Si les musulmans déclinent des offres de paix, ils ne combattront pas pour Dieu mais pour eux-mêmes et pour gagner des biens de ce monde. Tout cela comme la religion vient de Dieu, la gloire et les biens de ce monde doivent venir de Lui aussi. Tuer ne doit pas être un but. Celui qu’on désire tuer aujourd’hui peut être bien guidé demain. Or, les musulmans auraient-ils pu le devenir s’ils n’avaient pas été épargnés ? Les musulmans doivent s’abstenir de tuer car les vies épargnées peuvent devenir des vies guidées. Dieu sait bien ce que font les hommes, pour quelles raisons et dans quel but ils le font. Le verset enseigne que, même après que la guerre ait commencé, le devoir des musulmans est de se renseigner si l’ennemi est décidé à l’agression. Il arrive souvent que l’ennemi fasse des préparatifs de guerre sous l’emprise de l’excitation ou de la crainte, alors qu’il n’a aucune intention d’être l’agresseur ; aussi, tant que les musulmans ne sont pas assurés que l’ennemi a préparé une attaque, ils ne doivent pas entrer en guerre. S’il apparaît, dans les faits ou dans les déclarations de l’ennemi, que ses préparatifs ne sont que légitime défense, les musulmans doivent accepter une telle déclaration et s’abstenir de faire la guerre. Si l’agression avait été l’intention première, peut-être cette intention avait-elle changé. Les intentions et les motivations ne changent-elles pas continuellement ? Les ennemis de l’Islam ne sont-ils pas devenus amis ? (6) Sur l’inviolabilité des traités, le Saint Coran dit clairement : Excepté ceux des idolâtres avec qui vous avez conclu un traité, et qui ne vous ont pas par la suite manqué 

en quoi que ce soit, et qui n’ont soutenu personne contre vous. Remplissez donc le traité avec ceux-là jusqu’au terme. En vérité, Allah n'aime pas ceux qui sont justes. (Chapitre 9, verset 4) Les incroyants qui signent un pacte avec les musulmans, honorent ce pacte et n’aident pas l’ennemi contre eux, doivent recevoir des musulmans un traitement réciproque. La piété exige que les musulmans remplissent leur part du pacte dans la lettre aussi bien que dans l’esprit. (7) A propos d’un ennemi en guerre contre les musulmans et qui désire étudier le message de l’Islam, le Saint Coran ordonne : Et si quelqu’un d’entre les idolâtres te demande protection, accorde-lui la protection afin qu’il puisse entendre la parole d’Allah ensuite, conduis-le à son lieu de sûreté. Ceci parce que ce sont des gens qui ne savent pas. (Chapitre 9, verset 6) Autrement dit, si l’un de ceux qui sont en guerre contre les musulmans cherche refuge chez eux afin d’étudier l’Islam et de réfléchir à son message, il doit avoir la protection des musulmans aussi longtemps qu’il semble raisonnablement nécessaire. (8) Concernant les prisonniers de guerre, le Saint Coran enseigne : Il ne sied pas à un prophète d’avoir des captifs avant d’avoir versé le sang sur la terre dans une guerre régulière. Vous désirez les biens d’ici-bas tandis qu’Allah désire pour vous l’au-delà ; et Allah est Puissant, Sage. (Chapitre 8, verset 68) En d’autres termes, il ne convient pas qu’un prophète prenne des prisonniers à son ennemi, sauf après une guerre régulière où beaucoup de sang a été versé. La pratique de faire des prisonniers chez les tribus ennemies sans coup férir et sans verser de sang, en vigueur jusqu’à l’avènement de l’Islam – 

 même après – est ici rendue illégale. On ne peut faire de prisonniers qu’après une bataille et parmi les combattants. (9) Il y a des règles établies pour relâcher les prisonniers. Ainsi, nous lisons : Puis faites-leur grâce ou mettez-les à rançon jusqu’à ce que la guerre cesse de peser. (Chapitre 47, verset 5) Le mieux, selon l’Islam, est de relâcher les prisonniers sans demander de rançon. Mais comme cela n’est pas toujours possible, la remise en liberté contre rançon est également prévue. (10) Il existe des clauses pour les prisonniers de guerre qui ne peuvent payer eux-mêmes leur rançon, pour ceux qui n’ont personne qui puisse ou qui veuille payer leur remise en liberté. Il arrive souvent que des membres de la famille puissent payer mais qu’ils ne le fassent pas, parce qu’ils préfèrent laisser leur parent demeurer prisonnier – probablement dans l’intention de s’approprier ses biens en son absence. Voici ce que le Saint Coran déclare sur ce sujet : Et quant à ceux que possèdent vos mains droites et qui désirent un acte d’affranchissement écrit, écrivezle pour eux si vous savez qu’il y a du bon en eux ; et donnez-leur des biens d’Allah qu’Il vous a accordés. (Chapitre 24, verset 34) Autrement dit, ceux qui ne méritent pas d’être relâchés sans rançon, mais qui n’ont personne pour la payer pour eux - s’ils demandent malgré tout leur liberté - peuvent l’obtenir en signant un engagement selon lequel, s’il leur est permis de travailler et de gagner leur vie, ils paieront leur rançon. Ils ne doivent, cependant, être autorisés à le faire que si leur capacité de travailler et de gagner leur vie est certaine ; dans ce cas, ils doivent même recevoir une aide financière de la part des musulmans. Ceux des musulmans qui peuvent le faire doivent payer ; ou bien une souscription publique doit être organisée pour aider ces malheureux à se relever. 

Les passages du Saint Coran que nous venons de citer contiennent l’enseignement de l’Islam concernant la guerre et la paix. Ils nous disent dans quelles circonstances, selon l’Islam, il est juste d’entrer en guerre, et quelles sont les limites que les musulmans doivent observer lorsqu’ils font la guerre. Les préceptes du Prophète(s.a.w.) concernant la guerre L’enseignement aux musulmans ne consiste pas seulement en préceptes établis dans le Saint Coran. Il comprend également les commandements et l’exemple du Saint Prophète(s.a.w.). Ce que le Prophète(s.a.w.) a dit ou ce qu’il a enseigné dans des situations concrètes est aussi une partie essentielle de l’enseignement islamique. Nous donnons donc ci-après quelques préceptes du Prophète(s.a.w.) concernant la guerre et la paix. (1) Il est absolument interdit aux musulmans de mutiler les morts (Muslim). (2) Il est interdit aux musulmans de recourir à la duperie (Muslim). (3) Les enfants ne doivent pas être tués, ni les femmes (Muslim). (4) On ne doit pas prendre à parti les prêtres, les fonctionnaires religieux et les chefs religieux (Tahāvi). (5) Les vieillards et les invalides, les femmes et les enfants ne doivent pas être tués. On doit toujours avoir présente à l’esprit la possibilité de la paix (Abū Dāwūd). (6) Quand les musulmans pénètrent en territoire ennemi, ils ne doivent pas semer la terreur parmi la population. Ils ne doivent pas permettre le mauvais traitement du peuple (Muslim). (7) Une armée musulmane ne doit pas établir son camp en un lieu où cela peut gêner le public. Quand elle se déplace, elle doit prendre soin de ne pas bloquer le chemin et de ne pas causer d’inconvénient aux autres voyageurs. (8) On ne doit pas permettre de défigurer les visages (Bukhārī et Muslim). (9) On doit infliger à l’ennemi le moins de pertes possible (Abū Dāwūd). (10) Quand les prisonniers de guerre sont placés sous surveillance, ceux qui sont proches parents doivent être mis ensemble (Abū Dāwūd). (11) Les prisonniers doivent bénéficier d’un certain confort. Les musulmans doivent prendre plus de soin du confort de leurs prisonniers que de leur (Tirmidhī). (l2) Les émissaires et délégués d’autres pays doivent être, respectés. La vie de Muhammad(s.a.w.)

Toute erreur ou manque de courtoisie de leur part doit être ignoré (Abū Dāwūd, Kitāb al-Jihād). (13) Si un musulman commet le péché de maltraiter un prisonnier de guerre, il expiera sa faute en libérant le prisonnier sans rançon. (14) Quand un musulman prend un prisonnier de guerre en charge, il doit le nourrir et l’habiller de la même façon qu’il l’aurait fait pour luimême (Bukhārī). Le Saint Prophète(s.a.w.) insistait tellement sur l’observation de ces règlements pour une armée combattante, qu’il déclara que quiconque ne l’observait pas, combattait non pour Dieu, mais pour lui-même (Abū Dāwūd). Abū Bakr(r.a), premier calife de l’Islam, compléta ces commandements du Saint Prophète(s.a.w.) par quelques-uns des siens. Le commandement suivant, constitue également une partie de l’enseignement musulman : « Il ne faut pas endommager les bâtiments publics ni les arbres fruitiers ni les récoltes. » (Mu‘attā) D’après ces préceptes du Saint Prophète(s.a.w.) et du premier calife de l’Islam, il apparaît clairement que l’Islam a préconisé des mesures pour prévenir ou arrêter une guerre et en réduire les conséquences. Comme nous l’avons déjà dit, les principes qu’enseigne l’Islam ne sont pas seulement de pieux préceptes ; ils trouvent leur illustration pratique dans l’exemple du Saint Prophète(s.a.w.) et des premiers califes de l’Islam. Comme chacun le sait, le Saint Prophète(s.a.w.) ne se contentait pas d’enseigner ces principes : il les mettait en pratique et insistait pour qu’ils fussent observés. Si nous considérons notre époque, nous devons dire qu’aucun autre enseignement ne semble à même de résoudre le problème de la guerre et de la paix. L’enseignement de Moïse(a.s) est loin de notre idéal de justice et d’équité. Il est impossible d’agir aujourd’hui selon cet enseignement. La doctrine de Jésus(a.s) est impraticable et l’a toujours été. Jamais, au cours de leur histoire, les chrétiens n’ont essayé de mettre ses préceptes en pratique. Seul, l’enseignement de l’Islam est praticable ; c’est le seul qui a été à la fois prêché et pratiqué par ceux qui l’ont préconisé et dont l’application peut amener et maintenir la paix dans le monde. A notre époque2, M. Gandhi a enseigné, selon toute apparence, que même lorsque la guerre nous est imposée, nous ne devons pas y répondre par la guerre. Nous ne devons pas combattre. Mais, cet enseignement n’a jamais été mis en pratique, à aucune époque de l’histoire du monde. Il n’a jamais été mis à l’épreuve. Il est donc impossible de dire la valeur que peut avoir cet enseignement en termes de guerre et de paix. M. Gandhi a vécu assez longtemps pour voir le Congrès Indien atteindre l’indépendance politique. Cependant, le gouvernement du Congrès n’a pas congédié l’armée ni les autres forces armées de l’Inde. Il n’a fait que dresser des plans pour leur indianisation. Il a aussi projeté de réintégrer ceux des officiers indiens qui s’étaient constitués en Armée Nationale Indienne (et qui avaient été renvoyés par les autorités britanniques) pendant l’attaque japonaise contre la Birmanie et l’Inde au cours des derniers développements de la seconde guerre mondiale. M. Gandhi lui-même, à plusieurs reprises, a élevé la voix pour accorder des circonstances atténuantes aux crimes de violence, et il a préconisé la libération de ceux qui commettaient de tels crimes. Ceci montre, au moins, que son enseignement ne peut être mis en pratique et que M. Gandhi le sait aussi bien que ses fidèles. Aucun exemple pratique n’a jamais été donné pour montrer au monde comment peut s’appliquer la non-violence quand des conflits armés éclatent entre nations et entre États, ou comment la non-violence peut prévenir ou arrêter une guerre. Prêcher une méthode pour arrêter les guerres, mais ne jamais pouvoir en donner une illustration pratique est une preuve que cette méthode est impraticable. Il apparaît donc que l’expérience et la sagesse humaines n’indiquent qu’une seule méthode pour empêcher ou pour faire cesser la guerre ; et cette méthode a été enseignée et pratiquée par le Saint Prophète(s.a.w.) de l’Islam. 2 Note de l’Editeur : Cette biographie fut écrite en 1947 alors que M. Gandhi vivait encore.La vie de Muhammad (s.a.w.) fait partie de l’ouvrage « Une introduction à l’étude du Saint Coran » écrit par Hadrat Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad, deuxième Calife de la Communauté Islamique Ahmadiyya.