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La chloroquine, un antipaludique bien connu, permettrait de traiter efficacement le Covid-19 selon des chercheurs chinois. Une annonce amplifiée par le Pr Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection à Marseille, selon lequel cela sonnerait "la fin de partie" pour l'épidémie de coronavirus. 

Alors que le professeur Didier Raoult mène des essais « encourageants » à Marseille sur la chloroquine pour traiter les malades atteints par le Covid-19, les États-Unis viennent d’approuver ce traitement.

Le président Donald Trump estime que cet antipaludéen pourrait « changer la donne » dans la lutte contre la pandémie.

Les Etats-Unis ont approuvé le recours, contre le coronavirus, à la chloroquine, annonce l’AFP. « Ce traitement antipaludéen qui a montré des résultats préliminaires très très encourageants, a annoncé ce jeudi le président américain Donald Trump.  Nous allons pouvoir rendre ce médicament disponible quasiment immédiatement », a-t-il assuré, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, estimant que cela pourrait « changer la donne face à la pandémie ».

Cette décision prise par les Etats-Unis est la conséquence directe de l'étude et des résultats prometteurs du professeur Didier Raoult qui l'a confirmé et qui s'est bien évidemment réjoui de cette décision dans son interview pour Marianne : "Je suis content à titre personnel, mais surtout pour les États-Unis et les vies potentiellement sauvées." Les Etats-Unis ont également pris connaissance très rapidement de ces tests grâce à des déclarations en direct sur Fox News de Gregory Rigano, membre de l'Université de médecine de Stanford.

En France, tout est parti du professeur Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection à Marseille. Pendant six jours, ce dernier a injecté à une vingtaine de patients atteints du Covid-19 une dose de 600mg/jour de Plaquenil (le nom du médicament commercialisé avec une molécule dérivée de la chlorequine). "C'est spectaculaire, la charge virale moyenne avec ce virus est normalement de 20 jours. […] Les patients qui n'ont pas reçu le Plaquenil sont encore porteurs à 90% du virus au bout de six jours, tandis que ceux qui ont reçu le traitement sont 25% à être positifs ", expliquait le médecin le 16 mars 2020. Le directeur de l'IHU a associé à la chlorequine un traitement d'azythromicyne "pour éviter les surinfections bactériennes".

Si en France cette étude part de Marseille, des études ont déjà été menées en Chine, en Iran, en Corée du Sud, en Arabie Saoudite. Dans un entretien à Marianne, le Professeur manifeste d'ailleurs son agacement : "Le fait d'ignorer ce qu'ont dit les Chinois sur la chloroquine est délirant. Ce sont eux qui avaient les malades pour expérimenter, pas nous." Une équipe de pharmacologues de l'hôpital universitaire de Qingdao (province du Shandong - Chine) a, effet fait dernièrement des annonces spectaculairement enthousiaste : "Il est démontré que le phosphate de chloroquine a une efficacité apparente et une innocuité acceptable contre la pneumonie associée au Covid-19 dans le cadre d'essais cliniques multicentriques menés en Chine", ont-ils publié. M. Raoult estime auprès du Monde qu'il n'y pas d'obstacle, d'un point de vue clinique, à ce que la molécule soit insérée aux traitements. "En Chine, en Iran, en Corée du Sud, en Arabie saoudite, l'hydroxychloroquine et la chloroquine font déjà partie des protocoles thérapeutiques, conseillés par des experts, pour certains de renommée mondiale. Il y a urgence à organiser de telles recommandations en France, et c'est ce que j'ai proposé aux autorités sanitaires ", dit-il.

Le Maroc achète les stocks de Nivaquine produits par Sanofi

Le Maroc reste encore relativement épargné par le virus, mais le nombre de cas déclarés est passé de 8 à 61 en une semaine, avec deux décès. Avant que les choses ne s'aggravent, les autorités ont préféré anticiper les recommandations scientifiques. Le gouvernement marocain a décidé de traiter les patients positifs au Covid-19 avec de la chloroquine, médicament actuellement produit dans le pays. Il vient pour cela d’acheter tous les stocks de l’usine Sanofi de Casablanca. La nivaquine ou chloroquine, vieil anti-paludéen connu depuis des décennies, est-elle la nouvelle arme décisive contre le Covid-19 ? A ce jour, l’OMS émet pourtant des réserves et les scientifiques restent prudents.

Le gouvernement marocain n’a donc pas attendu le feu vert de l’OMS et des scientifiques pour agir, alors que les essais cliniques sont toujours en phase de test dans plusieurs pays. D'après le site en ligne Yabiladi, les Marocains se sont déjà rués sur les stocks de Plaquenil (à base de chloroquine) en pharmacie.

Novartis offre 130 millions de doses de chloroquine pour lutter contre le coronavirus

Le laboratoire suisse Novartis s’est dit prêt vendredi à offrir jusqu’à 130 millions de doses de chloroquine, un traitement contre le paludisme potentiellement efficace dans la lutte contre le nouveau coronavirus.

Dans un communiqué le groupe pharmaceutique a annoncé "son engagement à fournir jusqu’à 130 millions de doses de 200 mg d’ici la fin mai quand les autorités de régulation auront donné leur accord pour son utilisation au profit de patients infectés par le Covid-19".

Il indique qu’il sollicitera des licences auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’organisme fédéral qui supervise la commercialisation des médicaments aux Etats-Unis, et des agences européennes, tout en s’assurant, notamment auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), "du large accès des patients qui auront le plus besoin de ce médicament dans le monde".

Egalement utilisée depuis des décennies dans les maladies auto-immunes de type lupus ou polyarthrite rhumatoïde, la chloroquine est un antipaludéen peu cher utilisé depuis plusieurs décennies.

Ce traitement est souvent recommandé lorsque l’on prévoit de se rendre en zone infestée par le parasite du paludisme, transmis par les moustiques. (Avec Agences)

Le Maroc achète les stocks de Nivaquine