Karen Hudes,licenciée de la Banque mondiale, révèle comment l'élite mondiale dirige le monde

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Karen Hudes est diplômée de la Yale Law School et elle a travaillé dans le département juridique de la Banque mondiale depuis plus de 20 ans. En fait, quand elle a été congédiée pour avoir dénoncé la corruption à l'intérieur de la Banque mondiale , elle occupait le poste de Conseillère Senior. Elle était dans une position unique pour voir exactement comment l' élite mondiale dirige le monde , et les informations qu'elle révèle maintenant au public sont absolument stupéfiantes

 Karen Hudes est diplômée de la Yale Law School et elle a travaillé dans le département juridique de la Banque mondiale depuis plus de 20 ans. En fait, quand elle a été congédiée pour avoir dénoncé la corruption à l'intérieur de la Banque mondiale , elle occupait le poste de Conseillère Senior. Elle était dans une position unique pour voir exactement comment l' élite mondiale dirige le monde , et les informations qu'elle révèle maintenant au public sont absolument stupéfiantes .

Selon Hudes , l'élite utilise un noyau très serré des institutions financières et des méga -sociétés pour dominer la planète. Le but est le contrôle. Ils veulent nous asservir tous à la dette , ils veulent asservir tous nos gouvernements à la dette, et ils veulent tous nos politiciens accros aux énormes contributions financières qu'ils canalisent dans leurs campagnes . Puisque l'élite détient aussi toutes les grandes sociétés de médias, les grands médias ne nous informent jamais de ce secret : il ya quelque chose de fondamentalement mauvais dans la manière dont notre système fonctionne.

Rappelez-vous, ce n'est pas une " théorie du complot " qui dit ces choses. C'est une avocate -instruite à Yale- qui a travaillé à l'intérieur de la Banque mondiale depuis plus de deux décennies. Le résumé qui suit de son curriculum provient directement de son site ...

Karen Hudes a étudié le droit à Yale Law School et l'économie à l'Université d'Amsterdam . Elle a travaillé dans l' Export Import Bank américaine des États-Unis de 1980-1985 et dans le département juridique de la Banque mondiale de 1986 à 2007 . Elle a créé le Comité d' Organisation Non Gouvernementale de la Section du droit international de l' American Bar Association et le Comité sur le multilatéralisme et la responsabilité des organisations internationales de la branche américaine de l' International Law Association .

Aujourd'hui, Hudes s'évertue à dénoncer le système financier corrompu que l'élite mondiale utilise pour contrôler les richesses du monde. Lors d'une interview avec le New American , elle a discuté de la façon dont nous laissons ce groupe d' élites de dominer totalement les ressources de la planète sans réagir ...

Une ancienne de la Banque mondiale , l'avocate ex -Conseillère Senior Karen Hudes , affirme que le système financier mondial est dominé par un petit groupe de personnes corrompues , avides de pouvoir , centrées autour de la Réserve fédérale américaine privée . Le réseau a aussi pris le contrôle des médias pour couvrir ses crimes, at-elle expliqué . Dans une interview avec The New American , Hudes dit que quand elle a essayé de dénoncer les multiples problèmes à la Banque mondiale , elle a été congédiée pour ses efforts. Maintenant, avec un réseau de collègues dénonciateurs, Hudes est déterminée à dénoncer et mettre fin à la corruption. Et elle est convaincue de la réussite.

Citant une étude suisse explosive de 2011, publiée dans le Journal PLoS ONE sur le " réseau de contrôle de la société mondiale", Hudes a souligné qu'un petit groupe d'entités - principalement des institutions financières et en particulier les banques centrales - exerce une énorme influence sur l'économie internationale dans les coulisses . " Ce qui se passe réellement , c'est que les ressources de la planète sont dominées par ce groupe", at-elle expliqué , ajoutant que les " accapareurs de pouvoir corrompu" ont réussi à dominer aussi les médias. «Ils sont autorisés à le faire. "

Auparavant , j'ai écrit au sujet de l'étude suisse que Hudes mentionne . Elle a été réalisée par une équipe de chercheurs de l'Institut fédéral suisse de technologie à Zurich , en Suisse. Ils ont étudié les relations entre les 37 millions d' entreprises et investisseurs du monde entier , et ce qu'ils ont découvert , c'est qu'il ya une « super- entité» de seulement 147 méga- corporations étroitement liées qui contrôlent 40 pour cent de l' ensemble de l'économie mondiale ...

Lorsque l'équipe a démêlé plus avant le réseau des détenteurs, elle a trouvé la plupart des éléments lui permettant de remonter jusqu'à une « super- entité» de 147 entreprises encore plus étroitement liées - tous leurs biens étant détenus par d'autres membres de la super-entité- qui contrôle 40 pour cent de l'ensemble du réseau », explique Glattfelder . La plupart étaient des institutions financières. Le top 20 inclue Barclays Bank , JPMorgan Chase & Co et le groupe Goldman Sachs .

Mais l'élite mondiale ne se contente pas de contrôler ces méga-entreprises. Selon Hudes, elle domine également les organisations non élues, qui n'ont pas de compte à rendre, et qui contrôlent les finances de presque tous les pays de la planète. La Banque mondiale , le FMI et les banques centrales comme la Réserve fédérale contrôlent littéralement la création et la circulation de l'argent dans le monde entier .

Au sommet de ce système se trouve la Banque des règlements internationaux. C'est la banque centrale des banques centrales , et affichée ci-dessous une vidéo où vous pouvez regarder Hudes disant à Greg Hunter de USAWatchdog.com ce qui suit ...

«Nous n'avons pas à attendre de qui que ce soit qu'il vire la Fed ou la Banque des règlements internationaux. . . Certains Etats ont déjà commencé à reconnaître argent et l'or , les métaux précieux , en tant que monnaie "


La plupart des gens n'ont jamais entendu parler de la Banque des règlements internationaux, mais c'est une organisation extrêmement importante. Dans un précédent article , j'ai décrit comment cette « banque centrale du monde » est littéralement à l'abri des lois de tous les gouvernements nationaux ...

Une organisation internationale extrêmement puissante, dont la plupart des gens n'ont jamais entendu parler, contrôle secrètement la masse monétaire du monde entier. Elle est appelée la Banque des règlements internationaux , et c'est la banque centrale des banques centrales . Elle est située à Bâle, en Suisse, mais elle a aussi des succursales à Hong Kong et à Mexico. Il s'agit essentiellement d' une banque centrale non élue , qui n'a pas de compte à rendre au monde, qui bénéficie de l'immunité complète de la fiscalité et de la législation nationale. Même Wikipedia admet qu '«elle n'a de compte à rendre à aucun gouvernement national. " La Banque des règlements internationaux a été utilisé pour blanchir de l'argent pour les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, mais ces jours-ci le but principal de la BRI est de guider et de diriger le centre planifiée du système financier mondial .

Aujourd'hui, 58 banques centrales mondiales appartiennent à la BRI , et elle a beaucoup plus de pouvoir sur la façon dont l'économie américaine ( ou toute autre économie , d'ailleurs) se portera au cours de la prochaine année que n'importe quel politicien. Tous les deux mois , les banquiers centraux du monde entier se réunissent à Bâle pour une «Réunion sur l'économie mondiale " . Au cours de ces réunions , des décisions sont prises qui affectent chaque homme, femme et enfant sur la planète, et pourtant, aucun d'entre nous n'a son mot à dire dans ce qui se passe . La Banque des Règlements Internationaux est une organisation qui a été fondée par l'élite mondiale, elle fonctionne pour le bénéfice de l'élite mondiale , et elle est destinée à être l'une des pierres angulaires du système économique mondial naissant .

Ce système n'est pas venu à l'existence par accident. En fait, l'élite mondiale a mis au point ce système depuis très longtemps . Dans un précédent article intitulé « Qui dirige le monde? Preuve qu'un noyau solide d' élitistes riches tire les ficelles », j'ai inclus une citation de Georgetown University , professeur d'histoire Carroll Quigley tirée d'un livre qu'il a écrit déjà en 1966, dans lequel il discutait des grands projets que l'élite avait pour la Banque des règlements internationaux ...

Les puissances du capitalisme financier avaient un autre but de grande envergure , rien de moins que de créer un système mondial de contrôle financier dans des mains privées capables de dominer le système politique de chaque pays et l'économie du monde dans son ensemble.

Ce système devait être contrôlé de manière féodale par les banques centrales du monde agissant de concert, par des accords secrets obtenus dans des réunions privées fréquentes et des conférences. Le sommet du système devait être la Banque des règlements internationaux à Bâle , en Suisse, une banque privée possédée et contrôlée par les banques centrales du monde qui étaient elles-mêmes des sociétés privées .

Et c'est exactement ce que nous avons aujourd'hui.

Nous avons un système de «néo - féodalisme » dans lequel chacun d'entre nous et nos gouvernements nationaux sont asservis à la dette. Ce système est régi par les banques centrales et la Banque des règlements internationaux, et il transfère systématiquement les richesses du monde de nos mains entre les mains de l'élite mondiale .

Mais la plupart des gens n'ont aucune idée de ce que tout cela se passe parce que l'élite mondiale contrôle aussi ce que nous voyons, entendons et pensons. Aujourd'hui, il ya seulement six sociétés de médias géants qui contrôlent plus de 90 pour cent des nouvelles et des divertissements que vous regardez sur votre téléviseur aux États-Unis .


Crise systémique 2013 : l’imminente plongée en récession de la planète

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Malgré une sensation de calme relatif relayée à la fois par les médias et par des marchés financiers américains et japonais volant de records en records, l’économie mondiale ralentit sérieusement et une récession généralisée se profile.


Les différents acteurs en ont pleinement conscience et, face aux enjeux d’une rechute imminente, les pays ou régions mettent en place diverses stratégies pour tenter d’en minimiser les conséquences. Quand certaines semblent dictées par le désespoir ou les solutions de la dernière chance, d’autres au contraire témoignent d’une réelle adaptation aux transformations actuelles du monde. Et sans surprise, dans la première catégorie nous retrouverons les « puissances du monde d’avant » qui n’ont plus de réelles options.

Plan de l’article complet :
1. Récession mondiale en vue
2. Le commerce douteux des banques
3. Paradis ou enfers fiscaux
4. Néoprotectionnisme entre blocs régionaux
5. La stratégie en or des émergents
6. Dernière cartouches de la Fed
7. Euroland : Gouvernements d’union nationale et BCE à a rescousse
8. Risques à la hauteur des stratégies

Nous présentons dans ce communiqué public les chapitres 1, 2 et 5.

Récession mondiale en vue

Plusieurs signaux montrent en effet qu’un retournement de conjoncture est imminent. À vrai dire le terme « retournement » n’est pas très adapté puisque l’économie réelle ne s’est jamais vraiment remise du choc de 2008 : c’est donc plutôt à une aggravation que nous allons assister.

Les indices pour cela ne manquent pas. L’Europe est déjà en récession. Les exportations de la Chine, souvent considérée comme « l’atelier du monde », sont en forte baisse (figure ci-dessous) et ses indicateurs se contractent ou ralentissent dangereusement (1) avec en outre une importante bulle du crédit (2).

Exportations chinoises vers différents pays. Rouge : contraction sur un an, vert : expansion. Source : Bloomberg (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

L’Australie, bon indicateur de la santé de l’économie mondiale par son exposition aux matières premières, s’essouffle (3). Les consommateurs eux aussi marquent le pas. Les ventes en gros (4) ou en détail aux États-Unis sont en baisse.

Ventes au détail aux États-Unis. Orange : ventes d’habits, gris : marchandise générale. Source : Bloomberg (cliquer sur le graphique pour l’agrandir)

La plupart des indicateurs américains virent au rouge, comme par exemple l’indice Chicago PMI (5), de même que l’indicateur mondial de Goldman Sachs (figure ci-dessous).

En deux mots, une récession mondiale est en vue (6). Pour se prémunir de son impact, les différents acteurs, à commencer par les banques, usent de différentes stratégies que nous allons analyser.

Le douteux commerce des banques

Il va sans dire que le milieu financier n’est guère un modèle de transparence. Mais entre JPMorgan ou Bank of America qui ont « miraculeusement » réussi à n’avoir aucun jour de perte dans leur activité de trading au premier trimestre (7), ou encore les réserves d’or de JPMorgan qui se sont mystérieusement vidées (8) alors que par une drôle de coïncidence on a assisté à un krach sur le cours de l’or mi-avril, sans compter les diverses manipulations auxquelles se prêtent les banques au premier rang desquelles encore JPMorgan (9) et bien d’autres (10), ces opérations louches passent de moins en moins inaperçues.

Indicateur de l’économie mondiale de Goldman Sachs – Global Leading Indicator (GLI), croissance et accélération. Source : Goldman Sachs (cliquer sur le graphique pour l’agrandir)

Néanmoins, toutes les banques savent qu’une nouvelle tempête se profile et usent des moyens à leur disposition (plus ou moins légaux) pour se mettre à l’abri, et tous les coups sont permis, y compris entre les établissements eux-mêmes. C’est à cette aune qu’il faut lire les bilans mirifiques des différentes banques au premier trimestre permettant d’attirer les investisseurs ou tout au moins de repousser la débâcle, ou le minikrach du cours de l’or mi-avril vraisemblablement causé par un ou plusieurs de ces établissements financiers.

Ces âpres batailles en pleine tourmente économique laisseront des traces et les banques les plus faibles ou les plus touchées ne sortiront pas indemnes de la tempête. D’autant que les centres financiers font maintenant face à un nouvel adversaire, les États.

La stratégie en or des émergents

Quand certains pays doivent protéger leur économie pour survivre, aller chercher des recettes fiscales dans les paradis fiscaux, et en même temps laisser paradoxalement leurs banques utiliser des méthodes peu orthodoxes pour éviter la faillite, d’autres ont choisi de miser sur l’or. Alors que l’or-papier a connu un krach effrayant mi-avril, la demande pour l’or physique n’a jamais été aussi grande, ce qui confirme le découplage complet entre le marché de l’or papier et celui de l’or physique. Qu’arrive-t-il lorsque tout le monde s’aperçoit que les papiers de possession d’or n’ont aucune contrepartie physique ? Lorsque le contrat de propriété d’un lingot ne peut être honoré ? Le papier en question n’a plus de valeur. Il faut donc s’attendre à d’autres mouvements violents sur le cours de l’or papier. C’est pourquoi certains courtiers n’autorisent plus aucun levier pour les positions sur l’or papier (11). Ce découplage montre également que de gros problèmes sont à venir car la confiance est maintenant ébranlée.

Néanmoins, l’or physique a pour sa part de beaux jours devant lui. La Chine l’a bien compris et achète de l’or en masse (12).

Importations d’or par la Chine via Hong-Kong, 2012 et 2013 (en tonnes). Source : HK census and statistics department (cliquer sur le graphique pour l’agrandir)

Cette forte demande n’est pas anodine : elle révèle d’une part la stratégie de sortie du dollar de la Chine, d’autre part la volonté du pays de se protéger d’un choc à venir, et enfin l’anticipation que la possession d’or doit accompagner l’internationalisation du yuan. En effet, la possession d’or permet de crédibiliser le yuan au plan international, sans parler de l’hypothèse où l’or ferait partie intégrante d’un nouveau système monétaire international.

Car c’est la stratégie des BRICS : construire petit à petit un système mondial où ils seraient plus représentés, notamment en se passant du dollar et en utilisant leurs propres monnaies pour le commerce. Et par étapes, ce mouvement qui peut paraître lent mais qui en réalité est extrêmement rapide à l’échelle des changements à réaliser, permet de déplacer le centre de gravité mondial, et les émergents deviennent de plus en plus incontournables dans la marche du monde. C’est l’essence même de la « crise systémique globale » décrite et anticipée étape après étape par le LEAP depuis 7 ans.

Évidemment, ce mouvement n’est possible qu’avec son corollaire : la perte d’influence de l’Occident et en particulier des États-Unis.

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Notes :

(1) « Le secteur non-manufacturier se contracte en avril » (source PeopleDaily, 04 mai 2013), « baisse de l’IDA du secteur manufacturier en avril » (source PeopleDaily, 02 mai 2013), etc.

(2) Sources : Epoch Times (01 mai 2013), CNBC (26 avril 2013).

(3) Source : Atlantico, 10 mai 2013.

(4) Source : CNBC, 09 mai 2013.

(5) Source : ISM-Chicago, 30 avril 2013.

(6) Pour d’autres signaux allant dans ce sens, lire par exemple ZeroHedge (08 mai 2013).

(7) Source : ZeroHedge, 08 mai 2013.

(8) Source : ZeroHedge, 08 mai 2013.

(9) La banque est poursuivie par l’État de Californie (source : New York Times, 09 mai 2013) et bientôt par la FERC (source : Financial Times, 08 mai 2013) qui a dans son collimateur le département de matières premières dirigé par Blythe Masters. À en croire CNBC (03 mai 2013), cette affaire ressemble à un petit règlement de comptes entre amis…

(10) Par exemple la Deutsche Bank (source : Bloomberg, 28 mars 2013), RBS (source : Telegraph, 03 avril 2013), etc.

(11) Source : ZeroHedge, 02 mai 2013.

(12) Sources : Caixin (10 mai 2013) et PeopleDaily (03 mai 2013).

LEAP

17 octobre 2011

Crise systémique globale - Quatrième trimestre 2011


crise systemic gmobale 2012 rusty jamesComme anticipé par LEAP/E2020 depuis Novembre 2010, et répété à plusieurs reprises jusqu'en Juin 2011, le second semestre de 2011 a bien débuté par une rechute brutale et majeure de la crise. Près de 10.000 milliards USD des 15.000 milliards d'actifs-fantômes annoncés dans le GEAB N°56 sont déjà partis en fumée. Le reste (et probablement beaucoup plus) va s'évanouir au cours du quatrième trimestre de 2011 qui sera marqué par ce que notre équipe appelle « la fusion implosive des actifs financiers mondiaux ». Ce sont les deux principaux centres financiers mondiaux, Wall Street à New York et la City de Londres, qui vont être les « réacteurs privilégiés » de cette fusion. Et, comme prévu par LEAP/E2020 depuis plusieurs mois, c'est la solution des problèmes de la dette publique de certains Etats de l'Euroland qui va permettre à cette réaction d'atteindre sa masse critique, après laquelle plus rien n'est contrôlable ; mais c'est aux Etats-Unis que se trouve l'essentiel du carburant qui va alimenter la réaction et la transformer en choc planétaire réel (1). Depuis Juillet 2011 nous n'avons fait qu'entamer le processus qui conduit à cette situation : le pire est donc devant nous et très proche !

Dans ce communiqué public du GEAB N°57, nous avons choisi d'aborder très directement l'immense opération de manipulation qui est organisée autour de la crise grecque et de l'Euro (2), tout en décrivant son lien direct avec le processus de fusion implosive des actifs financiers mondiaux. Par ailleurs, dans ce GEAB N°57, LEAP/E2020 présente ses anticipations du marché de l'or pour la période 2012-2014 ainsi que ses analyses sur le néo-protectionnisme qui va se mettre en place à partir de la fin 2012. Outre nos recommandations mensuelles sur la Suisse et le Franc suisse, les devises, l’immobilier et les marchés financiers, nous présentons également nos conseils stratégiques adressés aux dirigeants du G20 à moins de deux mois du sommet du G20 qui se tiendra à Cannes.

 

Evolution de l’indice de production économique US (1974-2011) (en grisé : récessions ; ligne pointillée bleue : niveau d’alerte à la récession ; en bleu : indice de production économique et en rouge, la projection pour les 3° et 4° trimestres 2011) - Source : Streetalk/Mauldin, 08/2011
Evolution de l’indice de production économique US (1974-2011) (en grisé : récessions ; ligne pointillée bleue : niveau d’alerte à la récession ; en bleu : indice de production économique et en rouge, la projection pour les 3° et 4° trimestres 2011) - Source : Streetalk/Mauldin, 08/2011
Crise grecque et Euro : état des lieux de la vaste opération de manipulation en cours

Mais, revenons donc à la Grèce et ce qui commence à être un « antique scénario très répétitif (3)», dont nous avons déjà expliqué qu'il revenait sur le devant de la scène médiatique chaque fois que Washington et Londres entraient dans de graves difficultés (4). D'ailleurs, comme par hasard, l'été a été catastrophique pour les Etats-Unis qui sont désormais entrés en récession (5), qui ont vu leur note financière dégradée (un événement jugé impensable par la totalité des « experts » il y a seulement six mois) et qui ont exposé au monde étonné l'état de paralysie générale de leur système politique (6), tout en étant incapables de mettre en place la moindre mesure sérieuse de réduction de leurs déficits (7). Parallèlement, le Royaume-Uni s'enfonce dans la dépression (8) avec des émeutes d'une rare violence, une politique d'austérité qui échoue à maîtriser les déficits budgétaires (9) tout en plongeant le pays dans une crise sociale sans précédent (10) et une coalition au pouvoir qui ne sait même plus pourquoi elle gouverne ensemble sur fond du scandale des collusions entre dirigeants politiques et l'empire Murdoch. Aucun doute, avec un tel contexte, tout était mûr pour une relance médiatique de la crise grecque et de son corollaire, la fin de l'Euro !

Si LEAP/E2020 devait résumer le scénario « façon Hollywood » ou « FoxNews » (11), on aurait le synopsis suivant : « Pendant que l'iceberg US est en train de percuter le Titanic, l'équipage entraîne les passagers à la recherche de dangereux terroristes grecs qui auraient posé des bombes à bord ! » En terme de propagande, la recette est connue : elle consiste à faire diversion pour permettre d'abord de sauver les passagers qu'on veut (les élites informées qui savent très bien qu'il n'y a pas de terroristes grecs à bord) puisque tout le monde ne pourra pas être sauvé ; et ensuite, de masquer le plus longtemps possible la vraie nature du problème pour éviter une révolte à bord (y compris d'une partie de l'équipage qui croit sincèrement qu'il y a bien des bombes à bord).

Pour se concentrer sur le fond, on doit souligner que les « promoteurs » d'une crise grecque qui serait une crise fatale pour l'Euro passent leur temps à répéter cela depuis maintenant près de deux ans sans que quoique ce soit de leurs prévisions ne se réalise (12) (mis à part continuer à parler du sujet). Les faits sont têtus : malgré ce déchaînement médiatique qui aurait emporté nombre d'économies ou de monnaies (13), l'Euro est stable, l'Euroland a fait des bonds de géant en matière d'intégration (14) et s'apprête à franchir de nouvelles étapes encore plus spectaculaires (15), les pays émergents continuent à se diversifier hors des Bons du Trésor US et à acheter des dettes de l'Euroland, et la sortie de la Grèce de la zone Euro est toujours totalement inenvisageable hormis dans les articles de médias anglo-saxons dont les auteurs n'ont en général pas la moindre idée du fonctionnement de l'UE et encore moins des tendances fortes qui l'animent.

Maintenant notre équipe ne peut rien faire pour ceux qui veulent continuer à perdre de l'argent en pariant sur un effondrement de l'Euro (16), une parité Euro-Dollar, ou une sortie de la Grèce de l'Euroland (17). Les mêmes ont dû dépenser beaucoup d'argent pour se prémunir contre la soi-disant « épidémie mondiale de grippe H1N1 » qu'experts, politiciens et médias en tout genre ont « vendu » pendant des mois aux populations mondiales et s'est avérée être une énorme mascarade alimentée en partie par les laboratoires pharmaceutiques et des cliques d'experts à leurs ordres (18). Le reste, comme toujours, est auto-alimenté par le manque de réflexion (19), le sensationnalisme et le conformisme des médias dominants. Dans le cas de la crise Euro-grecque, le scénario est analogue, avec Wall Street et la City dans le rôle des laboratoires pharmaceutiques (20).

 

Comparaison des données économiques Euroland-USA (2010) (Etat de la dette, chômage, croissance, balance des paiements) - Source : Spiegel, 07/2011
Comparaison des données économiques Euroland-USA (2010) (Etat de la dette, chômage, croissance, balance des paiements) - Source : Spiegel, 07/2011
Quand Wall Street et la City paniquent devant les solutions qu’est en train d’inventer l’Euroland

Nous rappelons en effet, que ce qui affole Wall Street et la City, ce sont les enseignements que sont en train de tirer les dirigeants et les peuples de l'Euroland de ces trois années de crise et des solutions inefficaces qui y ont été apportées. La nature de l'Euroland crée un espace de discussion sans équivalent au sein des élites et des opinions publiques américaines et britanniques. Et c'est bien ce qui gêne Wall Street et la City, qui systématiquement cherchent à tuer cet espace de discussion, soit en essayant de le plonger dans l'affolement avec des annonces sur la fin de l'Euro par exemple ; soit en le réduisant à une perte de temps et en en faisant une preuve d'inefficacité de l'Euroland, d'inaptitude à résoudre la crise. Ce qui est un comble compte tenu de la paralysie complète prévalant à Washington.

Pourtant, c'est bien cet espace de discussion qui permet aux Eurolandais d'avancer sur le chemin d'une solution durable à la crise actuelle. Cet espace de discussion fait partie intégrante de la construction européenne où des visions contradictoires des méthodes et des solutions s'affrontent avant in fine de s'entendre sur un compromis (et c'est toujours le cas comme le prouvent les décisions très importantes prises depuis Mai 2010). Il élargit ainsi le débat à une multitude d'acteurs, venus de 17 pays différents, de plusieurs institutions communes, et il s'ancre dans les débats de dix-sept opinions publiques (21). Or, c'est de la confrontation des idées que jaillit la lumière : de la confrontation brutale des idées, le philosophe grec Héraclite disait, il y a 2 500 ans, "de quelques-uns elle a fait des dieux de quelques-uns des hommes ; des uns des esclaves, des autres des hommes libres". Or les citoyens de l'Euroland refusent que cette crise les transforme en esclave et c'est pour cela que les débats intra-européens actuels sont nécessaires et utiles. En trois ans, entre 2008 et 2011, ils ont notamment permis deux choses essentielles pour l'avenir :

. ils ont relancé l'intégration européenne autour de l'Euroland et l'ont placé désormais sur une trajectoire d'intégration accélérée. Notre équipe anticipe désormais une forte relance de l'Europe politique à partir de la fin 2012 (analogue à celle des années 1984-1985) avec notamment un traité d'intégration politique de l'Euroland qui sera soumis à un référendum trans-Euroland d'ici 2015 (22).

. ils ont permis l'émergence progressive de deux idées simples mais très fortes : sauver les banques privées ne sert à rien pour résoudre la crise et il est nécessaire que les marchés (c'est-à-dire essentiellement les grands opérateurs financiers de Wall Street et de la City) assument intégralement leurs risques, sans plus de garantie de la part des Etats. Aujourd'hui, ces deux idées sont au cœur du débat eurolandais, aussi bien dans l'opinion publique que dans les élites … et elles gagnent chaque jour du terrain. C'est cela qui provoque la peur de Wall Street et de la City et des grands opérateurs financiers privés. C'est cela qui est la mèche déjà bien consommée qui va déclencher la fusion implosive des actifs financiers mondiaux au quatrième semestre (bien entendu dans le contexte dominant de la récession US et de l'incapacité de réduire les déficits publics). Si les marchés commencent à anticiper une décote de 50% des titres grecs ou espagnols, c'est qu'ils sentent bien la direction que prennent les événements dans l'Euroland. Pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que les esprits sont mûrs, un peu partout dans l'Euroland, pour s'orienter vers une mise à contribution de 50%, voire plus, des créanciers privés pour résoudre les futurs problèmes d'endettement public. C'est un problème pour les banques européennes sans aucun doute, mais il sera géré pour garantir les épargnants. Les actionnaires eux vont devoir assumer pleinement leur responsabilité : c'est bien d'ailleurs le fondement du capitalisme !

Wall Street et la City, et leurs relais médiatiques, voudraient désespérément que ce débat n'ait pas lieu, qu'il soit clôt par la panique, que les gouvernants soient obligés d'écouter leurs « experts » qui leur assurent que le seul moyen est de continuer à recapitaliser les banques, à les inonder de liquidités (23) … comme c'est le cas à Washington et Londres. Deux pays où ces mêmes établissements financiers font la pluie et le beau temps dans les gouvernements.

D'ailleurs le combat fait rage autour de la BCE comme nous l'avions mentionné dans un GEAB précédent : la nomination de Mario Draghi, ancien de Goldman Sachs, la démission de Jurgend Stark (24), … ressortent de ces tentatives de mettre Francfort sous la même tutelle que Londres et Washington. Mais, elles sont condamnées d'avance du fait même de cet espace ouvert, structurellement inscrit dans la construction européenne, où les discussions sont nourries par l'échec des politiques de 2008 et l'irruption croissante des opinions publiques dans le débat. « Chi va piano va sano e va lontano » (25) disent les Italiens. Cette crise est d'ampleur historique comme nous le rappelons depuis Février 2006. Les mesures à prendre pour la traverser au mieux et en sortir plus fort (des hommes libres et non pas des esclaves pour reprendre Héraclite) exigent donc des débats sérieux et profonds (26) … donc du temps. Et le temps pris par les Eurolandais, c'est de l'argent perdu pour les marchés … ce qui explique leurs craintes. LEAP/E2020 pense bien entendu qu'il faut aussi agir et nous avons souligné dès Mai 2010 que les actions entreprises dans l'Euroland étaient d'une ampleur sans précédent dans l'histoire européenne récente. Et nous estimons qu'il faut laisser le temps au second plan d'aide à la Grèce de se mettre en œuvre. Pour le reste, nous savons aussi que les dirigeants actuels sont pour la plupart en « fin de course » et qu'il faut attendre la mi-2012 pour assister à une nouvelle accélération majeure de l'intégration de l'Euroland (27).

Pendant ce temps, avec 340 Milliards USD à trouver en 2012 (28) pour se refinancer, les banques européennes et américaines vont continuer à s’entre-tuer tout en essayant de maintenir la situation pré-crise qui leur assurait un soutien illimité des banques centrales. Pour l’Euroland, ils risquent d’avoir une très mauvaise surprise.

 

Evolution comparée de l’indice de la Réserve de Philadelphie et de la production industrielle US (2002-2011) - Sources : Philadelphia Fed, MarketWatch, 08/2011
Evolution comparée de l’indice de la Réserve de Philadelphie et de la production industrielle US (2002-2011) - Sources : Philadelphia Fed, MarketWatch, 08/2011
Le quatrième trimestre 2011 marque la fin des deux paradigmes-clés du monde d'avant la crise

La fusion implosive du quatrième trimestre va ainsi directement résulter de la rencontre entre deux nouvelles réalités qui contredisent deux conditions fondamentales d'existence du monde d'avant la crise :

. l'une, née en Europe, consiste à rejeter désormais l'idée que les opérateurs financiers privés, dont Wall Street et la City sont l'incarnation par excellence, ne sont pas pleinement responsables des risques qu'ils prennent. Or, depuis plusieurs décennies, c'était l'idée dominante qui a alimenté le formidable développement de l'économie financière : « Pile je gagne, face tu me renfloues ». L'existence même des grandes banques et assurances occidentales est devenue intrinsèquement liée à cette certitude. Les bilans des grands acteurs de Wall Street et de la City (et de nombreuses grandes banques de l'Euroland et du Japon) sont incapables de résister à ce formidable changement de paradigme (29).

. l'autre, générée aux Etats-Unis, est la fin avérée du moteur US de la croissance mondiale (30) sur fond de paralysie politique complète du pays qui de facto va terminer l'année 2011 comme la Grèce a terminé l'année 2009 : le monde découvre peu-à-peu que le pays a une dette qu'il n'est plus capable d'assumer, que ses créanciers ne veulent plus prêter et que son économie est incapable de faire face à une austérité significative sans plonger dans une profonde dépression (31). D'une certaine manière, l'analogie peut aller plus loin : tout comme l'UE et les banques, de 1982 à 2009, ont prêté à la Grèce sans compter … et sans lui demander sérieusement des comptes, sur la même période, le monde a prêté sans compter aux Etats-Unis en croyant sur parole ses dirigeants quant à l'état de l'économie et des finances du pays. Et dans les deux cas, l'argent a été gaspillé dans des booms immobiliers sans avenir, dans des politiques de clientélisme dispendieuses (aux Etats-Unis, le clientélisme, c'est Wall Street, l'industrie pétrolière, les opérateurs de santé), dans des dépenses militaires improductives. Et dans les deux cas, tout le monde découvre qu’on ne peut pas en quelques trimestres réparer des décennies d’inconscience.

Le « perfect storm » politico-financier US de Novembre 2011

Ainsi, en Novembre 2011 les Etats-Unis se préparent un « perfect storm » politico-financier qui fera ressembler les problèmes de l’été à une légère brise de mer. Les six éléments de la future crise sont déjà réunis (32) :

. le « supercomité » (33) chargé de décider des coupes budgétaires pour lesquels il n’y a eu aucun accord cet été s’avèrera incapable de résoudre les tensions entre les deux partis (34)

. l’automatisme des coupes budgétaires censé se mettre en place faute d’accord entraînera une crise politique majeure à Washington et des tensions croissantes notamment avec les militaires et les bénéficiaires des aides sociales. Dans le même temps, cet « automatisme » (une véritable abdication du pouvoir décisionnel par le Congrès et la Présidence des Etats-Unis) génèrera des troubles majeurs dans le fonctionnement de l’appareil d’Etat.

. les autres grandes agences de notation rejoindront S&P dans la dégradation de la note US et la diversification hors des Bons du Trésor US s’accélèrera, sachant que les Etats-Unis dépendent désormais essentiellement de financements à court terme (35)

. l’incapacité de la Fed à faire autre chose que parler et à manipuler les bourses ou les prix de l’essence aux Etats-Unis (36), rend désormais impossible tout « sauvetage » de dernière minute

. au cours des trois mois à venir, le déficit public US va s’accroître considérablement car les revenus fiscaux sont actuellement déjà en train de s’effondrer sous l’effet de la rechute en récession (37). Autant dire que le plafond d’endettement accru voté il y a quelques semaines sera atteint largement avant les élections de Novembre 2012 (38) … et c’est une information qui va se répandre comme une traînée de poudre dès le quatrième trimestre 2011 … renforçant toutes les craintes des investisseurs de voir les Etats-Unis suivre l’exemple de l’Euroland pour la Grèce et obliger leurs créanciers à assumer de lourdes pertes

. le nouveau plan de Barack Obama en matière de lutte contre le chômage n’aura aucun effet significatif. D’une part, il n’est pas à la hauteur du défi et ne peut pas de ce fait mobiliser les énergies du pays ; et d’autre part, il va être taillé en pièces par les Républicains qui ne conserveront que les réductions d’impôts … dont le seul résultat sera d’accroître encore plus l’endettement du pays (39).

 

Connections des membres du super-comité US sur la dette avec les lobbyistes de Washington - Source : Washington Post, 09/2011
Connections des membres du super-comité US sur la dette avec les lobbyistes de Washington - Source : Washington Post, 09/2011
Pour LEAP/E2020, c'est donc la conjonction de tous ces éléments fin 2011 qui va déclencher ce grand choc financier … une sorte de choc ultime projetant définitivement la planète hors du monde d'avant la crise. Mais il restera à construire le monde d'après car plusieurs avenirs sont possibles, à partir de 2012. Comme l'anticipe Franck Biancheri dans son livre, la période 2012-2016 constitue un carrefour historique. Il faudra essayer de ne pas se tromper de chemin (40) !


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Notes:

(1) Pour l'instant, et comme nous le répétons depuis plusieurs trimestres, l'hystérie médiatique et financière autour de la crise grecque appartient essentiellement au domaine de la propagande et de la manipulation. Pour s'en rendre compte, il suffit de constater que, hors de la Grèce, aucun citoyen de l'Euroland ne se rendrait compte qu'il y a une crise en Grèce si les médias ne faisaient pas régulièrement leurs titres sur ce sujet. Alors qu'aux Etats-Unis, les ravages quotidiens de la crise n'ont pas besoin de couverture médiatique pour être ressentis durement par des dizaines de millions d'Américains.

(2) Car elle vise à brouiller et manipuler la perception de la réalité alors que notre travail vise au contraire à essayer de dévoiler cette même réalité.

(3) Tous les 3 ou 4 mois, on a une « bouffée » de crise grecque/fin de l'Euro, qui s'évanouit aussi vite qu'elle est arrivée quand tout le monde constate qu'in fine il ne se passe rien d'autre que la poursuite du processus tortueux de décision de l'Euroland et de la lente sortie de la Grèce de son « trou noir budgétaire ». Les déclencheurs varient bien entendu car sinon le public ne marcherait plus : un trimestre on va utiliser « la révolte des Grecs contre l'austérité » pour expliquer que tout va s'enflammer … y compris l'Euro (les enchaînements qui conduisent d'Athènes à l'ensemble de l'Euroland sont toujours très vagues ou simplistes, mais peu importe puisque les journalistes ne se posent pas de questions) ; le trimestre suivant, comme cet été par exemple, on utilisera une chute des bourses mondiales pour désigner un coupable …. la Grèce … mille fois plus importante bien entendu que des événements aussi insignifiants que l'entrée des USA en récession ou la dégradation de la note US ! Et ainsi de suite. Les dieux grecs sont décidément toujours bien vivants et très puissants pour parvenir à faire trembler le monde de cette manière.

(4) Voir cet extrait du GEAB N°51

(5) Sources : MarketWatch, 14/09/2011 ; New York Times, 13/09/2011 ; USAToday, 07/09/2011 ; La Tribune, 05/09/2011 ; Mish’s, 29/08/2011 ; USAToday, 29/08/2011 ; CNBC, 17/06/2011

(6) Cela n'a pas dû surprendre les lecteurs du GEAB, puisque dans le GEAB N°49 de Novembre 2010, nous avions anticipé « la paralysie politique générale et l'entrée des USA dans l'austérité en 2011 ».

(7) Pour se détendre sur un sujet sérieux, on peut regarder ce clip de rap au thème très politique « Augmente le plafond de la dette ». Source : Telegraph, 29/07/2011

(8) Source : Telegraph, 31/08/2011

(9) Ainsi, en cumulant dette privée et publique, le Royaume-Uni est le pays le plus endetté au monde. Source : Arabian Money, 28/08/2011

(10) Les associations humanitaires et sociales du pays luttent actuellement pour leur survie financière faute de dons et subventions. Source : Guardian, 02/08/2011

(11) Les deux traitent l'information à peu près de la même manière.

(12) Même la Suisse « peg » sa devise à l’Euro désormais. Ce qui devrait faire réfléchir les Eurosceptiques comme le titre le Spiegel du 07/09/2011

(13) Imaginez l'état du Dollar ou de la Livre si les médias et experts consacraient la même énergie à décrire et fantasmer tous les problèmes des Etats-Unis ou du Royaume-Uni. Si par exemple, on tirait pour la Grande-Bretagne lors des émeutes de l'été, le même type de conclusions que celles tirées pour de bien sages manifestations grecques (comparées à la violence anglaise).

(14) Ainsi, l’UE augmente significativement son budget pour la recherche alors que les restrictions se multiplient aux Etats-Unis. Source : Nature, 05/07/2011

(15) Même le Wall Street Journal du 12/09/2011, peu suspect d’europhilie aigüe, reconnaît que l’Euroland s’apprête à passer une nouvelle étape d’intégration via un nouveau traité. Le Spiegel du 02/09/2011 confirme cette tendance.

(16) Comme l’explique clairement John Tammy dans Real Clear Markets du 25/08/2011 : « Le problème de l’Europe n’est vraiment pas l’Euro ».

(17) Nous soulignons à ce propos que l'anticipation politique, méthodologie sur laquelle sont fondés les travaux de LEAP/E2020, ne vise pas à se faire plaisir en prenant ses rêves (ou ses cauchemars) pour des réalités (approche idéologique par excellence), mais qu'elle est un instrument d'aide à la décision, bien ancré dans le monde réel. Et nous conseillons aux lecteurs de bien garder en mémoire un test très simple pour faire la différence entre les deux approches et déterminer ainsi quel degré de fiabilité accorder à une analyse sur l'évolution de la crise : les analyses passées ont-elles permis de prévoir justement et de manière régulière les développements de la crise ? Ou bien au contraire, rien ou presque de ce qui a été annoncé ne s'est réalisé ? Ensuite, à vous de choisir ce que vous voulez utiliser pour prendre vos décisions ; mais au moins le ferez-vous en connaissance de cause !

(18) A ce sujet, pour ce qui concerne la crise actuelle, LEAP/E2020 estime que la prise de conscience croissante, au sein des dirigeants et des opinions publiques de l'Euroland, du fait qu'il y a au minimum une opération de propagande venue d'outre-Manche et d'outre-Atlantique destinée à « casser la confiance dans l'Euro », va entraîner dans l'année à venir une révision radicale des références et de la crédibilité des journalistes et experts traitant de la crise. Car qui dit manipulation ou complot pour reprendre le mot de Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, organisme qui rassemble les patrons des grandes entreprises françaises, dit relais inconscients ou agents manipulateurs. Et l'Euroland qui se croyait, encore il y a peu, dans une grande fraternité avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni découvre que les choses sont beaucoup plus compliquées que cela. En 2012 nous estimons donc que nombre de médias de l'Euroland vont commencer à questionner l'objectivité, voire l'honnêteté, de journalistes formés quasi-exclusivement aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni et/ou dans des grands médias anglo-saxons en pointe en matière d'attaque contre l'Euro. France24, où la situation décrite ci-après est très fréquente, vient d'en fournir un exemple remarquable. Interviewant la présidente du MEDEF sur ses déclarations à propos d'un complot américain contre l'Euro (France24, 05/09/2011), la journaliste Stéphanie Antoine n'a eu de cesse de mettre en doute sans argument la position de Laurence Parisot, ajoutant des mines éloquentes pour montrer qu'elle ne croyait pas un mot de ce que disait son interlocutrice. Le CV de Stéphanie Antoine sur Wikipédia est clair : elle a travaillé à New York et Londres pour ABC, CNBC et Bloomberg. Comme Laurence Parisot accusait notamment les médias US, on comprend mieux l’absence d'objectivité de la journaliste sur ce sujet. Pour notre équipe, il est certain que les journalistes et experts dotés de ce type de références, essentiellement voire uniquement US et UK, vont être progressivement mis sur la touche au cours de l'année à venir, dans l'ensemble des grands médias de l'Euroland. Dans ce domaine aussi le monde d'avant est en train de disparaître.

(19) On en a un bon exemple avec l'interview de l'ancien ministre allemand des Finances Peer Steinbrück réalisée par deux journalistes du Spiegel le 12/09/2011. Le premier échange est éloquent : les journalistes commencent par affirmer que l'Euro ne peut pas être sauvé. L'ancien ministre leur demande d'où ils tiennent cette « vérité » et les journalistes se justifient en répétant un cliché véhiculé par les Eurosceptiques de tout bord depuis des années : « parce qu'en fait ça ne peut pas marcher car nos économies sont différentes ». Deux enseignements à tirer de cette exemple : les journalistes se positionnent en « experts » … c'est le politicien qu'ils interrogent qui est obligé de leur poser des questions sur la légitimité de leurs affirmations. Et en fait d'expertise, ils ne font que répéter des lieux communs sans aucune analyse du sujet qu'ils sont censés traiter. C'est hélas la situation dominante dans les médias européens depuis des mois sur ce sujet. A la décharge des journalistes, ils sont victimes de l'incapacité des dirigeants actuels de l'Euroland à présenter une vision de long terme. Ce simple fait permettrait de dissiper ce « brouillard de guerre » en une minute. Par ailleurs les commentaires de Peer Steinbrück sont très intéressants et décrivent, selon LEAP/E2020, assez fidèlement le processus des mois à venir.

(20) Et les Eurosceptiques de droite et de gauche à la manœuvre sur le continent européen, qui croient avoir trouvé la justification de leurs analyses même si elles sont démenties chaque jour pourtant par les faits et les progrès de l'intégration européenne. Ils seraient plus avisés de se concentrer sur la manière d'obtenir une démocratisation de la gouvernance de l'Euroland qui est en train de se mettre en place, plutôt que de rêver à leurs « lendemains qui chantent » et qui sont déjà tombés dans les oubliettes de l'Histoire.

(21) On peut lire ce très intéressant article repris de la Vanguardia par PressEurop du 08/09/2011 sur les deux manières d’être en crise, comparant l’Italie et l’Espagne.

(22) Nous reviendrons d'ici la fin 2011 sur l'anticipation détaillée de l'évolution de l'Euroland à l'horizon 2015 ; mais une chose est déjà certaine : Londres ne peut plus s'y opposer et on verra dans les prochaines semaines que le Royaume-Uni cherchera uniquement à négocier quelques avantages en échange de son inéluctable approbation à l'intégration accrue de l'Euroland. D’ailleurs, Londres ne peut plus s’offrir le moindre choc économique supplémentaire faute de voir l’économie britannique s’effondrer. Source : Telegraph, 15/09/2011

(23) La décision des banques centrales occidentales du 15/09/2011 de recommencer à inonder de Dollars les grandes banques n’aura pas plus d’effet durable que précédemment. Cela ne fait que confirmer la situation très fragile de tous ces établissements financiers … censés avoir passés des « stress tests » qui garantissaient leur solidité. Pour le reste, cela pousse les banques de la zone Euro à prêter en Euro : 2012 devrait voir cette situation s’imposer rapidement. Sources : MarketWatch, 15/09/2011 ; Les Echos, 12/09/2011

(24) Mais pas uniquement : avec Weber et Stark, on assiste aussi à la fin de la génération des « Bundesbankers » de la RFA. Leur vision des choses était certainement adaptée à la gestion de la banque centrale d'Allemagne de l'Ouest, mais les défis de la BCE pour les années à venir sont d'un autre ordre. La génération « Erasmus » des banquiers centraux doit maintenant prendre toute sa place. Et quelles que soit ses convictions, cette génération connaît l'importance stratégique du débat entre Européens avant de se lancer dans de grandes réformes. Entre l'urgence de la crise et le nécessaire débat de fond entre Européens, il est plus que temps de renouveler les élites allemandes et françaises en particulier puisqu'elles sont au cœur du processus : finies les certitudes « scientifiques » des experts/décideurs allemands et terminée l'arrogance brillante des technocrates/décideurs français. Des deux côtés, on a besoin de gens sachant travailler avec l'équipe Euroland : une qualité que tous les Eurolandais doivent garder en tête avant d'élire leurs prochains dirigeants.

(25) « Qui va lentement va sainement, et qui va sainement va loin »

(26) C'est d'ailleurs la grande évolution 2011 du débat sur la crise en Allemagne : finis les délires de 2010 sur le retour au Deutsche Mark, il existe désormais en Allemagne un débat réel et sérieux sur les meilleurs moyens de réussir la prochaine étape d'intégration de l'Euroland. Il est regrettable qu'en France un tel débat n'existe pas. Il faudra attendre l'élection du ou de la candidate socialiste en Mai 2012 pour pouvoir passer à cette étape. A ce moment-là, les deux pays pourront à nouveau jouer un vrai rôle moteur. Actuellement ils jouent surtout en position défensive : c'est nécessaire mais pas suffisant pour 2012.

(27) Cela dit les Eurobonds sont désormais à portée de main. Source : MarketWatch, 30/08/2011

(28) Source : International Financing Review, 02/09/2011

(29) Déjà les hedge funds sortent exsangues de l’été 2011. Source : Les Echos, 01/09/2011

(30) On peut lire cet article intéressant de The Nation du 19/07/2011 qui décrit le passage des Etats-Unis en 50 ans d’une prospérité de masse à une récession durable.

(31) Les ménages américains sont en effet encore plus endettés que leur gouvernement ! Sources : MSNBC, 09/09/2011 ; AlJazeera, 04/09/2011 ; Yahoo Finance, 28/07/2011

(32) Dans le prochain GEAB, notre équipe développera ses anticipations sur les Etats-Unis à l’horizon 2015.

(33) Source : Washington Post, 14/09/2011 ; The Hill, 08/09/2011

(34) Sources : Washington Post, 14/09/2011

(35) Sources : Financial Post, 01/09/2011 ; CNBC, 08/08/2011