Pourquoi veut-on nous faire croire que la déflation est le mal absolu ? (Ph. Herlin)

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 de Simone Wapler, qui souligne avec raison que l’inflation fait le bonheur des banques et de l’industrie financière en général. Politiciens, banquiers, financiers – toujours cette même connivence de l’oligarchie au pouvoir. Ne cherchez pas plus loin l’origine de ce battage médiatique "pro-inflation". Pourquoi la majorité des économistes soutiennent-ils qu’une “petite inflation” est bonne pour l’économie et par conséquent pour nous alors que c’est l’inverse ? Nous avons régulièrement droit à des apologies de l’inflation et des pamphlets contre la déflation.

Olivier Blanchard, chef économiste du Fonds monétaire international sur la déflation au Portugal et en Espagne, le 10 mars 2014 :
D’un côté, cela améliorerait sans doute leur compétitivité et soutiendrait les exportations, de l’autre, cela augmenterait le taux d’intérêt réel et la valeur réelle de la dette et réduirait ainsi la demande intérieure“.

Le capitalisme honnête conduit à la déflation. Il a pour but de produire plus et mieux avec moins d’effort. En 1880, il fallait 1 800 heures de travail à un être humain pour produire sa ration annuelle de nourriture. Aujourd’hui 270 heures suffisent. Avant 1900, une automobile était un luxe extraordinaire, le privilège de très grands bourgeois et d’aristocrates fortunés. Aujourd’hui, un étudiant peut s’acheter un véhicule d’occasion en bon état grâce à ses petits boulots.

Ces extraordinaires avancées ont pu se produire en investissant dans des “biens de capitaux” : des moissonneuses-batteuses, des chaînes de production. Il s’agit d’une lente accumulation au fil du temps d’investissements toujours plus lourds, toujours plus complexes. Le capitalisme conduit à une baisse des prix. La déflation n’est pas un malheur, c’est un progrès.

"Au fait, pourquoi la déflation serait-elle une horreur intégrale ? Les journalistes, les économistes, les politiques, les présidents de banque centrale nous mettent tous en garde contre une baisse généralisée et durable des prix, ce serait l’apocalypse expliquent-ils. Cette unanimité est troublante, méfions-nous. Pourtant quand les prix baissent c’est sympa, on peut acheter plus ! Le prix des écrans plats baisse, ainsi que celui du matériel électronique en général, par moment le prix de l’essence reflue, et le ralentissement des pays émergents devrait calmer les cours des matières premières, faut-il s’en plaindre ? Pourquoi le consommateur devrait-il craindre une baisse des prix ?

 

Si, tout de même, il y a bien quelqu’un qui est angoissé par la baisse généralisée des prix : celui qui est très endetté. Sa dette, en effet, voit son poids relatif augmenter au fur et à mesure que les prix baissent, sa valeur nominale ne bouge pas mais elle devient proportionnellement plus lourde quand partout autour les prix refluent. Pour un surendetté, un recul prolongé des prix signe son arrêt de mort. Et qui est concerné ? Les pays industrialisés, les Etats-Unis, l’Europe et le Japon. Voici la véritable raison, les Etats surendettés. Ensuite ils "vendent" cette peur à tout le monde pour masquer le fait qu’ils en sont les seuls à en payer le prix.

On voit ensuite courir sur les plateaux de télévision des économistes qui nous expliquent que la baisse des prix entraîne automatiquement une récession, une chute du PIB. Pourquoi ? Parce que les consommateurs reportent leurs achats en attendant que les prix baissent encore… La bonne blague. Ces économistes possèdent donc la capacité de se retenir de s’alimenter, de s’éclairer, de se chauffer, de se déplacer pendant plusieurs mois de façon à bénéficier de la baisse des prix ? On applaudit la performance mais elle ne nous semble pas à la portée du commun des mortels.

Et pour les biens non nécessaires, comme les écrans plats par exemple ? Les premiers étaient effectivement très chers, mais les consommateurs s’en sont-ils détournés dans l’attente de prix plus raisonnables ? Nullement, au départ ceux qui bénéficiaient de revenus élevés s’en sont achetés, puis les prix ont baissés, élargissant ensuite le public potentiel, et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui où ils sont à  la portée d’à peu près tout le monde. Ce que l’on décrit là n’est rien d’autre que le processus de toutes les innovations technologiques, chères lors de leur lancement puis bon marché ensuite. Cette histoire de report des achats est une fable.

La monnaie-papier nous a habitués à l’inflation, mais comme Ron Paul le fait remarquer, durant l’étalon-or, aux Etats-Unis, les prix de gros ont chuté de 47% de 1879 à 1900 alors que la croissance économique moyenne atteignait près de 4% par an, preuve qu’il n’y a rien d’antinomique entre les deux. Mais, c’est vrai, à l’époque les gains de productivité n’étaient pas annulés par l’inflation provenant d’une création monétaire ex nihilo.

Ce n’est pas la déflation qui provoque la récession, c’est le contraire. Nos pays, en Europe, au Japon, et dans une moindre mesure aux Etats-Unis, ont perdu les clés de la croissance et la thrombose de nos économies se manifeste, entre autres, par une désinflation, puis une possible déflation. Les causes en sont multiples mais la principale est le poids démesuré du secteur public qui étouffe les entreprises. Et que comptent faire les Etats pour lutter contre la déflation ? Encore plus de planche à billets et de taux zéro, c’est-à-dire toujours plus de facilité pour financer leurs déficits et leur dette, et donc s’épargner toute remise en question. Ne tombons pas dans ce piège grossier".

Philippe Herlin, Goldbroker.com, http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2014/04/05/pourquoi-veut-on-nous-faire-croire-que-la-deflation-est-le-mal-absolu-ph-herlin/


Ce qu'il faut savoir sur le "shutdown" du gouvernement américain

 

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Amérique du Nord

Publié le 7/10/2013

Vous entendez parler du shutdown du gouvernement américain sans savoir ce qu'est cette suspension temporaire des activités fédérales ? Voici l'essentiel à savoir.

Par Pascal Dray.

À quoi correspond cette procédure du shutdown ?

Tout d’abord, il faut savoir que cette procédure a toujours été utilisée dans le cadre de stratégie dite politicienne. C’est soit le parti républicain, soit le parti démocrate qui déclenche cette procédure. Le Congrès aux États-Unis (à peu près l’équivalent de l’Assemblée nationale) est composé de la chambre des représentants et du sénat. Le Sénat est, lui, composé de 100 sénateurs et la chambre des représentants de 435 représentants.

"Le Congrès américain est chargé d'élaborer, de discuter et de voter les lois. Il exerce également un pouvoir sur le budget fédéral des États-Unis, le commerce et la défense du pays. Le Congrès peut soumettre des amendements à la Constitution. Il peut enfin lancer une procédure d'impeachment pour mettre en accusation le président ; un haut fonctionnaire ou un juge. Le Sénat américain représente les États et la politique nationale, alors que la Chambre s'occupe des problèmes de la vie quotidienne des citoyens. L'un n'est pas supérieur à l'autre. Les deux assemblées doivent travailler en coordination".

Dans le cadre de la procédure de "shut down" déclenchée le 1er  octobre 2013, il y a désaccord sur le financement de la loi dite Obamacare, une loi pour mettre en place aux États-Unis l’équivalent de notre Sécurité sociale. Les républicains soutiennent qu’il n’est pas possible de financer à ce jour la loi dite Obamacare et demandent de reporter son application et son financement en septembre 2014. Les républicains s’appuient sur la situation économique préoccupante du niveau d’endettement américain qui serait fortement alourdi si le financement de l’Obamacare était déclenché aujourd’hui.

Blocage budgétaire et services minimaux

Dans la pratique, les fonctionnaires fédéraux des services non régaliens sont priés de rester chez eux jusqu’au déblocage budgétaire. Les services de police, de justice et d’armée sont assurés, mais du fait d’un blocage dans le processus d’autorisations budgétaires les autres fonctionnaires ne doivent pas travailler.

Depuis 1960, 18 (17+1) procédures de "shut down" ont été déclenchées. La première a été déclenchée sous la présidence de G. Ford, président républicain en 1976. Le Congrès était majoritairement démocrate. Le président mit son véto à un programme lié au département du travail. Ce premier "shut down" s’étala du 30 septembre au 11 octobre. Sous Carter, démocrate avec un congrès démocrate, 5 procédures furent initiées. La plus longue dura 18 jours et concernait le programme Medicaid et le financement d’une centrale nucléaire.

Sous Reagan, républicain où le Sénat était républicain de 1981 à 1986, 9 procédures furent déclenchées. La plus longue dura trois jours. Sous G.H.W Bush (le père), une procédure fut déclenchée. Sous Clinton, 2 procédures furent déclenchées dont la plus longue dura 21 jours et qui concernait la présentation des comptes sur 7 ans, mais avec un budget émanant du département du Budget au Congrès plutôt qu’un budget du département du budget du président. Finalement, un compromis fut trouvé sur le budget.

Depuis le 1er octobre 2013, une nouvelle procédure de "shut-down" vient d’être déclenchée ; elle concerne le déblocage d’un budget pour la mise en œuvre de la loi dite Obamacare. Il s’agit en fait d’un programme dit de protection sociale qui concernerait tous les Américains.

Compte tenu de l’endettement américain qui dépasse 100 % du PIB, les membres républicains de la chambre des représentants ont demandé aux sénateurs et représentants de reporter le financement de la loi sur le système de santé à septembre 2014. Le président américain dénonce ce blocage, mais comme nous l’avons vu celui-ci n’est pas le premier et certainement pas le dernier. Nous ne savons pas combien de temps pourra durer ce "shut down".

Un calendrier risqué

Si cette procédure dure plus de 15 jours, une autre date butoir risque de déboucher sur une nouvelle incertitude. Cette date, c’est la date de relèvement du plafond de la dette. Si celui-ci n’est pas relevé, alors les États-Unis seront déclarés en "cessation de paiement". C’est donc la conjonction de ces deux procédures, "shut-down" et relèvement du plafond de la dette, qui constitue un risque majeur pour les États-Unis, mais aussi pour l’économie mondiale.

En effet, comme la Réserve fédérale a injecté des liquidités depuis la crise de 2008, cette politique laxiste pourrait, si le pire se produisait à savoir que le plafond de la dette n’est pas relevé, conduire à une chute considérable du dollar avec toutes les conséquences en cascade sur les marchés financiers et sur l’économie mondiale (très forte hausse du prix des matières premières, hyperinflation, faillites d’entreprises en cascade, etc.). Évidemment, il existe des solutions que j'ai déjà évoquées dans un article sur Le Cercle Les Échos.

Sortir de l’impasse

Aujourd’hui, les politiques budgétaires et monétaires inspirées par les keynésiens et les monétaristes nous ont menés dans une impasse économique. Plus de croissance et un endettement public devenu la pierre d’angle du système économique. Pour lever les incertitudes liées à ces politiques, pour le moins hasardeuses, il est grand temps de revenir à des principes d’orthodoxie budgétaire et à la mise en place d’un vrai système monétaire reposant sur le libre échange, la division du travail et la spécialisation.

Libérons donc le système et sortons de l’impasse interventionniste !

//www.contrepoints.org/?p=141666

Privilèges : Ce que coûtent Giscard, Chirac et Sarkozy aux Français

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Selon la loi du 3 avril 1955, Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy, mais aussi Jacques Chirac bénéficient d’une « dotation annuelle d’un montant égal à celui du traitement indiciaire brut d’un conseiller d’Etat en service ordinaire ». Soit près de 6.000 euros brut par mois. Cette indemnité n’est soumise à aucune condition d’âge, ni même au nombre de mandats. A cela s’ajoute ce qu’on appelle pudiquement des « primes de sujétions spéciales », dont le montant est tenu secret. (Witt/SIPA)

Une fois battus ou retirés de la vie politique, les anciens présidents de la République n’ont pas de souci à se faire sur le plan matériel. Elevés au rang d’«ex», ils continuent d’être pris en charge par l’Etat, qui leur assure un train de vie plus que confortable. Une exception très française. Au 77, rue de Miromesnil, dans les beaux quartiers de la capitale, Nicolas Sarkozy reçoit ses visiteurs avec un certain faste. Tony Blair, René Ricol, Alain Finkielkraut, Florence Cassez tout juste libérée…

L’ancien chef de l’Etat dispose d’un appartement de 320 mètres carrés, composé de 11 pièces, dont une salle classée monument historique, avec des peintures datant du XIXe siècle. Prix estimé de cette location de luxe? Près de 180.000 euros annuels, soit 15.000 euros par mois. Nicolas Sarkozy n’a pas regardé à la dépense, et pour cause, c’est la République qui règle la facture. Conformément à une « décision » signée en 1985 par Laurent Fabius, alors Premier ministre de François Mitterrand, l’Etat met à la disposition des anciens présidents un appartement de fonction « meublé » et « équipé ». 

Des privilèges souvent méconnus

Ce texte, qui fait office de référence, est flou: il ne mentionne ni plafond ni limitation de durée. C’est ainsi que Valéry Giscard d’Estaing occupe aux frais du contribuable, depuis plus de trente ans, de splendides locaux boulevard Saint-Germain à Paris. Jacques Chirac bénéficie lui aussi d’un somptueux appartement rue de Lille.

Toujours selon la lettre de Laurent Fabius, les anciens présidents disposent de nombreux autres « privilèges ». Ainsi, une équipe d’au moins sept personnes est prise en charge par la nation. « En réalité, l’Etat n’est pas très regardant, il ne pinaille pas et peut prendre en charge plus de personnel que prévu », assure le député apparenté PS René Dosière. Pour ce spécialiste du train de vie de l’Etat, « il est probable que Nicolas Sarkozy bénéficie de quelques largesses ».

Depuis son départ de l’Elysée, ce dernier dispose d’un directeur de cabinet, d’une conseillère diplomatique, d’une chargée de la communication, de deux secrétaires, d’un intendant… Sans oublier, pour assurer sa protection rapprochée, une équipe de sécurité comprenant au moins deux fonctionnaires de la Police nationale, mais aussi une voiture de fonction avec plusieurs chauffeurs. S’y ajoute la surveillance de son domicile personnel – l’hôtel particulier de son épouse, Caria Bruni-Sarkozy -, assurée par des officiers de gendarmerie. Là encore, aucune durée n’est prévue. Alors que, dans la plupart des pays occidentaux et aux Etats-Unis, ce type de protection policière s’arrête au bout de dix ans.

Séjour assuré dans toutes les ambassades de France

La plupart des anciens chefs d’Etat ont une retraite active, entre réceptions et visites à l’étranger. Pour leurs déplacements, là encore, ils peuvent compter sur la prodigalité de la République: tous leurs voyages sont pris en charge. Trains de la SNCF, avions Air France, navires français, tout est gratuit, et dans la meilleure classe possible. Durant leurs séjours à l’étranger, l’ambassadeur de France en poste se doit d’accueillir les anciens locataires de l’Elysée et de les loger dans sa résidence, comme il le ferait à l’égard d’un président en exercice.

« Nicolas Sarkozy n’utilise pas ces prérogatives », précise toutefois sa chargée de communication. Fin janvier, lorsqu’il s’est rendu à Davos, son séjour a été entièrement financé par l’organisateur du forum économique. Idem, en octobre dernier, alors qu’il a passé quelques jours au Brésil pour une conférence commandée par la banque d’investissement brésilienne BTG Pactual, c’est elle qui a pris en charge les vols et l’hébergement de l’ancien président.

Un insensé cumul des revenus

En sus de ces avantages matériels, la République leur assure une retraite conséquente. Selon la loi du 3 avril 1955, ils bénéficient d’une « dotation annuelle d’un montant égal à celui du traitement indiciaire brut d’un conseiller d’Etat en service ordinaire ». Soit près de 6.000 euros brut par mois. Cette indemnité n’est soumise à aucune condition d’âge, ni même au nombre de mandats. A cela s’ajoute ce qu’on appelle pudiquement des « primes de sujétions spéciales », dont le montant est tenu secret. Ces primes ont officiellement pour objectif de « compenser les contraintes subies dans l’exercice de leurs fonctions ».

Ces émoluments sont cumulables avec d’autres pensions ou salaires. Ainsi, Nicolas Sarkozy peut, à sa guise, effectuer des activités de conférences ou de conseil. Il pourra également, à l’âge de la retraite, toucher les pensions liées aux différents mandats qu’il a exercés, comme ses prédécesseurs. Soit environ 10.000 euros mensuels.

Mais la plus importante source de revenus des anciens présidents prévue par la République, définie par un texte de 1958, reste leur présence – à vie – au Conseil constitutionnel. Cette prérogative leur rapporte 12.000 euros par mois.

Hollande veut rompre avec cette tradition

Aujourd’hui, seul Valéry Giscard d’Estaing siège régulièrement dans cette instance. Depuis plus d’un an, la santé de Jacques Chirac ne lui permet plus de se rendre chez les Sages. Quant à Nicolas Sarkozy, le rejet de ses comptes de campagne, en décembre 2012, par la commission ad hoc, rattachée au Conseil constitutionnel, l’amène à y renoncer temporairement. A son retour, il ne touchera que 6000 euros, au motif qu’il a repris son activité d’avocat.

Pour éviter une collusion évidente, François Hollande a promis, en janvier 2013, de modifier les textes. Les anciens présidents ne seront plus membres de droit du Conseil constitutionnel. Mais la mesure ne s’appliquera pas à ses prédécesseurs. Pour René Dosière, ce changement devrait être l’occasion de préciser le rôle de nos anciens chefs d’Etat. »«Aujourd’hui, ils peuvent cumuler pensions de la République et prestations privées, ce n’est pas sain. »

 L’auteur de L’Argent de l’Etat souligne surtout que la note est salée pour les contribuables: selon ses calculs, chaque ex-président coûte entre 1,5 et 2 millions d’euros par an. « Pour les trois anciens chefs de l’Etat, cela fait un total de près de 5 millions d’euros. En soi, ce n’est pas une somme considérable, mais, par les temps qui courent, il n’y a pas de petites économies! »

 

Source : Challenges

http://actuwiki.fr/eco/32450/#sthash.Ks4Rg2NK.dpuf

Les banquiers rédigent leur testament

capitalisme

La réforme des marchés financiers annoncée par Barack Obama est entrée en phase décisive. 125 banques américaines et leurs associés en Europe ont reçu simultanément la consigne de rédiger une sorte de testament.

Il s’agit des mesures extraordinaires en cas de faillite imprévisible. C’était le cas de Lehman Borthers, quand une seule banque d’investissement a provoqué un effet de domino sur les marchés financiers. Le thème est repris par notre observateur Sergueï Gouk.

Selon l’agence Bloomberg, il suffit que 30 grosses banques s’écroulent pour provoquer littéralement la débâcle de l’économie mondiale. C’est pour cette raison que la réforme annoncée engage les établissements de crédit à renforcer leur coussin de sécurité par le recours aux capitaux propres. Rouslan Grinberg, directeur de l’Institut de l’économie et membre de l’Académie des sciences, estime qu’il s’agit du pas fait dans le bon sens pour mettre le bémol sur la cupidité jamais assouvie des banquiers qui gagnent tant sur l’essor économique que sur la crise.

« Nous avons été témoins d’un enrichissement de la minorité aux frais de la majorité sans précédent depuis 40 ans. Pour inverser la tendance, il faut taxer les transactions financières. C’est une tâche particulièrement difficile parce qu’il est pratiquement impossible de faire la distinction entre les opérations financières productives et celles qui ne le sont pas. Mais si la décision politique est un jour prise, il ne restera plus qu’à prendre les sanctions, la seule arme inventée dans le monde sans compter le bâton et la carotte ».

Le principe « too big to fail » (« trop grand pour faire faillite ») qui s’appliquait jusqu’ici et servait aux mastodontes financiers de bouclier contre la faillite aux fais des contribuables, est en train de s’effriter. Mais de toute façon, le chemin d’une faillite en douceur peut également être très long. On peut l’illuster par la procédure de faillite de Lehman Borthers qui se poursuit depuis plus de 4 ans.

french.ruvr.ru

17 octobre 2009

Dette publique de la France :

rusty james news

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« Un crédit vous engage et doit être remboursé »
(article 2 du projet de loi de 2009 n° 364 portant réforme du crédit à la consommation)


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Paramètres du compteur (estimations mises à jour 2009-04-19) :
Dette française à fin 2004 : 1 076,9 milliards d'euros, soit 64,9 % du PIB (INSEE)
Dette française à fin 2005 : 1 145,4 milliards d'euros, soit 66,4 % du PIB (INSEE)
Dette française à fin 2006 : 1 149,9 milliards d'euros, soit 63,6 % du PIB (INSEE)
Dette française à fin 2007 : 1 209,5 milliards d'euros, soit 63,9 % du PIB (INSEE)
Dette française à fin 2008 : 1 327,1 milliards d'euros
, soit 68 % du PIB (INSEE)
Déficit public français 2009 : 117,6 milliards d'euros (soit 3729 euros par seconde)
Population fin 2008 : 64 303 000 (INSEE)
Population fin 2009 : 64 669 000


Comparaison internationale :

Dette publique / PIB
Ratio dette publique / PIB. Source : Wikipédia, octobre 2008
  • La France est le 19e pays le plus endetté au monde, par rapport à son PIB, parmi les 126 entités (sur 195 Etats) sur lesquelles la CIA publie des données (classement CIA au 31 mars 2008). Elle se situe entre l'Uruguay et le Portugal. Pour être plus précis, la France est 19e mondiale par le poids de sa dette publique par rapport à son PIB.
  • Dit autrement, il y a 107 pays moins endettés que la France : elle est 107e parmi les 126 entités sur lesquelles la CIA publie des données, classées en fonction du ratio dette publique / PIB par ordre croissant.
  • Compteurs : Allemagne - Belgique - Canada (la dette canadienne diminue !) - États-Unis (1 - 2 - 3) - France (1 - 2 - 3) - Japon - Pays-Bas - Royaume-Uni

En savoir plus :
- 2005 : Aux 1100 milliards d'euros de dette publique aux normes européennes, il faut ajouter les engagements "hors bilan", dont les normes comptables internationales demandent la comptabilisation, soit au moins 900 milliards d'euros d'engagements au titre des retraites. Soit une dette qui dépasse, en 2005, les 2000 milliards d'euros.
- Les seuls intérêts de la dette de l'Etat, la charge de la dette, devaient représenter près de 40 milliards d'euros de dépenses en 2005 (source PLF 2005). Le seul paiement des intérêts de la dette de l'Etat représente envison 638 euros par an par habitant (estimation 2005). Les intérêts de la dette de l'Etat représentaient 20 % de ses dépenses en 2004 (source Wikipédia), deuxième poste de dépenses après l'éducation.
- L'Autriche, le Canada, l'Espagne, qui ont dégagé des excédents au cours des années récentes, démontrent que le déficit n'est pas inéluctable. Au Royaume-Uni, la règle est d'avoir un budget à l'équilibre sur un cycle économique. En France, la pratique, qui traduit une certaine faiblesse politique et une politique économique à courte vue, est d'avoir un budget en déficit permanent...
- 2005-12-14 : Le rapport de Michel Pébereau intitulé Rompre avec la facilité de la dette publique : Pour des finances publiques au service de notre croissance économique et de notre cohésion sociale a été publié le 14 décembre 2005 : synthèse (pdf) - in extenso (pdf). Des blogueurs commentent ou critiquent ce rapport.
- 2006-01 : L'OFCE, dans sa lettre n° 271, fidèle à son orientation keynésienne et interventionniste, conteste la politique de réduction de la dette publique et des dépenses publiques.
- 2006-07-06 : Thierry Breton, ministre des finances, promet une baisse du ratio dette publique / PIB à 64,6 % du PIB au 31 décembre 2006 (par l'affectation du produit exceptionnel de la vente d'actifs publics et par une ponction sur la trésorerie).
- 2006-11-21 : "Les actifs de l'Etat s'élèvent à 550 milliards d'euros et le passif à 1100 milliards. C'est ce qui ressort d'une évaluation provisoire fournie mardi par le ministre du budget, Jean-François Copé, rendue obligatoire par la Lolf, la loi organique relative aux lois de finances. Les actifs de l'Etat comprennent notamment le parc immobilier, les infrastructures et les stocks. Le passif, lui, est essentiellement constitué par la dette et les provisions, mais il ne prend pas en compte les retraites des fonctionnaires. Ce bilan est encore susceptible d'évolutions de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards d'euros, à cause des difficultés d'évaluation des actifs militaires et des provisions." (L'Expansion, 2006-11-21).
- 2007-02-12 : Un article comparant les deux principaux programmes présidentiels et législatifs pour 2007 : PS, UMP & dette publique.
- 2007-03-30 : J'ignore si la dette notifiée (au sens de Maastricht) inclut ou non la dette de la CADES (75,7 milliards d'euros au 31 décembre 2006) ; si quelqu'un a la réponse...
- 2007-08-13 : "58 % de la dette de l'Etat est détenue par des non-résidents, ce qui nous fait entrer dans une 'zone rouge' pour notre indépendance économique", selon Thierry Breton, ancien ministre des finances (Le Monde, 2007-08-13).
- 2007-09-20 : La France réintègre 8 milliards d'euros de dette de la SNCF qui avaient été discrètement placés dans le "service annexe d'amortissement de la dette" (SAAD). Soit une dette 2006 qui passe à 1150,3 milliards d'euros (soit 64,2 % du PIB au lieu de 63,7 %). Et l'objectif de dette 2007 passe aussi de 63,7 à 64,2 % du PIB.
- 2007-09-24 : Le premier ministre français François Fillon a déclaré : "Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier (...) qui est depuis 15 ans en déficit chronique, (...) qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans" (vendredi 21), puis "La France est un pays riche, qui heureusement a des ressources qui lui permettent de faire face à l'avenir mais l'Etat est dans une situation critique. (...) On a 1.150 milliards de déficit à la fin de 2006. C'est une situation qui n'est plus supportable. (...) L'Etat emprunte pour financer ses dépenses de fonctionnement. N'importe quel chef d'entreprise, n'importe quel chef de famille, n'importe quel agriculteur comprend qu'on ne peut pas continuer à emprunter pour financer des dépenses de fonctionnement" (lundi 24).
- 2007-09-24 : Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, a déclaré dimanche 23 : "Je dirais que les finances publiques françaises sont en très grande difficulté, et c'est un fait que l'on a raison de souligner et que le premier ministre a eu raison de souligner". "En 2007, la France selon les statistiques de la Commission européenne sera le pays qui dépensera le plus en dépenses publiques en proportion du produit intérieur brut, non seulement au sein de la zone euro mais au sein de l'Union européenne à vingt-sept", avec "9 points de plus que l'Allemagne" et "15 points de plus que l'Espagne". "Nous 'battons' les Suédois, les Finlandais, les Danois. Il y a huit ans, ils étaient tous devant nous, ces Scandinaves qui avaient des dépenses publiques très importantes; ils ont fait de très grands efforts". La France n'a "pas été très bien gérée sur une longue période". "Lorsqu'on regarde les chiffres on est inquiet de voir que l'évolution des finances publiques françaises a été en moyenne nettement plus mauvaise que celle d'autres pays européens". "Les déficits d'aujourd'hui affaiblissent l'économie, font peser sur nos enfants et petits-enfants les dépenses d'aujourd'hui".
- 2008-01-08 : Nicolas Sarkozy, président de la République, a déclaré : "S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?".
- 2008-03-28 : D'après la ministre Christine Lagarde, "nous prévoyons d'être proches de l'équilibre à l'horizon 2012 en matière de déficit comme de désendettement" ; noter le glissement sémantique : ce n'est plus l'équilibre qui est promis, mais la proximité de l'équilibre, et l'échéance déjà reportée de 2010 à 2012 devient un "horizon" ; comme chacun sait, l'horizon, on ne l'atteint pas... Nulle trace de la vingtième et dernière décision fondamentale de la Commission Attali (page 282 du rapport) : "Ne pas mettre le niveau de vie d'aujourd'hui à la charge des générations futures (...) Réduire dès 2008 la part des dépenses publiques dans le PIB. Cette réduction devra atteindre 1 % par an à partir de 2009, soit 20 milliards d'euros de réduction par rapport à la tendance par an pendant 5 ans".
- 2008-06-25 : Le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, confirme la dégradation des finances publiques françaises dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques.
- 2008-09-26 : La France reconnaît qu'elle ne tiendra en 2012 ni son engagement de ramener ses finances publiques à l'équilibre, ni son engagement de ramener la dette publique en-dessous de la limite conventionnelle de 60 % du PIB. Sa nouvelle programmation, présentée par Christine Lagarde et Eric Woerth, est la suivante. Déficit public : -2,7 en 2008 (promesse non tenue), -2,7 en 2009 (promesse non tenue), -2 en 2010, -1,2 en 2011, -0,5 % du PIB en 2012. Dette publique : 65,3 en 2008 (promesse non tenue), 66 en 2009 (promesse non tenue), 65,3 en 2010, 63,9 en 2011, 61,8 % du PIB en 2012. Prélèvements obligatoires : 43,3 en 2008, 43,2 % du PIB de 2009 à 2012. Inflation inférieur ou égale à 2 % de 2009 à 2012. Croissance de 1 % en 2008 et 2009, croissance de 2,5 % du PIB de 2010 à 2012. "Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent" (Jacques Chirac, Le Monde, 22 février 1988).
- 2009-01-21 : La France manque à ses engagements européens de ne pas dépasser -3 % du PIB de déficit public et 60 % du PIB de dette publique. Déficit public, selon les dernières estimations françaises : -3,2 % du PIB en 2008, -4,4 % en 2009 (-5,4 % en 2009 selon la Commission européenne !). Dette publique : 66,7 % en 2008, 69,1 % du PIB en 2009 selon la France.
- 2009-04-20 : Les dépenses totales des administrations publiques représentaient 52,7 % du PIB en 2008 (INSEE), pour un maximum récent de 54,5 % du PIB en 1996 et un minimum récent de 51,6 % en 2001. En 2007, la France était première en Europe pour sa dépense publique rapportée au PIB, avec 6,8 points de plus que la moyenne européenne, 8,8 points de plus que l'Allemagne, 18,9 points de plus que l'Estonie (données Eurostat). Le taux des prélèvements obligatoires s'est élevé à 42,8 % du PIB en 2008 (INSEE), en baisse par rapport aux taux de 43,5 % du PIB en 2007 et de 43,9 % en 2006. La France comptait 214 impôts et taxes en 2008. Le déficit public s'est élevé à 3,4 % du PIB soit 65,9 milliards d'euros en 2008 (INSEE), le deuxième plus important déficit en euros courants de la Ve République après le déficit de 71,6 milliards d'euros de 1993.
- 2009-05-21 : Notation financière des Etats : Espagne : S&P passe de AAA à AA+ en 2009-01 ; Fitch maintient AAA en 2009-01. S&P a dégradé la Grèce de A à A-1 et le Portugal de AA- à A+ en 2009-01. S&P a dégradé l'Irlande de AAA à AA+ en 2009-03 ; Fitch a dégradé l'Irlande en 2009-04. La France : "tend vers le bas de la catégorie AAA", a averti l'agence de notation Standard & Poor's en 2005-11. Italie : AA- en 2005. Une dégradation de la notation conduit à un renchérissement du coût de la dette (hausse du taux d'intérêt, pour intégrer une prime de risque plus élevée).


Graphiques sur la dette publique :

Evolution de la dette publique française et de l'UE

Evolution de la dette française

Graphiques sur la dépense publique :

Evolution de la dépense publique française et européenne

Dépense publique / PIB en Europe en 2007 :

Dépense publique par pays en 2007

Dépense publique / PIB en Europe en 2008 (sauf Suisse : 2006) :
marron > 55%, rouge 50-55%, orange 45-50%, jaune 40-45%, vert 35-40%, bleu 30-35%

Dépense publique en Europe en 2008

Graphique sur le déficit public :

Evolution du déficit public de la France de 1958 à 2007
Déficit public français de 1958 à 2007 en % du PIB (source : Wikipédia, avril 2008)


Revue de presse :
- 2006-03-28 : "Il existe même des sites Internet qui présentent un compteur sur lequel on peut suivre en direct l'évolution de l'endettement de la France", écrit le député Christian Blanc à la page 47 de son livre La Croissance ou le Chaos, publié en 2006.
- 2006-09-01 : Charles Wyplosz, professeur à HEI (Genève), cite ce compteur dans son article La cagnotte est de retour, publié par Telos-eu.
- 2006-09-27 : Un article d'Anne Eveno dans La Tribune, intitulé Bercy veut stopper l'envol de la dette, fait référence à cette page : "La question de la dette est désormais au coeur du débat public. Pour preuve, ce Nancéien qui a créé un site internet sur lequel on peut suivre l'évolution en direct de la dette grâce à un compteur".
- 2006-11-07 : Jeannette Bougrab citait ce compteur de 'l'évolution du poids de la dette « en temps réel »' sur son blog Parlons d'avenir... (supprimé depuis sa nomination au Conseil d'Etat en septembre 2007).
-2008-03-28 : L'article du NouvelObs.com, intitulé Le gouvernement revoit à la hausse le déficit public prévu pour 2008, mentionne ce compteur parmi ses compléments.

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© MB, Nancy, 2009-05-22.