1,8 milliard de dollars par jour, c’est le budget militaire US officiel, financé par le reste du monde

budget usa guerre

« En 2014, le budget militaire américain pour l’armée et les opérations militaires s’est élevé à 661,29 milliards de dollars, soit plus de 1,8 milliard de dollars par jour, ou près de 21.000 dollars par seconde ! Cela représente 17,3% du budget américain, et plus de 4 % du Produit intérieur brut du pays, ce qui en fait le premier budget militaire du monde. Qui finance ce budget militaire extravagant des USA ? En théorie, ce sont les contribuables américains et ceux des pays alliés. En pratique, ce sont surtout ces mêmes alliés, et le reste du monde, qui financent, par le système de Ponzi du dollar, l’armée même qui va les surveiller, voire les attaquer [1].

us army

Le 11 décembre 2014, le président Obama a envoyé une lettre au Président de la Chambre des représentants des États-Unis (le speaker), John Boehner, précisant les théâtres d’opérations et les forces correspondant au budget militaire états-unien [2].

Cette information correspond à une obligation faite au président, depuis 1973 et le retrait du Vietnam, d’informer le Congrès du déploiement des forces américaines engagées dans des opérations combattantes [3]. On notera que ce décompte n’inclut pas les différentes opérations, officielles et plus souvent déguisées (covert), assurées par la CIA, par un grand nombre d’Organisations non gouvernementales travaillant pour elle et d’autres agences, ainsi que par les très nombreux mercenaires militaires financés sur des budgets inconnus de tous, même des parlementaires. Par exemple, de tels mercenaires mènent aujourd’hui la guerre, pour le compte des États-Unis, en Ukraine, contre les séparatistes, et en Syrie, contre le régime en place.

 

La lettre d’Obama mentionne un nombre d’opérations bien supérieur à celles connues du grand public, en Afghanistan et dans le conflit Iraq-Syrie. Le décompte inclut en effet le déploiement de troupes américaines dans des zones dites de non combat, ainsi que les manœuvres communes avec les alliés des États-Unis, au sein de l’Otan ou dans le Pacifique. À tout moment, de telles zones de non combat peuvent se transformer en zones de combat, ce que le Congrès, les médias et le public ne découvriraient qu’avec retard.

La carte ci-dessus montre les différentes zones où sont déployés les moyens militaires américains (source WSWS). Elle ne comprend pas les pays du continent américain proprement dit, l’Amérique du Nord et les Amériques centrale et du Sud. Celles-ci relèvent des Northern et Southern Commands, Pour le reste du monde, trois commandements sont en charge, l’Africa Command, le Central Command et le Pacific Command. Nous n’examinerons ici que les opérations et implantations relevant du Central Command au Moyen-Orient. Mais le même exercice s’imposerait dans les zones Europe, Afrique et Asie, où sont déployés des forces américaines de plus en plus importantes.

L’implantation militaire officielle des USA au Moyen-Orient

Au Moyen-Orient, selon le document de la Maison Blanche, c’est la guerre globale contre la terreur, présentée comme conduite par Al-Qaïda, qui justifie les opérations américaines. Un examen de détail montre qu’il n’en est rien. Ainsi, une partie des opérations conduites au Moyen-Orient visent en fait à combattre Bashar al Assad en Syrie, considéré comme un allié de la Russie. La présence américaine vise aussi à contenir l’influence de l’Iran, également considérée comme alliée de la Russie, tout en évitant que Bagdad ne se rapproche de l’Iran.

En Afghanistan, malgré l’annonce d’un retrait officiel, plus de 10.000 agents militaires et civils relevant de l’US Central Command semblent destinés à y rester un temps indéterminé. Dans ce cadre, les troupes américaines continuent à emprisonner et interroger un grand nombre de prisonniers provenant des États voisins, dont le tort, semble-t-il, n’est pas de servir Al-Qaïda, mais de s’opposer aux visées économiques américaines dans la zone.

Les 3.100 hommes déployés dans le cadre de la coalition internationale censée lutter contre l’État islamique (Daech/Isis/EIIL) conduisent certes des opérations terrestres et aériennes semblant avoir eu une certaine efficacité, ce dont personne ne se plaindra. Mais comme toujours en ce cas, ils mènent des opérations déguisées, sur demande de la Turquie, des États du Golfe, et sans doute d’Israël. Au Yémen, les interventions américaines se déployant dans un État ayant perdu toute autorité, visent à protéger et étendre les intérêts américains. Il n’est pas exclu que cela débouche sur une vraie guerre civile. En Jordanie, prétendument à la demande du Roi Abdullah, totalement manipulé, l’armée américaine a mis en place des missiles Patriot, des moyens aériens et 1.700 hommes. Quel ennemi potentiel visent exactement ces moyens ?

En ce qui concerne la présence de l’US Army dans les États pétroliers du Golfe, elle est en place depuis longtemps, et beaucoup plus massive : 2.500 hommes au Qatar, ainsi qu’une base aérienne, le quartier général de la 5e flotte à Bahreïn, 2.500 militaires dans la base d’Eskan en Arabie saoudite. L’aviation et la marine de guerre américaines utilisent aussi des bases à Oman et dans les Émirats. Comme il ne s’agit pas officiellement de zones de combat, le document remis par Obama au Congrès ne mentionne pas ces moyens. Enfin, plusieurs centaines d’hommes sont basés dans le Sinaï, avec l’accord d’Israël et, semble-t-il, de l’Égypte.

On imagine la réaction belliqueuse des Etats-Unis si la Russie avait mis en place le dixième de ces moyens dans des régions qui intéressent tout autant, sinon plus, ses intérêts vitaux que ceux des États-Unis ».

Jean-Paul Baquiast

The French Saker, le 3 janvier 2015


Notes

[1] Selon le système décrit par Pierre Jovanovic dans son livre « 666 » , la Réserve fédérale des États-Unis émet des dollars pour acheter les bons du trésor destinés à couvrir les dépenses de l’État. Mais ce sont les épargnants du reste du monde qui achètent lesdits bons du trésor en dollar, n’ayant pas, jusqu’à ce jour, de perspectives permettant de placer en toute sécurité leur épargne. Jusqu’à quand durera ce système de Ponzi ? Il s’agit d’une autre question. Pour approfondir ce point, lire l’article La Bête de l’Apocalypse, selon Pierre Jovanovic (vineyarsaker, français, 02-01-2015)

[2] Letter from the President — Six Month Consolidated War Powers Resolution Report(whitehouse.gov, anglais, 11-12-2014)

[3] War Powers Resolution, Public Law 93-148 (Wikipédia, anglais)


source : http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2015/01/04/18-milliard-de-dollars-par-jour-cest-le-budget-us-officiel-finance-par-le-reste-du-monde/

Posté par rusty james à 06:41 - - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,


Ce qu'il faut savoir sur le "shutdown" du gouvernement américain

 

shutdown-usa

Amérique du Nord

Publié le 7/10/2013

Vous entendez parler du shutdown du gouvernement américain sans savoir ce qu'est cette suspension temporaire des activités fédérales ? Voici l'essentiel à savoir.

Par Pascal Dray.

À quoi correspond cette procédure du shutdown ?

Tout d’abord, il faut savoir que cette procédure a toujours été utilisée dans le cadre de stratégie dite politicienne. C’est soit le parti républicain, soit le parti démocrate qui déclenche cette procédure. Le Congrès aux États-Unis (à peu près l’équivalent de l’Assemblée nationale) est composé de la chambre des représentants et du sénat. Le Sénat est, lui, composé de 100 sénateurs et la chambre des représentants de 435 représentants.

"Le Congrès américain est chargé d'élaborer, de discuter et de voter les lois. Il exerce également un pouvoir sur le budget fédéral des États-Unis, le commerce et la défense du pays. Le Congrès peut soumettre des amendements à la Constitution. Il peut enfin lancer une procédure d'impeachment pour mettre en accusation le président ; un haut fonctionnaire ou un juge. Le Sénat américain représente les États et la politique nationale, alors que la Chambre s'occupe des problèmes de la vie quotidienne des citoyens. L'un n'est pas supérieur à l'autre. Les deux assemblées doivent travailler en coordination".

Dans le cadre de la procédure de "shut down" déclenchée le 1er  octobre 2013, il y a désaccord sur le financement de la loi dite Obamacare, une loi pour mettre en place aux États-Unis l’équivalent de notre Sécurité sociale. Les républicains soutiennent qu’il n’est pas possible de financer à ce jour la loi dite Obamacare et demandent de reporter son application et son financement en septembre 2014. Les républicains s’appuient sur la situation économique préoccupante du niveau d’endettement américain qui serait fortement alourdi si le financement de l’Obamacare était déclenché aujourd’hui.

Blocage budgétaire et services minimaux

Dans la pratique, les fonctionnaires fédéraux des services non régaliens sont priés de rester chez eux jusqu’au déblocage budgétaire. Les services de police, de justice et d’armée sont assurés, mais du fait d’un blocage dans le processus d’autorisations budgétaires les autres fonctionnaires ne doivent pas travailler.

Depuis 1960, 18 (17+1) procédures de "shut down" ont été déclenchées. La première a été déclenchée sous la présidence de G. Ford, président républicain en 1976. Le Congrès était majoritairement démocrate. Le président mit son véto à un programme lié au département du travail. Ce premier "shut down" s’étala du 30 septembre au 11 octobre. Sous Carter, démocrate avec un congrès démocrate, 5 procédures furent initiées. La plus longue dura 18 jours et concernait le programme Medicaid et le financement d’une centrale nucléaire.

Sous Reagan, républicain où le Sénat était républicain de 1981 à 1986, 9 procédures furent déclenchées. La plus longue dura trois jours. Sous G.H.W Bush (le père), une procédure fut déclenchée. Sous Clinton, 2 procédures furent déclenchées dont la plus longue dura 21 jours et qui concernait la présentation des comptes sur 7 ans, mais avec un budget émanant du département du Budget au Congrès plutôt qu’un budget du département du budget du président. Finalement, un compromis fut trouvé sur le budget.

Depuis le 1er octobre 2013, une nouvelle procédure de "shut-down" vient d’être déclenchée ; elle concerne le déblocage d’un budget pour la mise en œuvre de la loi dite Obamacare. Il s’agit en fait d’un programme dit de protection sociale qui concernerait tous les Américains.

Compte tenu de l’endettement américain qui dépasse 100 % du PIB, les membres républicains de la chambre des représentants ont demandé aux sénateurs et représentants de reporter le financement de la loi sur le système de santé à septembre 2014. Le président américain dénonce ce blocage, mais comme nous l’avons vu celui-ci n’est pas le premier et certainement pas le dernier. Nous ne savons pas combien de temps pourra durer ce "shut down".

Un calendrier risqué

Si cette procédure dure plus de 15 jours, une autre date butoir risque de déboucher sur une nouvelle incertitude. Cette date, c’est la date de relèvement du plafond de la dette. Si celui-ci n’est pas relevé, alors les États-Unis seront déclarés en "cessation de paiement". C’est donc la conjonction de ces deux procédures, "shut-down" et relèvement du plafond de la dette, qui constitue un risque majeur pour les États-Unis, mais aussi pour l’économie mondiale.

En effet, comme la Réserve fédérale a injecté des liquidités depuis la crise de 2008, cette politique laxiste pourrait, si le pire se produisait à savoir que le plafond de la dette n’est pas relevé, conduire à une chute considérable du dollar avec toutes les conséquences en cascade sur les marchés financiers et sur l’économie mondiale (très forte hausse du prix des matières premières, hyperinflation, faillites d’entreprises en cascade, etc.). Évidemment, il existe des solutions que j'ai déjà évoquées dans un article sur Le Cercle Les Échos.

Sortir de l’impasse

Aujourd’hui, les politiques budgétaires et monétaires inspirées par les keynésiens et les monétaristes nous ont menés dans une impasse économique. Plus de croissance et un endettement public devenu la pierre d’angle du système économique. Pour lever les incertitudes liées à ces politiques, pour le moins hasardeuses, il est grand temps de revenir à des principes d’orthodoxie budgétaire et à la mise en place d’un vrai système monétaire reposant sur le libre échange, la division du travail et la spécialisation.

Libérons donc le système et sortons de l’impasse interventionniste !

//www.contrepoints.org/?p=141666