OSHO ET GURDJIEFF et les grandes sectes néoorientalistes de développement personnel

 

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OSHO/ Rajneesh et GURDJIEFF

En quoi le mouvement OSHO et le mouvement GURDJIEFF c'est blanc bonnet et bonnet blanc ?

Avant propos : Le Groupe René s'est donné pour tâche d'informer le public sur les mouvements sectaires issus de Gurdjieff, en s'attachant à l'analyse des textes f ondateurs, de la doctrine et des pratiques. Concernant OSHO, il recommande une lectur e préalable des articles de l'UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Famille s et de l'Individu) dans sa revue BULLES des 2 ème trimestre 1989 et 1 er trimestre 1986,

publiés sur le présent site www.prevensectes.fr de Mathieu Cossu. 1 NOM OFFICIEL BHAGWAN SHREE RAJNEESH : précédente dénomination du mouvement créé par Rajneesh Bhagwan : le Béni, Dieu, ou bien Bouddha éclairé pour les hindous Shree : le maître Rajneesh : nom du fondateur OSHO FOUNDATION Osho : Maître illuminé (un cran inférieur à Bhagwan, suite aux déboires aux USA)

La Fondation OSHO, aujourd'hui sise à Zurich (Suisse) coordonne les activités d'un réseau mondial de centres OSHO qui se veulent être des éco les philosophiques orientalistes et de développement personnel, pratiquant la méditation, le yoga, des danses, etc.. 2 HISTORIQUE - Rajneesh Chandra Mohanest est né en Inde dans le village de Kushwada en 1931. En 1953, à 22 ans il dit avoir "reçu l'illumination", et s'être envolé comme un "jet" dans un "processus de conscience qui allait durer 7 jours", avec comme conséquence une "compréhension totale des mystères cosmiques". En 1960, il est nommé professeur de philosophie. Il montre alors une attitude critique envers toutes les traditions philosophiques et religieuses. En 1970, il annonce avoir trouvé la clef du développement spirituel du Nouvel Age, une méthode qu'il baptise "méditation dynamique", contenant assez de "force explosive" pour créer "l'homme nouveau" et sauver l'humanité de l'holocauste qui risque d'advenir dans 20 ans.

En 1971, il prend le titre controversé de Bhagwa n, le Dieu incarné de la Nouvelle Ere, et il commence à parcourir l'Inde et y faire des disciples, dont le nombre va grandissant. Des groupes de samadhis (disciples illuminés) parcourent le pays pour le célébrer. En 1972, suite à des donations, il crée deux co mmunautés agricoles. L'une d'entre elle, '"Samarpan" (à Baroda, Gujara), est financée par le père de Ma Anand Sheela sa future secrétaire particulière. A Samarpan s'expérimente le travail selon Gurdjieff, un "travail de transformation complète des êtres où l'on tue l'ego". En 1974, certains des samadhi créent pour lui un ash ram, "une communauté idéale", à la lisière de Poona et à 150 km de Bombay, et ils commencent à le "manager". De Poona, Rajneesh peut alors diffuser plus larg ement sa doctrine : rejet de tous les biens, vie dans une liberté totale, "regroupement de toutes les énergies que l'on a en soi et autour de soi", éveil spirituel à une conscience cosmique, méditation dyna mique, danse, sexe,... sont les moyens "libératoires sur le chemin de la découverte et de la réalité". Rashneesh écrit de nombreux livres où il réussit à placer des citations de Jésus, Marx, Shakespeare,...afin de pouvoi r séduire les occidentaux. Ceux-ci viennent en grand nombre. On compte plus de 30 000 visiteurs par an à la fi n des années 70.

Beaucoup (sans doute "préparés" ailleurs) ont déjà quitté leur vie professionne lle et leur famille, payent et travaillent dur pour devenir les élèves du Baghwan Rashneesh. En 1981, poursuivi par le fisc indien, Rajn eesh quitte l'Inde pour le "Rancho Rajneesh" ou "Rashneeshpuram", un immense centre à Entelope en Ore gon USA (6 400 ha de désert à l'origine, payé 5,75 millions de $), préparé par certains de ses disciples et dirigeants du mouvement. Des milliers de personnes "en recherche de paix in térieure" viennent y pratiquer la "méditation dynamique" de son invention, doublé d'une recherch e de catharsis et de suppression des émotions. Rashneeshpuram est un centre attractif au début, les travaux pénibles alternant avec des moments de détente. Il devient une véritable ville, reba ptisée Rajneesh Town, avec hôt els Rajneesh, Air Rajneesh, aéroport, Rashneesh boutiques, flotte d'autobus, 8000 m2 de halls de réunions... La ville sera entièrement dirigée par des disciples de Rajneesh (maire, conseil m unicipal, sheriff) et sa population comptera jusqu'à 3 500 habitants permanents.

Bhagwan Shree Rajneesh est décrit comme un Maîtr e spirituel, cultivé, moderne, charismatique, provocant, autoritaire, à la présence hypnotisante selon certains. Un homme qui vit dans un luxe inouï (il possédait une collection de Rolls Royce, -entre 27 et 91 selon les sources-) En septembre 1984, la communauté d'Entelope déraille complètement, lorsque pendant deux semaines et pour raisons électorales, des disciples me ttent de la salmonelle dans la nourriture de 10 restaurants de The Dalles, une ville proche. 750 pe rsonnes sont portées malades et 45 hospitalisées. Ma Anand Sheela, secrétaire personnelle de Bhagwan, admettra devant les tribunaux en avoir été l'instigatrice et sera condamnée à 69 ans de prison. La presse (San Francisco Chronicle) rappelle régulièrement cet événement, comme une première dans les annales du bioterrorisme aux USA, en particulier depuis un certain "11 Septembre".

Au plus haut de son succès, et selon elle, l' organisation aurait eu 200 000 membres dans 600 centres dans le monde. Elle va connaître un effondrement et ne redécollera qu'après la mort de Rajneesh. En 1985, Rajneesh plaide coupable sur deux points d'accusation,- être rentré frauduleusement sur le territoire américain et avoir arrangé des mariages pour permettre des immigrations-, ce qui selon la loi lui évite de répondre immédiatement à des faits beauc oup plus graves. Il est condamné à 10 ans de prison avec sursis et une amende de 400 000$. Indésirable en Oregon, il quitte les USA et cherche à créer de nouveaux centres au Népal, en Uruguay, Irlande, Gr èce, Allemagne, mais partout on lui refuse de s'installer. En 1989, Rashneesh, prend le nom de Osho (" Maître illuminé"), un degré en dessous de Bhagwan. En 1990, revenu à Poona il décède du sida. Sur sa tombe est écrit "jamais né, jamais mort". Dans ses dernières années à vivre, Rajneesh se droguait de plus en plus, pas seulement de médicaments. Il tenait des propos de plus en plus racistes et antisémites, et ses fidèles commencèrent à ressembler de plus en plus à des "chemises brunes" . Sa première adepte, Christine Wolf, qui avait toujours cru en lui, se suicida. Entre temps les milliers d'adeptes d'Entelope, d ésillusionnés pour la plupart ont quitté le centre d'Entelope et doivent faire le deuil de leur utopie et de tout ce qu'ils ont vécu.

Dans les dernières années, selon les témoignages, ils étaient traités comme des "insectes sans intelligence", choqués par les agissements d'une direction arrogante et paranoïa que (méthodes de collecte de fonds, système élaboré d'écoutes téléphoniques, gardes armés et détention d' armes de guerre illicites, punitions, extraditions...), mais chacun se donnait de bonnes raisons pour admettre l'inadmissible. En Allemagne, plaque tournante du mouvement en Europe, nombre d'adeptes ayant contracté des dettes et acheté des établissements en leur nom ou celui de leur entreprise (discothèques, restaurants, château Rashneeshstadt près de Kassel) font faillite. Malgré les poursuites et les blocages de comptes en Suisse, d'anciens dirigeants (appelés "les 21") avaient pris leurs précautions financières et réussissent à reconstituer le mouveme nt dans le monde sous le nom de OSHO. Aujourd'hui Le siège de la Fondation se trouve à Zurich (Suisse).

Ses financiers surveillent les développements du mouvement dans le monde et la protection des Trade Marks (Osho, Méditation Dynamique..) : ainsi une action en justice a-t-elle été entreprise contre le site www.oshoworld.com d'une association charitable indienne (Os ho Dhyan Mandir et Atul Anand) qui aurait repris le terme Osho,- marque déposée- ! Les principaux centres cités sur internet (sannyas.net....), se trouvent aujourd'hui au Népal (Katmandou), en Inde (Poona, Delhi), Japon, Australie (Perth), Hollande (Amsterdam, La Haye), Canada (Toronto), Allemagne (Dresde), Italie (3 centres), Danemark, Grande Bretagne, Irlande, France, Chili, Israel , Brésil, Salvador, Thaïlande. 1996 : A Poona en Inde, existe toujours un grand centre OSHO, une école de danse principalement. Sa directrice et coordinatrice, Amiyo Devienne , formée en France à la chorégraphie et à la thérapie par la danse, a enseigné pendant 20 ans une "approche holistique de la méditation et du mouvement". En 1990, Rajneesh lui avait demandé d'inclure dans son programme les danses sacrées et les mouvements de Gurdjieff, et pour cela elle est partie se former dans l'école Bennett de Santa Fé aux Etats Unis.

Un dépliant diffusé à Göteborg en Suède pr ésente la panoplie de ses "danses sacrées de Gurdjieff" : danses destinées à "se lib érer du cercle étroit des automatismes", "à s'ouvrir à un niveau de conscience supérieur", "travail" sur le physique, l' émotionnel et le mental simultanément, puissante dynamique de groupe, auxquels se rajouten t des méditations spéciales selon Osho. D'autres chorégraphes comme l'italienne Vasanta Trambusti seront été formées dans la même optique. Parcours d'un initié (Sannyasin) no rvégien, selon Karl Milton Hartveit. C'est en 1993 que "L'association des amis d' Osho" a été créée par le dénommé J. Sundrer Halvorsen, (Sundrer son nom d'initiation) dans le but de développer en Norvège le travail et les missions d'Osho.

Halvorsen avait fait 6 ans d'études de médecine en Californie dans les années 60, puis fait le tour de l'Amérique Latine pour y rencontrer un grand go urou du moment, un bolivien ayant passé 10 ans au Tibet et découvrir le yoga, la méditation et .. un livre sur Rajneesh. De retour aux USA en 1982, il rencontre le "Maître" et part dans un centre Osho de Grande Bretagne où, après 2 ans de "thérapie" il devient un Sannyasin. En 1997, il existe 350 à 400 sannyassin (adeptes initiés), et un nombre plusieurs fois supérieur de disciples actifs dans des groupes de méditation ou de thérapie selon Osho. Cette même année, 35 000 livres d'Osho ont été vendus dans le pays. D'autres parcours individuels de sannyasins sont donnés dans de multiples sites web en langue allemande. Des centres OSHO reconnus par la Fondation Gurdjieff En 2003, plusieurs sites de la 4 ème voie citent des centres OSHO pour y faire des mouvements ou des danses sacrées de Gurdjieff , Gu rdjieff International Review donne des lieux de "méditation Osho et danses Gurdjieff" Le centre de CLAYMONT aux USA, créé par le gurdjieffien BENNETT, a mis à son programme des retraites OSHO, parmi d'autres stages tels que de yoga ou les stages Gurdjieff de DuVersity . Le "3d Millenium Center" de Vladivostok en Russie professe les mouvements et danses Gurdjieff avec le soutien d'instructeurs japonais de "l'Institut Os ho pour les mouvements sacrés".

Le "Gurdjieff Movements Workshop" du Japon enseigne les mouvements Gurdjieff et incite à poursuivre l'enseignement en envoyant des élèves à la commune internationale OSHO en Inde En France Alors que les nombre de groupes OSHO et d'adeptes ont été considérables dans les pays anglo- saxons (USA, Australie, Grande Br etagne, Allemagne, Hollande, pays nordiques), ce mouvement a eu du mal à se développer en France. Le nombre des centres OSHO en France est mal connu car il s'agit le plus souvent de petits centres, d'appart ements, de fermes ou de chalets individuels. Le nombre des adeptes aurait culminé dans les années 80 à 300 individus et le urs activités restent aujourd'hui très discrètes, ce qui n'empêche pas d'en entendre parler de temps à autre par des témoignages de drames familiaux (séparations de couples, enfants envoyés en Inde..).

Les centres cités par seraient rattachés aux villes suivantes : - Arles (13) - Grenoble (38) - Nantes (44) - Perpignan (66) - Suresnes (92) - Toulouse (31) D'autres sources donnent : - Paris (75019) : Osho Tantra Bushan, 44 rue Fessart , Paris 19 ème , mais ceci reste à confirmer (Réf : le Bottin). - Laroque des Alberes (66 740), près de Perpignan, Pyrénées Orientales, un groupe OSHO- GURDJIEFF, dirigé en 2003 par une certaine Laïa. - Amélie les Bains (66110) : centre de méditati on Montalba, Mas de la Fergassa, (publicité en Hollande) - Hautes Pyrénées : centre de méditation et st ages annoncé par l'association Terre de Bien-Etre , qui montre la photo de ce chalet - Le Coq Banni (02140), près de la frontière belge : petit centr e de méditation de Milonga, qui n'aurait que 7 élèves, tous étrangers et recrutés en Allemagne (4) et Hollande (3), selon la publicité A noter - que le centre de Perpignan (66) pourrait être celui de Laroque les Alberes ou d'Amélie les Bains - qu'un ancien centre a été fermé par décision de Ma Anand Sheela, la toute puissante favorite de Rajneesh, il s'agit du centre de Thorinc ( ) dans les Alpes. Le centre Clos Ermitage (67) du Samadeva Institut, promu par le mouvement Osho (meditationfrance.com) propose des activités new ag e variées (méditation, sophrologie, etc..), dont plusieurs sont typiquement issues de Gurdjieff et Osho (mouvements et danses sacrées par A. Devienne, ennéagramme, ennéatypes,..).

CONCLUSION : Quel lien existe-t-il entre les mouvements Rajneesh et Gurdjieff Lorsque l'on étudie le mouvement OSHO (anciennement dénommé BHAGWAN SHREE RAJNEESH), on est frappé par les similitudes avec le mouvement Gurdjieff et par les multiples contacts entre les deux mouvements depuis plus de 30 ans. Des contacts avec le Système Gurdjieff - Tout d'abord le jeune Rajneesh étudiant à Bombay "reçoit l'illumination" en 1953 à 21 ans. Il parcourt l'Inde, crée plusieurs ashrams grâce à des donations, -dont l'un d'entre eux pour y expérimenter les techniques de Gurdjieff-, connaît un succès consid érable en nombre d'adeptes payants et venus des USA ou d'Allemagne (à l'évidence bien préparés) - Observons au passage qu'au tout début de sa carrière de gourou, Rajneesh a eu des contacts avec le Maharishi Mahesh Yogi qui l'a invité à venir donner une conférence à Bombay.

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Ceci n'est pas sans signification car le Maharishi, fondateur de la Méditation Transcendantale, a été lancé en Occident par Bennett, un des plus fidèles disciples de Gurdjieff. Plus tard Rajneesh déclarera considérer Bennett comme un véritable maître initié. Rappelons ici que Bennett est le disciple de Gurdjieff qui a le plus œuvré pour l'introduction en Occident de grandes sectes néoorientalistes de développement personnel, telles que la MT, SUFI, SUBUD,...). - Lorsque poursuivi par le fisc indien, Rajneesh quitte son pays pour s'installer aux USA, des disciples ont acheté et préparé pour lui 26 000 ha de terrain et commencé à y créer une ville qui s'appellera la ville de Rajneesh. Ceci est un scenario récurrent observé avec nombre de groupes issus de Gurdjieff : un gourou arrive dans un pays, il est aidé financièrement à s'installer et il connaît un succès immédiat, sa venue ayant été préparée et attendue. C'est ce que nous appelons le "Système" : su r la base de thèmes porteurs (New Age, Développement Personnel, retour à la terre, écologie, spiritualisme néooriental,.. et bien d'autres encore), des financements sont attribués tandis que des réseaux pré-existants de personnes placées dans les média, conférenciers, loges d'influence.. aident à ramener de futurs adeptes.

Lorsque vient un succès financier, que les dons affluent, le leader rembourse sa dette, de façon discrète et en évitant le traçage par le fisc, par exemple en revendant à un autre mouvement des biens immobiliers ou mobiliers à bas prix ou bien par une reconnaissance de dette non prise en compte par le fisc de certains pays après un nombre d'années donné. - Les pratiques de Rajneesh, ses provocations, sa personnalité extravagante et autoritaire, sa présence hypnotisante mais aussi son enseignement, son objectif de détruire les religions et les règles morales, de supprimer le moi et les émotions par un travail sur soi, rappellent constamment Gurdjieff. Les scandales aussi. - Peu avant son décès annoncé, Rajneesh demande à Amyio Devienne d'enseigner partout dans le monde les "mouvements" et "danses sacrées" qui furent à la base des pratiques de Gurdjieff. – Cette dernière ira les apprendre dans le centre Bennett de Santa Fé (New Mexico, USA). - Aujourd'hui on compte plusieurs centres "Osho-Gurdjieff" dans le monde (Europe du Nord, Russie, Inde, Japon..). - Les media du mouvement Gurdjieff (sites web, Gu rdjieff International Revi ew) citent plusieurs centres OSHO parmi les centres pratiquant les mouvements et danses sacrées de Gurdjieff. C'est à dire selon les standards édictés par Mme de Salzmann de la Fondation Gurdjieff. - Remarquons au passage que le site hollandais OSHO ( www.vrieden-van-osho.nl a pris comme fond de page le symbole des oies sauvages.

Un ancien adepte de Rajneesh, Michel Barnett, a repris ce symbole en créant le groupe Wild Goose/Energy Worl d, et a bénéficié d'une cession immobilière de la part du groupe gurdjieffien Linbu Danemark (une étude sur Wild Goose est en préparation). Sur la doctrine - Rajneesh dit avoir formé sa doctrine et son enseignement après avoir beaucoup étudié "jusqu'aux plus récents livres de l'Occident traitant de religions et de mysticisme", il a professé 9 ans dans l'université de Jabalpur. On ne trouve certes pas de trace de Gurdjieff dans la liste publiée par lui "sur ses lectures préférées" (ce qui n'étonnera personne, tant le secret est important chez Gurdjieff, et tant la pratique y prévaut sur toute lecture), mais on y trouve tout de même Castaneda (le Don Juan gurdjieffien, chercheur et connaisseur des drogues d'Amérique du s ud) et Irène Popov (qui pratiqua la discipline de Gurdjieff avec Ouspenky en Russie et écrivit sur Gurdjieff aux USA,- des livres très rares-), au milieu de livres beaucoup plus classiques tels que JJ Rousseau et Voltaire, ou des mémoires écrites sur Bertrand Russel, Wilhelm Reich, un fakir Sufi, un maître juif Hassid,... - Dans son livre "Books I have loved", Rajneesh affirme avoir connu beaucoup de gurdjieffiens dans sa vie mais "qu'aucun d'entre eux n'avait co mplètement lu la trilogie "All & Everything" de Gurdjieff", alors que "lui même l'avait lue plusie urs fois pour s'en imprégner complètement".

- Ce n'est que bien plus tard qu'en réponse aux questions d'une adepte Tu riya, Rajneesh démontre son excellente connaissance de la vie et de l'ensei gnement de Gurdjieff qu'il considère véritablement comme un (son?) maître, tout en considérant Orag e, Ouspensky, Hartmann, de Salzmann, Viven Engelberg, James Tomarelli comme ... de simples adeptes ! Il parle néanmoins de Bennett comme d'un véritable "Maître". Bennett malade aurait reçu directem ent le fluide de Gurdjieff qui lui aurait mis un jour la main sur la tête et guéri. L'enseignement et les pratiques On ne peut s'empêcher de voir comme une év idence les similitudes da ns les expressions, la doctrine et dans les agissements des deux dirigeants. - Comme Gurdjieff, Rajneesh enseignait que "l'homme est endormi", "qu'il est une machine", qu'il a perdu "son essence". Pour retrouver sa pureté originelle et devenir "l'homme nouveau", il doit "détruire sa personnalité".

Il doit se libérer de toutes les traditions politiques, religieuses et morales afin de retrouver sa propre nature divine. - Le Maître est là pour provoquer des situations de conflit d'ego, difficiles, voire impossibles, afin de contribuer à accélérer l'effondrement de la c onscience rationnelle, "extirpe r la morale apprise", éradiquer la "personnalité", cette maladie morale . Il se produit alors une purification profonde et l'illumination (Rajneesh avoue n'utiliser ce dernier te rme que pour attirer les occidentaux adeptes du New age). Pour lui, l'homme nouveau a une expérience directe et une connaissance du monde divin. Il a une nouvelle conscience, il n'est plus astreint aux règles de morale ordinaire, "il sait intuitivement à chaque instant ce qui est juste et ce qui est faux".

- Rajneesh n'avait pas son pareil pour appliquer cel a : faire travailler et épuiser physiquement ses adeptes, les opprimer, les détendre par des histoires graveleuses de type Gurdjieff "dont il était le premier à rire et faire rire aux éclats", "un harem de jeunes femmes et une mythologie d'athlète sexuel incomparable, un luxe inouï (que les adeptes préféraient prendre pour un pied de nez à la société qui l'entourait), une personnalité de dictateur spirituel et matériel, et pour tout dire un égoïsme rare et un ego monstrueux". La vie à Rajneeshpuram était "un cauchemar de théocratie" et de totalitarisme pour les uns, une sorte de "théatre de rue cosmique" et une énorme blague destinée à ridiculiser le matérialisme en occident pour d'autres, tous obéissants. - Base des enseignements de l'un comme de l'autre, la "Méditation Dynamique" (marque déposée) a des similitudes avec les "Mouvements" de Gurdjieff, avec quelques rappels du "Latihan" de Subud :

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1 ère phase : exercices respiratoires "chaotiques" : inspirations et expirations profondes et rapides, sans le moindre rythme

2 ème phase : devenir consciemment fou : danser, hurler, frapper le mur, rire, pleurer,... sans censure, pour arriver à un état de vide intérieur

3 ème phase : elle début e par un ordre "STOP". Tous les participants s'arrêtent dans la position dans laquelle ils étaient quand l'ordre a été donné, et ils y restent 10 minutes sans mouvement ni son, "pour laisser agir la force spirituelle". Cette phase se termine par des danses, du chant, "la fête de l'homme", chacun devant exprimer son bonheur ex tatique d'avoir pu entrer en contact avec les "forces divines" et d'être sur la voie de devenir un "homme nouveau". - Contrairement à Gurdjieff qui n'admettait les débordements sexuels que pour lui-même, Rajneesh a introduit le "massage érotique", une "thérapie corporelle d'importance majeure pour le développement humain" : pour lui, lorsque les centres sexuels sont stimulés, des forces spirituelles sont libérées et peuvent à terme mener à la connaissance cosmique. Une jeune femme témoigne avoir perdu ses illusions après le scandale de 1984.

Elle regrette comme des centaines d'autres de s'être faite stériliser à la demande de Rajneesh. Depuis 1984 , les élèves ont eu obligation de passer positivement les tests HIV du sida avant d'être autorisés à pratiquer la "thérapie Rajneeshienne". Drogue et Hypnose - Quant à l'usage de drogues, "la chimie" app liquée à l'homme, Rajneesh, beaucoup plus bavard que Gurdjieff, en justifiait lui aussi l'usage dans son livre "Notes of a Mad Man" : " L'oxygène et l'azote sont les éléments basiqu es de l'existence. Ils peuvent avoir beaucoup d'emploi, mais pour diverses raisons, les politiciens sont contre les produits chimiques de toutes sortes, toutes drogues. Le mot de drogue lui même est devenu dangereux. Ils sont contre les drogues parce que si les gens commencent à se connaître, les politiciens vont perdre leurs pouvoirs sur eux, et ils aiment le pouvoir. Dans les Vedas (indiennes), les drogues s'appellent le "soma", "l'essence", et depuis lors, tous ceux qui les ont utilisées ont reconnu, directement ou indirectement, que les drogues peuvent rendre un immense service à l'homme.

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L'homme est un organisme chimique, ainsi est son existence. Tout est chimie..." On remarque ici que le mot "soma" était déjà utilisé par Aldous Huxley dans le "Meilleur des Mondes" pour désigner la drogue que posséderaient tout citoyen pour se sentir mieux. On remarque aussi que "Essence" est le mot magique de Gurdjie ff pour désigner la "personnalité originelle", que l'éducation et l'identification ont détr uit, et que les techniques de sa 4 ème voie sont destinées à retrouver. - Forts de cette philosophie, les dirigeants d'Ente lope ont pu s'adonner au trafic de drogue, faire beaucoup d'argent et fournir les adeptes. Une jeune anglaise a été jugée pour avoir transporté plusieurs kilos de haschich pour payer son vol de retour de Poona à Toronto. - Comme la fin justifiait les moyens lors de la tentative de prise de pouvoir d'une ville voisine d'Entelope, quelques centaines de SDF ont été achetés et drogués pour venir voter dans l'intérêt de la secte.

La manœuvre n'ayant pas réussi, ces SDF fu rent renvoyés dans leur ville d'origine. - Quant à sa propre consommation, Rajneesh se targ uait d'utiliser régulièrement du gaz hilarant. En réalité il était drogué de longue date et termina piteusement sa vie, en y rajoutant du Valium et de la trinitrine, pour cause de maladie cette fois. Pour ne pas oublier de quoi il est question Au delà des aspects hilarants pour ceux qui n'ont pas connu la secte de l'intérieur. Le Rapport Parlementaire "Les sectes en Fran ce" de 1996 citait pour la France "le Centre d'Information OSHO" comme mouvement sectaire de 50 à 500 adeptes. Rappelons les critères retenus par cette Commission faisant siens ceux retenus par les Renseignements Généraux du Ministère de l'Intérieur : - la déstabilisation mentale - le caractère exorbitant des exigences financières - La rupture induite avec l'environnement d'origine - Les atteintes à l'intégrité physique - L'embrigadement des enfants - Le discours plus ou moins antisocial - Les troubles à l'ordre public - L'importance des démêlées judiciaires - L'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels - Les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics Les dix critères s'appliquent, depuis ses débuts, à ce mouvement certes d' importance numérique et financière limitée en France , mais très important au niveau mondial.

A.1.2) L'homme rusé

Georges Ivanovitch Gurdjieff, né dans le Caucase à une date indéterminée, est arrivé en France en 1921 entouré d'un certain nombre d'adeptes russes. Dès 1922 il a pu acquérir une propriété à Fontainebleau, le Prieuré d'Avon, grâce à des fonds levés par un de ses premiers adeptes, le journaliste russe P.D. Ouspensky. Ce dernier s'était installé en Angleterre, en contact direct avec les milieux théosophes. Ouspensky allait ensuite envoyer nombre de ses propres «élèves» faire des séjours plus ou moins prolongés au Prieuré, jusqu'à ce que Gurdjieff le déclare persona non grata (et ses élèves avec lui, nonobstant leur générosité passée) car il avait désormais formé les cadres qui lui permettaient de s'attaquer au marché américain.

 Le Système Gurdjieff

Le mouvement Gurdjieff était transnational d'emblée. Gurdjieff avait un grand sens de la stratégie, en plus de ses capacités de manipulateur. En recrutant et formant des journalistes de renom comme Ouspensky, puis son homologue anglais Orage, le premier lui fournissant le second, il faisait de deux pierres mille coups : d'une part, il donnait à son mouvement une image cultivée et intellectuelle, et d'autre part cela lui donnait accès à une clientèle déjà préparée par la théosophie. Il ne s'est vraiment attaqué au marché français que pendant l'Occupation depuis son appartement parisien. Depuis lors, on ne compte plus les intellectuels qui se sont investis pour promouvoir et créer des groupes en Europe Occidentale, Amérique du Nord et du Sud, Océanie, et aujourd'hui en Europe de l'Est et en Asie.

 

Gurdjieff s'est beaucoup inspiré d'Helena Blavatsky fondatrice de la Théosophie (tout en proclamant qu'elle n'y connaissait rien). Il se servait également de contes et d'aphorismes, censés exprimer une profonde sagesse populaire. Il développait en outre des théories basées sur l'octave musicale, mâtinées de diverses considérations chim(ér)iques et numérologiques (dont l'ennéagramme, censé symboliser sa cosmologie et neuf types humains). Rajoutons pour faire bonne mesure des relents d'hindouisme tantrique, un peu de yoga, un peu d'astrologie, du «christianisme ésotérique», du soufisme : c'était un pot-pourri des idées dans l'air du temps. Tout était bon à prendre. Le contenu ésotérique enflait sans cesse grâce à l'apport de nouveaux adeptes, et continue encore à enfler de nos jours. Cette partie de la doctrine est cependant anecdotique. La spécificité de la Quatrième Voie se trouve moins dans ses théories que dans sa pratique.

Pour faire court, on pourrait dire que Gurdjieff, c'est la théosophie plus les techniques d'assujettissement.

 

 ENNEAGRAMME (Esotérisme)

 

 

L' ennéagramme est une méthode ésotérique de développement personnel dont la plupart des sources laissent penser qu'elle a été conçue ou développée par Georges Gurdjieff qui y voyait « la porte pour acquérir la Pierre Philosophale* » « le symbole qui prend la forme d’un cercle divisé en neuf par des points, reliés entre eux dans un certain ordre par neuf lignes, exprime la loi de sept dans son union à la loi de trois ».

Le mot a été construit avec la racine grecque ennea qui signifie neuf et gramma dont le sens est figure. L'ennéagramme, comme support d'étude de la personnalité, s'est diffusé à partir des années 1970 aux États-Unis dans le courant de la psychologie humaniste et plus récemment dans les courants New Age. Des controverses existent au sujet de cette théorie et de son fondateur.

 

*Pierre philosophale: Nous retrouvons cet élément dans le livre et le film Harry Potter à l'école des sorciers.

Wikipédia: La Pierre Philosophale est une hypothétique substance alchimique. Pour Louis Figuier :« Les alchimistes attribuaient à la pierre philosophale trois propriétés essentielles : changer les métaux vils en argent ou en or ; guérir les maladies et prolonger la vie humaine au-delà de ses bornes naturelles »

Note: Il est aisé de comprendre que seul satan recherche ce genre de "puissance".

 

 

 Origine de l'ennéagramme

Gurdjieff prétend avoir connu l'ennéagramme au contact d'une hypothétique confrérie des Sarmoung en Asie centrale. L'origine de l'ennéagramme reste floue et à l'heure actuelle personne ne peut apporter de preuves formelles quant à son origine. Certains gnostiques pensent que Gurdjieff l'a tout simplement conçu et habilement diffusé.

 

 

 Développement de la méthode

 

Gurdjieff dit avoir reçu communication de ce symbole au cours d'un de ses voyages, par l'intermédiaire d'une société initiatique, héritière, dit-il, d'une ancienne confrérie Soufi.
PD. Ouspensky dans son ouvrage « Fragment d'un enseignement inconnu », rapporte que Gurdjieff estimait ce symbole comme étant d'une très grande importance :

 

« Un homme isolé dans le désert tracerait-il l’Ennéagramme sur le sable, il y pourrait lire les lois éternelles de l'univers » [ ...] « La signification de ce symbole était estimée d'une telle importance par ceux qui la connaissaient, qu'ils ne voulurent jamais la divulguer » [...] « L'enntéagramme est le mouvement perpétuel, ί1 est ce « perpetuum mobile » que les hommes out cherché depuis la plus lointaine antiquité... »

Ce symbole d’importance appelé “Ennéagramme”, a été l’apanage de diverses sociétés secrètes. Il apparaît à différentes époques sous l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui et serait, selon une tradition "secrète", l’expression d’un très haut savoir initiatique.
Dans sa représentation actuelle, on ne peut que constater, l’absence de tout élément représentatif de l’instrument de mémoire qui fut producteur de la figure et du cercle qui la contient. La trace qui devait nous indiquer la genèse de l’image semble parfaitement occultée.
Dans le dessein de retrouver les marques appartenant au principe de la génération qui permettent de compléter la figure et d’en restituer la véritable image, nous avons décrypté et interrogé la mémoire créative du schème...
Une fois qu’apparaît, restituée dans son expression schématique la plus simple, la mémoire constructive du principe de la Génération qui a présidé à sa formation, l’Ennéagramme offre une nouvelle image, un ajout, sous la forme d’un cercle complémentaire, circonscrit l’ensemble de la figure. Ce cercle peut sembler sans importance et l’on pourrait même en induire sa disparition, si une telle attitude n’était dommageable pour comprendre et pénétrer plus avant dans la réalité créative de ce schème.
« [...] À notre connaissance, tous les Ennéagrammes que nous avons examinés, à ce jour, sont graphiquement incomplets puisque le cercle constructeur n’apparaît pas dans la figure. Gommer ce cercle, c’est tronquer l’image de ce symbole schème, c’est le priver de l’expression dynamique de sa genèse hautement énergétique. »

Le noyau de la doctrine de Gurdjieff avait trait à l’intégration de toutes les "forces vitales" pour les mettre en harmonie les unes avec les autres ainsi qu’avec l’ordre cosmique, de sorte que chaque individu apprenne à "être".

 

 

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Gurdjieff a élaboré ses théories fondées sur l’ennéagramme vers 1916. Toutefois, la première publication sur le sujet date de la parution du livre d’Ouspensky, (journaliste) Fragments d'un enseignement inconnu en 1949. C’est Ouspensky qui greffa sur ce diagramme un système d’équivalences avec les fonctions du corps humain et les planètes. Puis Rodney Collin-Smith, un de ses disciples, fit correspondre l’ennéagramme au déroulement d’une vie humaine qu’il divisa en neuf périodes et à différents types psychologiques, selon une démarche assez similaire à celle qu’adoptait un autre adepte d’Ouspensky, Maurice Nicoll.

Oscar ICHAZO fut le premier responsable de l’ Ennéagramme

 

 

 

En octobre 1969, à l'institut de psychologie appliquée de Santiago du Chili, Ichazo donna une série de conférences sur l’ennéagramme comme un moyen de dresser une carte de la psyché humaine et des divers caractères. Parmi les auditeurs se trouvait un certain Claudio Naranjo, un universitaire qui enseignait au Chili et en Californie. Il avait lui-même fréquenté un groupe Gurdjieff dans sa jeunesse au Venezuela et participait aux travaux du Center for Biochemical Dynamics où l’on expérimentait les effets de nombreuses drogues psychédéliques. Séduit, il passa plusieurs mois à Arica dans l’Instituto de Gnosologia qu’y avait fondé Ichazo. Retourné à Berkeley, il développa sa propre version de l’ennéagramme qui est la plus connue en Occident depuis les années 1970.

En Californie, Naranjo rencontra Kathleen Riordan Speeth, docteur en psychologie comportementale, membre de la Gurdjieff Foundation et dont les parents avaient également travaillé avec Gurdjieff. Elle rejoignit rapidement les groupes de Naranjo, y acquit une place prééminente et finit par succéder à Naranjo quand celui-ci décida de retourner dans son pays d’origine. Parmi ceux qui étudièrent avec Kathleen Speeth, Robert Ochs et Helen Palmer (ci-dessous) furent finalement les responsables du passage de l’ennéagramme dans le grand public.

 

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 Georges Ivanovitch Gurdjieff, né dans le Caucase à une date indéterminée, est arrivé en France en 1921 entouré d'un certain nombre d'adeptes russes. Dès 1922 il a pu acquérir une propriété à Fontainebleau, le Prieuré d'Avon, grâce à des fonds levés par un de ses premiers adeptes, le journaliste russe P.D. Ouspensky. Ce dernier s'était installé en Angleterre, en contact direct avec les milieux théosophes. Ouspensky allait ensuite envoyer nombre de ses propres «élèves» faire des séjours plus ou moins prolongés au Prieuré, jusqu'à ce que Gurdjieff le déclare persona non grata (et ses élèves avec lui, nonobstant leur générosité passée) car il avait désormais formé les cadres qui lui permettaient de s'attaquer au marché américain.

Le mouvement Gurdjieff était transnational d'emblée. Gurdjieff avait un grand sens de la stratégie, en plus de ses capacités de manipulateur. En recrutant et formant des journalistes de renom comme Ouspensky, puis son homologue anglais Orage, le premier lui fournissant le second, il faisait de deux pierres mille coups : d'une part, il donnait à son mouvement une image cultivée et intellectuelle, et d'autre part cela lui donnait accès à une clientèle déjà préparée par la théosophie. Il ne s'est vraiment attaqué au marché français que pendant l'Occupation depuis son appartement parisien. Depuis lors, on ne compte plus les intellectuels qui se sont investis pour promouvoir et créer des groupes en Europe Occidentale, Amérique du Nord et du Sud, Océanie, et aujourd'hui en Europe de l'Est et en Asie.
La doctrine
Helena-Blavatsky

Société théosophique

Gurdjieff s'est beaucoup inspiré d'Helena Blavatsky fondatrice de la Théosophie (tout en proclamant qu'elle n'y connaissait rien). Il se servait également de contes et d'aphorismes, censés exprimer une profonde sagesse populaire. Il développait en outre des théories basées sur l'octave musicale, mâtinées de diverses considérations chim(ér)iques et numérologiques (dont l'ennéagramme, censé symboliser sa cosmologie et neuf types humains). Rajoutons pour faire bonne mesure des relents d'hindouisme tantrique, un peu de yoga, un peu d'astrologie, du «christianisme ésotérique», du soufisme : c'était un pot-pourri des idées dans l'air du temps. Tout était bon à prendre. Le contenu ésotérique enflait sans cesse grâce à l'apport de nouveaux adeptes, et continue encore à enfler de nos jours. Cette partie de la doctrine est cependant anecdotique. La spécificité de la Quatrième Voie se trouve moins dans ses théories que dans sa pratique.

Pour faire court, on pourrait dire que Gurdjieff, c'est la théosophie plus les techniques d'assujettissement.

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Gurdjieff a élaboré ses théories fondées sur l’ennéagramme vers 1916. Toutefois, la première publication sur le sujet date de la parution du livre d’Ouspensky, (journaliste) Fragments d'un enseignement inconnu en 1949. C’est Ouspensky qui greffa sur ce diagramme un système d’équivalences avec les fonctions du corps humain et les planètes. Puis Rodney Collin-Smith, un de ses disciples, fit correspondre l’ennéagramme au déroulement d’une vie humaine qu’il divisa en neuf périodes et à différents types psychologiques, selon une démarche assez similaire à celle qu’adoptait un autre adepte d’Ouspensky, Maurice Nicoll.

Oscar ICHAZO fut le premier responsable de l’ Ennéagramme

 

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Ichazo Oscar et Claudio Naranjo

 

En octobre 1969, à l'institut de psychologie appliquée de Santiago du Chili, Ichazo donna une série de conférences sur l’ennéagramme comme un moyen de dresser une carte de la psyché humaine et des divers caractères. Parmi les auditeurs se trouvait un certain Claudio Naranjo, un universitaire qui enseignait au Chili et en Californie. Il avait lui-même fréquenté un groupe Gurdjieff dans sa jeunesse au Venezuela et participait aux travaux du Center for Biochemical Dynamics où l’on expérimentait les effets de nombreuses drogues psychédéliques. Séduit, il passa plusieurs mois à Arica dans l’Instituto de Gnosologia qu’y avait fondé Ichazo. Retourné à Berkeley, il développa sa propre version de l’ennéagramme qui est la plus connue en Occident depuis les années 1970.

En Californie, Naranjo rencontra Kathleen Riordan Speeth, docteur en psychologie comportementale, membre de la Gurdjieff Foundation et dont les parents avaient également travaillé avec Gurdjieff. Elle rejoignit rapidement les groupes de Naranjo, y acquit une place prééminente et finit par succéder à Naranjo quand celui-ci décida de retourner dans son pays d’origine. Parmi ceux qui étudièrent avec Kathleen Speeth, Robert Ochs et Helen Palmer (ci-dessous) furent finalement les responsables du passage de l’ennéagramme dans le grand public.

 

 

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Illuminati ennéagramme

 

développement-personnel
A.2.6) La pratique
L'enseignement de Gurdjieff devait impérativement être vécu (il considérait l'homme « comme une expérience » dont il était l'expérimentateur) :
« J'avais besoin de rats pour mes expériences
Hein ?
Oui, des rats».
«Gurdjieff avait encore à sa disposition quelques «rats» ou  cobayes entraînés»- quoique ses rois des rats» fussent partis pour la plupart.»

(Gurdjieff, 1931 au Café de la Paix avec C.S. Nott)
Cela comportait des efforts physiques intenses, des privations de sommeil, des jeûnes prolongés et des chocs émotionnels, en particulier lors de sessions intensives, souvent menées hors du pays d'origine de la nouvelle recrue.
L'adepte devait en outre faire des efforts permanents d'introspection (appelés «le travail») pour :
  * décortiquer son propre fonctionnement psychique (mal équilibré chez l'homme moderne) selon Gurdjieff
    * éradiquer sans merci tout ce qu'il avait pensé, cru ou « cru savoir » auparavant. Il s'agissait de se défaire de la «fausse personnalité» qui lui avait été induite par la société et de «l'hypnose collective» dans lequel il était censé vivre auparavant.
selon Gurdjieff, «l'homme est une machine qui réagit aux stimulations» et seuls de rares individus, correctement guidés, sont capables en «travaillant» sur eux-mêmes d'acquérir une volonté propre et une âme immortelle. Pour atteindre ce «niveau supérieur de conscience», nul besoin d'un gourou, d'un yogi ou d'un prêtre, disait Ouspensky, «mais un bon professeur est indispensable» (sic).
Pour Gurdjieff cet état de «Conscience» a été recherché par les fakirs (mortification du physique), par les moines (contrôle de l'émotion) et par les yogis («travail »sur le mental) qui ont suivi les trois grandes voies de la spiritualité, mais seule la «4ème Voie» en permet la synthèse, et bien plus rapidement, précise-t-il, grâce à une certaine «petite pilule».
Depuis ses origines, la 4ème Voie, ou Voie de l'homme rusé, est saupoudrée de psychotropes.
« Il est bien évident que lorsqu'on tient pour acquis que tous les hommes sont des machines et qu'on commence soi-même à ne plus en être une, une dangereuse tentation risque de naître : si les autres sont des machines, pourquoi ne pas les utiliser comme tels ? La duplicité devient alors une forme très légitime de l'entraînement à une conscience de soi plus aiguë.
Et c'est là qu'une sorte d'inversion spirituelle intervient, infiniment plus périlleuse que l'immoralisme accepté comme tel.
... Le véritable danger spirituel commence au moment où le Bien est appelé Mal, et le Mal Bien. La perversion ainsi créée est presque immédiate»
Paul Sérant (un ancien élève), cité par Louis Pauwells dans «Monsieur Gurdjieff», et par Whitall N Perry dans «Gurdjieff à la Lumière de la Tradition»
Le recrutement
Gurdjieff semble avoir possédé un certain charisme et une pratique de l'hypnotisme, outre son sens de la stratégie.  Des groupes ésotériques vantaient ce nouveau « Maître » tant espéré dont l'enseignement allait changer le Monde.

Livre-Gurdjieff
Vécus d'adeptes
Gurdjieff avait plaisir également à se montrer vulgaire : «Vous, merdité complète» était une de ses expressions favorites. Il aimait s'entourer de jeunes filles qu'il appelait «mes génisses, pas encore vaches », sans dédaigner les femmes mariées. Les maris consentaient s'ils « voulaient» rester. Selon l'un de ses très nombreux fils illégitimes, un des dirigeants actuels de la Fondation Gurdjieff, il avait un appétit sexuel débridé, et une de ses adeptes était chargée de lui fournir de quoi alimenter ses ballets roses quasi quotidiens. Gros buveur, gros mangeur, d'une propreté dou-teuse mais aussi fabulateur, baratineur (il avait été marchand de tapis), et faux thérapeute.
Selon ses adeptes, Gurdjieff cherchait intentionnellement à choquer, afin de rebuter d'emblée ceux qui n'avaient pas la pénétration suffisante pour voir au-delà des apparences. Plus prosaïquement, cela lui évitait de perdre son temps avec des gens à l'esprit critique trop affirmé. Ceux qui restaient se trouvaient enfermés dans un véritable piège : désormais le bien s'appelait le mal et le mal, le bien. Compassion, sens moral, attachement sentimental «dans le sens ordinaire des mots» étaient vilipendés. La soumission au «professeur» était doublée d'une «lutte contre les émotions négatives». Il ne fallait pas parler du «Travail» à des gens extérieurs au mouvement : selon Gurdjieff, l'élève risquait d'en donner involontairement une image fausse. Beaucoup de postulants finissaient en hôpital psychiatrique. Selon les autres adeptes c'était soit parce qu'ils étaient faibles, soit parce qu'ils étaient venus à Gurdjieff trop tard.
Gurdjieff considérait que les parents étaient les moins aptes à s'occuper de leurs enfants, parce qu'ils étaient trop faibles avec eux. En outre, ils ne possédaient pas encore le «niveau de conscience» suffisant.
Au Prieuré, les enfants étaient confiés à la personne qui les aimait le moins, pour éviter tout sentiment. Comme le maître était contre l'éducation livresque, les enfants ne recevaient généralement aucune instruction.

 La 4ème Voie
«En travaillant avec nous», dit un de ses premiers adeptes, «il prenait pour un temps la place de notre âme (...)». De fait, au vu des récits, Gurdjieff exerçait un contrôle quasi total sur ses adeptes
A l'époque, on ne parlait pas encore de développement du potentiel humain, et encore moins de manipulation mentale, du moins en ces termes. On peut considérer Gurdjieff comme un précurseur à plus d'un titre, et sa 4ème Voie comme une école de formation de gourous.

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NOTE: Ce livre ésotérique ci-dessus coût 137.83€ neuf et 42.00€ d'occasion (301 pages) sur un site de vente en ligne. Nous voyons très clairement par ce tarif, même d'occasion, que les adeptes en abusent pour remplir leurs portes monnaie. Vous payez pour vous damner !

 (1) On trouvera de nombreux indices de l'illetrisme de Gurdjieff dans :
Thomas et Olga de Hartmann, Our life with Mr Gurdjieff. Elizabeth et John Bennett, Des Idiots à Paris. GI Gurdjieff, Récits de Bélzebuth à son ptits fils. PD Oupensky : Fragments d'un enseignement inconnu. Louis Pauwels : Monsieur Gurdjieff. Peter Washington , la saga théosophisue ou Blavatsky's Baboon. James Webb, The harmonious circle. Whitehall N. Perry, Gurdjieff à la lumière de la Tradition.
(2) Lire sur le "toast aux idiots" :
Bennett, des Idiots à Pris. Pauwell, Monsieur Gurdjieff. Jean francois Revel, Le voleur dans la maison vide.

Autres références pour cet article :
Témoignages de Margaret Anderson, Fritz Peters, Mme de Sternval, Nicolas Tereschenko (ci-dessus), Nicolas de Val, Michel Waldberg, ainsi que la Gurdjieff International Review sur le web.

 

NOUS INFORMONS: ATTENTION DANGER !

NE PAYEZ PAS POUR VOUS DAMNER !

Références de l'étude Le site internet www.prevensectes.fr , avec en particulier le témoignage de J Gordon publié dans Bulles (journal de l'ADFI France) en 1989. La France aux cent sectes de JP Van Geirt Le Rapport Parlementaire :"Les Sectes en Fran ce", Alain Gest Président de la Commisssion d'enquête. Editions Patrick Banon Les travaux de Svend Jensen (dans l'"ABC des religions danoises"), Le livre "Jakten p°a det Hellige" ("La poursuite du sacré") du norvégien Karl Milton Hartveit, Sekten de Heide-Mari Cammans pour l'Allemagne. Enfin, (partiellement, vu l'importance de leurs tailles), 11 sites internet actuels du mouvement complétés d'une variété de sites de promotion de centres particuliers.


Gurdjieff sur les pièges de divers enseignements spirituels et développement personnel .

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Extrait de Gurdjieff parle à ses élèves, par G.I. Gurdjieff, p. 71

(Emphases et [commentaires] Zone-7)

 

(…) le développement de soi. Voyons un peu comment les choses se présentent ici. Il va de soi que, livré à lui-même, un homme ne peut pas apprendre de son petit doigt comment se développer lui-même, et encore moins ce qu’il doit au juste développer.

Pourtant peu à peu, en rencontrant des gens qui cherchent, en leur parlant, en lisant des livres sur le développement de soi, il se trouve attiré dans la sphère de ces questions.

Mais que va-t-il donc y trouver ? D’abord un abîme de charlatanisme éhonté, entièrement basé sur l’avidité, le désir de se faire une vie facile en mystifiant les gens crédules qui cherchent à sortir de leur impuissance spirituelle.

[Zone-7 : Un exemple flagrant parmi tant d'autres : Le Secret]et loi d'attraction

Avant qu’il ait appris à séparer le bon grain de l’ivraie, il s’écoulera beaucoup de temps, pendant lequel son besoin de découvrir la vérité risque de vaciller et de s’éteindre, ou de se pervertir. Privé de son flair, il peut alors se laisser entraîner dans un labyrinthe qui débouche tout droit sur les cornes du diable. Si l’homme parvient à se tirer de ce premier bourbier, il risque de tomber dans un nouveau marécage, celui de la pseudo-connaissance.

La vérité lui sera servie sous une forme si vague et si indigeste qu’elle produira l’impression d’un délire pathologique. On lui indiquera la manière de développer des pouvoirs et des capacités cachés qui, on le lui promet, à condition qu’il persévère, lui donneront sans trop de mal la puissance et la domination sur tout, aussi bien sur les créatures animées que sur la matière inerte et sur les éléments. Tous ces systèmes fondés sur les théories les plus diverses sont extraordinairement séduisants, sans doute en raison même de leur caractère vague. Ils attirent tout particulièrement les personnes « semi-éduquées », à moitié instruites en matière de connaissance positive.

Étant donné que la plupart des questions étudiées du point de vue des théories occultes ou ésotériques dépassent les limites des notions accessibles à la science moderne, ces théories considèrent celle-ci de haut. Si bien que, tout en rendant justice à la science positive, elles minimisent par ailleurs son importance et laissent entendre que la science est un échec, et bien pis encore. (…)

Mais il est une chose importante que l’étude de ces théories ne donne pas : elle n’engendre pas l’objectivité en matière de connaissance, encore moins que la science elle-même. Elle tend à embrumer le cerveau de l’homme et à diminuer sa capacité à raisonner et penser sainement, le conduisant à un déséquilibre mental. Tel est l’effet de ces théories sur l’homme à demi éduqué qui les prend pour d’authentiques révélations. D’ailleurs, leur action n’est pas tellement différente sur les savants eux-mêmes lorsqu’ils ont été touchés, si légèrement que ce soit, par le poison de l’insatisfaction des choses telles qu’elles existent.

[Zone-7 : Ceci est un concept de la plus haute importance : le poison de l'insatisfaction des choses telles qu'elles existent. C'est une autre façon d'exprimer le détachement si cher à bien des systèmes de pensées et philosophies. Certes, nous voulons tous "changer le monde", en éradiquer la souffrance, les guerres, etc., mais il nous vient rarement à l'esprit que toutes ces choses ont une raison d'être, elles sont comme elles sont - et ce, avec ou sans notre accord - et qu'il serait beaucoup plus important de comprendre ces raisons plutôt que de faire croisade contre des moulins à vent.]

Notre machine-à-penser a la propriété d’être persuadée de tout ce que vous voudrez, pour peu qu’elle soit influencée de façon répétée et persistante dans la direction voulue. Une chose qui peut, au départ, sembler absurde finira par paraître rationnelle pourvu qu’on la répète avec une insistance et une conviction suffisantes. Un certain type d’homme redira des phrases toutes faites qui lui sont restées dans l’esprit, un autre ira chercher des preuves et des paradoxes sophistiqués pour justifier ses assertions. Tous deux sont également à plaindre. Toutes ces théories énoncent des affirmations qui, tels des dogmes, ne peuvent être vérifiées – en tout cas pas par des moyens dont nous disposons.

[Zone-7 : La répétition est une méthode bien connue, et ô combien utilisée, pour court-circuiter notre discernement. C'est ainsi qu'on nous persuade que faire la guerre apporte paix et sécurité, que le bonheur se trouve dans la consommation et que participer à un marathon aide la lutte contre le cancer, par exemple.]

Certains moyens et certaines méthodes de développement de soi sont alors suggérés, qui sont censés conduire à un état dans lequel ces affirmations peuvent être vérifiées. En principe, il n’y aurait rien à redire à cela. Mais en fait la pratique prolongée de ces méthodes risque de conduire le chercheur trop zélé à des résultats très indésirables. Un homme qui adhère aux théories occultes et qui se croit doué dans ce domaine sera incapable de résister à la tentation de mettre en pratique les méthodes qu’il a étudiées, c’est-à-dire qui, selon lui, comportent des risques, et en choisissant les moyens les plus sûrs et les plus authentiques. Peut-être les examinera-t-il avec le plus grand soin. Cependant, la tentation qu’il aura de les employer, l’insistance mise autour de lui sur la nécessité d’en faire usage, sur la nature miraculeuse de leurs résultats, tandis que leurs mauvais côtés sont soigneusement dissimulés, tout cela l’amènera à les essayer.

[Zone-7 : Reiki, chanelling et substances miracles sont en premier sur cette liste. Sans les connaissances objectives de chacune de ces sphères, leur utilisation est plus que hasardeuse.]

Peut-être qu’en les essayant il découvrira des méthodes inoffensives pour lui. Peut-être même en tirera-t-il un bénéfice. Mais le plus souvent, les méthodes de développement de soi qui se proposent à l’expérience, soit comme moyens, soit comme fins, sont contradictoires et incompréhensibles. Comme elles s’appliquent à une machine aussi complexe et aussi mal connue que l’organisme humain, et en même temps à ce côté de notre vie qui lui est intimement lié, que nous appelons notre psychisme, la moindre erreur d’application, la moindre maladresse, le moindre excès de pression, peuvent causer d’irréparables dommages à la machine. Heureux qui s’échappera à peu près indemne d’un tel guêpier !

Malheureusement, la plupart de ceux qui s’adonnent au développement des pouvoirs et des facultés spirituels terminent leur carrière dans un asile d’aliénés, ou ruinent leur santé et leur psychisme au point d’être réduits à être des infirmes, incapables de s’adapter à la vie. Leurs rangs sont grossis de ceux que la nostalgie du mystère et du miraculeux attire au pseudo-occultisme. Il y a encore les individus à la volonté exceptionnellement faible qui sont des ratés dans la vie, et qui, en vue de gains personnels, rêvent de développer en eux-mêmes la puissance et la capacité de subjuguer les autres. Et finalement, il y a ceux qui cherchent tout simplement du nouveau dans la vie, un moyen d’oublier leurs soucis, ou encore de trouver une diversion à leur ennui, à la routine quotidienne et d’échapper ainsi à tout conflit.

[Zone-7 : Étrange forme d'identification, l'ennui est source de plusieurs fausses routes et égarements.]

Au fur et à mesure que leurs espoirs d’atteindre aux qualités sur lesquelles ils comptaient s’évanouissent, ils versent facilement dans un charlatanisme plus ou moins délibéré. Je me rappelle l’exemple classique d’un certain chercheur de pouvoir psychique, un homme aisé, fort instruit, qui avait couru le monde en quête de miraculeux. Pour finir, il s’était ruiné et en même temps avait été complètement désillusionné par ses recherches.

Pour trouver de nouveaux moyens d’existence, l’idée lui vint d’utiliser la pseudo-connaissance qui lui avait coûté tant d’argent et d’énergie. Aussitôt dit, aussitôt fait. Il écrivit un livre, portant un de ces titres qui ornent les couvertures des livres sur l’occultisme, quelque chose dans le genre de « Méthode de développement des forces cachées de l’homme ».

L’ouvrage se présentait sous la forme de sept conférences et constituait une courte encyclopédie des méthodes secrètes de développement du magnétisme, de l’hypnotisme, de la télépathie, de la voyance, de la claire audience, des sorties dans le monde astral, de la lévitation, et autres séduisantes facultés. Lancée avec une large publicité, cette méthode fut mise à vente à un prix excessivement élevé, bien que pour finir un rabais appréciable (jusqu’à 95%) fût accordé aux acheteurs les plus récalcitrants ou les plus regardants, à condition qu’ils en recommandent la lecture à leurs amis.

[Zone-7 : Ceci n'est pas sans nous rappeler le nombre impressionnant d'ouvrages de la sorte disponibles, à n'en plus finir, dans les librairies dites ésotériques et sur la Toile. Gurdjieff n'aurait probablement pas été surpris par l'ampleur du phénomène "New Age" tel qu'il a prospéré et tel que nous le connaissons encore de nos jours en cette période de regain de popularité, 2012 oblige.]

En raison de l’intérêt général suscité par ces questions, le succès dépassa toutes les attentes de l’auteur.

Il reçut bientôt de nombreuses lettres d’acheteurs qui, en termes enthousiastes, respectueux, déférents, s’adressaient à lui comme « Cher Maître », et « Très Sage Initiateur », exprimant la plus profonde gratitude pour son remarquable exposé des très précieuses instructions qui leur avaient permis de développer diverses facultés occultes de manière étonnamment rapide.

Il en eut bientôt une collection considérable, et chacune d’entre elles était une surprise pour lui. Pour finir arrive une lettre l’informant que, grâce à sa méthode, quelqu’un était parvenu en moins d’un mois à faire de la lévitation. Ce qui fit déborder la coupe de son étonnement.

Voici mot pour mot ce qu’il dit alors :

Je suis stupéfait de l’absurdité de ce qui se passe. Moi, je suis l’auteur de cette méthode, je n’ai déjà pas une idée claire de la nature des phénomènes que j’enseigne. Et ces idiots non seulement s’y retrouvent dans ce galimatias, mais s’arrangent pour en tirer quelque chose. Et maintenant, voici qu’un super-idiot a même appris à voler. Quelle ineptie… Qu’il aille au diable ! On lui passera bientôt la camisole de force en pleine lévitation et ce sera bien fait. On n’en vivra que mieux sans de pareils imbéciles.

Messieurs les occultistes, appréciez-vous bien les conclusions de l’auteur de ce manuel de psycho-développement? En pareil cas, il n’est pas exclu qu’on puisse accidentellement trouver quelque chose dans un ouvrage de ce genre, car il arrive souvent qu’un homme, bien qu’ignorant lui-même, soit capable de parler avec une singulière justesse de diverses choses, sans savoir comment. À côté de cela, il est vrai, il dit tant de sottises que toutes les vérités qu’il a pu exprimer se trouvent complètement ensevelies et qu’il est tout à fait impossible d’extraire la perle de vérité de ce monceau de balivernes.

« Comment comprendre cette énigme? », demanderez-vous. La raison en est simple. Comme je l’ai déjà dit, nous n’avons pas de connaissances qui nous soient propres, c’est-à-dire pas de connaissances données par la vie elle-même, et qui ne puissent nous être enlevées. Toutes nos connaissances, qui ne sont que de simples informations, peuvent avoir une valeur ou ne pas en avoir. En les absorbant comme une éponge, nous pouvons facilement les restituer, et en parler d’une façon logique et convaincante, tout en n’y comprenant rien. Il est également facile de les perdre, car elles ne sont pas à nous, mais ont été déversées en nous comme un liquide dans un récipient. Des miettes de vérité sont éparpillées partout, et pour ceux qui savent et comprennent il est étonnant de voir combien les gens vivent près de la vérité, et combien cependant ils sont aveugles et impuissants à la pénétrer. Pour l’homme qui la cherche, il est bien préférable de ne pas s’engager du tout dans les sombres labyrinthes de la stupidité et de l’ignorance humaines que de s’y aventurer tout seul. Car sans directives de quelqu’un qui sait, il peut subir à chaque pas une dislocation imperceptible de sa machine, qui l’obligerait par la suite à passer beaucoup plus de temps à la réparer qu’il n’en a mis pour l’endommager.

[Zone-7 : Bien que l'apprentissage d'une quelconque technique (de l'éveil spirituel jusqu’à la cuisine) demande l'aide de "quelqu'un qui sait" afin de se développer harmonieusement, le domaine de la psyché humaine et de ses capacités est tout particulièrement hasardeux pour l'aventurier intrépide. Une seule erreur peut être fatale et conduire de la maladie physique à la démence et passant par toutes sortes d'autres joyeusetés de la sorte. La rigueur, le discernement et une approche précautionneuse sont de mise. "Passer beaucoup plus de temps à réparer que le temps nécessaire à endommager" est un énoncé qui ne ment pas, une règle d'or en quelque sorte, et ce, dans tous les domaines - surtout en ce qui a trait à "l'invisible".]

Que penseriez-vous d’un solide gaillard qui se présenterait comme un « être d’une douceur angélique », ajoutant que « personne autour de lui n’est à même de juger de son comportement, étant donné qu’il vit sur un plan mental auquel les normes de la physique ne s’appliquent pas »? En fait, il y a longtemps que ce comportement aurait dû être soumis à l’examen d’un psychiatre : voilà un homme qui avec conscience et persévérance « travaille » sur lui-même tous les jours pendant des heures, c’est-à-dire qui consacre tous ses efforts à approfondir et renforcer une déformation psychique déjà si sérieuse que, j’en suis convaincu, il sera bientôt dans un asile de fous.

Je pourrais citer des centaines d’exemples de recherches mal dirigées, et vous montrer où cela mène. Je pourrais vous nommer des gens bien connus dans la vie publique qui ont été détraqués par l’occultisme, qui vivent parmi nous et nous étonnent par leurs excentricités. Je pourrais vous dire exactement quelle méthode les a désaxés, c’est-à-dire dans quel domaine ils ont « travaillé » et se sont « développés », comment ces méthodes ont affecté leur psychique et pourquoi.

Mais cette question constituerait par elle-même le sujet d’une longue conversation et, faute de temps, je ne me permettrai pas de m’y attarder maintenant.

[Zone-7 : Il est probablement de mise ici de faire le lien avec les diverses "sociétés secrètes" et "sociétés occultes" dont la vaste majorité de nos dirigeants font partie. Skull and Bones, Franc-maçonnerie et Rose-Croix, pour ne nommer que celles-ci. Ce sont des "écoles" où l’on apprend le "développement de soi", la "spiritualité" et… le pouvoir qu'il nous est ensuite permis d'exercer en fonction de notre avancement. Quiconque aura lu un tant soit peu la littérature maçonnique, rosicrucienne ou autre n'en aura aucun doute.]