La société de l’athéisme radical dans l'Eglise du consumèrisme

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L’exigence, il y a un peu plus d’un siècle, de la séparation de l’Église et de l’État dériva rapidement vers une volonté pure et simple d’extraire la société française des carcans religieux qui étaient les siens depuis des siècles.
Mais à mesure qu’émergeait la société de l’athéisme radical qui devait constituer le terreau de la République laïque, une autre tendance commença à se développer et à s’approprier cet « espace spirituel » laissé vacant : le consumérisme.

Ce constat semble à première vue assez exagéré, mais la réalité nous montre tous les signes d’un phénomène qui n’est plus seulement économique ou social, mais qui tend à devenir religieux tant la société apparaît imprégnée d’une ferveur quasi-mystique, bien qu’encore latente.

Si l’on s’intéresse de plus près à l’étymologie même de l’athéisme, on comprend davantage le glissement qui a pu s’opérer : athéisme c’est l’absence de theos, de Dieu. Mais cela ne veut pas dire l’absence de religion. Ainsi, au bout d’un processus long de plusieurs décennies, la société est parvenue à se purger de Dieu, et de l’Église. Mais en aucun elle n’a réussi dans le même temps à supprimer le besoin de religion, de spiritualité, qui dort en chacun de nous, et pour cause : ce besoin est fondamental et constitue une part indissociable de chaque individu.
L’individu ressent un besoin de spirituel, mais surtout d’une éthique, d’une morale, découlant d’une spiritualité organisée. La disparition de l’influence de l’Église, l’effacement de la morale traditionnelle catholique, et l’incapacité de la République à combler ce déclin des instances spirituelles classiques fut à l’origine d’une mutation sans précédent de la société, découlant directement du capitalisme et de la publicité qui l’anime.

Ainsi, ce qui semble impensable a eu lieu : la consommation a pris cette place que la République n’a pas réussi à occuper. Le culte de Dieu, et de la spiritualité, s’effaça. La philosophie, l’éthique chrétienne qui était associée à cette spiritualité connut le même sort, et nous nous sommes acheminés vers une société où aucune « morale officielle » n’était en vigueur, où l’individu n’était ni citoyen, ni croyant. Au fil des générations, après des dizaines d’années de matraquage publicitaire et de conditionnement psychologique, l’individu devint ce à quoi une société entière le destinait : un consommateur. L’acte d’achat fut non seulement érigé en norme, mais presque en culte.
C’est alors tout un modèle normatif, athéiste mais religieux, qui s’imposa au fil des années, et avec lui de nouvelles valeurs exacerbées, celles de l’individualisme, de l’égocentrisme, de l’ostentation, de la possession, et d’une certaine forme de discrimination méprisante envers les profanes thésauristes, et envers ceux qui restent fidèles aux anciennes idoles morales et traditionnelles.

La dévotion pour de simples objets s’inscrit dès l’enfance où, dans un cercle vicieux, l’amour des parents envers leurs enfants se mesure à l’aune du nombre de cadeaux, et de leur prix, sous le sapin de Noël.
Mais en réalité, cette dévotion ne porte pas sur les objets proprement dits, mais sur l’univers symbolique et les signes qui y sont associés. Telles des reliques des temps modernes, la possession de ces objets s’apparente à la possession d’une fraction d’un mythe omniprésent et collectif, intégralement artificiel.

Les nouveaux temples sont ces centres commerciaux où d’immenses processions d’individus s’agitent dans un élan commun vers cet acte d’achat qui valorise le bon consommateur, comme autrefois la présence à la messe valorisait le bon croyant. Les publicités, omniprésentes, sont comme des appels quotidiens à la prière et rappellent à chacun la philosophie en vigueur, à laquelle il faut non seulement souscrire, sous peine d’une insidieuse exclusion sociale, mais qu’il faut en plus légitimer en consommant et, surtout, en arborant cet acte d’achat comme signe de réussite sociale.

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Pour se faire une idée de la situation, il suffit d’observer ces scènes stupéfiantes qui se déroulent lors de l’ouverture des grands magasins pour ce rite récurrent de consommation massive et collective que ce sont les soldes : on y voit courir des femmes, prêtes à se battre et à se piétiner pour des morceaux de tissus, prêtes à n’importe quelles violences pour dénicher « une bonne affaire » avant les autres. Ces scènes n’évoquent-elles pas une forme de fanatisme ? Et l’objet de ce fanatisme n’est pas la possession de quelques morceaux de tissus disponible tout le reste de l’année, mais plutôt la volonté de se distinguer au cours d’un rite religieux en exprimant de la façon la plus violente possible sa dévotion à la religion consumériste, en montrant fiévreusement au collectif son appartenance au modèle normatif dominant.

Nous assistons ces dernières années à un renforcement de ce culte consumériste, sous l’œil de l’oligarchie politico-médiatique qui n’hésite pas à mettre en avant ce phénomène comme un signe de progrès social qu’il faut soutenir, comme en témoigne d’ailleurs l’utilisation récurrente du terme « pouvoir d’achat ».
En réalité, ce nouveau culte va clairement à l’encontre de l’effort de Civilisation en introduisant une nouvelle philosophie, de nouvelles valeurs a-morales intégralement opposées aux valeurs traditionnelles sans lesquelles aucune société humaine n’aurait put émerger ni se développer.

C’est donc une voie de « décivilisation » que nous empruntons, sous le double effet du déclin de la morale et de la spiritualité traditionnelle d’une part, et de l’émergence d’un culte athéiste et consumériste d’autre part.
Par conséquent, il n’est pas de lutte intelligente contre le capitalisme et ses dérivés qui ne soit dans le même temps un combat pour la morale et les fondements spirituels historiques de notre nation.

 

Vincent Vauclain,


La laicité : République au service d’un ordre obscur et ténébreux

h_4_1084606Humanum Genus, encyclique de Léon XIII publiée le 20 avril 1884, est directement dirigée contre l’idéologie républicaine et maçonnique en des termes extrêmement fermes, montrant que le monde est séparé entre deux forces antagonistes absolument irréconciliables : « Depuis que, par la jalousie du démon, le genre humain s’est misérablement séparé de Dieu auquel il était redevable de son appel à l’existence et des dons surnaturels, il s’est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l’un pour la vérité et la vertu, l’autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité. Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable Eglise de Jésus Christ, dont les membres, s’ils veulent lui appartenir du fond du cœur et de manière à opérer le salut, doivent nécessairement servir Dieu et son Fils unique, de toute leur âme, de toute leur volonté. Le second est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puissance se trouvent tous ceux qui, suivant les funestes exemples de leur chef et de nos premiers parents, refusent d’obéir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici, pour se passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu. »

Le Pape Pie IX l’a caractérisée d’un mot, dans son Encyclique du 8 décembre 1849 :

    « La Révolution est inspirée par Satan lui-même; son but est de détruire de fond en comble l’édifice du christianisme et de reconstruire sur ses ruines l’ordre social du paganisme. » (Encyclique Noscitis et Nobiscum).

Ainsi donc, s’appuyer sur la laïcité et les principes républicains, ou encore la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905,  éléments inspirés par le démon, pensés et voulus par la franc-maçonnerie pour défendre la civilisation, comme certains politiciens ou hommes publics contemporains tentent de nous en convaincre, est l’un des plus grands pièges tendus aux âmes catholiques d’aujourd’hui au moment où la société est prête de s’effondrer, car nul compromis – à aucun prix car le prétendu remède serait pire encore que le mal – n’est envisageable ni possible avec les forces de l’Enfer !

I. La laïcité vise à la destruction de l’ordre surnaturel
En effet, l’idéologie de la laïcité est orientée vers un seul et unique but : la destruction de l’ordre surnaturel, dérivant d’un centre obscur et ténébreux, alors même qu’elle ne l’avoue évidemment pas, comme l’enseigne Léon XIII dans l’encyclique Humanum Genus. [1] L’objectif de la laïcité est simple, c’est la destruction de l’Eglise. Comme le déclarait  M. Aulard, chargé d’enseigner en Sorbonne l’histoire de la Révolution : «Ne disons plus : nous ne voulons pas détruire la religion disons, au contraire nous voulons détruire la religion, afin de pouvoir établir la cité nouvelle».la mise à mort des fondements de la société chrétienne, anéantir les institutions religieuses pour ne laisser subsister que la haine du sacré, où à la place de l’ordre divin est substitué le suffrage universel, si justement appelé le « mensonge universel » par le pape Pie lX.
« Mensonge universel », l’un des piliers des valeurs républicaines, par lequel sont entraînées, avec un sens consommé de la démagogie et du spectacle, les multitudes ignorantes des hautes questions politiques, faciles à séduire par quiconque les flatte, ou qui, absorbées par les nécessités quotidiennes de la vie, sont incapables de préférer l’intérêt général à leurs intérêts particuliers du moment.

II. La République détruit les nations chrétiennes

La République, en poussant au pouvoir des hommes convaincus des thèses de 1789, est parvenue à tuer les nations chrétiennes, et en particulier la France. De ce fait, politiquement la France est morte et spirituellement à l’agonie, et il en faut dire autant de ses sœurs, les nations anciennement chrétiennes. Toutes ces nations renferment dans leur sein des partis puissants infectés par les idées de la Révolution, ennemis absolus de la religion. Il n’y aura plus de Français en France quand il n’y aura plus de catholiques, et il faut en dire autant des autres nations catholiques, il n’y aura plus d’Italiens en Italie, d’Espagnols en Espagne, quand il n’y aura plus de catholiques. Comme le souligne Mgr Delassus  :

    « Les musulmans qui occupèrent l’Espagne ne furent pas Espagnols, à la différence des doctrinaires du dogme républicains, libres penseurs, hommes de la démocratie internationale  qui, se revendiquant Français, sont bien pires, et assurément beaucoup plus dangereux que les disciples du prophète de la Mecque ».
Alors ceux qui défendent la laicité ne vous disent pas tout ,l'enjeu est bien plus grand qu'il y parait .
En conclusion, la laïcité revient à faire des citoyens des personnes indifférenciées, apolitiques car non désigné comme demos. C'est le terme qui subtilise le pouvoir au peuple pour le remettre dans les mains de la république laïque. Car ce n'est plus une république démocratique, mais bien une république laïque, dans laquelle le peuple n'est plus qu'une masse lisse et informe, dont la foi n'est plus que la foi en la nation et dans le caractère pseudo sacré des institutions, de la déclaration des droits de l'homme, et dans les symboles de la république (drapeau, devise, hymne...).

Pour résumer brièvement, la sacralité du pouvoir a été dérobé par la République à l'Eglise grâce à la Révolution.
L'organisation politico religieuse du pouvoir, c'est à dire la hiérarchie (Hieros = sacré/arche = pouvoir) à donc été récupérée par les Républicains et entérinée grâce au concept de laïcité et non de démocratie, puisque finalement le peuple n'a que le pouvoir misérable de voter, et le pouvoir d'acheter...

En somme, c'est un renversement des valeurs. Les charges sont transférée du Kleros au Laos. Mais le Laos, par sa nature inorganisée, ne peut se gouverner lui même. C'est donc les institutions Républicaines héritée de Rome et remise sur pied par Napoléon qui reprennent le flambeaux du pouvoir.

On voit bien la transition qui s'opère après la déchéance du pouvoir royal légitimé par Dieu vers une monarchie absolue et ivre d'elle même. Mise en place d'une République durant les multiples Révolutions et surtout de l'Empire Napoléonien, qui restaure le droit d'inspiration romaine, les institutions, telles que le lycée, l'armée, les écoles d'officier, tout cela calqué sur l'organisation romaine bien sur, elle même basée sur le pouvoir militaire.

Ensuite, nous avons jusqu'à aujourd'hui une République romaine, d'inspiration romaine, de droit romain avec des institutions hérité de Rome. Aussi, nous pouvons lire dans le Coran que Rome n'est pas morte. Bien évidement, l'Empire romain n'a cessé d'existé au travers des âges et des régions qui étaient auparavant sous son contrôle.

Finalement, ce qui s'est passé c'est que Napoléon à restauré pour les francs maçon, l'Empire, et puis il s'est fait torpillé. Et par a coup, le système des républiques s'est mis en place petit à petit, par Révolution successive, guerre, crise, jusqu'à aujourd'hui où la Res Publica = Chose Publique est devenu le jouet de tyrans qui la façonnent encore selon des plans au service de l'élite financière.

Le laos est bien plus que laos, le but est d'en finir donc avec la religion comme religion de pouvoir politique. Et c'est pour cela que l'Islam est visé. Car l'Islam est une religion politique et que le christianisme politique est en déclin depuis les dernières croisades de 1270.

Depuis, le pouvoir royal et le pouvoir de l'Eglise n'ont cessé de vouloir se contrôler l'un, l'autre, jusqu'à la disparition des deux!

Et comme le dit si bien Pie IX, la République actuelle est païenne et blasphématoire dans ses fondations. Elle naît d'un péché et d'un vice celui de l’idolâtrie.

La République est une idole que les francs maçon adorent et loue comme leur création. C'est un veau d'or. Elle a des prétentions sacrée, tente de se substituer au gouvernement des humains par Dieu, et souhaite rompre les derniers liens qui existent entre les humains et Lui, c'est à dire la religion!!! Du latin "religere" qui veut dire relier.

Dans une lettre qu’il écrivit à Mazzini le 15 août 1871, Albert Pike expliquait ce que
devrait arriver à l’issue de la Troisième Guerre Mondiale. Un exemplaire de ce courrier se
trouve, ou se trouvait, à la Bibliothèque du British Imperial Museum de Londres :
‘‘Nous – les Illuminati – lâcherons les Nihilistes et les Athées et nous provoquerons un
formidable cataclysme social qui montrera aux Nations, dans toute son horreur, l’effet de
l’athéisme absolu, origine de toute sauvagerie et des bouleversements les plus sanglants. Les
citoyens seront obligés de se défendre partout contre la minorité de révolutionnaires et ils
extermineront ces destructeurs de la civilisation. La multitude, emplie de désillusions vis à
vis du Christianisme – dont les esprits déistes seront sans aucune direction à ce momentlà
– recherchera un idéal, mais ne sachant où et à qui rendre le culte d’adoration envers
Dieu, recevra la véritable lumière par la manifestation universelle de la pure doctrine de
Lucifer. Cette manifestation sera enfin révélée au peuple ; elle résultera du mouvement
réactionnaire général qui suivra de près la destruction du Christianisme et de l’athéisme,
tous les deux conquis et détruits au même instant.’’
Si un de nos lecteurs venait à douter encore de la vérité que nous affirmons, qu’il
nous permette de lui signaler que Son Éminence le Cardinal Caro y Rodriguez, primat
du Chili, tenta d’avertir dans ce sens et les catholiques et les francs-maçons du sort qui
planait sur eux.
Lorsque Franklin D. Roosevelt fut élu Président des États-Unis, il fut absolument
certain que la Conspiration atteindrait ses objectifs ultimes de son vivant. En
conséquence, il fit imprimer en 1933, sur le verso des billets d’un dollar, l’insigne des
Illuminati que Jefferson avait fait frapper dans le secret sur le verso du Grand Sceau
Américain.dollarle siècle des lumières  nous a apporté la lumière de leur maître LUX FERRO

sous couvert de progrès et d'humanisme leur siècle fut celui du génocide et de la barbarie .

Le « Siècle des Lumières » a initié, en fait, une période de profond obscurantisme

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Le « Siècle des Lumières » a initié, en fait, une période de profond obscurantisme et, à force de baigner dans cette ombre et cette confusion, nous avons fini par la considérer comme « normale ». Bien sûr, reconnaître profondément ces faits n’est pas aisé car, alors, s’effondre l’image de l’homme tout-puissant, du scientifique conduisant sagement l’humanité vers un monde meilleur, et puis les milliers de contes de fées scientifiques qui nous ont peut-être émerveillé dans notre enfance. Ce qu’il importe de retenir, c’est que si les scientifiques ne savent pas vraiment ce qu’ils créent, s’ils se contentent de vagues hypothèses, alors il est normal et sain que la population – à qui ces innovations sont destinées – soit méfiante. m ême si la plupart sont athées ou placent Dieu bien au-dessus de ce monde, il en reste tout de même quelques-uns pour ressentir le caractère sacré de la Nature et pour savoir qu’on ne joue pas avec elle sans conséquences. De toute façon, si un shampooing a nécessité le sacrifice « scientifique » de milliers de vies animales, si la moindre puce de téléphone portable produit des  ilos de déchets pour sa fabrication  , on pressent qu’il y a un problème et que le monde lumineux de la technologie est construit sur des bases tout à fait obscures. On peut alors peut-être comprendre 1. Selon les statistiques officielles, il y aurait à travers le monde 11 millions d’animaux enfermés dans des laboratoires, attendant sous la lumière des néons une mort des plus atroces. On se référera à l’étude très fournie de Pièces et m ain d’ œuvre sur ce sujet méconnu : Le portable, gadget de destruction massive ,  pourquoi cette intrusion technologique a généré, malgré les promesses enthousiastes d’un paradis futur, des réactions violentes de rejet.

Je ne cacherai pas que j’ai côtoyé un temps des activistes passionnément anti-technologie. Certains, mis face à cette horreur, finissaient par penser que la méthode employée par Unabomber était la seule qui puisse encore se targuer d’être « morale ». Ils étaient mis face à un monstre qui détruisait tout ce qui était cher à leurs yeux, et ils ne rêvaient que de le détruire... m ais le problème est plus compliqué qu’à l’époque des Luddites, car nous sommes aujourd’hui dans ce « monstre » et si nous arrivions hypothétiquement à le détruire, nous risquerions de nous détruire nous-mêmes. Par cette image, je ne souhaite pas seulement rappeler notre dépendance au système industriel mondial pour notre survie – problème insoluble en lui-même et qui est plutôt décourageant si on le prend de ce côté – mais surtout introduire le fait plus difficilement discernable qu’à force d’utiliser des machines, nous sommes en partie « devenus des machines » (au sens métaphorique ou du moins psychologique du terme) et il n’est pas sûr que nous soyons aptes à reconstruire une société harmonieuse si ce « système » – tant haï par certains – venait à s’effondrer. J’ai connu dans ma vie une personne qui affirmait haut et fort qu’il valait mieux d’abord tout détruire avant de chercher à reconstruire. C’était la personne la plus asociale et arrogante que j’ai jamais côtoyée. Sa rencontre traumatisante m’a fait profondément rejeter ce courant de contestation par la violence, heureusement avant que je m’y investisse. Comment pouvait-on dire agir pour le bien tout en étant si détestable avec les autres ? Je ne pouvais tout simplement pas imaginer quel type de monde il aurait créé s’il en avait eu le pouvoir.

J’ai, depuis, pris le parti – d’abord inconsciemment, puis plus clairement et ce livre en est l’aboutissement – qu’il fallait d’abord chercher à s’harmoniser avec les êtres qui  nous entourent, construire ce à quoi notre cœur aspire et, à ce moment, la technologie ne sera plus en aucune manière indispensable. m ême si une partie de l’humanité reste paralysée dans cette impasse, cela ne nous influencera plus car nous aurons avancé. m ais cela demande de se changer, d’être à l’écoute des autres, de devenir flexible dans ses relations... et ça, je crains que ce soit la dernière chose que les êtres humains veuillent faire à une époque où les mondes virtuels leur permettent de vivre confortablement avec leur ego, avec leurs rêves, sans être jamais vraiment confrontés à qui que ce soit d’autre... La dépendance technologique Si j’ai choisi de m’en prendre, dans ce livre, non pas au nucléaire, aux OG m ou aux nanotechnologies mais aux technologies de télécommunication, c’est que si les premières génèrent une pollution physique considérable et mettent en péril l’environnement, ces dernières, en s’érigeant en intermédiaire omniprésent, polluent les échanges humains de manière considérable, même si cela est difficilement détectable. J’ai l’intime conviction que le problème écologique ne peut être réglé qu’en s’intéressant à l’écologie dite « humaine », que j’ai choisi de nommer écosophie .

Si avec l’écologie, c’est l’homme qui essaie de « sauver » la Nature, avec l’écosophie c’est la Nature qui indique à l’homme comment se « sauver » lui-même en rétablissant des bases de vie naturelles. L’écosophie ne considère pas l’environnement comme quelque chose d’extérieur à nous, mais comme étant en intime relation avec notre vie intérieure. Cependant, les technologies sont un obstacle majeur à cette régénération du tissu social – ô combien nécessaire – car elles permettent, presque toutes, de nous affranchir de nos semblables. Pour prendre rapidement quelques exemples : la voiture et son cousin des champs, le tracteur, ont détruit en quelques décennies toute l’économie rurale,  et donc avec elle, la vie sociale des campagnes. La radio, en fournissant toute la musique qu’on souhaitait à domicile, a éliminé le besoin de se rencontrer autour de la musique. (A une époque, la majorité des gens jouaient d’un instrument.) L’effet de la télévision a été pire encore. Et maintenant Internet permet à chacun de vivre « librement » la vie qu’il veut, avec qui il veut, sans plus aucune contrainte sociale. Comment se fait-il que la contestation contre les technologies « sociales » est incomparablement moindre que celle contre le nucléaire ou les OGM ? Je crois que ce n’est pas seulement parce que les effets néfastes sont plus difficiles à déceler mais surtout parce qu’on touche ici à la sacro-sainte liberté individuelle. En les remettant en cause, on risque de passer nous-mêmes pour les tyrans. Je tiens à préciser d’emblée – pour ceux que cela inquiète – que je n’ai aucune intention de me lancer dans une campagne politique contre Internet.

Je ne cherche pas ici à convaincre « d’arrêter Internet », mais à aider à comprendre quels sont les effets de son utilisation, afin que chacun puisse faire un choix conscient, en ayant toutes les cartes en main. Je suis, pour ma part, scandalisé par la campagne qui a été menée mondialement contre la cigarette. Ce n’est pas en étant contraint – par la culpabilité, la peur et les interdictions – d’arrêter cette pratique qu’on comprendra la raison, tout individuelle, qui pousse à fumer. Cela ne fait que générer de la frustration et reporter le problème ailleurs, souvent en le compliquant. C’est un désastre au niveau psychologique, et pas seulement à cause du message contradictoire entre les publicités et les incitations horribles à arrêter. Ce qui est aberrant – et symptomatique de notre temps – c’est que malgré les milliards dépensés dans la lutte contre le tabagisme, jamais personne n’a pris la parole dans les médias pour expliquer pourquoi les gens fument. C’est comme si on les prenait pour des imbéciles qui agissent sans raison ! Si on leur disait que l’effet du tabac est de nous protéger de notre environnement, qu’il diminue la sensibilité par rapport aux  autres – comme on peut le sentir chez les « vieux fumeurs » qui ont comme une « carapace » autour d’eux – ils pourraient chercher en eux ce qui les induit à adopter ce comportement extérieur et éventuellement trouver la force pour être avec les autres sans se sentir agressés... En ce qui concerne les technologies de télécommunication, mon but est, comme je l’ai dit au début, de les faire comprendre de l’intérieur car c’est seulement de cette manière qu’on peut éventuellement s’en détacher – si on le veut bien. Cela va demander un type de lecture particulier, avec de fréquents retours sur soi, ce qui n’est pas toujours évident. Je propose ici une véritable réflexion, c’est-à-dire un miroir de mon cheminement intérieur qui puisse éventuellement se réfléchir sur celui des autres, et les aider à avancer plus rapidement. Je ne cacherai pas que ce chemin a été long pour moi, de 3 à 4ans suivant le point de vue. Cela ne fait que quelques mois que je peux me passer d’ordinateur sans aucun regret ou sentiment de frustration, et l’utiliser vraiment comme un outil quand je dois rédiger quelques textes. Lorsqu’on entend que je ne vais plus sur Internet sauf en cas d’extrême nécessité, on me prend pour un extrémiste, mais il m’a fallu beaucoup de temps et de patience pour en arriver là.

J’étais au début extrêmement dogmatique dans mes idées, ce qui rendait ma compagnie très pénible pour mes proches. A cette époque, je me suis rendu à plusieurs reprises dans des rassemblements anti-technologie mais, ce qui est amusant, c’est qu’il me fallait toujours revenir chez moi après une ou deux semaines car je me sentais trop mal, trop « aliéné » loin de mon ordinateur. Ce n’était pas vraiment de l’hypocrisie (!) ; disons que j’avais bien vu les effets néfastes des technologies sur la société, il ne faisait pas de doute qu’elles étaient un facteur majeur du « désenchantement du monde », mais je n’avais encore rien compris des effets intérieurs d’Internet. Je ne voyais pas ce qui faisait que je me sentais si bien devant mon ordinateur, j’étais encore totalement inconscient de moi- même. Je pouvais adopter une position idéologique dure, mais cela ne m’aidait pas à comprendre – bien au contraire ! Peut-être est-il nécessaire d’un point de vue psychologique de passer par ces périodes passionnelles, peut-être doit-on se révolter contre le mensonge avant de pouvoir trouver soi-même la vérité. En tout cas, s’il y a parmi mes lecteurs des êtres qui se sont embourbés aussi profondément que moi dans les marécages d’Internet, je recommande de rester souple. Si la communication doit devenir naturelle, la désintoxication doit l’être aussi. Le but n’est pas de s’imposer des restrictions frustrantes, mais de s’observer et surtout de retourner vers la vraie vie avec toujours plus d’intensité.

A la fin de ce processus, il ne doit plus y avoir aucune envie de gâcher le temps qui nous a été donné de vivre et Internet semblera d’une utilité très relative quel que soit le nombre de distractions et d’informations qu’on y trouve. Comprendre pour choisir Les technologies nous sont vendues comme des moyens d’acquérir une plus grande liberté, mais on constatera que leur utilisation même élimine de grands domaines sur lesquels nous avions autrefois le choix. En « simplifiant la vie », elles la réduisent également. En effet, toute technologie suit une logique rigoureuse, qui est gravée dans le mécanisme même qui la constitue. Elle est le reflet de la pensée de ses créateurs. Il en est qui pensent qu’Internet, quoiqu’étant un facteur de passivité et d’isolement, peut être détourné pour devenir un outil convivial, voire révolutionnaire. m ais quoiqu’on fasse sur la toile, quoiqu’on y dise, Internet reste à la base un moyen d’échanger des 0 et des 1 1 et, comme nous le verrons 1. En informatique, les nombres et les lettres sont réduits à des séries de 0 et de 1. Par exemple, 1 se « traduit » par 1110. Cela facilite le traitement des données par circuit électrique. De même, les logiciels sont une longue suite de choix de type « ou bien, ou bien ».

Toute l’informatique est donc conditionnée par cette logique purement binaire  au chapitre suivant, cela a pour effet de réduire énormément le canal de communication, et donc de vie. Si les débats autour de la technologie ont toujours tendance à tourner autour du tout ou rien, c’est précisément parce qu’en acceptant d’utiliser une technologie, on doit accepter implicitement toute la logique qui lui est sous-jacente. Notre liberté est plus que jamais celle du consommateur qui, au bout de la chaîne de production, n’a plus que le choix entre une variété de produits accomplissant les mêmes fonctions. Peut-être pourrait-on inventer d’autres technologies, avec d’autres logiques, qui soient « conviviales », c’est- à-dire, selon la définition d’Ivan Illich 1 , qui prennent en compte l’être humain.

mais il faudrait déjà être bien sûr de comprendre ce qu’est l’être humain, ses aspirations profondes et sa plus haute raison d’être... Sinon, on risque - rait de s’enfermer dans une prison plus subtile encore. Ce que je propose pour ma part, c’est d’aller extraire la logique intégrée dans les technologies de télécommunication – logique qui est souvent inconsciente – et de regarder si elle correspond au domaine infiniment varié qu’est la vraie vie. Je crois que c’est seulement ainsi que le fossé entre les « pro » et les « anti » pourra être comblé, ainsi que celui entre les générations qui se comprennent de moins en moins au fur et à mesure que les innovations transforment les jeunes. On ne peut pas se passer immédiatement et totale - ment de ces technologies, mais en faisant pas à pas, par la compréhension profonde, le chemin qui nous a conduits à cette impasse, on pourra éventuellement rectifier le tir et commencer à recréer une société qui soit accordée avec les lois naturelles. Je ne pense pas que cette nouvelle société aura besoin de machines – qui, par leur nature minérale, ont toujours tendance à cristalliser les choses – mais il faudra réinventer une contrepartie « sociale » pour chacun des et cela a des conséquences majeures.

La convivialité , Ivan Illich, Seuil, l' apparents avantages qu’offrent actuellement les technologies. Ce qui est un travail de titan. Le but n’est pas de s’immobiliser dans l’austérité, ni de passer ses journées dans la rêverie en espérant y atteindre quelque chose, mais au contraire de reprendre fermement en main notre liberté d’action, qui est sur le point d’être totalement accaparée par les machines et leur « progrès qu’on n’arrête pas ». Quel type de vie peut-il se construire en dehors du monde de la technologie ? Il n’y a pas pour cela de réponses toutes faites, car si les machines ont tendance à tout uniformiser dans une même logique binaire, la Nature, elle, offre un épanouis - sement des plus variés à ceux qui acceptent de se conformer à son cadre et de se mettre sous son aile protectrice.

http://www.lagedhomme.com/

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