Désobéissance en espagne : la Catalogne vote pour son indépendance
Le 9 novembre, la Catalogne (7,5 millions d’habitants, 20 % du PIB espagnol) a voté pour son indépendance malgré les interdictions répétées du gouvernement de Kiev... euh, pardon, Madrid. Raison invoquée : référendum anticonstitutionnel.
De Catalogne au Donbass novorusse, on passera rapidement sur cette propension des autorités européennes, échaudées par l’alerte écossaise, à déclarer "anticonstitutionnel" tout scrutin démocratique qui ne leur est pas favorable.
On s’amusera des réactions des médias mainstream français qui, quand ils ne taisent pas pudiquement l’événement, hurlent à la "désobéissance civile" et au sacrilège. Le site les-crises.fr offre un savoureux échantillon de leurs saillies indignées.
On leur donnera néanmoins raison sur le sujet de la désobéissance civile et, sans présager des résultats de cette consultation citoyenne qu’on appelle déjà en Catalogne le 9-N (9 de noviembre), on notera avec un intérêt grandissant que les institutions mafieuses de l’Union européenne sont sacrément en train de prendre l’eau.
Le préfet de Catalogne a adressé un courrier à l'exécutif catalan pour signaler que le recours aux ressources publiques en vue de la consultation symbolique sur l'indépendance prévue dimanche était interdite. De telles actions "pourraient aller à l'encontre de la résolution du Tribunal" constitutionnel de mardi.
La lettre, datée de mercredi, est adressée par la préfecture au département de la "Generalitat" qui organise le scrutin, ainsi qu'à celui supervisant l'Education - des bureaux de vote sont en effet installés dans les écoles. Elle analyse la décision du Tribunal constitutionnel qui a bloqué mardi ce vote symbolique après avoir été saisi par le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy.
La préfecture rappelle à la présidence catalane, dirigée par le nationaliste conservateur Artur Mas, l'importance du respect de la décision, soulignant qu'elle devait "s'abstenir d'agir en contrevenant à la décision" mais sans évoquer de sanctions.
Recours irrecevable
Le gouvernement catalan avait annoncé mardi le maintien de ce vote symbolique, en dépit du blocage de la consultation par la justice. Il avait aussi annoncé la saisine du Tribunal suprême pour dénoncer une "atteinte au droit de participation, à la liberté d'expression et à la liberté d'opinion" par le gouvernement.
Le Tribunal suprême a estimé jeudi que le recours n'était pas recevable, considérant que la question ne relevait pas de sa compétence mais de celle du Tribunal constitutionnel.
Le tribunal avait déjà interdit un référendum consultatif sur le sujet le 29 septembre et ce scrutin sans valeur légale, auquel s'oppose également le gouvernement de Mariano Rajoy, l'avait remplacé.
La Generalitat de son côté estime que Mariano Rajoy a commis un "abus de pouvoir" et porté atteinte à la liberté d'expression des citoyens catalans en faisant interdire ce nouveau vote symbolique destiné à permettre aux Catalans de "s'exprimer sur leur aven
Photo : AFP/Lluis Gene

























































