Polar_bears_Svalbard_Norway_740
Désormais tous ceux qui le souhaitent, peuvent adopter un ours blanc. Le programme prévoit également la collecte des fonds destinés à protéger ces animaux rares.

Le programme du WWF «Préserver les ours polaires» vient de démarrer en Russie.

Selon les différentes sources, on recense sur le territoire russe depuis la Terre François-Joseph et la Nouvelle Zemble jusqu’à Tchoukotka entre 5000 et 7000 ours blancs. Ces fauves ont plus que jamais besoin d’être protégés. La glace dans les régions, où ils habitent, se forme plus lentement du fait du réchauffement global, et les ours qui chassent généralement sur la banquise sont obligés de passer plus de temps sur la côte. Les animaux sont affamés, ce qui est dangereux pour l'espèce et pour l’homme. La pollution de l’eau de la bande côtière par les déchets chimiques et les produits de pétrole est un autre danger qui menace la population de ces animaux.

Le programme «Adoption de l'ours polaire» a démarré à la veille des fêtes du Jour de l’an. Ses organisateurs proposent d’offrir les animaux «adoptés» aux parents et amis. Il va de soi que l’adoption se fera à distance et que les parents adoptifs recevront en cadeau un certificat et une figurine d’ours blanc en papier mâché. Il est également possible de faire des donations au fonds et recevoir un cadeau en retour.

Des missions de surveillance organisées

Les fonds ainsi collectés serviront à financer les missions spéciales chargées de protéger les ours. Il s'agit des équipes de volontaires qui recherchent les zones d'habitation des ours polaires et surveillent l’état de leur population. Mikhaïl Stichov, coordinateur des projets de WWF en Arctique, a précisé dans un entretien à Voix de la Russie en quoi consistent ces missions.

«Nous avons organisé des patrouilles d’alerte aux ours dans les villages à proximité de leur lieu d'habitation. Nous avons même notre savoir-faire qui consiste à organiser les sites d’alimentation à l’extérieur des agglomérations où les ours peuvent viennent se nourrir», a-t-il expliqué. «Nous effectuons également un travail de monitoring en enregistrant toutes les rencontres avec les ours et accumulons progressivement une base de données sur le nombre des animaux et leurs déplacements».

«La chasse aux ours blancs est officiellement interdite en Russie depuis 1956, mais cette interdiction n’existe que sur le papier. D’ailleurs, la situation est en train de s'améliorer, car le Ministère des ressources naturelles a donné son aval à la stratégie de préservation des ours blancs proposée par le WWF, dont l'une des tâches, c'est d'effectuer dans le cadre du programme arctique le suivi de la population des ours blancs et évaluer le nombre d’animaux tués par les autochtones. Ce n’est pas toujours facile à faire», poursuit Mikhaïl Stichov.

Projet encouragé par les chasseurs et le secteur privé

«Les associations de chasseurs locaux nous aident à collecter l’information. Les données sont par définition inexactes, parce que la chasse est interdite, mais tout le monde sait qu’elle continue. Nous interrogeons les habitants pour obtenir ces chiffres. Selon eux, les trois quarts des ours sont tués pour la viande et la peau, et le reste est destiné à la vente. Les chasseurs abattent tous les ans une trentaine d’ours à l’est de Tchoukotka et jusqu’à 80 animaux dans l’ensemble de la région», se plaint le coordinateur des projets de WWF en Arctique.

Le programme de préservation des ours polaires de WWF attire autant les associations de protection des animaux que le secteur privé pour qui c’est une bonne publicité. Par exemple, cinq premières sociétés ayant adopté plus de 20 ours blancs peuvent devenir des partenaires officiels de WWF.

Les fonds considérables viennent de Russie, des États-Unis, de Suède, mais aussi des Pays-Bas, qui participent au programme arctique. La division russe du groupe Coca-Cola y contribue également de façon active.

Le programme de protection des ours blancs n’est pas la première initiative lancée par la division russe du WWF. Il est également possible d'adopter un aurochs, parmi ceux qui habitent dans une réserve spéciale. L’année dernière, le WWF a lancé un programme «d’adoption» des tigres et plus de 220 animaux ont pu trouver ainsi leurs «maîtres».