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La musique des étoiles

La charte de fondation de la ville de l'Aquila fut souscrite par Conrad IV de Souabe en 1254, mais les premières études sur la possibilité de construire une ville dans cette partie des Abruzzes semblent être dues à son oncle Frédéric II, grand connaisseur de sciences ésotériques et d’astrologie, qui fit édifier la ville de Vittoria (à opposer à Parme) en suivant la disposition de la constellation de la planète Mars.
L'Aquila fut édifiée selon le plan de Jérusalem, en disposant les principaux monuments sacrés de manière à redessiner au sol la constellation de l’étoile Altaïr.
En effet, quelques-uns des monuments les plus importants de ces deux villes paraissent être situés dans la même position.



La Fontana delle 99 cannelle (Fontaine des 99 jets) correspond à la piscine de Siloé et la Basilique de Collemaggio au Temple de Salomon. En comparant les anciens plans de Jérusalem et de L’Aquila, l’historien Crispomonti a fait remarquer la parfaite ressemblance entre la Ville sainte et le dessin des murs de L’Aquila. Si l’on regarde attentivement les deux plans, on note effectivement plusieurs détails qui semblent concorder de manière ponctuelle, même en inversant la position : le fleuve Cédron coule dans la vallée du même nom comme l’Aterno à L’Aquila ; la Piscine de Siloé a exactement la même localisation que la Fontaine des 99 jets, et ces monuments sont tous les deux adjacents à une porte des remparts. Vers le nord on a le mont du Temple, qui à L’Aquila correspond à la Basilique de Collemaggio. D’autres circonstances semblent confirmer les hypothèses selon lesquelles la construction des deux villes serait parfaitement spéculaire. Les deux villes se dressent sur des collines à une altitude respectivement de 721 mètres pour l’Aquila et légèrement plus, environ 740 m, pour Jérusalem. Le plan de L’Aquila a les points cardinaux inversés par rapport à Jérusalem, c’est-à-dire que le nord correspond au sud. En superposant les cartes on découvre une correspondance substantielle entre les deux enceintes fortifiées. Santa Giusta, qui fut la première des églises édifiées, est située dans le lieu de l’esplanade du Temple de Salomon. La Basilique de Collemaggio se trouve au sud-est, hors les murs. Au nord-ouest, au-delà de la petite vallée qui fait écho à celles de Josaphat et du Getsémani, elle se dresse sur un relief qui ressemble beaucoup au Mont des Oliviers, le lieu où Jésus avait enseigné le « Notre Père » et qui sera plus tard associé à l'Ascension. L’empereur, comme les moines cisterciens, s’était convaincu qu’il fallait trouver un nouveau « Centre vital », en déplaçant l’épicentre de la chrétienté.

Frédéric II, de retour de Jérusalem reconquise, caressa donc ce projet : fonder une « nouvelle capitale spirituelle européenne » en opposition à Rome, qu’il haïssait.
Les indices sont multiples. Il y a tout d’abord l’idéal hautement spirituel de Conrad Staufen. Pensons ensuite aux intenses relations tant avec le monde oriental qu’avec les pères cisterciens et l’Ordre des Chevaliers teutoniques, ou encore au grand intérêt de Frédéric II pour les sciences et l’astronomie.
En 1229 Frédéric II venait de reconquérir Jérusalem sans guerre ni épanchement de sang grâce à la solide amitié qui le liait depuis longtemps au sultan de Damas Al-Kamil, avec lequel il avait une correspondance secrète et échangeait des dons généreux. Il en résulta pour Frédéric II la possession de Jérusalem, Bethléem et Nazareth, un succès extraordinaire pour l’époque.

Mais à son retour en Italie, une guerre délétère et instrumentale l’attendait. Le pape avait fait courir le bruit que le roi était mort, ce qui fait que les habitants de Brindisi furent médusés en le voyant revenir, le 10 juin 1229. Après avoir combattu, des mois durant, une guerre civile et militaire dans la conviction que l’empereur était mort, tous ses fidèles reprirent courage. Le chef-lieu de ses adversaires était le Mont-Cassin, siège d’une communauté bénédictine. Frédéric II ne baissa pas les bras et punit les traîtres sans pitié. Le régent de Celano et tous ses complices furent tués. Dans beaucoup de villes il y eut des soulèvements populaires. Dans la fidèle Sulmona, une guérilla se termina dans l’incendie de la ville. À Rome, une émeute qui avait éclaté contre le pape l’obligea à s’enfuir en Ombrie. Mais un autre événement grave, qui n’est pas suffisamment pris en compte, se produisit pendant l’hiver 1229 – 1230 : le Tibre déborda à Rome et l’inondation, qui causa la mort de plus cinq mille personnes, recouvrit de boue toute la ville. Un vrai cataclysme, comme le tremblement de terre qui a ébranlé L’Aquila, à la suite duquel Rome resta pendant très longtemps complètement à genoux.
De par leur position géographique, les Abruzzes étaient depuis longtemps un carrefour de courants religieux, économiques et politiques, et les pressions étaient fortes pour la création d’une nouvelle ville pouvant répondre aux besoins qui se créaient. La nouvelle ville devait devenir un centre commercial susceptible de donner enfin une impulsion au développement économique de la région, qui vivait d’élevage et de la cueillette du safran (au demeurant, un safran d’une qualité excellente, apprécié dans toutes les cours d’Europe). C’est dans ce contexte que doit être vue sa création. Une honnête philologie devrait donc indiquer la naissance de L’Aquila aux environs de 1230,  à l’initiative de Frédéric II. Ce monarque clairvoyant et habile stratège fonda des villes dans beaucoup d’autres lieux, jugés adaptés pour des fonctions commerciales ou la défense du territoire. Pour des raisons stratégiques, il fit fortifier des villages éparpillés, en plaçant les châteaux à une journée de marche l’un de l’autre pour garantir un rapide échange d’informations. Et aussi une aide réciproque en cas d’attaques ou d’émeutes organisées par son ennemi de toujours, sournois et implacable : le pape.

Entre 1230 et 1254, malgré la guerre ouverte suivie d’une trêve puis encore de la guerre, Rome désormais submergée par la boue, la région du Mont-Cassin hostile, Jérusalem de nouveau perdue, l’empereur souabe s’efforça de donner le maximum d’impulsion et de soutien économique à la construction de cette nouvelle ville dans la vallée de l’Aterno, considérée comme un carrefour stratégique, avec l’alliance spirituelle de grands assainisseurs et édificateurs tels que les Cisterciens. Mais la mort l’emporta brusquement, l’empêchant de mener à bien ce projet ambitieux.
C’est son neveu Conradin qui pensa à promulguer le décret de fondation en 1254. Mais ce fut sans aucun doute Pietro da Morrone, le futur Célestin V, celui qui lui donna ce caractère décidément ésotérique, après que Manfred l’eut rasée en 1259 à cause des problèmes bien connus dans lesquels se débattaient les héritiers de Frédéric pour la conquête du trône de Naples, liés au conflit entre l’Église et l’Empire. Seulement sept ans plus tard, Charles Ier d’Anjou en autorisera la reconstruction.

Même si L’Aquila, dessinée et voulue par Frédéric II et par les pères spirituels cisterciens commence à exister en 1230, le début de sa nouvelle « vie spirituelle » est à situer en 1266> « 12-66 »< et ce n’est pas un hasard si c’est le «nombre symbolique » de Jérusalem.  Une autre étrange « coïncidence nnumérologique » est la construction, à l’initiative des Célestiens relevant de Pietro da Morrone, de deux des monuments les plus symboliques et hautement ésotériques de la ville : la Fontaine des 99 jets, dont les travaux commencèrent en « 12- 72 », et, à peine deux ans plus tard, en 1275,  la Basilique de Collemaggio, qui sera achevée en 12- 88.



Michele Proclamato a approfondi ce rapport numérique, en faisant remarquer que le nombre «72» se rencontre dans la nature et dans beaucoup de règles :
72 furent les conspirateurs qui complotèrent contre Osiris.
72 sont les noms de Dieu.
72 sont les temples d’Angkor au Cambodge.
72 sont les apôtres de Jésus au moment de sa mort.
72 sont les anges de la tradition juive.
72 étaient les pièces de monnaie à payer pour l’affiliation à la secrète Triade chinoise.
72 est le nombre dominant de la cathédrale de Chartres.
72 furent les règles à suivre pour les chevaliers Templiers.

La fontaine a été reproduite d’après un dessin de Tancredi da Pentima et à l’initiative du gouverneur royal Lucchesino da Firenze. Sa construction commémore encore aujourd’hui la fondation de L’Aquila par les 99 châteaux de la contrée.

La partie la plus ancienne est constituée par le bassin au fond et un autre à gauche, dotés respectivement de 40 et 23 mascarons correspondant au même nombre de jets. Selon la tradition, les mascarons, tous différents les uns des autres, représentent les hobereaux des châteaux.

Les 36 jets du côté droit (dont trois sans mascarons) et le mur qui entoure le monument, en pierre blanche et rose, ont été ajoutés par la suite, quand la légende du nombre 99 s’est consolidée.
On dit que sous un point non clairement identifié du pavage ont été ensevelies les dépouilles de l’architecte Tancredi, exécuté pour avoir refusé de révéler les sources qui alimentent les jets afin de pouvoir éluder les éventuelles prétentions des châtelains.

La fontaine se trouve en face de la petite église romane San Vito, dans le quartier Riviera, le plus bas de la ville et riche en eau, à quelques mètres de la gare.

Les circonstances et les motifs de sa construction sont rappelés par l’inscription en latin qui apparaît sur la plaque scellée sur le mur antérieur du monument.


« La nouvelle ville jouit maintenant des eaux du vieux fleuve et de celles d’une nouvelle source. Si vous appréciez cet ouvrage remarquable louez-en tous les aspects, mais ne vous étonnez pas de l’œuvre et admirez plutôt ses commanditaires, dont le travail et l'honnêteté en font des citoyens de L'Aquila. En l’an du Seigneur 1272 ».

En réalité, les bouches avec le visage différent l’un de l’autre sont 93, les six dernières sont de simples tubes sans tête.

C’est de l’observation et des études en profondeur sur le premier monument dont s’enrichit L'Aquila, en 1272, et de la Basilique de Collemaggio, que prennent forme tous les secrets et l’histoire de L'Aquila.

Dans son essai stimulant, Proclamato fait justement remarquer quelques étonnantes coïncidences. Pietro da Morrone, représenté par l’historiographie officielle comme un humble ermite, bien qu’il fût connu dans toutes les cours régnantes d’Europe et qu’il eût des contacts directs et continuels avec l’Ordre du Temple, avait suivi la réalisation des deux édifices.
La Fontaine développe la séquence 99, tandis que la Basilique apparaît tout entière centrée sur le chiffre huit, non seulement dans la pierre, mais également dans les actes.

En effet, Pietro da Morrone, apparemment un simple moine, bénit et inaugura la Basilique à la présence de HUIT évêques, 12 ans avant son achèvement en 12-88, circonstance assez insolite.
Et, pour réaffirmer l’importance qu’il reconnaissait à ce chiffre, au moment de son couronnement, il nomma personnellement HUIT autres évêques, tous français, des noms très probablement qui lui avaient été suggérés par l’Ordre du Temple, à moins qu’il n’eût gardé des contacts personnels.

Toujours pour ce qui est du chiffre de « 8 »,  Célestin choisit comme date pour son couronnement le 28.8, le jour où il inaugura la Sainte Porte, la première véritable Sainte Porte du monde. Il institua une commémoration religieuse, à laquelle il donna le nom de « Pardon », devant se tenir le 28.8 de chaque année. Sans compter « le Labyrinthe », qui recèle le secret des trois >888<.


















Cette récurrence numérique persistante n’a certes pas de valeur folklorique ou superstitieuse. Si on y regarde de plus près, elle prouve au contraire que Pietro possède une connaissance profonde des anciens savoirs et notamment des théories et des études de Platon et de Pythagore, centrées sur les TROIS OCTAVES musicales. Une vision « quantiste » extrêmement moderne, où tout dans l’Univers est Vibration et Son, synthétisé en 5 intervalles musicaux, plus exactement 5 intervalles de Quinte > 5/5, qui s’identifient musicalement avec TROIS OCTAVES.

En vérité, cette vibration influence aussi bien les mers que la moindre petite goutte d’eau. La Cimatique (la science qui étudie et décrit les réactions de l’eau aux sons) enseigne que selon les notes auxquelles l’eau est soumise, elle forme des schémas différents, dont une étoile à 12 branches si elle est soumise à cette note particulière.

À l’intérieur d’une octave, en effet, entre les tons et les demi-tons il y a 12 notes ou sons, destinés à augmenter de fréquence au fur et à mesure que les octaves montent vers les aigus.

Ce qui est étrange, c’est que dans le Labyrinthe de Collemaggio le nombre « 288 » est récurrent, exactement le même nombre de vibrations par seconde d’un RÉ sur le clavier d’un piano, à la première OCTAVE, parmi les aigus. Mais dans la Rosace également il y a une séquence numérique liée au nombre 8. Elle présente en effet « 12 » roues, subdivisées en 4 et 8 fractionnées par « 24 » rayons chacune, pour un total de « 288 » rayons.

Le sens de tout ceci - selon Proclamato – serait renfermé dans les figures placées sous les Roues, toutes patiemment en attente d’être « disposées » selon une séquence millénaire égyptienne qui se retrouve dans le Zodiac de Dendera où le panorama céleste égyptien apparaît « soutenu »  par  « 12 » ÊTRES, placés dans HUIT directions, qui, avec « 24 » bras soutenaient les  « 72 » corps célestes connus à l’époque.

Les TROIS OCTAVES (888) de L’Aquila refléteraient par conséquent une Loi universelle, liée à la séquence de la série numérique « 8-12-24 », qui est à la base d’ « un savoir sonique » interprété et utilisé également pour la Fontaine des 99 Jets. Les jeux d’eau qui y ont été réalisés et étudiés rappellent les jeux acoustiques beaucoup plus évidents tels que par exemple ceux réalisés dans les pièces de Palazzo Farnese de Caprarola ou mieux encore dans la fontaine de l’« Orgue » de Villa d’Este.

Cette particularité peut-être perçue par une oreille sensible et attentive également dans la Fontaine des 99 Jets, où le son se déforme jusqu’à être pratiquement effacé, à cause de l’angle particulier des murs périmétriques.

Elle est plus évidente sur la paroi exposée au nord est. Dans certains points, par exemple, le bruissement des jets tend à disparaître et à s’uniformiser.


















Ailleurs le jeu d’eau devient beaucoup plus complexe et hardi. Dans d’autres points encore il est emphatisé de manière évidente, surtout à proximité de l’angle aigu où est présent le jet du « poisson » ou de Colas Pesce, l’homme poisson, rappelé par beaucoup comme une fonction analogue aux pierres angulaires basilicales, liée à la fonction de Centre de la chrétienté et du monde comme cela était dans les intentions de Frédéric II et Célestin V.

Le chevalier. Avant d’entrer dans la Basilique il devait se purifier, en s’immergeant comme un poisson dans l’élément aqueux suivant un rituel particulier. La nuit précédente, il devait rester à l’intérieur de la fontaine et écouter le tintement de l’eau, pour reconnaître parmi les 99 crépitements le son – le seul – qui le faisait vibrer à l'unisson.

Chacun des 99 jets aurait en effet un ton et une vibration différente, inaudible à une oreille normale.  Seul l'adepte a la capacité et la préparation nécessaire pour percevoir la note qui touche et fait vibrer son cœur à l'unisson.

Si ensuite le néophyte souhaitait vivre cette expérience particulière, il devait être conscient que, si au terme de ce moment de préparation indispensable il n’avait pas réussi à percevoir cet « ultrason» particulier, il n’était pas encore prêt à affronter tout le parcours initiatique, marqué sur le sol de la Basilique de Collemaggio.

Lorsqu’il décidait de s’engager sur le sentier de purification et de rééquilibre énergétique, il devait en effet faire attention à ne jamais dépasser le niveau consenti  aux personnes non encore préparées à soutenir la progressive augmentation de l’énergie, qui sollicite le système nerveux et la circulation sanguine.
Ce n’est pas un hasard en effet si le 5e niveau a été choisi pour mettre l'adepte devant le choix si continuer ou s’arrêter et interrompre momentanément le parcours, en retournant en arrière à des niveaux soutenables pour son organisme et sa psyché (voir le chapitre « Le secret des trois huit » et « Le parcours initiatique de Eddy »).

Pour l'adepte il en est différemment. En effet, une fois identifié le jet, il devait en boire quelques gorgées, s’agenouiller le visage tourné dans sa direction et méditer toute la nuit jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Il devait passer en revue avec rigueur et impartialité sa vie, les fautes et errements qu’il avait commis, en s’auto-pardonnant et en se purifiant de façon à être prêt pour affronter le lendemain matin le parcours initiatique et entrer dans le Labyrinthe des trois> 888<.

Seulement ainsi on peut s’immerger dans les profondeurs de son monde intérieur, pour découvrir la goutte de Dieu qui se cache dans chaque cœur.



Ce monde est dans vos mains, et il n’appartient qu’à vous de le préserver, comme cela est arrivé le 6 avril 2009.





La fontaine des 99 jets n’a pas été endommagée.

Seule l’église San Vito a été lézardée, mais des mains de fée ont épargné la lumière qui émanait des 99 jets, lumière qui dans chacun d’entre est renfermée dans un petit cœur de cristal délicat.

Beaucoup de choses ont été effacées et abattues. Il faudra encore beaucoup de mois, peut-être des années, pour que tout retourne comme avant.
Mais si ensemble nous arrivons à reconstruire la ville, une brique sur l’autre, le temps viendra où vous aussi vous pourrez revivre les sensations que cela procure d’arriver  à L'Aquila et suivre l’exemple de Eddy et Giovanni qui le 25 septembre 2007 visitèrent pour la première fois L'Aquila pour connaître la Basilique de Collemaggio, cette merveilleuse fontaine incrustée de 99 gemmes. Vous demanderez à l'hôtel 99 cannelle

http://soscollemaggio.com/fr/les-99-mascarons.html