346500_need_revolution_usaL’appel à la justice s’universalise désormais, résonnant partout dans le monde, gagnant même les Etats-Unis d’Amérique. Depuis plus de quinze jours, une bataille politique féroce a lieu dans le Wisconsin, opposant le gouverneur Scott Walter aux syndicats locaux.

La source de cette discorde?
Le projet de loi du gouverneur républicain visant à limiter les droits des syndicats. Malgré l’ampleur des manifestations, Scott Walter se montre inflexible dans sa volonté d’imposer une loi visant à supprimer les conventions collectives qui permettent de négocier des augmentations de salaire.
Soutenu par le Tea Party, le gouverneur du Wisconsin juge cette décision indispensable afin de combler le trou budgétaire de 137 millions de dollars de l’Etat. « L’affaire, selon « Libération », a pris une telle ampleur qu’elle s’est transformée en véritable test national pour les syndicats avec en toile de fond le débat sur les réductions des dépenses publiques des Etats américains, pour la plupart lourdement endettés.
En fait, depuis que les Wisconsinois se sont levés en masse la semaine dernière contre le budget d’austérité du gouverneur républicain Walker, qui prévoit la fin du droit de négociation collective, pour les employés d’Etat, le ferment s’étend à tous les Etats-Unis: des rassemblements ont lieu dans l’Ohio, l’Indiana, l’Iowa, le Michigan, le Massachusetts et le New Jersey.

Des messages de soutiens sont arrivés depuis plusieurs dizaines de pays. Il y a quelques jours à Washington, des milliers de personnes se sont rassemblées en signe de solidarité avec les combattants du Wisconsin qui occupent le parlement depuis 10 jours, demandant la démission du gouverneur Walker et la fin de l’austérité qui frappe l’ensemble des Etats américains. Un vent de contestation souffle sur les côtes outre-atlantiques!

source : http://french.irib.ir http://french.irib.ir

_______________________________________
Comment un journaliste américain a piégé Scott Walker, un politicien républicain

Au moment où il s’apprête à supprimer les conventions collectives dans la fonction publique, le jeune gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, a été piégé par un journaliste : il s’est vanté de virer bientôt des centaines de fonctionnaires. La video est sur le net, nous raconte Flore Vasseur.

Depuis 12 jours, le Wisconsin Capitole, siège du gouverneur à Madison, est occupé par des milliers de manifestants (jusqu’à 30 000) qui refusent l’adoption d’une loi fédérale dite de « budget repair ». Supposée combler un déficit de 137 millions de dollars, elle prévoit d’autoriser, sans enchère publique ni appel d’offre, la vente de centrales électriques à des sociétés privées. Histoire de préparer l’avenir, elle ambitionne surtout de supprimer les conventions collectives dans la fonction publique soit de couper à la serpe dans le droit syndical.

C’est Scott Walker le tout nouveau gouverneur républicain qui mène cette réforme au pas de charge. Il a l’énergie du débutant, à savoir deux mois tout juste de mandat dans les pattes. Convaincu de ses puissants soutiens, il annonce partout qu’il ne lâchera rien. Scott Walker est l’archétype du politicien qui a acheté son siège de gouverneur et qui, une fois installé, remercie ses amis – il vient d’ailleurs de faire baisser les impôts sur les entreprises soit un cadeau fiscal de 140 millions de dollars. Sauf que dans l’opération, tout à son mépris des autres, il se fait piéger comme un bleu. Et à droite comme à gauche, Scott Walker embarrasse l’ensemble de la classe politique américaine en déroute.

Agacé de ne pouvoir le joindre par téléphone pour l’interviewer, un journaliste du Buffalo Beast, s’est fait passer pour l’un des hommes les plus puissants d’Amérique : le businessman milliardaire David Koch. Ce nom-là ne vous dit probablement rien et c’est normal car c’est un fait exprès. David Koch est un vrai puissant : avec une fortune estimée à 21 milliards de dollars, c’est le genre de bonhomme qui n’a pas besoin d’être dans la lumière pour mener son monde.

Comment un journaliste américain a piégé un politicien républicain
Magnat de la pétro-chimie américaine avec Koch Industries Inc (Lotus, Demak Up en France), 2ème fortune de New York, il est d’abord connu pour ses activités philanthropiques. David Koch est le mécène en or massif du Lincoln Center (depuis qu’il a donné 100 millions de dollars pour sa rénovation, le théâtre du centre culturel new yorkais a été rebaptisé à son nom). A Washington, son think tank « American for Prosperity » matraque des positions contre la guerre en Irak, la réforme de Santé et la régulation de Wall Street. Question environnement, le pétro-chimiste est d’un enthousiasme créatif : le réchauffement climatique est une bonne nouvelle car il va dégager nombre de terre de cette satanée glace permettant ainsi à plus de personnes de vivre sur notre chère planète. En d’autres termes, le dérèglement climatique sauvera l’humanité. D’après le New Yorker, David Koch est l’un des plus importants soutiens financiers du Tea Party américain, celui-ci ayant le mérite « faire le sale boulot sans que lui ne se salisse les mains ». Ni n’abime son cours de bourse… Ce qui, avec cette affaire, n’est plus si sûr.

Le jeune gouverneur Scott Walker bondit donc sur son téléphone quand le journaliste du Buffalo Beast alias le le faux David Koch l’appelle. Reprise partout sur le Net, la conversation est un morceau d’anthologie : on y entend l’élu tout émoustillé devant tant de puissance, trop ravi d’afficher son mépris pour la « populace » et la démocratie. Et de s’en vanter : pour lui, la réforme va passer car il va couper les vivres aux sénateurs déserteurs (ces démocrates qui ont fuit dans l’Illinois pour bloquer le vote de la loi). Et s’il le faut, il les menacera les fonctionnaires de licenciements massifs. « Beautiful » ponctue d’une grosse voix le faux David Koch avant de l’inviter pour un week end privé, à ses frais en Californie. Mais avec plaisir monseigneur, sussure le politique… Et le faux David Koch de conclure sur la qualité de son travail : « Bravo, vous êtes le premier domino »…

Depuis, les services de communication de Koch Industries Inc, multiplient les démentis : David Koch a contribué à la campagne de Scott Walker mais pour une pichinette ; Koch Inc n’a aucune intention de racheter les centrales électriques du Wisconsin ; son management ne fait pas de politique.

Le mal est fait : Anonymous, le collectif des pirates justiciers, s’est saisi de l’affaire. Depuis lundi, Operation Wisconsin organise l’attaque en règle des sites du groupe et appelle aux boycotts de ses produits.

David Koch et Scott Walker : retenez ces noms car ce seront peut être ceux des premiers dominos de la dictature de l’argent à tomber…

http://www.marianne2.fr/Comment-un-journaliste-americain-a-piege-un-politicien-republicain_a203374.html